NÉVRALGIES LOMBAIRES ET SACRÉES
§ I. NÉVRALGIES LOMBAIRES. — Nous reprcuons l'Iiistoire des névralgies et nous comprendrons dans un même paragraphe toutes les névralgies du plexus lombaire.
Au point de vue de la distribution régionale, on peut distinguer deux grandes variétés : la névralgie lombo-abdominale et la névralgie crurale. Les différentes branches du plexus peuvent du reste être prises isolément ou dans des combinaisons variées suivant les cas, ce qui rend plus simple une description générale.
L'étude un peu précise des névralgies lombaires est récente. On trouve
1 Guide d'éleclrothéraine, pag. 159. — Wilhelm (loc. cit.) a obtenu récemment un beau succès par la galvanisation du sympathique.
2 Rev. des Se. méd., X, 549.
3 France méd., nov. 1878.
NÉVRALGIES LOMBAIHES. G93
peu de chose avant Valleix, sauf pour la névralgie iléo-scrotale, testicule douloureux, irritable, de Cooper et de Chaussier.
Anatomiquement, ces nerfs offrent une grande analogie de distribution avec les nerfs intercostaux, qu'ils représentent à la partie inférieure du tronc. — Les nerfs lombaires ont des branches postérieures et antérieures.
Les branches postérieures traversent les muscles des gouttières et se répandent à la peau en envoyant des rameaux inférieurs qui croisent la crête iliaque et vont à la partie supérieure des fesses ; il y a là deux ordres de points importants : 1 . à côté des vertèbres lombaires quand les rameaux deviennent superficiels ; 2. au niveau de la crête iliaque quand ils passent sur ce point et y deviennent aussi superficiels.
Les branches antérieures foi'ment le plexus lombaire ; de ce plexus partent des branches collatérales qui répondent à la névralgie lombo-abdominale, et des branches terminales qui répondent à la névralgie crurale et à la névralgie obturatrice.
Les principales branches collatérales sont : 1. La grande abdominoscrotale ou iléo-scrotale; c'est une branche importante. Ce nerf chemine de dedans en dehors derrière le rein, passe entre le transverse et le petit oblique, un peu au-dessous de la crête ihaque, marche parallèlement à cette crête d'arrière en avant et se divise au niveau de l'épine iliaque antérieure et supérieure. — a. Le rameau abdominal continue le trajet du nerf primitif; au niveau du bord externe du grand droit, il donne un premier perforant, et au niveau du bord interne du même muscle un second perforant. — b. Le rameau génital gagne le canal inguinal, et à la sortie de ce canal donne des filets à la peau du pubis et des filets à la grande lèvre ou au scrotum.
Les points remarquables sont : les points antérieurs au niveau des grands droits, le point inguinal à la sortie du canal, et le point scrotal à la terminaison du nerf dans la grande lèvre ou dans le scrotum.
2. Le nerf fémoro-cictané doit être signalé aussi : il sort du bassin en passant sous le ligament de Pallope, par l'échancrure comprise entre les deux épines iliaques antérieures et se divise. — a. Le rameau fémoral devient superficiel un peu au-dessous de l'arcade et innerve la moitié externe et antérieure de la cuisse, jusque vers le genou. — b. Le rameau fessier se retourne vers la fesse et la partie supérieure de la région postérieure de la cuisse.
Ces deux nerfs donnent une idée suffisante de la distribution des branches collatérales du plexus lombaire à ces régions.
Comme branches terminales, iious trouvons : 1. Le nerf crural sort sous le ligament de Fallope, en dcliors de l'anneau crural ; bientôt après, il traverse l'aponévrose et se divise ; de là, un premier point important, à l'aine. Parmi ses branches, le musculo-culané externe donne trois bran-
ches cutanées qui perforent le couturier à des hauteurs différentes et donnent ainsi des points correspondants. Le nerf saphène interne chemine à la cuisse avec l'artère crurale, traverse l'anneau du troisième adducteur, devient alors superficiel, contourne le condyle interne du fémur et se divise: une branche transversale va se répandre tout autour de la rotule, une branche descendante va jusqu'à la malléole interne et se termine à la partie interne du pied. D'après ce trajet, on aura des points aux environs de la rotule et du condyle interne, au pourtour de la malléole interne et au côté interne du pied,
2. Le nerf obturateur sort du bassin par le trou sous-pubien, se perd dans la région et envoie des branches à la partie interne de la cuisse. Il y a un point sous-pubien et un point terminal vers l'anneau du troisième adducteur.
L'ÉtigloCiIE comprend d'abord toutes les causes ordinaires des névralgies eu général. Il n'y a de particulier que quelques causes spéciales de compression locale; nous citerons les hernies (crurale et obturatrice) , l'accumulation des matières fécales, les abcès du psoas, les maladies utérines et vaginales, les maladies articulaires ; la douleur du genou dans la coxalgie peut être considérée comme une névralgie directe et réflexe (Erb) .
Valleix signale la blennorrhagie dans quelques observations de ces névralgies ; Mauriac les a vues se développer aussi après l'orchite et l'épididymite blennorrhagiques. Nous reviendrons sur les rapports qui les unissent à l'herpès génital.
Pour la Symptomatologie, nous étudierons successivement et à part la névralgie lombo-adominale, la névralgie crurale et la névralgie obturatrice.
a. Les points douloureux de la névralgie lombo-abdominale sont multiples : un ou plusieurs dans la région lombaire, en arrière ; un point iliaque vers le milieu de la crête iliaque ; un ou plusieui-s points abdominaux vers la ligne blanche, au-dessus de la symphyse ; un autre point inguinal ; un autre enfin au scrotum ou aux grandes lèvres ; quelquefois on en trouve aussi un au col utérin, du côté de la névralgie.
Rarement on rencontrera tous ces points réunis ; on peut distinguer trois sous-variétés que l'on trouve isolées ou associées de diverses manières : variété postérieure avec les points lombaires et iliaque ; variété antérieure avec le point abdominal ou hypogastrique ; variété scrotale avec les points inguinal et scrotal.
La pression provoque de la douleur dans quelques-uns de ces points ; de plus, il y a une douleur sourde continue dans plusieurs de ces foyers et sur une plus ou moins grande étendue du nerf. De ces centres partent des élancements, des irradiations douloureuses, dans des sens variables.
La névralgie testiculaire, spermatique, irritable tcstis de Cooper, serait