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CHAPITRE IV

L'œdème cérébral est constitué par une infiltration de sérosité dans le tissu du cerveau ou des méninges.

On le voit survenir sous l'influence des causes qui produisent l'œdème en général, c'est-à-dire de troubles circulatoires et d'influences dyscrasiques.

La circulation, pour le produire, doit être gênée dans son ensemble ou partiellement.

Toutes les maladies s'accompagnant d'un excès de tension veineuse (affections chroniques du cœur et du poumon) peuvent le provoquer, surtout à cette période où la compensation rompue jette dans le tissu cellulaire des parenchymes et des cavités splanchniques le trop-plein du système veineux. Une agonie prolongée le détermine clans la plupart des cas.

D'autres fois, la gêne circulatoire est toute locale et provoquée par un obstacle siégeant sur le trajet des veines cérébrales et surtout de leur confluent le plus important, la veine de Galien ; il s'agit le plus souvent d'une tumeur du cerveau ou d'une plaque de méningite tuberculeuse, d'un néoplasme du cou ou du médiastin.

Les principales dyscrasies capables de produire l'œdème cérébral sont le mal de Bright au stade d'urémie (Traube) et les cachexies.

La leucocythémie rentre, quant à son mode d'action, clans l'un et l'autre des groupes précédents.

Anàtomie pathologique. — Un cerveau œdémateux est habituellement pâle et augmenté de volume ; la surface des circonvolutions est aplatie, leur consistance est diminuée. A la coupe, il s'écoule une petite quantité de sérosité ; on constate un accroissement du liquide ventriculaire et un épaississement des méninges, dû à l'infiltration du tissu cellulaire sous-arachnoïdien. Au microscope, dilatation et réplétion des gaînes périvasculaires par une abondante sérosité.

OEDEME CEREBRAL. S7

Ces lésions ne différent des phénomènes delà macération cadavérique que par l'abondance de l'exsudat, au point que certains auteurs ' attribuent la lésion de l'œdème cérébral à une infiltration post mortem du liquide intraventriculaire dans le tissu cérébral.

L'œdème du cerveau est habituellement généralisé, au même titre que la congestion passive du cerveau, dont il peut être considéré comme l'aboutissant lorsqu'elle estportée à un certain degré. L'exosmose séreusa sert, en effet, d'intermédiaire entre la réplétion et la rupture veineuse ; il a sa place entre la simple congestion et l'hémorrhagie.

De même qu'il existe des congestions partielles, il y a également des œdèmes partiels; on les observe dans certains cas d'urémie ou dans la compression localisée d'un territoire veineux restreint.

Dans ce cas, on note quelquefois un ramollissement circonscrit de la région comprimée ; le trigone est assez souvent ramolli par ce mécanisme.

On a donné le nom (ï œdème inflammatoire h des formes d'hyperémie généralement active, s'accompagnant, non seulement d'exsudation séreuse, mais aussi d'une diapédèse plus ou moins abondante ; on trouve cette forme d'œdème à la périphérie de certaines lésions en foyer ou dans certaines déterminations cérébrales des maladies infectieuses.

La symptomatologie de l'œdème cérébral n'a rien de bien caractéristique. La lésion étant généralisée et non destructive, les symptômes qui traduiront surtout la compression du viscère seront diffus et intéresseront à un faible degré toutes les fonctions cérébrales. Parésie, hypoesthésie, obnubilalion intellectuelle, somnolence, délire et agitation dans les cas de participation un peu intense des méninges, tels seront les signes assez vagues qui pourront être attribués à l'œdème du cerveau dans la symptomatologie complexe de la maladie primitive.

Cette diffusion et l'absence de troubles limités empêcheront de confondre l'œdème cérébral avec les lésions en foyer de l'encéphale. La notion de cause, la connaissance de l'affection première, viendront à l'appui du diagnostic, qui n'en sera pas moins difficile dans bien des cas.

Le pronostic est grave, non pas tant en raison de la lésion cérébrale que de la gravité habituelle des états morbides au cours desquels l'œdème apparaît.

Quant au traitement, il ne s'écarte en rien de la thérapeutique générale des œdèmes et aura pour but de favoriser la déplétion, générale ou locale, du système veineux. On aura recours aux émissions sanguines locales ou générales, aux diurétiques, auxpurgatifs, sans négliger pour cela le traitement de la maladie primitive.

1 Voir Sanné, art. Hydrocèfhalie in Dict. encycl.

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