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SÉMÉIOLOGIE DE QUELQUES PARTIES SPÉCIALES DE L'ENCEPHALE

Nous avons étudié la séméiologie de quelques parties bien connues de l'encéphale, comme la capsule interne, la troisième circonvolution frontale, etc.; nous avons ensuite indiqué la valeur séméiologique de quelques grands symptômes importants. Il nous reste à exposer les données acquises sur des régions moins bien connues, comme les couches optiques, les corps striés, etc.

Nous ne trouverons pas ici des conclusions bien précises ni bien utiles. Mais il ne faut rien négliger ; c'est un commencement que l'avenir développera certainement. — C'est là une revue de physiologie pathologique dans laquelle nous aurons plus à citer qu'à conclure.

§ I. Couches optiques. — Les couches optiques {thalamus opticus des Allemands), leur nom l'indique, ont paru d'abord avoir des rapports très intimes avec la vision. On les considérait comme étant l'aboutissant des bandelettes optiques. Plus tard, on les dépossède de ce rôle, au bénéfice des tubercules quadrijumeaux. Vulpian admit que les lésions de cet organe n'ont pas d'influence directe et constante sur la vision ; et Galezowski, analysant 62 cas de lésion de la couche optique, ne trouva que 17 fois l'amaurose, d'où il conclut à l'absence de relation.

Cette opinion est peut-être trop absolue. Dans un travail plus récent 2, Lussana et Lemoigne admettent que l'écorce blanche superficielle de la couche optique a une influence positive sur la vue, tandis que la substance grise nucléaire n'en a aucune.

Après avoir étudié et critiqué tous les faits de lésion de la couche optique, Nothnagel dit, dans l'un de ses derniers ouvrages, que les trou-

1 Vulpian ; Physiologie du système nerveux. Lépine ; Thèse d'Agrégation, 1870.

Ziemssen; ouvrage cité.

Car ville et Duret ; Mémoire cité des Archives de Physiologie. Ferrier ; Mémoire traduit par Duret.

PoinCaré ; Leçons sur la physiologie du système nerveux. M. Duval ; art Nerfs, Système nerveux, in Nouv. Dictionn. de Méd. et de Chir. prat.

Beaunis ; Traité de Physiologie.

Nothnagel; Topische Diagnostik der Gehirnkrankheiten, Berlin, 1879. Fr. Frank et Pitres ; art. Encéphale, in Dict. encyct.

2 Lussana et Lemoigne ; Arch. de Physiol., n° 1, 1874.

blés de la vue peuvent survenir dans la lésion du tiers postérieur de la couche optique (pulvinar); il est encore impossible de dire avec certitude si c'est une amblyopie croisée ou une hémiopie latérale homonyme. Mais on ne doit pas, par ces seuls troubles visuels, diagnostiquer sûrement une lésion de la couche optique, puisqu'ils se rencontrent avec d'autres localisations (lobes occipitaux, tubercules quadrijumeaux, bandelettes optiques).

D'autres auteurs ont attribué aux couches optiques un rôle important dans la sensibilité.

Pour Tood et Carpenter, ce serait là l'aboutissant des faisceaux postérieurs de la moelle, et par suite le siège du sensorium commune. Le fait anatomique est en lui-même inexact, etVulpian a démontré que les lésions expérimentales ou cliniques des couches optiques n'affaiblissent pas la sensibilité.

Luys et Fournie ont cependant encore admis que ces ganglions seraient les centres de perception simple des sensations ; leur lésion abolirait la sensibilité, tout en conservant les mouvements. Mais Carville et Duret ont discuté la valeur des expériences de Fournie, faites avec des liquides qui diffusent, et entraînant chez l'animal des convulsions qui rendent l'examen fort difficile.

Nothnagel, Ferrier, soutiennent, comme Vulpian, que les couches optiques n'ont pas d'action sur la sensibilité générale. C'est aussi la conclusion de Lussana et Lemoigne '.

Pour la motilité, les anciens admettaient que les lésions d'une couche optique entraînent l'hémiplégie du côté opposé, plus accusée au membre antérieur qu'au membre postérieur. Vulpian, en 1866, conteste cette prédominance de la paralysie au membre antérieur, du moins comme caractère spécial aux lésions de la couche optique, mais il ne nie pas l'hémiplégie.

1 LuïS continue néanmoins à défendre avec talent sa théorie sur le rôle de la couche optique dans les perceptions sensitives et sensorielles, et à soutenir que la capsule interne n'est pas le siège exclusif et nécessaire de la lésion dans l'hémianesthésie d'origine cérébrale. Il divise la couche optique en quatre noyaux ou centres, qui sont: i° un centre antérieur ou olfactif; 20 un centre moyen ou optique ; 3° un centre postérieur ou auditif ; 4° un centre médian ou sensitif, en rapport avec la sensibilité générale.

Voy. notamment : Encéphale, 1882. II, pag. 402; — et l'obs. de Rousseau, in Encéphale, i883, III, pag. 196.— Ce dernier auteur a plus récemment rapporté (Encéphale, 1884, pag. 55; — 1886, pag. 5g8) deux faits intéressants : dans le premier, une lésion (hémorrhagie et ramollissement) ayant profondement altéré la moitié antérieure de la couche optique a provoqué des troubles de l'olfaction, de la vision et de la sensibilité générale, sans aucune modification de l'ouïe. Ces troubles étaient bilatéraux, bien que la lésion fût unilatérale. — Dans l'autre, un encéphaloïde de la couche optique, empiétant sur le lobe occipital et le lobe sphénoïdal, a produit, au point de vue moteur et optique, la plus grande partie de la symptomatologie de la sclérose en plaques.

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