‹ Traité pratique des maladies du système nerveuxChapitre 68 sur 115 · PI. XVI · texte numérisé non relu

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deuxième paire lombaire ; Tooth les a vus descendre jusqu'à la quatrième paire lombaire.

Les faisceaux pyramidaux directs s'arrêtent en général à la région dorsale moyenne (Bouchard), quelquefois au-dessus (Bechterew) , ou au-dessous (deuxième lombaire : Tooth).

Au bulbe, le faisceau pyramidal direct d'un côté et le faisceau pyramidal croisé du côté opposé s'unissent et forment les pyramides antérieures. Flechsig a, du reste, constaté des variétés, intéressantes en clinique, dans le mode de décussation de ces faisceaux moteurs.

Il ramène ces variétés à trois types.

Dans le premier, qui est le plus ïréquent (75%), chaque pyramide fournit un faisceau direct et un faisceau croisé. Le plus souvent, le faisceau croisé représente les neuf dixièmes de la pyramide ; mais, dans un certain nombre de cas, c'est l'inverse qui se produit. Ce fait, constaté aussi par Pierret, est très important pour l'interprétation des paralysies directes, dont Brown-Sequard s'est tant servi dans ces derniers temps. Enfin, la décussation peut être asymétrique, c'est-à-dire les faisceaux pyramidaux peuvent se dédoubler d'une façon inégale à droite et à gauche.

Dans le deuxième type, le plus rare, il y a décussation totale ; les faisceaux directs manquent complètement.

Dans le troisième type, intermédiaire comme fréquence, il n'y a que trois faisceaux, une pyramide se comportant comme dans le premier type et l'autre comme dans le second.

Dans la protubérance, les faisceaux pyramidaux n'ont pas un trajet défini; au lieu de rester compacts, ils se dissocient et forment une sorte de réseau inextricable avec les fibres protubérantielles.

Dans les pédoncules \ au contraire, ils ont une place très nette: dans la partie moyenne de l'étage inférieur ou pied du pédoncule.

Ils contribuent ensuite à former la capsule interne. La partie lenticulo-optique (postérieure) et la partie lenticulo-striée (antérieure) de cette capsule se réunissent sous la forme d'un angle obtus, que Flechsig appelle le genou de la capsule interne. Ce sont les deux tiers antérieurs 2 du segment postérieur à ce genou qu'occuperaient les faisceaux pyramidaux, n'affectant du reste aucun rapport direct (ou tout au moins bien défini) avec les noyaux gris de la base.

1 Pour ce trajet du faisceau pyramidal dans le pédoncule et dans la capsule interne, voir aussi notre planche XI.

2 Le segment antérieur et le genou de la capsule interne contiennent aussi des fibres centrifuges, qui constituent d'avant en arrière : le faisceau psychique, le faisceau de l'aphasie, le faisceau du facial, de l'hypoglosse et de la racine motrice du trijumeau ; ces fibres descendent dans le segment interne du pied du pédoncule et s'arrêtent à la protubérance ou au bulbe. — La partie postérieure du segment postérieur de la capsule interne contient, enfin, en arrière du faiseeau moteur, des fibres sensitives venant du tiers externe du pied du pédoncule.

De là, ils passent dans le centre ovale, au niveau de la coupe pariétale de Pitres, et aboutissent aux grandes cellules pyramidales ! des

Fig. 27. — Schéma indiquant l'ensemble de l'appareil du faisceau pyramidal, depuis les cellules de l'écorce grise du cerveau jusqu'aux plaques terminales dans les fibres musculaires (d'après Charcot).

A, cellules géantes des circonvolutions dites motrices. — B, cylindres axes. — C, cylindres axes recouverts de myéline, formant le faisceau pyramidal dans le cordon latéral delà moelle épinière, — D, D, D, cellules des cornes antérieures de te moelle. — E, E, E, réticulum de substance grise, où s'épuisent successivement les fibres nerveuses du cordon latéral. — F, F, F, racines antérieures, représentées schématiquement par des cylindres axiles qui proviennent des cellules antérieures et qui se terminent dans des fibres musculaires G, G.

circonvolutions de la zone motrice (frontale et pariétale ascendantes, lobule paracentral) .

' Marie fait remarquer avec juste raison que les grandes cellules pyramidales de l'écorce tirent leur nom de leur forme spéciale et non de leurs relations anatomiques avec le faisceau pyramidal.

Nous n'insisterons pas sur le mode de développement de ces faisceaux pyramidaux, qui, d'après Flechsig, bourgeonneraient de haut en bas à partir des cellules motrices corticales et qui, d'après Parrot, auraient un double point de départ, supérieur et inférieur. C'est un détail relativement secondaire au point de vue clinique.

Nous retenons seulement l'ensemble de cette description, que résume le schéma précédent (fig\ 27). Cette figure donne bien une idée du grand système cortico-musculaire qui préside aux mouvements volontaires (de l'écorce cérébrale aux muscles).

Les dégénérescences descendantes, la sclérose latérale, simple ou amyotrophique, sont précisément les maladies de ce système.

Cela dit sur les faisceaux pyramidaux, nous serons plus bref sur les autres ordres de fibres.

Les autres faisceaux moteurs compris dans les cordons antéro-latéraux sont formés de fibres courtes, destinées à relier les uns aux autres les divers étages de la moelle.

Quant au système sensitif, à disposition ascendante, dont la complexité a été bien mise en lumière par l'étude du développement et des dégénérescences secondaires de la moelle, il émane en grande partie des racines postérieures ; celles-ci prennent naissance dans les ganglions spinaux, qui leur servent de centre trophique. Le mode de progression des fibres, à partir de ces ganglions, a été surtout étudié par Singer et Mûnzer, dont P. Marie a remarquablement résumé la description '.

« Dans chacune des racines postérieures (qui, loin d'émaner de la moelle, pénètrent dans la moelle de dehors en dedans) on peut distinguer trois ordres de fibres, d'après la longueur du trajet qu'elles fournissent avant de pénétrer dans la substance grise 2 :

» Les fibres du premier groupe [fibres courtes) irradient immédiatement dans la substance grise de la corne postérieure ; les unes pénètrent directement dans l'extrémité périphérique de cette corne, avec laquelle elles semblent se continuer directement, les autres abordent cette corne par sa partie interne, après avoir fait un très léger coude dans l'intérieur du cordon postérieur.

» Les fibres du deuxième groupe {fibres moyennes) montent dans les

1 P. Marie; loc. cit., pag. 44-

2 Nous ne nous occuperons ici que des branches ascendantes émanant des racines postérieures ; mais chaque racine donne, en outre, en pénétrant dans la moelle, des branches descendantes qui dégénèrent, elles aussi, dans les cas de lésion des racines, et dont la conglomération formerait, au dire de Schultzb, le faisceau descendant, « en virgule », décrit par cet auteur au sein des cordons postérieurs (voy. fig. 3o).

cordons postérieurs à une certaine hauteur, et, chemin faisant, elles se portent de plus en plus en dedans, de sorte que leur direction générale

Fig. 28. — Schéma du trajet et de la terminaison des fibres radiculaires postérieures (d'après Marie).

La plaque noire fusiforme G, située en bas et à droite, représente un ganglion spinal ; la ligne qui le traverse marque le point de section de la racine postérieure qui en émane. Cette racine postérieure se divise en trois branches (chacune de celles-ci donne des branches descendantes) :

— i — 1 — J — J— , fibres courtes, se rendant dans la pointe de la corne postérieure ;

fibres moyennes, se jetant dans

la base de la corne postérieure, après avoir remonté dans l'intérieur du cordon de Burdach ;

fibres longues, se jetant dans le

noyau du cordon de Goll D, après avoir remonté dans l'intérieur du cordon de Goll.

Le noyau de Burdach se trouve en C ; il reçoit les fibres longues et les fibres moyennes provenant des racines de la région cervicale.

est nettement oblique en haut et en dedans. Mais, à mesure que ce groupe s'élève, chacune des fibres qui le constituent se recourbe en dehors et va se jeter dans la substance grise de la corne postérieure, non plus vers la pointe de celle-ci, mais plus en avant, et notamment dans les colonnes de Glarke. De telle sorte que ce groupe devient de moins en moins fourni à mesure qu'il s'élève, et, lorsque toutes les fibres qui le constituaient se sont ainsi jetées dans la substance grise de la corne postérieure, il finit par disparaître.

» Les fibres du troisième groupe (fibres longues), les moins abondantes d'ailleurs, sont de beaucoup les plus longues, puisque, au lieu de se perdre dans la substance grise de la moelle, elles se prolongent jusqu'au bulbe. Quand elles sont parvenues dans celui-ci, elles se jettent, comme les précédentes, dans la substance grise ; les points de la substance grise dans lesquels elles se perdent sont connus sous le nom de nogau du cordon de Goll et nogau du cordon de Burdach.

ïll convient d'observer que, par suite de la tendance qu'ont toutes les fibres radiculaires des cordons postérieurs à se porter toujours en dedans, repoussées qu'elles sont sur leurs parties externes par les fibres

GENERALITES. 457

des nouvelles racines pénétrant dans la moelle, celles de ces fibres radiculaires qui ont abordé la moelle dans ses étages inférieurs occuperont la partie des cordons postérieurs la plus rapprochée du sillon médian postérieur ; elles constituent ce qu'on a appelé les cordons de Goll. — Quant aux fibres longues du troisième groupe, qui proviennent des racines pénétrant dans les régions supérieures de la moelle, elles sont situées en dehors des précédentes et se jettent dans le noyau du cordon de Burdach. — Quelle est la hauteur de la moelle à laquelle les fibres radiculaires cessent de se rendre au noyau de Goll et se dirigent vers le noyau de Burdach? C'est là un point sur lequel, de l'avis même de MM. Singer et Mùnzer, nous n'avons aucune indication valable. »

Un certain nombre de fibres venant des racines postérieures se rendraient, en outre, dans le cordon antéro-latéral et la corne postérieure du côté opposé, par l'intermédiaire des commissures antérieure et postérieure.

En somme, on peut dire que les fibres radiculaires parties des ganglions postérieurs se jettent toutes, après un trajet plus ou moins long, dans la substance grise de la moelle ou du bulbe.

Arrivées dans la substance grise, elles se ramifient à l'infini tout autour des cellules nerveuses , sans pénétrer dans leur intérieur. De cette « voie à relais », constituée par la substance grise, partent de nouvelles fibres qui s'entre-croisent dans la moelle ou le bulbe et vont former le ruban de Reil. Celui-ci aboutirait, pour les uns, aux tubercules quadrijumaux; il se porterait, pour d'autres, vers l'expansion du noyau lenticulaire, et enfin, au dire de Flechsig et Hôsei', se rendrait, en partie tout au moins, aux circonvolutions motrices circumrolandiques2.

Il nous est maintenant possible de résumer l'histoire anatomique de la plupart des faisceaux ascendants de la moelle ; les notions qui précèdent faciliteront cette description.

Le cordon de Goll est constitué par la réunion des fibres longues émanant des racines postérieures des régions inférieures de la moelle et aboutissant au noyau bulbaire des cordons de Goll.

Le cordon de Burdach renferme deux ordres de fibres : 1 . des fibres commissurales situées dans sa région antérieure et reliant les différents étages de la substance grise; 2. des fibres émanant des racines postérieures. Ces dernières fibres, incessamment repoussées de dehors en dedans, à mesure que de nouvelles fibres, parties des racines plus élevées, viennent occuper leur partie externe, finissent par se cantonner au voi-

1 Flechsig et Hosel ; Neurol. Centr., 1890, pag. 417.

2 Ceci viendrait à l'appui de l'opinion, signalée au chapitre des localisations cérébrales (pag. 264), qui juxtaposerait, dans la zone dite psycho-motrice de l'écorce, les cellules motrices et les cellules sensitives.

sinage du sillon médian postérieur, dans la région dite cordon de Goll.

Fig. 29. — Schéma des cordons de la moelle (à l'union de la région dorsale avec la région cervicale), selon l'étude de leur développement, d'après les schémas et les descriptions de Flkchsig (P. Marie).

A, faisceau pyramidal direct. — B, faisceau fondamental du cordon antérieur. — C, reste du cordon latéral. — D, cordon cérébelleux direct. — E, faisceau pyramidal croisé. — F, zone limitante latérale. — G, zone radiculaire antérieure. — H, zone radiculaire moyenne, composée de deux systèmes de fibres : les unes ■++■ + += fibres du premier système de la zone radiculaire moyenne ; les

autres = fibres du deuxième système. — I, zone médiane. — J, cordon

de Goll. — K, zone radiculaire postéro-in terne. — L, zone radiculaire postéroexterne, ou zone de Lissauer.

« On ne saurait donc, déclare P. Marie, distinguer d'une façon absolue

le cordon de Goll du cordon de Burdach, car, pendant une certaine

Fig. 30. — Schéma des cordons de la moelle, à L'union de la région dorsale ave» la région cervicale, d'après l'étude des dégénérations secondaires (P. Marie).

A, Fibres à dégénération ascendante. — 1, fibres du faisceau sulco -marginal ascendant. — 5, fibres du faiseeau deGowers. — 7, fibres du faisceau cérébelleux direct.— 8, fibres du faisceau cornu-commissural. — 9, fibres du cordon de Burdach. — 10, fibres de la bandelette externe proprement dite. — 11, fibres de la zone de Lissauer. — 12, fibres du cordon de Goll.

B, Fibres à dégénération descendante. — 2, fibres du faiseeau sulco-marginal descendant. — 3, fibres du faisceau pyramidal direct. — 4) fibres du faisceau intermédiaire du cordon antèro-latèral ; un certain nombre de ces fibres sont aberrantes et se trouvent parsemées dans le cordon de Gowers, dans le faisceau cérébelleux direct, et surtout dans le faisceau pyramidal croisé. — 6, fibres du faisceau pyramidal croisé. — i3, fibres du faisceau en virgule de Schultze.

portion de leur parcours, les fibres du premier de ces cordons ont cheminé dans le territoire du second. »

Le faisceau cérébelleux direct (Flechsig, Schultze, Kahler et Pick), qui occupe la moitié postérieure de la périphérie du cordon latéral, — et dont l'extrémité postérieure est beaucoup plus épaisse que son extrémité antérieure, amincie et effilée, — est composé de fibres émanant des cellules de la colonne de Glarke et se terminant, d'après Flechsig, dans le verrais supérior du cervelet, après avoir cheminé à l'intérieur du corps restiforme. Il naît, d'après Kahler et Pick, au niveau de la 9e paire dorsale; suivant Schultze, au niveau de la 10e paire; au dire de Tooth, son point de départ se trouverait aux environs de la 8e paire; enfin, Barbacci aurait constaté sa présence à la hauteur de la 12e paire.

Le faisceau de Gowers (faisceau antéro-latéral ascendant de Tooth), qui prolonge en avant le faisceau cérébelleux direct, naît à la partie inférieure du renflement lombaire par deux systèmes de fibres venant, les unes des cellules de la colonne Clarke, les autres des cellules des cornes antérieures. Un certain nombre de ces fibres se porteraient vers le nucleus lateralis, noyau gris situé à la partie inférieure du bulbe, au voisinage de l'olive; les autres vers le cervelet, par l'intermédiaire du pédoncule cérébelleux supérieur. — Le développement de ce faisceau est tardif; il n'apparaît qu'au commencement du huitième mois, avant le faisceau pyramidal et après le faisceau cérébelleux direct.

Nous nous contentons d'indiquer ici sommairement l'ensemble de ces recherches récentes et les schémas qui les résument (fig. 29 et 3o). Nous allons y revenir et compléterons cette description, à propos des lésions systématisées de la moelle, et spécialement à propos des dégénérescences secondaires.

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