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LÉSION PRIMITIVE DES CORDONS DE GOLL

L'histoire clinique de ces lésions est très obscure et encore très incomplète. Nous n'en connaissons que deux cas.

1. Observation de Pierret2. — Une femme éprouve, en i855, des

1 Krause et Friedlànder proposent une explication un peu compliquée : d'après eux, les fibres sensitives seules dégénèrent; et encore ne sont atteintes par le processus que les fibres dont la terminaison se fait dans des appareils spéciaux (corpuscules du tact), au lieu que les fibres se terminant par des extrémités libres ne subiraient aucune dégénérescence. Ces auteurs auraient constaté qu'il n'existe pas plus de fibres dégénérées dans le sciatique à la suite d'une amputation de cuisse qu'après une amputation sus-malléolaire ; ils attribuent ce résultat à la présence presque exclusive des corpuscules du tact dans les téguments du pied. — Cette théorie est ruinée par les constatations de Marie qui, ayant eu l'occasion de faire des recherches analogues à celles de Friedlànder et Krause, a trouvé une énorme différence dans le nombre des fibres atrophiées, suivant qu'il avait affaire à une amputation totale ou partielle.

2 Pierret; Archives de Physiologie, 1872. — Revue des Sciences ■médicales, I, pag. 649.

engourdissements et des fourmillements dans les membres, surtout dans les bras, avec sensation de chaleur et douleurs profondes. En même temps, céphalalgie opiniâtre, douleur lombaire, constriction thoracique. En 1860, perte de la notion exacte de sensation du sol. Elle est obligée de se servir d'une canne. Rémission après des cautères à la région lombaire. En i863, entrée à la Salpêtrière dans le service de Charcot; sensibilité diminuée à la plante des pieds (surtout à gauche). La malade marche avec une béquille sous l'aisselle droite ; elle détache difficilement les pieds du sol, surtout à gauche. Elle se sent tirée en arrière quand elle veut aller en avant ; une fois lancée, elle semble poussée par une force invincible. Si elle ferme les yeux, elle se tient, mais est menacée de tomber. Fatigue rapide, et alors douleurs dans les jambes. En 1866, douleurs en ceinture avec le caractère fulgurant ; mêmes phénomènes à la partie antérieure de la cuisse. Notion de position des membres conservée ; mouvements très réguliers. Mort de pneumonie pendant le siège.

Pierret attribue spécialement à la lésion des cordons de Goll, trouvée à l'autopsie, la tendance au recul ou la propulsion, la fatigue considérable et l'incertitude dans la station. Il cite un fait d'ataxie locomotrice dans lequel Duchenne avait observé une propulsion irrésistible.

2. Observation de Ducastel 1 . — Au point de vue clinique, ce fait est perdu, parce qu'il y avait une chorée concomitante. On a cependant pu noter spécialement l'absence d'ataxie et de troubles delà sensibilité.

Toute synthèse de ces faits est absolument impossible. Si l'on se reporte aux détails que nous avons donnés sur la constitution des cordons postérieurs (pag. 4&5)5 il faut admettre : ou bien que seules les fibres longues émanant des racines postérieures ont été le siège des altérations ; ou bien que les coupes de la moelle ont porté sur une région bien plus élevée que le point de départ des lésions, région où les fibres longues et moyennes, constituant à l'origine les deux faisceaux de Goll et de Burdach, se sont trouvées rassemblées dans le cordon de Goll, suivant le mécanisme que nous avons indiqué plus haut.

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