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MÉDICATIONS PHARMACEUTIQUES

diagnostic peut être grandement préjudiciable au malade, et il n'est pas un aliéniste qui n'ait vu en quelque sorte éclore sous la douche certaines paralysies générales larvées et prises tout d'abord pour des stupeurs mélancoliques.

Il ne faut pas oublier, en effet, que l'action de la douche en pluie sur la tête détermine une anémie momentanée bientôt suivie d'une réaction en sens contraire, réaction qui peut être fatale à un cerveau menacé d'accidents congestifs ou inflammatoires.

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De nombreux agents médicamenteux sont employés dans le traitement de la folie. Nous les passerons rapidement en revue, nous réservant de donner les développements nécessaires à propos de chaque forme particulière d'aliénation mentale.

Purgatifs. — Les purgatifs sont fréquemment indiqués dans la folie, qu'il s'agisse soit de combattre la constipation habituelle dans beaucoup d'états psychopathiques, soit de modifier l'état saburral des voies digestives, soit d'obtenir une dérivation sur le tube intestinal. Quand les malades sont dociles, ils acceptent les médicaments purgatifs habituels, sels, huiles, résines, qui sont variés suivant l'effet que l'on désire obtenir; lorsqu'ils font des difficultés, on emploie les substances insipides, la scammonée, le jalap, le calomel, l'huile de croton, qui peuvent être mêlées aux substances ou aux liquides alimentaires.

Les lavements simples ou composés rendent également de nombreux services dans les cas de constipation persistante, ou lorsqu'il s'agit de provoquer une rapide révulsion sur le gros intestin.

Les vomitifs sont d'un emploi moins avantageux. Ils manquent d'ailleurs souvent leur effet, et chez nombre d'aliénés ne provoquent que des selles plus ou moins nombreuses. L'émétique en lavage ou à doses répétées a cependant été fréquemment employé à titre de médication hyposthénisante dans la manie et la période de début de la paralysie générale.

Emissions sanguines. — Dans toiitesles formes de l'aliénation mentale, si nous en croyons des recherches récentes, il existerait un certain degré d'anémie. Il en résulterait que les émissions sanguines générales ne sont jamais indiquées dans le traitement de la folie. Elles ne sont d'ailleurs jamais employées à notre époque. Marcé déclare qu'habituellement la saignée exalte le maniaque et déprime le mélancolique, et sans l'avoir jamais vérifiée, on peut, en vertu de nos connaissances physiologiques, tenir l'assertion pour exacte. Quant aux saignées locales, employées avec discrétion, elles peuvent rendre des services dans les manies congestives et la paralysie générale. « Chez les mélancoliques qui ont la peau congestionnée, dit Marcé, les lèvres livides et la respiration anxieuse, des ventouses scarifiées ou des sangsues placées à la nuque, aux apophyses mastoïdes ou au siège, amènent une détente très notable : chez les hémorroïdaires qui ont cessé de perdre du sang, chez les femmes dont la menstruation est supprimée ou qui se trouvent à l'âge de retour, rien n'est utile comme ces hémorragies supplémentaires, que Ton détermine artificiellement chaque mois en plaçant pendant deux ou trois jours des sangsues en petit nombre et d'une manière successive au pourtour de l'anus ou à la partie supérieure des cuisses. »

Révulsifs. — L'action révulsive produite dans quelques cas de folie par des suppurations accidentelles, des abcès, des anthrax nous apprend à ne pas négliger la révulsion artificielle. Les vésicatoires, le séton, le cautère, le moxa, les frictions stibiées appliquées au cou ou sur la tète sont indiqués dans les délires qui tendent à passera la chronicité, dans quelques cas de folie intermittente et principalement dans la paralysie générale. C'est surtout dans cette dernière affection qu'on est autorisé à attendre de cette médication quelques effets favorables et certains médecins en font le plus grand cas.

Sédatifs, — L'action énergique des médicaments sédatifs et les dangers que leur administration intempestive font courir aux malades doivent rendre le médecin très circonspect dans leur emploi, mais s'il possède l'expérience et

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