FORMKS DE LA MANIE
résultant d'une irritation violente et incoercible de tous les centres nerveux, accompagnée de fièvre et suivie d'un collapsus qui se termine le plus souvent par la mort. Les lésions qu'on découvre à l'autopsie n'ont rien de constant ni de caractéristique. Tantôt le cerveau parait absolument sain ; le plus souvent il est le siège d'une hypérémic intense : l'organe est gorgé de sang ; il y a des extravasations sanguines dans les méninges, de l'œdème des circonvolutions. Quelquefois, enfin, on constate les lésions initiales de rencéphalite et de la méningo-encéphalite.
Thulié (1) attribue le délire aigu sans lésions à l'anémie cérébrale. Cette bypothèse ne nous semble pas justifiée, l'hypérémie pouvant disparaître au moment de la mort. C'est dans un cas de délire aigu consécutif à d'énormes pertes utérines que nous avons trouvé la plus violente hypérémiedes centres nerveux que nous eussions jamais vue.
Briand (2) le considère comme une maladie infectieuse de nature microbienne, mais cette opinion ne semble pas avoir été coafirmée par les faits.
Le délire aigu ne complique pas seulement la manie aiguë, mais encore les autres maladies mentales, la mélancolie, la folie circulaire et même la période maniaque de la paralysie générale. D'après certains auteurs (3), on doit lui reconnaître une individualité propre, le considérer comme une espèce nosologique distincte ; on le voit, en effet, se développer primitivement chez certains individus fortement imprégnés de la diathèse névropathique. Pourtant nous croyons devoir le décrire ici : 1° parce qu'en l'absence d'une lésion anatomique constante et fixe, on ne peut le considérer autrement que comme l'expression d'une irritation fonctionnelle des centres nerveux; 2° parce qu'il emprunte à la manie en la grossissant, une partie de son appareil symptomatique, et qu'elle est l'espèce mentale qu'il complique le plus ordinairement.
Le délire aigu survient rarement avant la période moyenne de l'existence. Il se développe chez les aliénés ou les névropathes débilités, dont le système nerveux est
{{)Th\ûié^ Etude sur le délire aiiju sans lésions; Paris, 1865.
(2) Briand, Z?;^ délire aigu: Paris, 1881.
(3) Bail et Chanibard, art. Délire a\g\: (Dict. encycl. des se. niéd.).