‹ Traité pratique des maladies mentalesChapitre 25 sur 69 · MAME · texte numérisé non relu

MAME

épuisé par Taction dépressives des causes morales, par une mauvaise hygiène, la misère, les excès physiques et intellectuels, Tétat puerpéral, les hémorragies utérines graves et l'inanition.

Peu de temps après l'invasion du délire, quelle qu'en soit la forme, on voit l'agitation redoubler et revêtir de nouveaux caractères. L'insomnie est absolue ; la volubilité et l'incohérence des paroles atteint ses limites extrêmes ; les réactions passionnelles changent de seconde en seconde ; à un éclat de rire succède une exclamalion furieuse ou le cri d'angoisse de l'homme qu'on égorge. Des hallucinations et des illusions entretiennent et rallument incessamment cette agitation forcenée. On retrouve cependant encore dans les vociférations des malades, des traces de la physionomie primitive du délire :, tantôt ce sont des idées orgueilleuses, religieuses ou démoniaques, tantôt ce sont des idées de persécution ou des conceptions hypocondriaques.

En même temps la fièvre s'allume ; la température rectale s'élève dès les premiers jours à 40, 41 degrés centigrades et même au-dessus. Le visage d'abord rouge, s'altère progressivement et prend une teinte pâle et terreuse ; la peau sèche et brûlante au début se couvre bientôt d'une sueur visqueuse. Le pouls petit, inégal, atteint et dépasse cent vingt pulsations à la minute; la respiration s'accélère ; la voix devient rauque, puis s'enroue et s'éteint ; l'œil hagard, jette des éclairs et se voile tour à tour. Le malade se livre à un crachottement continuel et repousse avec horreur les boissons et les aliments. La constipation est opiniâtre, les urines rares et épaisses, parfois albumineuses, les bronches sécrètent dans quelques cas un mucus épais expectoré sans toux, sous forme de crachats jaunâtres.

Si au bout de ({uelques jours il ne sui-vient aucune amélioration, les forces du malade s'épuisent et il entre dans la période de collapsus. Les lèvres et les dents s'encroûtent de fuliginosités, la langue se dessèclie, les yeux "se creusent, le pouls, de plus en plus miséraWe, s'accélère encore ; la respiration devient haletante, les excrétions sont involontaires ; la voix s'éteint, une sueur froide baigne les membres ; Tagitation et le délire s'évanouis-

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