CAUSES INDIVIDUELLES
OU entachés à un degré variable de la cachexie crélineuse ; par une de ces anomalies si communes dans les transmissions héréditaires, à côté d'un enfant crétin, on en rencontre d'autres sains de corps et d'esprit ; quelquefois le mal suit une ligne collatérale, ou bien il saule une génération et se reproduit chez le petit-hls avec les mêmes traits •que chez l'oncle ou l'aieul.
Des parents habitant une localité saine et y ayant procréé des enfants bien portants , venant plus tard à fixer leur séjour dans une locahté infectée, y sont devenus goitreux, et les enfants nés postérieurement à ce changement de séjour se sont trouvés entachés de crétinisme.
Les mariages consanguins, surtout lorsque les parents sont déjà goitreux, favorisent encore le développement de la cachexie chez les enfants,
11 est évident que le crétinisme tient à un ensemble de conditions hygiéniques fâcheuses dont l'action s'accumule sur une population et finit par l'abâtardir. Sans doute parmi ces causes toutes n'ont pas la même valeur, et il en est dont 'action est évidemment beaucoup plus énergique, mais nous rejetons sans hésiter l'opinion des auteurs qui, concentrant toute leur attention sur l'une de ces influences éliologiques, lui attribuent une valeur exclusive, et en arrivent à baser toute une théorie de la maladie ou tout un système thérapeutique sur une idée évidemment empreinte d'exagération.
C'est ainsi que de Saussure expliquait le crétinisme uniquement par le peu d'altitude des localités au-dessus du niveau de la mer, tandis que Fodéré donnait une valeur étiologique de premier ordre à l'air saturé d'humidité des vallées. Maison a trouvé des Crétins àJôOO métrés au-dessus du niveau de la mer, et l'importance exclusive de l'air saturé d'humidité se trouve contredite par plus d'un fait d'observation; la colline qui domine la vallée d'Aoste, par exemple^
ÔlO m CHÉTINISME.
•'Si (jxposcc (Ml i)l('iii midi, clic rc»;oit les rayons du soleil, elle est presque cnliéreiiienl (léjMmrvue dégroupes d'arbres, malgré tout, elle est forlemeiil inCectéc de crétins, tandis (jue la montagne opposée, dont la pente regarde le nord, qui est constamment à l'ombre, n'en nourrit pas.
M. Grange accuse exclusivement la nature du sol : Partout, dit-il (1), où les terrains magnésiens Forment les couclies |>riiicipales du sol et où l'iode manque, il y a goitre et crétiiiisme ; lorsque les terrains magnésiens disparaissent pour faire place aux terrains iodés, les formes morbides disparaissent à leur tour. M. Chatin (2), attachant moins d'importance à la nature géologique du sol, insiste avant tout sur l'absence de l'iode comme cause unique et essentielle du crélinisme. Après avoir prouvé qu'à l'état normal l'iode était répandu partout, qu'à l'aide de moyens analytiques convenables on pouvait constater sa présence dans le sol, dans les plantes, dans les eaux de toute nature, dans l'atmosphère ellemême, M. Chatin a cru trouver que cet agent faisait défaut, ou du moins existait en proportions insuffisantes dans toutes les localités infectées par le crétinisme, il a expliqué par ses analyses et en constatant l'absence ou la présence de l'iode, comment de deux villages voisins et placés en apparence dans les mêmes conditions hygiéniques, l'un renlènnait des crétins, tandis que l'autre en était exempt.
Toutes ces opinions exclusives et absolues ont contre cllc> des faits incontestables qui protestent contre l'extension trop grande qu'on leur a donnée. Tout porte à croire, ainsi que M. Niepce l'a soutenu, que les causes du crétinisme sont multiples et tiennent, comme toutes les cachexies, à un ensemble de conditions hygiéniques défavorables, à tel point
(1) Acail. des sciences, mai 1851. Rapport de M. Élie de Beauinonl sur les travaux de M. Grange relatifs au guilrc et au crétinisme, et Dulklin de l'Acadcniie de iricdecinc, t. WI, p. M:',.
(2) Union médicale ùu 10 mai 1851.