‹ Traité pratique des maladies mentales (volume 2)Chapitre 104 sur 141 · GRAND ACCÈS · texte numérisé non relu

GRAND ACCÈS

pron)pt : la commissure labiale est entraînée jusqu'à l'oreille, le front se plisse, les sourcils s'abaissent, les paupières laissent à découvert le globe oculaire roulant dans l'orbite ; les mâchoires, en se rapprochant et s' éloignant alternativement, produisent un violent grincement de dents et saisissent souvent la langue qu'elles lacèrent profondément; les bras, contractés et roidis, éprouvent sept à huit secousses convulsives, pas au delà (Calmeil); les poings sont fermés, elle pouce fléchi est ramené dans la paume de la main ; les cuisses et les jambes obéissent à la même impulsion, d'autant plus laible qu'on s'éloigne plus de la tête; le tronc, brusquement soulevé, retombe, se tord en divers sens ou bien reste dans un véritable état tétaniqne ; pas de bonds violents comme chez les hystériques; les convulsions se font sur place ou à peu près. Les mouvements du cœur, violents, tumultueux, s'entendent à une grande dislance; la respiration, sifflante, entrecoupée, se rétabUt péniblement, le corps est baigné de sueur; quelquefois il y a des vomissements, des évacuations involontaires et même des émissians spermatiques.

Cette seconde période, période clonique ou coiwulsi ve , dure plus longtemps que la précédente et peut se prolonger plusieurs minutes.

Survient enfin la troisième période, période de cul- /upsus : les bras sortent de leur état de roideur, la tête est vacillante, la facepaht, tous les muscles se détendent, la respiration reprend largement son cours, et les expirations, qui se succèdent rapidement, laissent entendre un ronflement caractéristique. C'est alors que l'air expiré amène entre les lèvres une certaine quantité de salive écumeuse, rougie par le sang qui s'écoule des morsures de la langue et de la face interne des joues.

Le calme succède à celte scène violente et le système musculaire, encore agité par un léger tremblement, revient à I»eu près à une immobihté parfaite. Mais l'insensibihté per-

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sislc |M3mlaiil un lciii[)s plus mi uioiiis l">iij; ; l<'S oiJnurs lo |tius l'orU's, les excitants les plus éiieif^iques restent ahsolu- MKîiil sans action; les sujetii n'ont aucune conscience des plaies, des hiùluies ou des contusions très yiavcs (ju'ils ont pu se faire pendant la durée de l'accès; ils restent un (|uarl d'heure, vingt minutes ou même plus sans connaissance, dans un assoupisseuient profond, la respiration stertoreuse, les muscles dans une résolution complète. Ce n'est (|u'au houl de ce temps que le malade revient lenlemfnl à lui : l'air héhélé, le regard fixe, entendant ce qu'on lui dit, mais ne répondant pas encore ; ses premières paroles expriment les douleurs qu'il éprouve dans la tête, dans les membres, il se sent brisé, courbaturé, sans conserver aucun souvenir de ce qui vient de se passer : la position où il se trouve, le sentiment de fatigue qui l'accable, l'excrétion involontaire de l'urine et des matières fécales, la vue des personnes qui l'entourent et lui donnent des soins, sont les seuls indices qui lui permettent de reconnaître qu'il vient d'avoir un accès.

La stupeur consécutive à l'accès convulsif ne fait jamais défaut; elle peut ne durer que quelques minutes, mais souvent aussi elle se prolonge pendant plusieurs lieures et même plusieurs jours chez les individus gravement frappés : on les voit aloi's (oublier leur nom, le numéro de leur salle et de leur lit ; il faut les faire manger, les habiller et surveiller toutes leurs actions, jusqu'à ce que l'hébétude s'eflace progressivement : c'est immédiatement après la période de stupeur que, chez les épilepliques aliénés, se développent les troubles intellectuels dont nous parlerons plus loin.

Le grand accès n'est pas toujours unique ; il est des cas où un accès n'a pas encore accompH toutes ses périodes qu'un autre déjà recommence. Les paroxysmes convulsifs peuvent ainsi se succéder coup sur coup, si bien qu'on peut compter quarante, soixante accès sans interruption, et (luelamorl peut s'ensuivre : ce sont alors, selon l'ingénieuse dénomina-

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