‹ Traité pratique des maladies mentales (volume 2)Chapitre 106 sur 141 · TROUBLES INTELLECTUELS PERMANENTS. 5Z|I · texte numérisé non relu

TROUBLES INTELLECTUELS PERMANENTS. 5Z|I

lepsie. — Plusieurs auteurs ont iiot(' chez Jes épileptiques des moments de délire aigu survenant en dehors de tout accès convulsit*. Ce délire revêt tous les caractères que nous avons indiqués plus haut : tantôt il s'agit d'un accès de manie furieuse ; tantôt, au contraire, d'une folie transitoire signalée par des impulsions homicides et dos actes de violence inexplicables, dont les sujets ne conservent aucun souvenir. M. Delasiauve (1) a cité une observation où la folie survenait sans être précédée de crise et souvent même à une époque très distante des premiers accès, et la science possède plusieurs exemples analogues ; bien plus, on a vu les accès convulsifs et les accès maniaques alterner entre eux d'une manière tout à fait remarquable. Quelques médecins discutent et même nient complètement les faits de cette nature. Ils objectent que, dans ces cas, l'attaque convulsive ne manque jamais, mais qu'elle reste inaperçue, soit parce qu'elle survient pendant la nuit, soit parce qu'il s'agit d'un simple vertige, tellement rapide, tellement fugitif, qu'il échappe à tout observateur non prévenu. Celte vue ingénieuse, et très probablement exacte, a été apphquée à certains faits de médecine légale où l'examen des caractères spéciaux du délire éveille l'idée de folie épileptique, chez des sujets qui semblaient n'avoir eu jusque-là aucune attaque d'épilepsie. Souvent, en remontant avec soin aux antécédents de ces malades, on finit par acquérir la conviction qu'ils sont sujets à des vertiges, décrits par eux avec une grande exactitude, mais qu'ils déguisent sous le nom de crises nerveuses, d'élourdissemenlS; et dont on ne peut découvrir la véritable nature qu'à l'aide d'un minutieux interrogatoire.

3" Troubles intellectuels permanents se développant à la longue chez les épileptiques. — Tous les auteurs ont signalé

.'1) Delasiauve, TniHr de Vépilepsie, p. ir)'2.

Ô/|2 Dlî J- KIMLEPSIF.

l'inlluoiice que l'^pilepsic ('X(M(;<' à l;i lonj^iie sur le dogn'î d'énerjiic «les raciilU'S inlellocliielles : la môiiiuin; s'allailtlil, l'altciiliuii j)erd di.' su lorco el do sa lixilé, le travail d'cspril diivinnl plus diUiciio el la démence va cli.aque jour on se ( araclérisant davantage. H ne.s'agil plus ici de peiliii ballons passagères de l'intelligence, mais d'un état chronique qui persiste d'un accès à l'autre, el s'aggrave après chaque accès nouveau. Esijuirol [i) cl plus lard .M. Calnu'il {'2.) ont précisé d'une manière inattaquable, dans les propositions suivantes, les conditions qui, chez les épileptiques, accélèrent ou retardent les progrès de la démenre.

(îhez quelques enfants épileptiques, disent-ils, la raison ne se développe pas, ils sont idiots; chez d'autres, elle se d('"V('loj)pe, mais elle se perd de bonne heure.

Lorsque l'épilepsie éclate après la puberté, el surtout dans l'âge consistant, la raison se perd plus lentement; — les progrès vers la démence sont en rapport avec le nombre des années depuis l'invasion de la première attaque avec la fréquence et la durée de ces attaques. — L'influence la plus puissante pour l'anéanlissemenl de la raison se trouve dans la réunion des accès du grand mal avec les vertiges; — le grand mal seul n'épargne point l'intelligence ; les vertiges très multipliés, quoique seuls, sont aussi actifs pour la production de la démence que les vertiges et le grand mal réunis, mais un peu moins multipliés. — Lorsque l'épilepsie cesse, lorsqu'elle est suspendue pendant un temps plus ou moins long, lorsque les accès s'éloignent sans que la maladie ait cessé, alors rintelligence se rétablit progressivement, le caractère de ces individus s'améliore, ils sont moins irritables, plus dociles, plus sociables; mais je n'en ai vu aucun, ajoute Esquirol, qui ne conservât une susceptibilité physique et morale très prononcée. Comment se l'ait- il, dil

(1) Esquirol, De l'épiiepsie, 1. 1", |.. 288. (2)ralmeil, Thèaeinouqurnle. Paris, 1824, p. '2fi.

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