‹ Traité pratique des maladies mentales (volume 2)Chapitre 118 sur 141 · MARCHE · texte numérisé non relu

MARCHE

mais presque toujours elle s'accompagne d'une rachialgie très vive siégeant principalement à la région lombaire, et s'étendant jusqu'à la région cervicale et jusqu'aux extrémités : on a insisté avec raison sur la coïncidence de ces douleurs avec le ramollissement de la moelle épiniére, constaté assez souvent dans les autopsies de pellagreux.

C'est donc à tort que l'on a voulu assimiler la paralysie pellagreuse à la paralysie générale. Il i)eut arriver sans aucun doute, comme M. Baillarger l'a constaté, que chez certains pellagreux on constate de l'embarras de la parole, du bégayement, du délire ambitieux. Mais il est démontré maintenant que ces faits sont le résultat d'une simple coïncidence entre la pellagre et la paralysie générale ; de l'opinion presque unanime des médecins qui se sont occupés de cette question, il résulte que la paralysie pellagreuse est une espèce à part, qu'elle n'offre à sa période ultime ni embarras de la parole, ni idées ambitieuses, qu'elle est susceptible de guérison, enfin qu'elle n'est jamais caractérisée anatomiquement par les adhérences des méninges et le ramollissement de la couche corticale des circonvolutions.

§ 3. — Marche.

Tels sont les symptômes que l'on observe dans la pellagre. Déjà nous avons dit combien leur marche présentait d'irrégularités, chacun d'eux pouvant exister quelque temps isolément et occuper tantôt la première, tantôt la seconde, tantôt la troisième place dans l'ordre d'apparition. Ainsi que l'a dit M. Landouzy (ly, la pellagre ne consiste évidemment ni dans les accidents cutanés, ni dans les accidents digestifs, ni dans les accidents nerveux pris chacun isolément, mais dans une diathèse spéciale qui a pour phénomènes expressifs ces trois ordres de symptômes principaux, dont la manifes-

(1) Landouzy, Delà pellagre sporadique. Paris, 1860,

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