‹ Traité pratique des maladies mentales (volume 2)Chapitre 132 sur 141 · LOI · texte numérisé non relu

LOI

sur. LES ÉTABLISSEMENTS D'ALIÉNÉS EN FRANCE.

Une loi était nécessaire sur Icséiablissemenls d'aliénés; il fallait rendre exécutoires, dans toute la France, les mesures les plus propres à assurer le traitement des aliénés, et pievenir les atteintes que, sous prétexte de folie, on aurait pu commettre contre la liberté individuelle. On a surabondamment atteint ce dernier i)Ut; je dis surabondamment, car, dans la discussion de la loi, on n'a pas cité un seul fait d'enfermement arbitraire dans une maison de santé, et parce que les précautions prises par le législateur en ouvrant la porte des maisons destinées aux aliénés à un trop grand nombre de visiteurs, ont l'inconvénient de donner un commencement de publicité à des malheurs que les familles ont le plus grand intérêt à tenir cachés. Ainsi, sous ce rapport, la loi a fait plus qu'il n'aurait fallu.

Elle a fait trop peu dans l'intérêt des malades: il était désirable qu'elle ordonnât qu'un établissement fût formé dans chaque déparlement, alin d'éviter les inconvénients inséparables des grands établissements dans lesquels les malades, entassés et sans direction intellectuelle et morale, deviennent incurables, la plupart du temps, par la seule raison qu'on ne les traite pas. La demeure des aliénés, leur chambre, leurs cours, leurs promenoirs devaient être l'objet des prévisions du législateur; non pas qu'on ait pu demander à la loi des détails sur ces différents objets, mais une visite ordonnée par elle, et faite par l'autorité compétente, assistée d'un médecin et d'un architecte, aurait eu, pour les aliénés, le meilleur résultat. La loi, si soigneuse de leurs biens, ne l'a presque pas élé de leurs personnes. Là, ils sont entassés pêle-mêle; ici, on les tient constamment enfermés; ailleurs, les sexes sont confondus. Une visite faite à l'improviste,

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