‹ Traité pratique des maladies mentales (volume 2)Chapitre 41 sur 141 · ALIÉNÉS · texte numérisé non relu

ALIÉNÉS

On voit que, tant dans les départements qu'à Paris où l'influence de nos révolutions s'est plus particulièrement fait sentir, les années même les plus agitées par les orages politiques n'ont nullement été signalées par une augmentation relativement plus considérable dans le nombre des cas de folie.

% Z. — CauBcs prédisposantes ln<li«iduelles.

1" Hérédité. — L'hérédité est une disposition en vertu de laquelle les parents transmettent à leurs enfants certains états ou certaines dispositions physiologiques ou pathologiques. De toutes les causes prédisposantes de la folie, l'hérédité est sans contredit la plus importante. Elle domine la pathogénie

des maladies mentales, et l'on peut dire avec certitude que, plus celte cause sera étudiée avec soin, plus on arrivera à étendre le cercle de son action.

Sans chercher à prouver son existence par des faits fie toute sorte qu'il nous sérail facile d'accumuler, éludions les modes si nombreux par lesquels elle se manifeste, et les conditions qui influent sur son degré de gravité.

L'hérédité peut provenir à la fois du père et de la mère, et celle-là est la plus grave. Un enfant né d'un père et d'une mère aliénés aura contre lui les chances les plus redoutables.

Lorsque l'hérédité provient d'un seul côté, soit du père, soit de la mère, il semble jjronvé que l'ii^^rédité du côté de la mère est plus dangereuse. Telle était l'opinion d'Esquirol, el M. Baillarger, à son tour, sur une statistique de 453 faits d'hérédité, a calculé que l'influence materneUe prédominait dans les deux tiers des cas ; 271 fois la folie provenait de la mère, et du père 182 fois. Le raisonnement semble d'ailleurs venir en aide à cette donnée statistique : a Les maladies de j> la mère, dil Chomel (1), se transmettent peut-être encore » plus communément que celles du père, non-seulement » parce qu'il ne peut y avoir d'incertitude sur la maternité, » mais encore parce que la femme qui a une pari égale à » celle de l'homme dans l'acte <le la conception, fournit au » développement du fœtus pendant toute la durée de la vie » intra-ulérine, et le nourrit encore de sa propre substance » pendant toute la durée de rallailemenl. Il est donc nalu- )) rel de croire que la mère a une plus grande part que le » père dans la constitution des enfants et dans leurs disposiî» lions morbifi(|ues. Ajoutons enfln à l'appui de cette opi- » nion que dans le croisement des races d'animaux, l'in- )) fluence inégale des deux sexes se montre manifestement. » Le mulet, issu de la jument et de l'àne, est incomparablc-

(1) Chomel, l'alh. générale, p. 69.

lOA CAl'SKS ritKDJSl'USA.NTKS IMilMlil EM.i:?

)» iiK'iil [)lus giaiiil cl jilus lofl (|iic celui (jui jnnxinii i\\n\ j> croiseiiuînl inverse. »

Lorsiiu'iin individu né de parents acluellcmenl sains d'esprit devient aliéné, il ne faut pas se hàler de déclarer que la folie est survenue en dehors de toute cause héréditaire. On peut, même alors, se demander si le malade n'a pas reçu des siens quelque prédisposition restée jusque-là chez eux à l'état latent, et ce qui le prouve, ce sont les cas encore assez nombreux où les parents tombent malades longtemps après leurs enfants, et oii l'hérédité se manifeste en suivant un ordre rétrograde.

Au lieu d'être directe, l'hérédité peut être collatérale : ainsi pour beaucoup d'aliénés on ne retrouve de traces d'antécédents fâcheux que chez un cousin, un oncle, une tante. Dans d'autres cas, l'hérédité saute un degré, la maladie se transmet du grand-père au petit-tils en épargnant la génération intermédiaire. Quelquefois elle suit les sexes; on voit des familles dans lesquelles les femmes seules deviennent aliénées, tandis (jue les honmies conservent leur raison intacte. L'inverse a été observé. Enfin il y a parfois intermittence dans les enfants qui succombent à la transmission héréditaire :■ entre deux enfants qui sont frappés il en nait un qui reste indemne jusqu'à la fin de sa. vie de toute atteinte de fohe.

Telles sont les variétés bizarres que peut offrir la loi d'hérédité. Quant au degré d'énergie que présente cette influence éliologique, certaines conditions peuvent le faire varier. Plus dans une famille le nombre des aliénés est considérable, plus le degré de parenté avec les aliénés est rapproché, plus jes chances défavorables sont nombreuses. Les enfants qui naissent avant que leurs parents aient été aliénés sont moins disposés à la folie que ceux qui naissent de parents ayant eu déjà un ou plusieurs accès; en tout cas, on admet généralement que le danger est d'autant plus grand que le moment de la naissance est plus voisin de l'époque de l'accès chez les

Dr. LA FOLIE. 105

parents. Quant aux rulaiils (jui pi uvicnnent de parents en état d'aliénation mentale, sans posséder sur ce sujet une statistique suffisamment étendue, je suis disposé à les regarder comme plus exposés que tous les autres. J'ai vu un certain nombre de grossesses survenir dans des ménages où le mari paralytique avait été conservé chez lui pendant plusieurs mois avant d'être isolé dans un asile ; or, les cinq sixièmes des enfants nés dans ces conditions sont chétifs, malingres et succombent en bas âge au milieu de convulsions. J'ai également rencontré parmi les nouveau-nés de femmes atteintes de folie puerpérale une mortalité plus grande que n'en indiquent les statistiques pour les enfants nés dans des conditions ordinaires,

Existe-t-il des signes particuliers auxquels on puisse reconnaiti'e la prédisposition héréditaire aux affections cérébrales ? Un père, une mère ou un ascendant quelconque ayant été atteints d'aliénation mentale, à quels signes reconnaître s'il y a lieu de redouter pour les enfants la même maladie, et lor.Mju'il existe plusieurs enfants lequel d'entre eux est le plus particulièrement prédisposé?

A la suite de recherches précises et nombreuses sur ce ])oint curieux d'étiologie, M. Moreau est arrivé à conclure (mais nous donnons cette conclusion sous toutes réserves) qu'il y a jusqu'à un certain point antagonisme entre la ressemblance des traits de la ligure (1), l'hérédité de la physionomie et l'hérédité de Torganisation psycho-cérébrale, que tous les descendants qui présentent une ressemblance physique plus ou moins frappante avec ceux de leurs parents qui ont été atteints de folie, ont plus de chance de conserver l'intégrité de leurs fonctions cérébrales, en sorte qu'on peut jusqu'à un certain point et avec la chance de tomber juste 72 fois sur 100, reconnaître s'il y a lieu de craindre ({ue les

(1) Moreau (de Tours), Union médicale, 1852.

iOô CAUSES l'HÉUISl'USANTES liNDlVIUUELLES

enfants d'aliônés ne soient tôt ou tard frappés à lenrlour, et (piels sont ceux des enfants (|ui se trouvent plusparticulicrcnienl menacés du mal héiV'ditaire.

I/affeclion héréditaire peut se transmettre soit d'une manière complète, soit d'une manière incomplète.

Il est rare (lu'une maladie mentale «e retrouve chez l'enfant exaclemertl avec les mêmes formes, les mêmes nuances qu'elle présentait chez les parents. 11 existe toutefois dans la science certains faits pleine d'intérêt qui démontrent que cette Iransttiission peut être aussi parfaite que possihle. Une dame est aliénée à vingt-cinq ans, après une couche; sa fdle devient folle h vin«^f-cinq ans et à la suite de couches. Dans une famille, le père, le fils etlepetit-tils se sont suicidés vers la cinquantième année de leur vie. Un monsieur frappé des premiers événements de la révolution est resté pendant dix aiis renfermé' dans son appartement; sa fille, vers le même âge. tombe dans le même étal et refuse de quitter son appartement (1). A tous ces faits M. Moreau en a joint d'autres non moins curieux. J'ai connu, dit-il, à Charenton, deux sœurs atteintes d'une monomanie qui datait déjà de plusieurs années. Quelque bizarres, quelque variées que fussent les nuances, leur délire s'accordait en tout point. Ces demoiselles se persuadaient qu'on influençait leurs pensées et leurs actions au moyen de l'électricité. Toutes les deux étaient en relation avec des génies invisibles habitants de l'air. Elles appelaient du même nom, .M. Duplafon, le plus puissant de tous, qu'elles consultaient sur tout ce qu'elles devaient faire. J'ai connu moi-même deux fréresjuraeaux d'une grande ressemblance, cités par le même auteur, qui, renfermés h Bicêtrc pour des hallucinations de l'ouïe et des idées de persécution tout à fait identiques, vivant isolés, ne communi-

(1) Esquirol, Des maladies mentales, i. I, p. 66.

DE I.A l'OLIE. i07

quant jamais entre eux, offraient la mêtne attitude, s'agitaient et tombaient en stupeur aux mûmes époques, et cela même lorsqu'ils étaient séparés par plusieurs kilomètres de distance, l'un habitant Bicêtre, l'autre la ferme Sainte-Anne.

Ces cas représentent pour ainsi dire le type le plus parfait de l'hérédité, mais en somme ils sont assez rares : toutes les formes de la folie, manie, mélancolie, délire partiel, s'engendrent réciproquement et d'une manière indistincte. La paralysie générale elle-même qui, par ses symptômes, ses lésions anatomiques spéciales, diffère si notablement des névroses pures de l'intelligence, se letrouve chez les ascendants ou les descendants d'aliénés avec une fréquence qui prouve de la manière la plus péremptoire qu'elle n'est qu'un rameau détaché de la même laiiiille pathologique. Il ne faut pas croire non plus que la folie confirmée puisse seule avoir quelque valeur comme antécédent héréditaire. Depuis longtemps M. Moreau a insisté sur ces bizarreries intellectuelles, sur ces excentricités, sur ces appréciations fausses et erronées, sur ces allures défiantes, mobiles, insaisissables qui forment le triste apanage de certains parents d'ahénés. Ils nient les faits les plus évidents, les jugent de travers et s'ingénient à trouver des explications pour les actes les plus déraisonnables. Ce n'est pas encore là de la folie, mais il y a déjà un état anormal de l'intelligence, qui sert de transition vers une lésion plus grave et offre un grand danger au point de vue de la transmission. Tantôt ces états intellectuels anormaux donnent naissance à la folie chez les descendants, tantôt, au contraire, ils sont le retentissement éloigné de la folie des ascendants.

Enfin, sans vouloir adopter de tous points la pensée qui a présidé au livre de M. Moreau (I), et sans ranger le génie parmi les causes héréditaires de la folie, ne devons-nous pas voir avec étonnement cette coexistence si fréquente dans

(1; Moreau, Psychologie morbide, p. ii93.

10S CAUSES l'IiKDISPOSANTES l.M)l\ IDII.l.l.LS

une iiiL'fiic faiiiille (riiii aliriié el d'iiii liumiiic do génie, et n'est il pas sai^iss;tnl d'ubscivcr si rrc(|uennneMl chez des lioniines remarquables par des qualités intellectuelles extraordinaires, dos anomalies nerveuses de toute sorte, coinnit; si, en dolinilive, les troubles cérébraux, eliez les grands liunimos, depuis les simples névroses jusqu'aux perturbations morales les plus graves, loin d'être un accident, étaient des efl'els naturels, sinon nécessaires, de leur organisation? Quelle que soit l'opinion que l'on se fasse sur ce point, les faits accumulés par l'auteur el confirmés chaque jour par la prali(iue font réfléchir les plus incrédules.

En établissant que tous les degrés, toutes les formes de la folie peuvent indistinclemeni naître les uns des autres, avons-nous l'ail à l'iiérédité une assez large pari? Le médecin qui voit beaucoup d'affections neivcuses s'aperçoit bien vite que ce champ d'action déjà si vaste doit être encore élargi, et que loutesles névroses, quelle (jue soit leur nature, ne constituent pour ainsi dire qu'une seule et même famille; car à chaque instant la pratique nous démontre qu'elles se retrouvent, mais sous une autre forme, à la génération suivante. Parmi les ascendants, les collatéraux ou les descendants des aliénés se rencontrent un grand nombre de sujets atteints d'épilepsie, de chorée, d'hystérie, ou bien offrant une aptitude particulière aux affections convulsives el névralgiques, aux maladies congeslives el apoplecliformes des centres nerveux, à la cécité, à l'amaurose. Bien plus, lorsque à celte influence héréditaire il vient se joindre d'autres causes accidentelles, comme l'alcoolisme, de mauvaises conditions d'aération, de nourriture, d'hygiène, l'espèce aboulit(et M. Morel a surtout insisté sur ce point) soit à la stérilité, soit à la procréalion d'individus oUranl à un degré plus ou moins marqué un caractère de dégénérescence, c'est-à-dire dans l'ordre intellectuel un affaissement ou une déviation des facultés mentales, et comme dernier terme l'imbécillité et

l'idiotie ; dans Tordre physique, des arrêts de développement et des lésions du système nerveux remontant à la vie intrautérine, strabimie, cécité, surdi-mulilé, pieds bots, bec-deliévre, doigts palmés, tics nerveux de toute sorte.

Enfin, certains auteurs, étendant jusqu'à ses dernières limites le cercle de l'influence héréditaire, ont rangé parmi les causes de la folie, non-seulement lalblie et les névroses, mais encore la plupart des maladies constitutionnelles susceptibles de se transmettre par voie do génération, ainsi la scrofule la diathèse tuberculeuse, le rachitisme, les dartres; toutes ces dispositions sans aucun doute débilitent l'économie et la rendent plus apte à contracter toute espèce d'alléction, mais regarder toutes les mr.ladies héréditaires comme susceptibles de se transformer les unes dans les autres, c'est donner à l'observation un champ tellement étendu que toute démonstration rigoureuse devient impossible et qu'on risque fort, en suivant cette voie, de tomber dans le domaine de l'hypothèse. Aussi, tout en admettant que les névroses de toute sorte ont, au point de vue qui nous occupe, une influence au moins égale à celle de la folie, nous n'hésitons pas à rejeter, faute de preuves suffisantes, l'action étiologique directe des autres maladies constitutionnelles.

Ces limites variables assignées par chaque auteur au champ de l'hérédité ont influé sans aucun doute sur les chilTressi difl"érents qui ont été donnés pour indiquer sa fréquence. Esquirol a trouvé dans son étabhssement privé 1/iO fois l'hérédité sur 265 malades, soit 0,^5; M. Parchappe estime l'hérédité à 15 pour 100, et Guislain l'évalue au ((uart des entrées, soit 56fois sur 22/i, il pense toutefois que ce chifl^re pourrait monter plus haut. Sur 56 malades atteints de folie puerpérale, j'en ai rencontré 2li offrant, soit chez leurs ascendants directs, soit chez leurs collatéraux, des cas d'aliénation mentale confirmée.

Il est d'abord un point incontestable, c'est que dans la

410 CAl'SES I'1;KDISP0SANTF.S IJ5DIVIDUELLKS

clienlèle privt'e où les roiiseignemenls soiil plus complets, plus faciles à obtenir, on arrive constaninicnl à un chiflre d'anlécé'Ienls liérédilaires plus coniplcl ipio dans la clienlèle des hôpitaux. Mais si, par une investif;ation minutieuse et persistante, on recherche autour du malade non-seulement les cas d'aliénation mentale , mais encore les faits de cliorée, d'hystérie, d'épilepsie, d'affections névropathiques, je n'hésite pas à déclarer (jue dans les neuf dixièmes des cas on arrivera à découvrir des antécédents héréditaires d'une arande valeur.

A côté des inlïuences héréditaires proprement dites, il existe deux causes de folie qui peuvent légitimement en être rapprochées et qui méritent une mention spéciale, je veux parler des hahitudes alcooliques chez les parents et des mariages consanguins.

Les habiladcs alcooliques des parents créent chez les enfants une aptitude spéciale aux maladies mentales et aux lésions des centres nerveux. Sur 56 idiots ou imbéciles, M. Moreau a trouvé 12 fois des habitudes d'ivrognerie chez les parents. J'ai j)u constater, dit Guislain (1), l'origine de toute une génération d'aliénés, composée de différents frères et sœurs, tous issus d'une mère qui avait fait une consommation si considérable de liqueurs fortes, que pendant toute une série d'années elle se trouvait dans un état d'ivresse complète. Jamais cette femme n'avait été aliénée, son mari ne l'avait pas été, pas plus qu'aucun membre de leur famille, de manière (|ue toute une descendance d'aliénés était directement le résultat de cette union. J'ai constaté à Bicêtre un grand nombre de faits semblables. Outre cette influence de l'alcoolisme clironiiiuc, certains auteurs ont signalé l'action funeste exercée par l'état d'ivresse de la mère et surtout

(1) Leçons sur les phrénopalhies, t. II, p. 92.

DE LA FOLIE. lu

du père au moment de la conception : des confidences pré* cises les ont mis à rnénie d'aOlrmcr que beaucoup d'idiots et d'imbéciles étaient nés dans des condilions de ce genre : plus tard, à propos de Talcoolisnie, nous aurons à revenir sur tous ces faits.

Les mariages consanguins exercent sur leurs produits, tant dans l'espèce humaine (jue dans l'espèce animale, une influence déplorable au point de vue des dégénérescences de la race (1). Quand ils ne se terminent pas par la stérilité, ils donnent pres([ue toujours naissance ta des enfants entachés de vices organiques graves, surdi-mutilé ('2), polydactylie, albinisme, hydrocéphalie, scrofule, rachitisme; de plus, les grossesses sont rares; peu d'entre elles arrivent à terme, et les fœtus offrent souvent des monstruosités incompatibles avec la vie : l'idiotie, l'imbécillité, l'aliénation mentale sont encore une des conséquences les plus funestes de ces unions réprouvées par la loi civile et la loi religieuse. Les mariages consanguins sont d'autant plus redoutables que les deux branches qui s'unissent entre elles offrent déjà des parents aliénés, car alors les prédispositions héréditaires fâcheuses se prêtent un mutuel appui : si une première alliance entre parents épargne, à la rigueur, les enfants qui en naissent, il n'en est plus de même lorsque ces alliances se continuent dans les mêmes conditions pendant plusieurs générations successives, soit par suite de l'isolement et de la difficulté des relations, comme pour certaines populations perdues au milieu des montagnes et dont tous les membres se marient entre eux, soit en raison de préjugés de race, comme dans quelques aristocraties. C'est à des alliances con-

(1) Francis Dcvay, Du danger des mariages consanguins, au point de vue sanitaire, 1857. — Voy. aussi Boudin, Danger des unions consanguines et nécessités des croisements dans l'espèce humaine et parmi les animaux (Annales d'hygihie, 1862, t. XVIU, p. i et suiv.).

(2; Alenière, Gazelle médicale, 184G, p. 225.

11*2 CAUSKS rr.KDlSPOSANTES INhlVIDUELI.ES

s;iiiL;iiiii(S iiiiiIlij)liL'es qu'Ksquirdl ;itliil)ii;iit raliàlni'dissoment de lu race cl la fréquence de la folie dans l'arislocratie espaL,mole cl française à la fin du (l(M"nier siècle.

Les unions disproportionnées, d'une jeune fille et d'un vieillard, d'un jeune homme el d'une femme déjà àj:ée, de deux vieillards ou de deux jeunes gens inconi|)létement développés, donnent des résultats tout aussi déplorables. On a remarcpié dans les campagnes qu'il naissait beaucoup d'idiots de l'union de ces femmes qui, après avoir passé comme (loinesli(jU('s dans les villes les annf'cs de jeunesse, retournent dans leurs villaces el se marient à des jeunes cens séduits par les économies qu'elles ont lentement amassées.

Nous reviendrons bien souvent sur cette grave question de l'hérédité, (jui a du moins, malgré sa pernicieuse influence, l'immense avantage d'avoir une prophylaxie. Consulté à chaque instant sur l'opporlunité de certains mariages, le médecin ne devra perdre de vue aucun des faits que nous venons d'indiquer. Si la plupart des aliénés ont autour d'eux un vice héréditaire, sans aucun doute la proposition inverse n'est pas réelle, et tous ceux qui naissent de parents aliénés ne sont pas fatalement voués à la folie. Mais les lois de l'hérédité sont si mobiles et si imprévues, une maladie comme la folie jette dans les intérêts moraux d'une famille tant de perturbation, qu'il faut tout dire sans arrière-pensée, et ne laisser ignorer à ceux qui nous interrogent aucun des dangers qu'ils auront à afl'ronter.

2° Age. — A part l'idiotie el l'imbécillité, la folie est rare avant la puberté. De vingt à trente ans elle devient plus fré' quentc, de trente à quarante ans le nombre des aliénés csl très considérable. Celle dernière période, qui est celle de l'émancipation domestique et des préoccupations de famille, est la plus dangereuse pour l'homme d'après les calculs de M. Parchappe, tandis (jue la femme serait suitout exposée à la folie vers l'àgc critique, entre quarante >.'\. cinquante ans.

Au delà de cinquante ans les cas d'aliénation mentale deviennent moins fré([uents et font place à des affections organiques des contres nerveux amenant avec elles un affaiblissement plus ou moins prononcé des facultés intellectuelles.

L'âge n'est pas non plus sans influence sur la forme de maladie mentale. La manie est surtout fréquente de vingt à trente ans; au delà de trente ans, la paralysie générale se substitue trop souvent à l'excitation maniaque pure; les femmes à l'âge de retour sont exposées à la mélancolie, et à partiide soixante ans toutes les formes de folie se compliquent facilement de démence. En traitant de la pathologie spéciale nous aurons à insister avec détail sur tous ces faits que nous ne faisons qu'indiquer rapidement.

Quant aux vésanies du jeune âge, elles doivent être considérées comme assez rares.

Pinel, sur cent onze malades, n'en trouva que quatre audessous de vingt ans (1). Esquirol a donné des soins à trois enfants, l'un de huit ans, l'autre de neuf ans, et à une jeune demoiselle de quatorze ans, tous les trois maniaques; il a été également consulté pour un mélancolique âgé de onze ans. MM. Aubanel elThore ont noté pour l'année 1839 à Bicêtre, huit cas de manie et un cas de mélancolie chez des enfants âgés de onze à dix-huit ans. M. le Paulmier, dans sa thèse (2) , donne les chiffres suivants pour trois années d'admission à Bicêtre :

Adultes au-dessus de 18 ans 1/14

Enfants au-dessous — 17

Les vésanies des enfants consistent le plus sauvent en do l'excitation maniaque, quelquefois simple et quelquefois com-

(1) Pinel, ouv. cité, p. 456.

(2) Des affections mentales chez les enfants el en paiticulier de la manie. 18.ÎG, p. 'J.

MAUClt. — MU,. MENT. ' g

IIÛ CAUSES PRÉDISPOSANTES INDIVIDUELLES

pliquée (le chorée ou d'épilepsic, et raractôrisée par une activité infatigable cl maltaisanle, (pii liansforme en sujets ingouvernables des êtres débiles et par bnir âge et par leur constitution.

La mélancolie, les ballucinations, bien qu'il en existe quelques exemples, sont beaucoup moins fréquentes chez les enfants que la manie et n'offrent d'ailleurs rien de spécial; il n'en est pas de même de certains faits de monomanie instinctive qui étonnent par la manifestation précoce d'impulsions maladives réservées d'ordinaire à lin âge plus avancé. Esquirol (1) a rapporté avec détail l'obseiTation très intéressante d'une jeune fdle de sept ans et demi possédée du désir fixe de tuer sa belle-mère et Texpriniant avec un sangfroid et un cynisme d'expression tout à fait remarquables. Marc (2) a cité un grand nombre de faits de pyromanie observés chez des enfants de neuf à seize ans. Enfin les ahénistes observent chaque jour des cas de suicide qui se sont produits chez de très jeunes enfants à propos des causes les plus futiles. Dans son ouvrage sur l'hypochondrie et le suicide, M. Falret (3) donne l'observation d'un enfant de douze ans qui se pendit de désespoir de n'avoir été. que le douzième à une composition où il espérait un meilleur rang. Un petit garçon de ciiKj ans, le fils d'un vitrier, se précipita dans l'Elbe, à Magdebourg, à cause des mauvais traitements dont sa mère l'accablait (A). M. Durand-Fardel (5) a constaté qu'en France, pendant une période de dix années (1835-18A/i), sur un chiffre de 25 760 suicides, 192 cas ont

(1) Esquirol, Des maladies menlales,[. II, p. 115.

(2) Marc, De la folie considérée dans sev rapports avec les questions médicojudiciaires, t. II, p. 354.

(3) Falret, De l'hypochondrie et du suicide, p. IV. (i) Ânn.méd.-psych , octobre 1854, p. G75.

(5) Durand-Fnrdel, Élvdes sur la suicide chez les enfants {Ànn. méd.-psyth., 1855, p. 61); et Brierre de Boismont, Du suicide et de la folie suicide. Paris,

DE LA FOLIÉ. 115

eu lieu avant seize ans. Dans vingt observations qu'il a cueillies, l'âge se distribue ainsi :

1 avant 5 ans.

En lisant avec soin toutes ces observations, on voit que le plus souvent les actes de suicide se produisent chez les enfants d'une manière rapide, instantanée, sous l'influence d'une vive impression et sans que le raisonnement intervienne; les sujets ne peuvent comprendre la gravité d'un pareil acte, et ne sont nullement effrayés par l'idée de la mort qui, pour eux, est confuse et dont jamais ils ne se sont préoccupés. Quelquefois, au contraire, le suicide a lieu par une véritable impulsion irrésistible, sans qu'il y ait eu prétexte à une contrariété, à une émotion pénible. Pris dans leur ensemble, ces faits ne peuvent pas être indistinctement regardés comme le signe d'une folie confirmée; on ne peut s'empêcher toutefois de les considérer comme le résultat d'une intelligence anormale , résultat d'autant plus signiticatif que les sujets avaient pour la plupart des antécédents héréditaires suspects.

Enfin l'enfance n'est pas soustraite à ces phénomènes nerveux qui se transmettent par imitation et se développent sur une vaste échelle, de manière à prendre le cachet de l'épidémie nerveuse. Du x^ au xiii" siècle, on voit en France et en Allemagne des rassemblements d'enfants qui, au nombre de 20 000 et même de oOOOO, en proie à une surexcitation religieuse maladive, quittent leur pays et leur famille pour faire le pèlerinage de la terre sainte. En 1609, dans le pays de Labourd, où régna une épidémie de démonolàtrie, les enfants furent atteints, comme les adultes, d'hallucinations

116 CAUSES PRÉDISPOSANTES INDIVIDUELLES

et (le transports extatiques. Peiulaiil les guerres des Cévennes on vil jusqu'à 7000 ou 8000 enfants réunis et propliétisant avec la plus grande exaltation. Les faits analogues abondent dans le livre de M. Calmeil, où l'on trouve l'histoire de ces singulières névroses si bien faites pour causer rétonnement par leur bizarrerie et leur multiplicité.

3" Sexe. — Il est assez difficile de préciser l'influence du sexe comme cause prédisposante de la folie. Dans les recherches ayant pour but d'élucider cette question, ce ne sont pas, dit M. Parchappe, les chiffres exprimant la population des asiles qu'il faut consulter, mais les chiffres exprimant les admissions annuelles pendant une période de temps déterminé (1), et en elîet, personne n'ip^nore que la fréquence plus grande de la paralysie générale chez les hommes augmente le chiffre de la mortalité, renouvelle plus vile la population des asiles qui leur sont consacrés et donne un plus grand nombre d'admissions pour un chiffre donné de population.

De 1830 à 1840 il est entré dans les deux hospices de Gand, 484 hommes et 576 femmes (2).

De 1827 à 1843, Saint-Yon a reçu 1475 hommes et 1334 femmes.

Sur 67 876 aliénés reçus dans divers étabUssemenls anglais, suivant les tableaux dressés par une commission d'inspecteurs, les hommes fournissent un chiffre de 53 pour 100 et les femmes de 47 pour 100.

Dans le département de la freine, depuis 1801 jusqu'en 1858, le chiffre des admissions indique chaque année un nombre d'entrées plus élevé pour les femmes que pour les hommes, sauf toutefois pour 18^3 où ily eut égalité presque parfaite ; il entra en effet 668 hommes à Bicétre et 667 femmes

(1) Notice statistique sur les aliènes de la Seine-Inférieure, par MM. Parchappe et Deboutevilîe.

(2) Guislain, ouv. cité.

à la Salpêtrièrc. De iSlili à 1853, pendant une période de dix années, il y a eu pour les hommes 6353 admissions et 6823 pour les femmes. En 1850, au contraire, le nombre des hommes a été de 977, (andis que celui des femmes n'a été que de 6/i6 (1).

Enfin, dans la période de 18/|'2 à J85Zi inclusivement, on trouve que la population de tous les asiles de France est répartie de la manière suivante : 931/i hommes et 10 177 femmes; ce qui donne une proportion de 109 femmes aliénées contre 100 hommes aliénés. Or, dans la population saine la proportion est de 102 femmes pour 100 hommes.

Ces données de la statistique ne sont pas assez absolues pour permettre d'établir, en notre pays du moins, une règle absolue relativement à l'influence du sexe comme cause prédisposante de la folie. Ce qui semble le plus probable après l'examen comparatif d'un grand nombre de documents, c'est que dans les contrées où la femme vit à l'écart, a peu d'instruction, se concentre dans les détails de l'intérieur et ignore les secrets et les affaires de son mari, elle offre moins de prédisposition aux maladies mentales; dans les pays, au contraire, oi!ila femme est l'égale de l'homme, où elle prend sa part de la culture intellectuelle, des préoccupations d'affaires et de famille, elle est plus disposée à la folie, et cela autant à cause de son organisation plus nerveuse et plus impressionnable, qu'à cause des conditions physiologiques, comme la grossesse, l'accouchement, l'allaitement, qui tendent à affaibhr sa santé et à accroître son émotivité. Ces influences contre-balanceraient et au delà les résultats de la débauche, des excès alcooliques qui exercent leurs ravages sur l'homme dans des proportions plus considérables.

Plus tard, nous aurons occasion de rappeler que le sexe n'est pas sans influence sur la forme de folie, et que chez

(1) Rapport de M. Hussoii, dirccleur général de l'assistance publique, 1859.

fil CAUSES PHËlUSrOSANTES INDIVIDUELLES

rboiiiuic la paralysie générale est inliniiiiont plus commune.

A" Climat. — Le manque de slatisliques comparai ives rigoureuses ne permet pas de décider si la folie est |)lus fréquente dans \cs c/iinats septentrionaux, dans le midi ou dans les clinijits tempérés. Ce que l'on peut toutefois affirmer, c'est que le printemps, les chaleurs excessives et orageuses, les froids intenses et secs, les brusques changements de température, amènent une notable recrudescence dans l'agitation des maliides. L'automne, au contraire, est une époque de calme et de détente qui voit se produire un assez grand nombre de guérisons et de rémittences. En consultant les statistiques dc:^ asiles de la Seine pour 1859 et 18(30, je trouve que le chiflVe moyen des admissions est notablement plus considérable pendant le semestre de mars à septembre (juc pendant l'autre moitié de l'année , et ce résultat est conforme à ce que la plupart des médecins ont observé.

5" Etat civil. — Le célibat exerce une influence positive sur le developpement.de la folie; il favorise dans les deux sexes la débauche, la vie irrégulière, et laisse les individus sans appui moral au milieu de la société. Guislain a insisté sur cette cause en faisant remarquer que l'influence du célibat se fait sentir plus fortement chez les femmes que chez les hommes, tandis que l'homme supporte moins bien le veuvage que la femme. La statistique des aliénés de France, pendant une série de dix années, donne pour les célibataires la proportion de 61,80 sur 100, tandis que dans la population saine d'esprit, en ne comprenant que les sujets au-dessus de quinze ans, la proportion des célibataires n'est que de 36. 7A sur 100, différence qui frappe au premier coup d'œd,

6° Professions. — On a dressé de nombreux tableaux dans lesquels se trouvent indiqués les chiff'res proportionnels des professions chez les aliénés : tous ces tableaux aboutissent

à des résultats différents selon les contrées où ils ont été dressés, et selon la nature du travail des populations, aussi ne permettent-ils aucune conclusion solidement établie ; on a dit, et c'est là une opinion que l'on répète volontiers dans le monde, que les médecins, les surveillants, les gens de service qui, par profession, se trouvent en contact perpétuel avec les aliénés, deviennent plus aptes que d'autres à contracter celte maladie. Il est incontestable que pour des gens nerveux et impressionnables et surtout pour des gens prédisposés, la vie en commun avec les aliénés est une chose fâcheuse et qu'il faut savoir éviter ; il est incontestable encore qu'on a vu chez des gens de service placés près de malades très agités des accidents survenir à la suite d'insomnies et de fatigues excessives ; mais ce sont là des faits accidentels que l'on a généralisés, sans savoir qu'ils sont en opposition avec l'observation de chaque jour.

7° Education. — L'influence de l'éducation ne doit pas être exagérée : il existe des natures qui portent en elles un germe héréditaire pour ainsi dire fatal, et dont le développement ne peut être évité, quelles que soient les précautions dont on entoure leur jeunesse. Mais j'ai vu nombre de cas où le point de départ des troubles infellectuels pouvait être raisonnablement attribué à la direction vicieuse imprimée à l'esprit. En gâtant les enfants, en allant au-devant de tous leurs caprices, en donnant un libre cours à leurs passions et à leurs fantaisies, on développe en eux une excitabihlé nerveuse, une mobilité de désirs et de volontés qui les rend incapables de supporter la contrariété la plus légère et les fait succomber au premier choc dès qu'ils entrent dans la vie. 11 en est de même de ces éducations hâtives et précoces qui usent bien vile l'intelligence, de ces éducations prétentieuses et insuffisantes qui déclassent un individu et développent chez lui une ambition sans fondement soKde et le mènent souvent à la folie, à travers mille péripéties morales.

120 CAl'SKS Mon.MKS

AimciJ-: II.

r.ALSES OCCASIONNELLES.

Uii(3 observation superficielle tend singulièrcmonl à exagérer l'action des causes occasionnelles ou déterminantes de la folie, mais n'oublions pas que dans l'apjnéciation des intluences étiologiques, on ne doit jamais leur assigner qu'un rang secondaire. Les causes occasionnelles agissent sur tant d'individus, et le nombre de ceux qui succombent est relativement si i)eu considérable, qu'il faut de toute nécessité admettre une influence supérieure qui domine toute rétiologie, et cette influence, c'est la prédisposition, résultat sommaire de toutes les causes que nous avons précédemment énumérées, et surtout de l'hérédité.

Les causes déterminantes de la folie se divisent : 1° en causes morales; '2" en causes physiques.

§ I . — Causes morales.

Les recherches de l'inel, Esquirol, Hebreard, Georget ont établi la prédominance des causes morales de la folie, et M. Parchappe, revenant sur ce sujet (1), en a donné une démonstration rigoureuse : sur 1000 cas de folie, cet auteur a rencontré 66Zi fois l'existence de causes morales et 335 fois seulement l'existence d'autres causes. Guislain (2) a rencontré une proportion analogue, c'est-à-dire 66 fois sur 100. Les causes morales sont plus actives chez la femme que chez l'homme; chez elle, on les rencontre 71 fois sur 100, tandis que l'homme présente seulement la proportion de 55 pour 100.

Si M. Moreau de Jonnès (3) est arrivé à établir un résultat

(\)Annaleti med.-psych., 1839 et 1843, p. 358.

(2) Leçons SU1- lex plucnopatlUes, Gaiid, 1852, t. Il, p. 41.

(3) Acad. rfci sciences, 10 juillet 18i3.

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opposé et à admettre la prédominance des causes physiques, c'est uniquement, ainsi que l'a démontré M. Parchappe, en appelant à son aide des faits erronés, et surtout en considérant comme cause organique de la folie l'idiotie qui est une défectuosité congénitale de l'organisation et qui constitue une maladie tout à fait à part.

1° Les passions et les émotions qui résument en définitive toutes les causes morales de la folie, offrent des variétés innombrables, et il serait ici facile d'accumuler des observations et des faits de toute sorte pour attester leur énergique influence : répétons toutefois que dans l'appréciation de leur mode d'action, il faut avant tout faire la part de l'émotivité des sujets. Tel individu supporte avec fermeté et sans en être ébranlé les émotions les plus pénibles et les plus répétées ; tel autre ne saura pas résister à un revers de fortune, à une déception d'amour-propre peu grave par elle-même, mais atteignant bien vite des proportions considérables en raison même de l'impressionnabilité des sujets.

Fugitives et mobiles chez l'enfant, quoique assez vives, peu accentuées chez le vieillard dont la sensibilité est émoussée, les émotions morales elles passions atteignent chez l'adulte l'éur plus haut degré d'énergie et de profondeur. Elles agissent tantôt en surexcitant outre mesure l'activité nerveuse intellectuelle, comme dans la joie, la colère, la haine; tantôt, au contraire, en la déprimant : l'observation démontre que les passions dépressives ont une action bien plus puissante que les passions gaies, et Esquirol avait déjà remarqué que souvent l'on s'était trompé en attribuant à la joie certains cas de folie : un ministre apprend à son parent sa nomination à une place importante; celui-ci, frappé comme d'un coup de massue à l'épigastre, tombe tout à coup dans une lypémanie hypochondriaque; la joie n'était pour rien dans cette maladie, comme tout le monde le croyait, mais bien le désespoir de quitter

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