AGENTS PHARMACEUTIQUES
et détermine une sensation très douloureuse. Elle peut par cela même amener des guérisons très rapides dans des cas aigus (1)-, mais on en a fait un très grand abus, soit en se servant d'une colonne d'eau trop large et trop élevée,, soit en prolongeant l'action de ce moyen au delà de deux ou trois minutes, pendant un quart d'heure, une demi-heure, par exemple. Il ne faut pas oublier que la douche cause aux malades un vif sentiment d'indignation et de terreur; que la réfrigération qu'elle amène est suivie au bout de ({uelques minutes d'une réaction très vive; enfin, que, forte et prolongée, elle peut déterminer une sidération mortelle, ainsi qu'on en a cité des exemples. Gomme agent de traitement moral, la douche a été employée surtout par Leuret pour réprimer et punir, pour forcer au travail, pour briser une résistance, mais de nos jours ce moyen cruel et dangereux est presque tombé en désuétude. On se sert de douches moins puissantes, on les dirige non plus sur le cuir chevelu, mais sur tout le corps, selon les règles hydrothérapiques ; enfin, on a recours à des moyens de répression dont toute douleur physique est soigneusement éloignée.
li° Purgatifs. — Les purgatifs ont été employés de tout temps dans le traitement de la fohe, et personne n'ignore que l'ellébore était regardé par les anciens comme un spécifique contre cette affection. Ils agissent en combattant la constipation, qui est si commune chez les aliénés et qui retentit d'une manière si fâcheuse sur les symptômes nerveux, et souvent aussi comme révulsifs, en diminuant la congestion de l'encéphale. On peut recourir, soit, aux purgatifs salins, soit aux purgatifs résineux comme l'aloès, qui, donné à petites doses congestionne la muqueuse rectale, favorise la menstruation et possède une action révulsive incontestable. Si le malade refusait le médicament , on aurait recours à des
(1) Recli, De la douche et des affusions froides dans le Irailemenl des aliénations mentales {Ann. méd.-^michol., 1847, p. 144).
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substances insipides, comme le jalap, lecalomel, la magnéne, (|ui pciivcnl rire nièlf''('s aux alirnenls, on même dissimuler ces substances dans des bonbons spéeialemcnl préparés.
Si la conslipation est persistante, il faut user modérément des j)urgalifs, qui finiraient par troubler les fonctions digestives,('l recourir aux lavements simples et composés, et principalement aux lavements d'eau froide donnés cliaque matin.
Les vomitifs ne sont utiles que dans la période aiguë de la folie, lorsque l'agitation est vive et se complique d'embarras gastrique. J'ai souvent observé chez les aliénés une sorte de tolérance pour l'émétique ;\ dose vomitive, qui rend nécessaire l'adjonction d'une certaine quantité d'ii)éca, si l'on veut que le médicament produise tout son effet.
5" Révulsifs. — Parmi les révusifs, nous citerons surtout les larges vésicatoires, le séton, le cautère et le moxa placés à la nuque ou même sur le sommet de la tète ; les frictions stibiéessurle cuir chevelu, qui, à côté d'une action énergique, ont l'inconvénient, lorsqu'elles sont mal dirigées, d'amener la destruction des bulbes pileux. En général, les révulsifs ne conviennent nullement au début et dans la période aiguë de la folie, mais ils sont utiles dans les délires qui tendent à s'immobiliser et cà passer à l'état chronique, et s'accompa!j;nent d'inertie et de stu])eur. Ils le sont encore dans les affections périodiques, en jetant une perturbation silutaire dans le retour régulier des symptômes. Enfin toutes les fois que l'on redoute un état congestif habituel de l'encéphale, il ne faut pas craindre de provoquer une suppuration profonde et prolongée, car nous avons vu, à propos des phénomènes critiques, que des plaies, des anthrax, des abcès survenus spontanément, avaient amené dans des cas analogues une amélioration inespérée.
0° Narcotiques et antispasmodiques . — Les narcotiques et surtout l'opium trouvent leur emploi dans la plupart des formes de maladies mentales, et peuvent s'administrer sous