AGENTS MÉCANIQUES. "21 S
le sommeil. Malgré ces affirmations, les machines rotatoires imt (''té avec juste raison abandonnées, elles sont très dangereuses au point de vue des congestions cérébrales, et il faut iju'elles aient rendu bien peu de services pour (ju'elles soient complètement tombées en désuétude.
.le n'oserais jeter la même défaveur sur les appareils ijui servent uniquement à balancer. Cœlius Aurelianus avait le premier proposé de bercer les aliénés dans un lit suspendu (1), et cet exemple a trouvé plus d'un imitateur. J'ai moi-même employé, avec un avantage réel, des hamacs de fdet très solide, assez profonds pour envelopper complètement et maintenir, sans le blesser, le malade le plus agité. En suspendant solidement ce hamac et lui imprimant un léger mouvement d'oscillation, on obtient souvent une sédation très manifeste avec ralentissement du pouls, abaissement de température de la peau et propension au sommeil.
11 suffit d'indiquer la boitp d'osier dont parle Casper, boîte de longueur d'homme, dans laquelle le malade, étendu sur un matelas, était condamné à une immobihté complète ; l'armoire dans laquelle le sujet agité était placé debout, fixé par des liens; la cage mobile de Reil, ayant la forme de ces roues où l'on enferme les écureuils ; la machine tournant sur un axe : au moindre mouvement, raliéné était ballotté en tous sens, et la sensation désagréable qu'il (éprouvait le forçait à garder rimmobililé.
Tous ces moyens sont d'un autre âge et ne mérilenl pas même d'être discutés; la camisole, les entraves, le fauteuil f.'t le lit sont les seuls qui soient restés en usage dans l;i pratique.
On ne peut loulefiiis se dissimuler que, même depuis la réforme de Pinel et d'Esquirol, un abuse singulièrement encore de leur emploi. Uien de plus simple pour le^ surve-il-
(li De morbis cluonicis, t. 1, cli. V, p. Kil.
51 /l NO-nESTRAINT.
laiils f'i les jioiis (If sfrvicf qno de fixer les hra^ jl'nn ma- L'iflc iiicoiimiodc, d.' iiM'lIrc ;tii\ jtieds des entraves, et de l'altacluM- ainsi sur son lil ou sur un laulcuil pendant toute la durée de l'asilation. Tnule sniveillance toiile alfenfion deviennent suporlhics, mais que de graves inconvénients peuvent être la conséquence de cette négligence à la fois coupable et inhumaine ! La camisole, surtout lorsqu'elle est un j)eu serrée, C()mprini<^ douloureusement le thorax et gêne à un degré notable la liberté (\cs mouvements respiratoires; quand le malade se débat et s'agite, la pression exercée sur les coudes, les épaules et les parties saillantes, excorie la peau et détermine la formation d'eschares ou de phlegmons, qui à eux seuls ont pu déterminer la mort. En outre, l'immobilité prolongée rend les stases sanguines plus faciles, gêne la digestion, les excrétions, et, dans les cas d'agitation vive, exaspère les maniaques et entretient leur colère.
Faut-il en conclure que la camisole et tous les autres moyens de contention doivent être rejetés, et cela d'une manière absolue? Non, sans doute ; et cependant c'est à cette conclusion exagérée que sont arrivés quelques médecins anglais qui, mus par un sentiment excessif de respect pour la liberté humaine, ont érigé le uo-restrawt en corps de doctrine.
Le no-restraint consiste essentiellement dans la suppression radicale et absolue de tous les moyens mécaniques de contention. Ces moyens sont remplacés par la surveillance et l'active intervention des gens de service qui se réunissent en grand nombre j)our s'opposer aux actes dangereux des malades agités. L'excitation dépasse-t-elle les limites ordinaires, l'aliéné est introduit par force dans une cellule matelassée, où on le laisse se débattre jusqu'à ce que la violence de l'accès se soit calmée.
Le docteur Conolly, qui a surtout préconisé cette méthode et qui l'a appliquée à Hanwell sur une très grande échelle,