‹ Traité pratique des maladies mentales (volume 2)Chapitre 53 sur 141 · DES ASILES D ALIÉNÉS · texte numérisé non relu

DES ASILES D ALIÉNÉS

qui ;i t'iO |)r;ili(|Li(''e ;'i Oiialn-iiiares. On p^^ul alors, l'ii remplaçant les anciennes clôtures par des sauls-dolouj» ou par des «^rillos, laisser au malade la vue de la campag^ne et lui laire illusion autant que possible sur la j)rivation de sa liberté. Au lieu de la forme carrée qui est la plus usitée, Guislain a conseillé et a appliqué à Gand, pour la cour des agités, la l'orme semi-lunaire, grâce à laquelle les malades peuvent s'isolcrplus latilement et ne pas se donner en speclacle l'un à l'autre.

En résumé, concilier les lacilités du service avec les conditions hygiéniques les plus lavorables et avec la séparation complète des diverses catégories il'aliénés, tel est, d'une manière générale, le but que l'on doit se proposer dans le plan d'un asile.

11 est maintenant quelques points secondaires sur lesquels il est bon d'appeler l'attention. Les rez-de-chaussée, que l'on avait conseillés d'une manière exclusive, ont l'incontestable avantage de rendre la surveillance plus facile et d'offrir moins de danger au point de vue des idées de suicide ; mais ils sont très dispendieux, et leur emploi exclusif donne à un établissemenl même peu nombreux uneétendue considérable. Mieux vaut les réserver pour les quartiers d'agités, tandis que les tranquilles, les valides, les imbéciles et les idiot< pourront sans inconvénient être placés au premier et au deuxième étage. Un bâtiment destiné à des aliénés ne saurait sans inconvénient avoir une élévalion jdus grande.

Kaut-il pendant la nuit réunir les aliénés dans des dortoirs, ou bien est-il préférable d'avoir des chambres pour un ou pour un petit nombre de malades ? Ce dernier s\slème est généralement préféré en Angleterre, où l'on n'hésile pas à superposer les quartiers dans les divers étages d'un même bâtiment, et à multiplier considérablement le nombre des chambres, de manière à laisser plus de liberté individuelle ; mais en France on préfère, et avec raison, les dortoirs qui permettent de loger dans un espace doimé un plus grand

nombre d'individus, qui offrent beaucoup plus de garantie sous le rapport de l'ordre, de la discipline, de la propreté et de la surveillance. Les chambres sont réservées pour les sujets dangereux, pour les agités, ou pour ceux qui, se trouvant dans des conditions sociales plus élevées, sont habitués à un bien-être dont la privation pourrait exercer sur eux une influence fâcheuse.

Les salles de réiinion et les réfectoires favorisent la sociabihté des malades, leur apprennent à se maintenir, à surveiller leur tenue, et sont des annexes indispensables de tout asile ; outre les salles de réunion, des ateliers spéciauxdoivent exister, surtout dans les quartiers destinés aux hommes, car leurs professions offrent infiniment plus de variétés. Enfin une salle d'école est un complément utile, surtout lorsqu'on peut y organiser un enseignement élémentaire qui développe l'instruction des malades ignorants, fixe leur attention, et en tout cas fait une diversion utile à leurs préoccupations délirantes.

Les celhdes destinées aux agités, suffisamment larges, peu élevées, car elles seraient trop retentissantes, seront disposées par groupes isolés de trois ou quatre ; chacune d'elles sera munie d'une petite cour, le jour viendra d'une fenêtre de grande dimension placée à hauteur d'homme, et pourvue de moyens de protection; la porte, placée en face de la fenêtre, de manière à facihter l'aération, donnera sur une galerie conimune et s'ouvrira en dehors })our ne pas fournir de point d'appui au malade lorsqu'il faut pénétrer jusqu'à lui malgré sa résistance ; on peut même, dans ce but particuHer, établir deux portes de manière à rendre toute lutte impossible. Le ht, de fer ou de bois massif, sera solidement fixé au plancher par des vis. Le plancher aura une pente convenable pour faciliter l'écoulement des liquides, et les murailles seront peintes à l'huile. Dans certains asiles, notamment en Angleterre, où l'on préconise le système du

'-^2/| DKS AS!I,1> d'ai.IÉNKS.

iu)-rt'.s|i;iiiil, (juolques Lcllulcs deslinécs à cmilriiir 1rs maladeb riiricux sont malclassées, soit à l'aide di; crins, >uil à l'aide d'un libsu élasliiiuc qui aniurlil la violence des coups.

Les huins seront toujours multiples. Non-seulement il laut une salie de bains séparée pdur chaque sexe, mais encore il est bon d'avoir une petite salle dans chaque (juartier, surtout dans les (juartiers d'ai^ilés. Les baif^noires, enfoncées dans le sol de manière à en faciliter l'accès, seront dans cerlains (as munies d'un couvercle échancré, destiné à fixe)- les sujels agités; les tuyaux seront disposés de telle .sorte que l'eau arrive par le fond de la baij'noire, disposition qui met les robinets hors de la portée des malades. Des douches fonctionneront au-dessus des baignoires. Enlin, un bain de va peur, une piscine et les appareils hydrotbérapi(jues les plus importants doivent être adjoints au système de balnéation, car ces moyens ont acquis, et avec juste raison, une grande importance dans le traitement de la folie.

Les lieux d' aisances seront éloignés des bâtiments, afin de préserver les salles des émanations fétides qu'ils répandent; cependant, dans les infirmeries, il sera bon, tout en les isolant de les rattacher aux salles par des couloirs fermés. On aura soin de les assainir à l'aide de courants d'iMU abondants, d'une ventilation suffisante et d'apjiareils heriiiétiquemenl clos; il est également ulile d'étabhr dans le^ tuyaux de chute un appareil de grillage afin d'empêcher leur obstruction et de retrouver plus facilement les objets jetés par les aliénés. Les sièges doivent être isolés, et la surveillance sera plus facile si le quart inférieur des portes est à claire-voie, de manière à laisser les pieds en évidence.

Les moi/ens de chauffage, quels qu'ils soient, ont besoin d'être protégés à l'aide de grillages convenablement disposés : le plus souvent on aura recours à des calorifères dont les bouches s'ouvriront hors de toute atteinte. Ouant à l'éclai-

Page 1