PÉRIODE DE DÉBUT. — VAUIÉTK PARALYTIQUE. A
ayant précédé de plusieurs mois l'apparition des autres symptômes.
3" Variété paralytique. — La variété paralytique est caractérisée par l'absence des conceptions délirantes et par la prédominance des troubles de la motilité. Les malades s'aperçoivent eux-mêmes que leurs mouvements perdent peu à peu en force, en régularité; en marchant, ils trébuchent facilement et se fatiguent vite. Dès qu'il s'agit de monter un escalier, de gravir une pente, ils éprouvent de grandes difficultés et sont obligés de recourir à l'appui d'un bras. Les mouvements des mains n'ayant plus leur précision habituelle, ils deviennent incapables de dessiner, de coudre, déjouer du piano, d'exercer une profession manuelle. En même temps, la parole s'embarrasse, les muscles de la langue et de la face présentent le tremblement caractéristique ; les pupilles deviennent inégales et l'on a sous les yeux les progrès lents, mais incessants d'un affaiblissement de la motilité qui envahit progressivement tout le système musculaire.
Telle est cette variété de paralysie générale dont quelques auteurs ont voulu faire une espèce à part en la désignant sous le nom de paralysie générale sans aliénation. Selon nous, cette séparation n'est nullement fondée et s'appuie uniquement sur un examen insuffisant et incomplet des malades ainsi frappés. On les observe pendant quelques jours, pendant quelques semaines; on constate qu'ils n'ont pas d'idées fausses, qu'ils ne disent aucune extravagance, qu'ils répondent assez nettement aux questions qu'on leur adresse, et l'on affirme qu'ils n'ont aucune altération de l'intelligence ; mais les personnes qui vivent dans leur intimité et les connaissent depuis longtemps s'aperçoivent chaque jour des graves transformations qui s'opèrent dans leur état mental ; ils s'emportent sans motif, se livrent à des actes de violence, et quelques instants après s'émeuvent
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justju'aiix larmes pour le riiolif le plus futile. Ils sonti laintifs, indécis, crédules, se laissent guider par tous ceux ijui les entourent ; leui- mémoire, sensiblement afl'aiblie, leur laisse oublier ce (ju'ils ont l'ail la VfMlle, tout en leur conservant prescpie inlactle souvenir des événements anciens; leurs aptitudes inlellectuelles diminuent; ils travaillent mal et dillicilement, et souvent mènuj ont conscience de l'amoindrissement de toutes leurs facultés.
Quoi qu'il en soit, ils vivent dans le monde, remplissent leurs devoirs de société, et même lorsqu'ils sont habitués depuis longtemps à certains travaux intellectuels qui exigent, non de l'imagination et de l'initiative, mais de l'ordre, de la régularité, continuent à les remplir par habitude avec une minutie scrupuleuse et une précision mécanique.
Ces phénomènes qui, au début, ne peuvent être bien appréciés qu'à l'aide d'une enquête très complète, s'accentuent plus tard assez nettement pour ne laisser aucun doute sur l'existence d'une grave lésion intellectuelle, d'une démence commençante. Ainsi, nous retrouvons ici les deux éléments essentiels de la paralysie générale : affaiblissement de l'intelligence, troubles de la motilité. Il n'y a pas à proprement parler de conceptions délirantes, mais celles-ci qui, dans la paralysie générale, varient depuis la conception ambitieuse la plus extravagante jusqu'à l'idée mélancolique ou hypochondriaque la plus dépressive, peuvent être envisagées comme un symptôme secondaire, et pour ainsi dire surajouté, dont l'existence n'est nullement nécessaire pour constituer la maladie.
Et d'ailleurs, en suivant longtemps les malades, il est bien rare qu'en un moment donné, ne fiit-ce que pendant quelques jours, on n'arrive pas à constater des nuances de délire ambitieux. Ainsi que l'a parfaitement indiqué M. J. Falret, « l'état physique et moral des paralytiques atteints de démence sans aliénation peut se perpétuer pendant long-