‹ Traite pratique des maladies mentalesChapitre 106 sur 172 · S DE LA FOLIE A DOUBLE FORME · texte numérisé non relu

S DE LA FOLIE A DOUBLE FORME

que j'ai recueillies, j'ai conslalé presque toujours une assez grande irrégularité pour qu'il lût impossible de préciser d'avance le jour où la Iransfnrmatinn s'opérerait.

i» 5. — Mode de traoKilion.

Quelle qu'ait été la période initiale (car la manie et la mélancolie peuvent indifféremment ouvrir la marche), la transition d'une forme à l'autre s'opère tantôt brusquement, tantôt avec lenteur. Quand elle s'opère avec lenteur, on voit peu à peu les symptômes du début s'atténuer, et il arrive un moment où le malade n'étant ni agité ni déjirimé, se trouve dans une sorle d'équilibre instable qui simule la guérison et persiste jusqu'au moment où l'accès se complète par l'apparition de nouveaux symptômes. Ce sont ces moments d'équilibre que M. Falret regarde comme des intervalles de raison existant entre chaque période d'un accès. — Dans d'autres cas, et surtout dans les folies circulaires à courte période, la transition est plus brusque; il suffit d'un jour, et plus souvent encore d'une nuit pour l'opérer : le malade se couche excité, il se réveille mélancolique. J'ai vu des digestions difïiciles, de l'embarras gastrique, delà diarrhée, signaler quelquefois le passage d'une période à l'autre.

Une fois l'accès complété par l'évolution des deux périodes, on peut constater l'existence d'un véritable intervalle lucide, dont la durée est en général proportionnelle à celle de l'accès (folie à double forme) ; mais cet intervalle lucide peut manquer, et un nouvel accès débute immédiatement (folie circulaire).

Lorsque la maladie existe depuis quelque temps, et que les accès ont adopté une marche régulière et bien déterminée, son pronostic devient très grave, et c'est là un point sur lequel M. Falret avait insisté. « Chose remarquable, dit-

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