‹ Traite pratique des maladies mentalesChapitre 117 sur 172 · MARCÉ, — M^I,. MENT · texte numérisé non relu

MARCÉ, — M^I,. MENT

sjlait ses poches et y trouvait des ciels, des ciseaux, des dés ^ coudre, des couteaux, des cuilfers, des boucles, des étuis et les rendfiit ^ux propriétaires.

La femnje du célèbre Gfiubjus ^vait- si fort penchant }\dérohpr, que, Iqrsqu'elle achetait, elle cherchail, toujours à soustraire quelque chose.

Çes exemples établissent d'i^ne manière sufiisante l'existence d'une propension maladive au vol : le peji de valeur des objets volés, la bizarrerje du choix, l'usage qui en est lait, la position sociale des individus, leur moralité, leurs antécédents au point de vue de l'hérédité et de l'état mental, > les aveux spontanés du voleur ou la restitution de l'objet, . l'état de grossesse, enfin les phénofqènes physiques qui accompagnent les pionomanies instinctives, toutes ces çon-i ! ditions devront être prises en grande considération dans le diagnostic souvent délicat de la monomanie impulsive duu vol. Quant à ces vols incompréhensibles commis par des^ amateurs effrénés de livres, d'antiquités, d'objets précieux,., il est très difficile de distinguer ce qu'on doit attribuer h l'entraînement d'une passiqn dominatrice, ou à l'impulsiom irrésistible de la fohe, et à cet égard on ne peut fixer d^ règles précises.

Pyromanie. — Les imbéciles, les sujets en démence peuri yent mettre le feu par ignorance du danger ou par incurie j des hallucinés ou des monomaniaques peuvent commettre j même acte en raison d'idées déhrantes spéciales. J'ai conn^ dit Marc, un aliéné qui s'était placé sur des fagqls qu'il vo^ lait embraser, parce qi^e, se croyant investi d'une puissancé céleste, il était certain qu'à son commandement les flamn^g s'éteindraient aussitôt. L'idép de faire un acte méritoire, dé purifier un }ieu sQuillé par des infidèles, ou bien l'influenpj 4'une hallucination , d'une voix chargée de transmettra les ordres de Dieu, ont été, dans quelques cas, le mobile d( l'acte insensé. Mais, outre ces faits qui se rattachent à \\

MONOMANIKS IMPULSIVKS. — PYllOMANIE. .^O/

iponoiiianie iiUellecluell(3 ou à l'histoire des liallucinatioiis, i\ en est d'autres dans lesquels la propension à mettre le feu semble être Ip résultat d'une impulsion irrésistible ofl'rant .|;pus les caractères psychiques et somatiques que nous avons précédemment ipentionnés. L'époque de la puberté dans deux sexes, époque d'évolution organique qui agit sin- ^•ulièrement sur le système nerveux, semble , au dire de quelques auteurs allemands cités par Marc et par Esquirol, Ja cause occasionnelle la plus fréquente de cette forme de monomanie instinctive. Les sujets mettent le feu sans motif appréciable et uniquement pour satisfaire un besoin irrésistible qu'ils ne peuvent expliquer. Ils incendient les propriétés de gens qu'ils n'ont jamais vus, contre lesquels ils n'ont aucun motif d'aversion, souvent ils brûlent leur propre maison. La vue des flammes, le tumulte, le son des cloches, déterminent chez quelques-uns d'entre eux une admiration passionnée qu'ils expriment tous en termes analogues et qui se traduit par une véritable extase; ils se trouvent en môme tjsmps soulagés de cette angoisse inexprimable qui accompagne le développement de l'accès impulsif.

Il est bien rare de rencontrer la pyromanie impulsive h l'état de simplicité parfaite ; bien souvent elle s'associe à des hallucinations de la vue ou de l'odorat survenant au moment riiême de l'accès, mais n'ayant qu'une valeur symptomar tique secondaire. La pyroraanie impulsive est susceptible de guérison, elle s'observe rarement et est sur tout importante au point de vue médico-légal.

On désigne sous le nom de dipsomanie une forme partir culière de monomanie instinctive qui consiste en un besoin irrésistible de boire des liqueurs alcooliques. ; 11 faut distinguer avec soin la dipsomanie proprement dite de ce penchant pour les liqueurs alcooliques que J'on observe au début de quelques maladies mentales et surtout de la manie etde la paralysie générale : le besoin de

«^o^ DES MONOMANIES.

boiro n'est pas alors une maladie, c'est un symptôme, mais un symptôme grave qui accélère singulièrement, il est vrai, la marche des accidents, et devient cause à son tour.

Dans l'étiologie de la dipsomanie se retrouvent toutes les causes générales qui président au développement de la folie. Comme causes occasionnelles, on a noté la dyspepsie et d'autres troubles nerveux de l'estomac, l'époque menstruelle, l'âge critique, la grossesse, l'état hystérique qui prédispose d'une manière si remarquable aux perversions de la sensibilité, les hémorrhagies puerpérales, la convalescence de fièvres graves, quand l'économie se trouve profondément épuisée.

La dipsomanie existe à l'état aigu et à l'état chronique. A Yétat aigu, elle procède habituellement par accès survenant tous les quinze jours, tous les mois et quelquefois à de plus longs intervalles : l'accès débute par de la tristesse, ' de la morosité, de la céphalalgie, de l'anxiété précordiale, puis le besoin de boire se fait sentir, puissant, irrésistible. On voit des gens pleins d'intelligence, ayant reçu , une éducation complète, appartenant à la classe élevée de la société, des jeunes femmes que personne n'oserait ■ soupçonner, des ouvriers honnêtes et laborieux, disparaître ' tout d'un coup du monde, quitter leur travail, et pendant huit jours, quinze jours et même plus, ingérer, tout en s'enivrant à peine, de prodigieuses quantités de liqueurs alcooliques. Les dipsomanes sentent l'accès venir : tout en déplorant leur impuissance à surmonter ce besoin maladif, ils ne cessent de boire que lorsque l'accès est passé, ou lorsque l'intervention de leur entourage met fin à leurs excès par un isolement forcé. Rien d'ailleurs ne les arrête : quand l'argent est épuisé, ils vendent, pour boire, leurs meubles, leurs vêtements, ceux de leurs femmes, de leurs enfants et sont apportés presque nus dans les asiles. Ceux qui sont trop en vue et n'osent se livrer en toute liberté à leur impulsion,

MOiNUMAMES JMPUI.SIVES. — DIPSOMAINIE. 389

>avont dissimuler et recourir à mille ruses pour la satislairc en secret : ils se renferment, s'isolent, et s'ils ne peuvent se procurer de l'eau-de-vie, boivent de l'eau de Cologne ou tout autre mélange alcoolique qu'ils viennent à rencontrer; ils le font pendant des journées, pendant des semaines, sans dormir, presque sans manger. L'accès se termine, en général, par un sommeil lourd et prolongé. Une fois qu'il est passé, les malades reviennent, honteux et épuisés, àleurs habitudes de santé. Ils redeviennent sobres, travailleurs, jusqu'à l'arrivée d'un nouvel accès, et parfois conservent assez longtemps !a plénitude de leurs facultés intellectuelles, malgré les excès énormes auxquels ils se livrent et pour lesquels ils semblent avoir une tolérance spéciale; quelques-uns cependant finissent par succomber en proie aux accidents que nous étudierons plus tard comme résultant de l'abus des boissons alcooliques. La dipsomanie chronique ne peut guère être distinguée de l'ivrognerie et ne s'offre plus à l'observation avec des caractères pathologiques aussi tranchés que la dipsomanie aiguë. Tout au plus peut-on regarder comme atteints de cette forme de monomanie ces individus adonnés aux boissons fortes qui, voués à une intoxication permanente, reviennent périodiquement dans les asiles et chez lesquels un commencement d'affaiblissement intellectuel rend imjjossible tout effort de volonté, toute lutte entre la raison et leur détestable penchant, jusqu'à ce qu'une démence incurable ou une paralysie générale vienne clore leur triste existence.

Signalons à côté de ces diverses raonomanies certaines perversions maladives qui frappent par leur étrangeté.

Georget, dans un mémoire resté célèbre (1), a constaté chez Léger des perversions instinctives poussant ce malheu-

(1) Examen médical des procès criminels des nommés Léger, Feldlmann, I.ecouffe, Jean Pierre et Papavoine, dans lesquels l'aliénation mentale a été alléguée comme moyen de délense [A rchives de médecine, t. VIII, juin et juillet 1825).

DES MONOMANIKS.

reiix à raiilliropu|)l)agi(3; il a démontré dvec une rare sagacité, d'après toutes les circonstances du procès, qu'il s'agissait It't d'impulsions irrésistibles développées sur un état antérieur d'imbécillité, et il a cité un certain nombre de faits analogues épars dans les annales de la science.

Plus récemment, M. Lunier a appelé l'attention sur l'affaire si remarquable dU sergent Bertrand, qui, la nuit, allait dans les cimetières de Paris 6t des envirotis, déterrait leg cadavres, les mutilait k plaisir, les mettait en pièces, et • même se livrait sur eux à des dûtes honteux de cohabitation. Bertrand, sombre et triste' pendant son enfance, avait urï \ oncle aliéné ; deux ans avarït son jugement il eut son pre- î mier accès. Ayant assisté par hasard à un enterrement, il fut t pris d'un désir violent et instinctif de déterrer le cadavre, et ( dés le soir sôh projet était accompli. Son accès revenait ! tous les quinze jours et s'annonçait par de la céphalalgie, du j malaise et un entraînement irrésistible pendant lequel, mal- ' gré les coups de fusil dirigés contre lui, maigre une machine ! infernale qui faillit le tuer, il franchissait les murs des cime- < tières, déterrait les cadavres avec ses mains ensanglantées, ; et cela sans ressentir de douleur; avl début, il prenait dès ! précautions, évitait le danger ; mars plus tard, les accès de- • venant ^lus intenses, il allait à l'aveugle et sanè rien calcu- ■ le**. Bertrand filt condamné coraine coupable de violation \ de èépultdre.

Outre ces monomanies caractérisées p'àr l'existence d'une impulsion irrésistible unique ou du moirts dominante, on a décrit sous le nomf de monomanie raisonnante (Esquirol), de rnoriomanie instinctive (Marc), folie morale, moral insanity (Prichard), un état particulier daris lequel les sùjets, tout en conservant en apparence un jugement sain et une grande habileté de raisonnement, passent leur vie à exécuter des actes bizarres et nuisibles, se laissent aller à tous les mouvements passionnés, à tous les désirs qui traversent leur

MUNOMAiMES IMPULSIVES. - TRAITEMENT. 39 1

..prit Cl à la moindre résisUince, se livrent à des erapor- 'iPmenls maniaques pendant lesquels ils commettent des actds .1, la plus haute gravite. Dans les établissements où ils sont placés, ces malades, surtoùt daris lëut-S moiheillk de jDaro^ysniès, polissent les autres àlaréVolte et à l'iilsiibdrdiha- (iori, critiquent tdut ce qui së fait dutoiir d'eux, fatiguent dë leurs réclamations les servitebrs ët les médecins, et sèment oartout la haine, la discordé et la calortihie. Pris en flagrant déht, ils nient avec opiniâtrëté ou atténuëht avec unë habileté rare lëé âctës qui leur soilt reprbchës, ët soht uii véritable fléah poùtcëuxquilés entourent et pdiir ceux qui sont

chargés de les diriger.

Je ne saurais admettre cette situation mentale à titre d'entité pathologiquedistincte. Tous les faits de cette nature que j'ai recueillis se rangent pour moi en deux catégories. Ce sont, ou des états congénitaux, dont on retrouve des traces dés la première ehfàiicë, et qui peuvent légitimement être rattachés à de l'imbécinité, ou des états anormaux de l'ifttëUigence consécutifs à des accès ahtérieut^s de folie et se r'àpprôchant d'e l'excitation maniaqlVe. Chez cës derniers ïnalades, maigré la disparition des accidents aigus, leretôiir du calmé tet tme giVérison (Complète en apparence, le Jugèthent reste fàussé ; il y a des idées fixes, des sentiments involontaires de hâîn'e èf de 'défiance, èt surtout une ifrit:àbilité excessive à laquelle s'associent, dans les moments ftè paroxysmes, de véritables conceptions délirantes, dont ils ont consciehce dès que le calme revient; c'est d'ailleurs •tfne situation dont lè "pronostic est grave et qui laisse lés stijets sous l'imminence continuelle d'une rechute plus complète.

§ 4. — Traitement.

Rien de plus difficile à tracer que le traitement des motiomanies. A par), les règles -de traitement applicables à la

DES MO.NOMAMlvS.

Iblie (3n général et sur lesquelles nous avons insisté plus haut, chaque cas particulier présente des indications spéciales, et il n'est aucune forme de folie qui exerce davantage la patience et la sagacité du médecin.

Ici le traitement moral joue sans contredit le premier rôle, et par traitement moral, je veux dire surtout l'isolement et une direction intellectuelle habile et énergique. L'isolement dont nous avons étudié les effets, rompt les habitudes déhrantes du malade, l'entraîne involontairement dans une vie régulière et disciphnée, et donne au médecin l'ascendant moral qui résulte nécessairement d'un pouvoir unique et incontesté.

Une fois que le monomaniaque a été placé dans des conditions favorables pour le traitement, faut-il, en se basant sur l'activité quasi-normale d'une partie des facultés intellectuelles, attaquer par le raisonnement, discuter une à une les idées délirantes, faire appel à l'évidence et lui prouver qu'il a tort? En général, c'est là une mauvaise méthode. En argumentant à fond avec le monomaniaque, le médecin use son influence et ne fait que donner une nouvelle énergie aux idées qu'il veut combattre, car l'aliéné, cherchant des arguments, concentre toute son attention sur les circonstances qui peuvent corroborer son opinion, et ne fait que la rendre plus irréfutable à ses propres yeux. Si par hasard sa conviction est un jour ébranlée, il fait les promesses les plus solennelles et semble retrouver la gaieté et la confiance ; les gens inexpérimentés croient à la guérison, mais au bout de peu d'heures, de peu d'instants, le déhre reparaît sous une autre forme, s'empare des prétextes les plus futiles, et déjoue les efforts de logique les mieux combinés. C'est ce qu'on voit chaque jour chez les monomaniaques atteints du délire de persécution dont les idées de haine et de défiance, cédant parfois momentanément aux témoignages d'affection de ceux qu'ils soupçonnent, se portent bien vite d'un individu

MONOMANIES IMPULSIVES. — TRAITEMENT. à\fô

sur l'autre, et interprètent dans le sens de leur délire, et avec une persistance toujours nouvelle, les incidents qui semblaient le plus propres à le combattre.

Les stratagèmes ne sont guère plus utiles que les raisonnements pour guérir les monoraanies. En vain raconte-t-on à plaisir qu'Alexandre de Tralles guérit une femme qui croyait avoir avalé un serpent en jetant un serpent dans le vase en même temps qu'elle vomissait; que Zacutus rendit la santé à un démonomaniaque en introduisant dans sa chambre et pendant la nuit un individu sous la forme d'un ange qui annonça au malade que Dieu lui avait pardonné; qu'Ambroise Paré guérit un malade qui croyait avoir des grenouilles dans le ventr.e en plaçant quelques-uns de ces batraciens dans son vase de nuit : ces histoires ne méritent aucune croyance ; si dans les cas de cette nature on obtient parfois un répit momentané dans le délire, presque toujours les fausses conceptions reparaissent par une voie détournée. Un malade qui sentait une grenouille dans ses intestins, et que l'on opéra pour extraire l'animal, répéta le lendemain, après un soulagement momentané, qu'il éprouvait les mêmes douleurs, que sans aucun doute l'animal était une femelle dont on avait laissé les petits : les aUénés auxquels on apporte, pour les calmer, des lettres rassurantes et des attestations officielles, éprouvent quelques instants de calme, mais bientôt en arrivent à trouver un nouveau sujet de tourment dans le document qui les avait d'abord tranquillisés.

La voie du stratagème et du raisonnement n'est donc pas une méthode sérieuse de traitement, et il faut résister à la tendance involontaire qu'on éprouve à suivre cette direction.

On doit vis-à-vis des monomaniaques discuter brièvement et procéder surtout par affirmations et par négations vigoureuses, en cherchant moins à les persuader qu'à les émouvoir : au début, il est permis d'accepter leurs idées délirantes, afin de gagner leur confiance et de compléter son

•^^à DljS MUNOMANIES.

examen médical; mais au bout de quelqiie temps, il devient nécessaire de les corilbatti^ë de ft-ont, et de donner nettement sa propre appréciation.

Plus icird il irtipbrle de recourir à tous les agents moraux qu'indiqueront l'expérieiicé et une connaissance approl'ondife du caractère et de l'état mental dès sujets : l'amour-proprn, les senliitleiits affeclifssëi'ont successivemeht mis en jeu ; on aura recours, selon les fcirconstarlbes, aux ruses, aux flatle-J ries, aux promesses, aux menaces, à l'intimidatidn, moyens que Leuret maniait avec tatit d'habileté et dont noué avons déjà traité.

La régularité dans les heures du lever, du coucher, des repas et des promenades habitue l'esprit à une certaine discipline ; les voyages, les distractions de toiite sorte, la musique, le travail agricole et manuel trouvent surtout ici leurs plus beaux Succès.

Quant au traitement physique des moriomknies, il doit marcher concurremment avec le traitement moral dont il est l'adjuvant indispensable. Il sé basera sur les indications tirées de l'examen minutieux des sujets : \i chlorose, l'anémie, la pléthore sèront iraitées par les môyené appropriés; contre l'excitation, contre l'insomnie, oh em-' ploiera les bains, les antispasmodiques et les narcotiqties dè toute nature; les laxatifs, tout en combattant la constipation, constituent une révulsion utile et letfr emploi répété donné toujours de bons résultats; l'hydrothérapie est une ressource précieuse dont nous avons déjà préconisé les avantages. Quant aux dérivatifs, comme le séton, le moxa, lé vésicatoire, ils agissent chez le monomaniaque par une véritable révulsion morale : la douleur vive et permanente qu'ils déterminent réveille la sensibihté physique, attire l'attention du malade et amène ufle sorte de détente dans la concentration intellectuelle qui le dom.ine.

Les règles de traitement appHcables à la monomanie hypo-

, hoiulriaquc sont, à pari quel.iues nuances, conformes à relies que nous venons d'énoncer : peuL-êlre ici le traitement physique est-il destiné à jouer, au poitït dè vue de la cure, un rôle plus important, car il est très commun de rencontrer chez ces malades de l'anémie, de la dyspépsië, des \crliges nerveux, des dispositions hémorrhoïdaires qui rèlenlissent d'une manière fàcheùse sûr l'état mental, et vers [lesquels le médecin doit diriger les premiers moyens théra- [)eutiques. La direction morale des hypochondrîaques doit peu différet- de celle que l'on emploie vis-à-vis des autres aliénés. Si l'on veut gagner leur cônfiàrièe, il faut savoir les écouter et ne jamais oublier qu'ils éprouvent bien réôlleriiènt léS malaises et les douleurs dont ils font un interminable récit : iloin dé chercher à \eut persuader qu'ils ne sont pas malades, ce qui les irrite et lés décourage, il faut accepter une partie de leùrs plâintes, lès traiter sériétisement , relever leùf moral et at-rîver graduellement â leur faire constater une antétioration. Cètte tactique h'è' réussit guère que dans lés

• cas pëti ^^ràves, car l'hypochondriè învétéréé est ùn délii^é

r d'une ténacité déséspéràrité.

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