‹ Traite pratique des maladies mentalesChapitre 123 sur 172 · PÉRIODE DE DÉBUT. — VARIÉTÉ CONGESTIVE. /|3S · texte numérisé non relu

PÉRIODE DE DÉBUT. — VARIÉTÉ CONGESTIVE. /|3S

Enfin en 1858, M. Parchappe (1) a résumé sa pensée sur ce sujet clans les lignes suivantes : l'altération de l'intellit-'-ence est constante dès le début, au moins sous la forme d'affaiblissement de la mémoire et du jugement, et très fréquemment sous la forme du délire maniaque et mélancolique. L'affaissement des facultés intellectuelles va toujours croissant jusqu'cà leur abolition. L'altération delà motilité n'apparaît très sensiblement qu'après l'altération de l'intelligence. Elle peut manquer absolument au début de la maladie, comme l'atteste le doute dans lequel les aliénistes les plus expérimentés sont quelquefois forcés de se maintenir pendant plusieurs jours et même plusieurs semaines sur la vraie nature de l'état morbide, en raison de l'absence de tout symptôme de paralysie.

Pour nous, tout en admettant, dans la grande majorité des cas, le développement collatéral des troubles de l'intelligence et de la motilité, nous avons observé des faits où bien évidemment l'embarras de la parole ne s'était développé que consécutivement aux troubles intellectuels, quels qu'ils fussent, manie, mélancolie, délire partiel, délire ambitieux ou démence simple. Mais entre ces deux ordres de phénomènes, ainsi que l'a dit M. J. Falret, il existe dçs connexions si intimes qu'en peu de jours, en peu de semaines, l'un appelle nécessairement l'autre, et que la maladie n'est réellement constituée que lorsqu'ils existent simultanément.

La paralysie générale peut-elle se développer sur un étal d'aliénation mentale préexistant depuis plusieurs années déjà? Telle était, comme on le sait, l'opinion d'Esquirol qui envisageait la paralysie comme une véritable complication pouvant survenir à toutes les périodes de la folie, comme étant, en un mol, une de ses terminaisons. Lorsque la paralysie générale a été mieux connue et mieux étudiée, on n'a

(1) Société méd.-iisychol., jt'nnce du 20 avril

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t)E LA l'AltALYSll'; OÉNKRALE.

pas eu de peine à démontrer combien cette opinion était erronée, mais on est allé trop loin en niant d'une manière absolue qu'un cas de folie simple puisse jamais se transformer en une paralysie générale; ces faits sont très rares, mais il en existe qui sont incontestables : j'ai vu moi-même i une paralysie générale se développer chez deux monomaniaques, chez l'un au bout de deux ans et demi, chez l'autre au bout de six ans, sans qu'au début de la folie, rien, dans la nature du délire, dans l'examen de la motililé, ait pu faire soupçonner un seul instant l'existence de cette affection. Dans tous ces faits il ne faut pas voir autre chose que deux états morbides distincts dont l'un se substitue à l'autre. Pourquoi un sujet, par cela seul qu'il serait aliéné, se trouverait-il nécessairement à l'abri de la paralysie générale?

Période moyenne.

Quel qu'ait été le début, la limite exacte de la période moyenne est difficile à préciser; c'est à elle que viennent aboutir, mais non sans conserver des traces affaiblies de leur aspect primitif, les diverses variétés que nous venons de décrire. A cette période, les troubles de la motililé et les sym- • ptômes de raffaiblissement intellectuel sont assez caractérisés • pour ne plus laisser l'ombre d'un doute dans l'esprit de l'obser- • vateur le moins expérimenté : les malades vivent dans un étatl habituel de légère excitation alternant avec des paroxysmes? irréguliers d'agitation plus violente; leur excitation est auto-matique, elle n'a ni but ni direction, ils vont et viennent,, entrent et sortent, remuent leurs meubles, parlent seuls, dé-- .cliircnt leurs vêtements, arrachent leurs boutons, et touss leurs actes se ressentent du profond désordre de leur esprit.. Entrent-ils dans une chambre, ils se déshabillent et se couchent dans le premier lit venu; cherchent-ils à s'habiller,, ils mettront leur bas en guise de cravate, et confondront i toutes les parties de leurs vêtements. Bientôt même la dé

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