MARCHE AIGUE. — COMPLICATIONS
Tels sont les cas auxquels on doit réserver le nom de paralysie générale à marche aiguë. Quant aux faits que M. Beau (1) a réunis sous cette même dénomination et qu'il a discutés d'une manière très séduisante, je n'hésite pas à les rejeter du cadre de la maladie qui nous occupe. Une analyse attentive de chacun d'eux m'indique dans l'aspect et la symptomatologie de la maladie une telle dissemblance avec la paralysie générale, que je n'hésite pas à les regarder comme se rattachant au rhumatisme cérébral ou à une encéphahte aiguë survenue dans le cours ou pendant la convalescence d'une fièvre typhoïde.
§7. — Complications.
1° Congestion cérébrale.
La congestion cérébrale joue un rôle de premier ordre dans la marche de la paralysie générale. Elle en est quelquefois le phénomène initial ; elle peut aussi la terminer brusquement par la mort. Enfin, on la rencontre à toutes les périodes h titre de compHcation. Toute congestion, lorsqu'elle épargne la vie du malade, laisse après elle une notable aggravation dans les troubles de la motihté et de l'intelhgence, et comme d'un autre côté, la congestion appelle la congestion, comme le mouvement fluxionnaire se porte d'autant plus volontiers vers l'encéphale qu'il s'est déjà produit un plus grand nombre de fois, il en résulte que, interrogé sur la marche probable d'une paralysie générale, le médecin devra tout d'abord s'enquérir de l'existence de cette complication, de sa forme symptomalique, de sa fréquence, de son inlensité, et en déduire le pronostic. 11 n'y a d'ailleurs dans la fréquence des congestions cérébrales rien qui ne soit conforme aux lois générales de la pathologie de l'encé-
(1) Mémoire sur une affeciion cérébrale qu'on peut appeler paralysie g éné~ raie aiguë {Archives de médecine, février 1852).
DE LA PARALYSIE flKNKRALE.
pliale. La couche corticale, avec son réseau vasculaire anormalement développé, avec les produits d'exsudation qui: altèrent profondément sa structure, i)eut être assimilée à ces tissus anormaux ou altérés, comme les tumeurs cérébrales, les ramollissements, les cicatrices, autour desquels il se produit à époques irrégulières des raptus sanguins considérables qui contribuent à aggraver la lésion organique, et se manifestent au dehors par les phénomènes habituels delà congestion surajoutés aux symptômes de la maladie pre-mière.
La congestion cérébrale chez les paralytiques revêt des formes diverses. M. Aubanel (i) en a distingué huit : 1" forme légère; 2° maniaque; 3" convulsive ; /i" hémiplégique;; 5° coup de sang ; 6° comateuse ; 7° intermittente; 8" irrégu-' lière avec alternance de tous les symptômes. Cette divisiom nous paraît reposer sur une exacte observation des faits. . Nous croyons cependant devoir lui faire subir quelquess modifications et nous décrirons successivement les formessuivantes : 1" forme légère avec excitation ; 2" maniaque ; ; 3° comateuse; li' hémiplégique; 5" convulsive apoplectiforme ; 6° formes irrégulières.
1° La première forme, la plus bénigne, consiste simplement en une augmentation anormale de la circulatiom cérébrale. Le malade ne tombe pas, ne perd pas connais- sance; mais sa figure devient rouge, ses yeux s'injectent,, son pouls s'accélère, ses gestes deviennent précipités; il devient loquace, ne peut tenir en place et l'embarras de la parole augmente sensiblement. Une digestion laborieuse, de la constipation, une température un peu élevée suffisent pour amener cet état pathologique, dont la durée varie d. quelques heures à deux ou trois jours, et qui cède en général à i un purgatif ou à une émission sanguine modérée. Ces sym
{\) Ami. n.éd.-psychoL, I. VU, lSifi,p. 189.