‹ Traite pratique des maladies mentalesChapitre 129 sur 172 · IDIOTS AU DEUXIÈME DEGRÉ · texte numérisé non relu

IDIOTS AU DEUXIÈME DEGRÉ

phrases plus ou moins nettemenl arliculées; ils mangent seuls, vont quelquefois chercher leurs aliments, rejettent ceux qui ne leur conviennent pas, manifestent quelques désirs; ils reconnaissent ceux qui vivent autour d'eux, témoignent de la gratitude envers ceux qui leur donnent des soins. Le cercle de leurs notions intellectuelles est très restreint : pour en • avoir une idée approximative il suffit de demander à un idiot son nom, son âge, la date et le Heu de sa naissance, de le faire compter, en commençant par les calculs les plus simples, de l'interroger sur les couleurs, les jours, les mois; de cette façon on arrive bien vite à voir quelle est la portée de son esprit.

On a dit, et avec raison, que chez ces êtres dégénérés les facultés de juger, de raisonner, de comparer, étaient nulles et étaient remplacées par des instincts. Chez quelques-uns, c'est l'instinct musical qui domine : on a vu des idiots incapables d'énoncer une idée suivie, de retenir la moindre notion, danser en mesure, répéter les airs même compHqués qui sont chantés devant eux; d'autres sont remarquables par leur esprit d'imitation ; ils exécutent machinalement, instinctivement ce qu'ils ont vu faire par d'autres sans avoir aucune conscience de la valeur et de la signification de l'acte commis: un idiot égorgea un homme après avoir vu égorger un cochon; un autre était parvenu à imiter, avec une rare perfection, les attaques d'épilepsie. Il en est chez lesquels prédomine l'instinct génital ; ils courent après toutes les femmes et se masturbent en pubHc sans aucun sentiment de pudeur. Dans les réunions d'idiots adultes, les tendances à la pédérastie sont telles qu'elles nécessitent la plus grande surveillance. Enfin, la plupart d'entre eux sont voleurs, gloutons, paresseux, irascibles; dans leurs moments de colère, ils poussent des cris violents, cherchent à frapper les autres, mais plus souvent se mordent, se déchirent et se frappent eux-mêmes comme certains animaux.

DE l'idiotie.

Chez les idiols de celte calégorie, le développement physique est plus complet que chez ceux de la dernière classe; les diiïormitcs de la tête sont moins constantes, leur taille est plus élevée, leurs forces musculaires plus considérahles, et leur vie peut se prolonger longtemps. Beaucoup cependant .présonlent des vices de conformation plus ou moins accusés, portant sur des organes autres que le cerveau. La surdi-mutité, le strabisme, les divisions congénitales du voile du palais, les anomalies de la dentition, le développement inégal des deux moitiés de la face, les courbures du rachis, se rencontrent chez eux avec une grande fréquence; quelquesuns sont choréiques, balancent leur tête, leurs bras, leurs jambes d'une manière monotone, uniforme; d'autres sont paralytiques : tantôt ce sont des paralysies du mouvement limitées à un membre, aux deux extrémités inférieures ou à une moitié du corps, et s'accompagnant d'atrophie et de contracture des muscles ; tantôt c'est une obtusion de la sensibihté qui les rend impassibles aux coups, aux blessures, aux complications traumatiques les plus graves. Esquirol parle d'une idiote qui se perça la joue avec le doigt; on en voit tous les jours qui se mutilent à plaisir sans éprouver la moindre douleur. Enfin, l'hystérie chez les femmes, l'épilepsie chez l'homme, compliquent fréquemment l'idiotie et viennent aider encore à l'oblitération des facultés intellectuelles.

3° Imbéciles. — Les imbéciles sont en général bien conformés, leur taille est élevée, leurs muscles sont vigoureux; leur tête qui présente souvent, mais à un degré moins prononcé, toutes les anomalies que nous signalerons plus loin chez les idiots, est, chez d'autres sujets, remarquable par la régularité de la forme et l'harmonie des traits. Les imbéciles ont l'usage complet de la parole ; tout au plus présentent-ils dans l'articulation des consonnes quelques vices de prononciation suffisants pour mettre sur la voie du diagnostic dés les premières phrases qu'ils prononcent. Ils ont des facultés

Page 1