MARCK. MAI.. MK.NT
^i'iO DE L KPILEPSIK.
dftmi-minulo comme étourdi, ii contimiait ses occupalions. — Une autre sentait sa lAle tourner ; elle se laissait tomber sur un siège, ne présentait aucun symptôme convulsif, mais restait une bonne minute les yeux tournés, la face étonnée et comme dans la stupeur. — Une dernière malade, immédiatement après le vertige, prenait une aiguille, cousait en un paquet toutes les pièces qui recouvraieni son lit, prononçant en même temps le mot cocJie.
En résumé, perle de connaissance, mouvements convulsifs partiels durant à peine quelques secondes et suivis d'un peu d'hébétude et de quelques actes bizarres et impulsifs, voilà ce qui caractérise le vertige.
On désigne sous le nom d'absence une sorte de vertige avorté ; dans cette forme qui est loin d'être rare chez les épileptiques, il n'y a môme plus trace de mouvement convulsif, la perte de connaissance seule subsiste encore; le malade s'interrompt tout à coup au milieu d'une conversation, perd de vue ce qui se passe autour de lui, et au bout de ((uelques secondes complète sa pensée inachevée ; ou bien il laisse tomber l'ouvrage ou l'objet qu'il tenait à la main, et cela sans qu'aucun autre symptôme éveille l'attention. Ces absences qui passent quelquefois inaperçues n'en ont pas moins de gravité au point de vue du pronostic et du trouble mental qu'elles occasionnent.
§ 4. — Physiologie patliologiquo.
Des tentatives pleines d'intérêt ont été faites pour arriver à donner une théorie physiologique de l'accès d'épilepsie, et pour expliquer, à l'aide des résultats obtenus par les expérimentateurs modernes et surtout par M. Brown-Séquard, les phases diverses qui se succèdent avec une grande régularité pendant la durée de cet accès. On sait que M. Bro^vn- Séquard (1) est parvenu à déterminer chez des lapins une affection convulsive épileptiforme, à l'aide d'une section
(I) Bulletin de l'Académie de médecine, t. XX If, séance du 7 octobre 18ô6.
PHYSIOLOUIE PATHOLOGIQUE. 531.
transversale de Ja moelle, d'autant plus efticace qu'elle s'éloigne davantage de l'extrémité caudale, et se rapproche du bulbe rachidien. Trois semaines après l'opération, l'affection convulsive se produit, tantôt spontanément, tantôt sous l'influence d'une légère excitation comme le pincement de la peau des joues. Si la lésion de la moelle épiniére atteint profondément les deux moitiés latérales, les convulsions peuvent être produites par l'irritation des deux côtés de la face et du cou. Si la moelle a été lésée d'un seul côté, c'est l'irritation de la face et du cou du côté correspondant qui seule peut produire les convulsions.
Ces expériences qui complètent les recherches de Marshall- Hall sur le pouvoir excito-moteur de la moelle et lui donnent une démonstration pratique, sont de nature à jeter quelque jour sur le mécanisme de l'accès d'épilepsie, et M. Foville dans sa thèse a exposé avec intérêt les théories physiologiques à l'aide desquelles on peut expliquer chacune des phases de l'accès. L'accès débute, dit-il, par une excitation périphérique quelconque , émotion morale, aura sensitive ou musculaire : cette excitation est transmise à la moelle allongée qui, en vertu de son pouvoir réflexe, réagit sur les filets du grand sympathique qui accompagnent et animent les tuniques contractiles des vaisseaux de la tête et du crâne (Cl. Bernard); ces vaisseaux se contractent, chassent le sang contenu dans leur intérieur, d'où la pâleur de la face, la perte subite de connaissance qui caractérisent le début de l'accès. La moelle allongée réagit en outre sur les nerfs moteurs, elle amène des contractions tétaniques qui, s'opposant à la liberté des mouvements respiratoires, déterminent dans tous les organes une accumulation anormale du sang veineux et par suite l'asphyxie ; la moelle paralysée par cette accumulation de sang veineux cesse de réagir et l'accès cesse. Si elle se dégorge assez vite pour pouvoir réagir, il se produit une série d'accès se succédant sans interruption.
DR L'ÉPII/EPSIE.
Rioii do plus digne d'inlérôlque ces études dans lesquelles la physiologie el. la pathologie se prêtent un appui mutuel, il faut hien se garder toutefois au point de vue pralique d'en i tirer des cons(kiuences trop promptes. Marshall-Hall regar- • dant la moelle allongée comme le point de départ des phé- • nomènes de l'épilepsie, et surtout du spasme des muscles -1 du cou et de la glotte qui, selon lui, s'oppose à l'introduc-lion de l'air et amène l'asphyxie, n'iiésite pas à conseiller eti à pratiquer la trachéotomie pour guérir l'épilepsie; maigi quel est le médecin qui oserait prendre au sérieux un parein conseil? D'un autre côté, dire avec M. Brown-Séquard quel'indication principale du traitement de l'épilepsie consisteà diminuer l'excitabilité réflexe de la moelle allongée et ài supprimer la cause excitante des accès (cause excitante leplus souvent inconnue), c'est poser un problème plus facile à indiquer qu'à résoudre, et laisser au traitement toutes ses; difficultés.
§ 5. — Marche et tet>niigtaîson<>(.
Le retour des accès d'épilepsie est quelquefois périodique. Certains malades n'ont qu'un accès chaque année, au retourdu printemps; chez d'autres, l'accès revient chaque mois,, chaque semaine, tous les cinq jours, tous les deux jours. . J'ai vu un épileptique dont l'accès ne venait jamais que le.' matin à sept heures, pendant qu'il faisait sa toilette. Chez! beaucoup de sujets, l'accès n'éclate que la nuit pendant le'î sommeil. Cette épilepsie nocturne offre parfois de grandes ^ difTicultés pour le diagnostic, car on ne s'aperçoit guère de?? son existence qu'au sentiment de fatigue et de courbature* éprouvé au réveil par le malade, qui trouve en même temps son lit inondé d'urine. Je n'insiste pas ici sur la coïncidence • des accès avec les phases lunaires; cette opinion admise paf les anciens auteur-s et devenue populaire, ne repose en réalité " sur aucune observation rigoureuse.
PJIVSIOLUGIE l'ATIlULUGlQUE.
; 11 arrive enfin, mais plus rarement, que les accès apparaissent à des époques indéterminées : un incident léger en apparence, une odeur, une couleur, la chaleur d'un appartement, une émotion morale, surtout lorsqu'elle a quelque analogie avec celle qui a provoqué l'explosion de l'épilepsie, suffisent pour déterminer le retour des convulsions. Un enfant devient épileptique après un accès de colère; la plus légère contrariété provoque le retour des convulsions. Un soldat monte à l'assaut, une bombe éclate auprès de lui, il est frappé d'épilepsie et guérit au bout d'un an : vingt ans après, la vue des remparts lui rend les mêmes accès (Esquirol). . Que l'épilepsie à son début se soit manifestée par un grand accès convulsif ou par un simple vertige, ces deux ordres de symptômes finissent presque toujours par se trouver réunis. Le petit mal et le grand mal alternent alors irrégulièrement chez le même sujet, et accumulent sur l'intelligence leurs effets destructeurs, redoublant de fréquence et d'intensité sous l'influence des grandes chaleurs, des grands froids, des excès vénériens et alcooliques, s'éloignant et perdant de leur violence, grâce à une vie tranquille, et même se suspendant pendant la durée d'une affection fébrile intercurrente. Une fois arrivée à ce degré, l'épilepsie peut persister pendant des années entières sans altérer les fonctions organiques et sans compromettre la vie des sujets; quelquefois même les accès s'éloignent, ils diminuent d'intensité, et l'on voit se produire ou une guérison solide et durable, ou une rémittence qui peut se prolonger pendant plusieurs mois ou même plusieurs années, et est trop souvent prise pour une guérison.
. L'épilepsie peut causer la mort. Les malades succombent parfois à la violence des accès qui, se succédant sans interruption, ne laissent pas au cerveau le temps de se dégorger, et alors on trouve à l'autopsie, outre des lésions organiques, quand l'épilepsie est symptomatique, les traces
JJK l/ÉPlLEl'SIK.
d'une cuiig(3stiuii cérébralo, cl même, ainsi (ju'il eu existe quelques observalious, une rupture du cœur. Des accidents .survenus au milieu de l'accès convulsif, comme des plaies, des ounLusions, des brûlures, peuvent encore amener une terminaison lalale ; enfin le suicide, comme nous le verrons, consliLuc une com[)licalion dont il faut savoir faire la part.