‹ Traite pratique des maladies mentalesChapitre 147 sur 172 · DE LA CIIORÉE OU DANSE DE SAINT- GUY, AU POINT DE VUE · texte numérisé non relu

DE LA CIIORÉE OU DANSE DE SAINT- GUY, AU POINT DE VUE

DE l'État mental.

Historique. — De l'immunité que présentent certains choréiques quant aux troubles intellectuels. — Des troubles intellectuels de la chorée : modifications de la sensibilité morale et de l'intelligence; hallucinations; délire maniaque. — Traitement.

L'histoire de la chorée s'éloigne trop du cadre de cet ouvrage pour que nous puissions songer à la tracer d'une manière complète. Laissant de côté tout ce qui concerne la description, la marche, la durée et le traitement de cette affection.

HISTORIQUE. 577

nous indiquerons seulement les troubles intellectuels qui peuvent l'accompagner, troubles intellectuels qui offrent des nuances infinies, depuis la disposition morale la moins accentuée jusqu'à la mélancolie et à l'hébétude, depuis l'hallucinée isolée jusqu'au délire complet; et ici, bien entendu, il s'agit des cas de chorée vulgaire, de la danse de Saint-Guy, et non de ces chorées épidémiques du moyen âge, véritables névroses intellectuelles que Hecker (1) a confondues dans sa description, et qui sont maintenant, et avec tant déraison, rangées parmi les maladies mentales.

§ l". — Historique.

Sydenham qui, le premier, traça en quelques lignes une description fidèle de la danse de Saint-Guy, n'a observé chez ses malades aucun désordre cérébral, et l'analogie très éloignée qu'il établit entre les choréiques et les aliénés est uniquement fondée sur la singularité des mouvements de la jambe que le malade traîne après lui à la manière des insensés [morbus prodit se claudicatione alterutrius cruris, quod œger post se trahit fatuorum more) (2).

Cullen est sur ce point plus explicite : dans la chorée, ditil, l'esprit est souvent affecté de quelque degré de fatuité, et offre fréquemment les mêmes émotions passagères, variées et déraisonnables, que l'on observe dans l'affection hystérique (3).

P. Frank {h) parle des troubles de la mémoire qui accompagnent la chorée : il dit, mais sans ajouter aucun détail, que la maladie peut se terminer par la folie.

J. Frank (5) admet également le délire comme une com-

(1) Annales d'hygiène publique. Paris, 183/i, l. Xlf, p, 313.

(2) Sydenham, Processus in morbis omnibus curandis ; de chorea mncii VilL

(3) Cullen, loc. cit., t. II, p. 3G6.

(à) J.-P. Frank, Médecine praliquet Paris, 1842, l, H, p. 520.

(5) J. Frank, Pa</ioi. tnierne, t. III,p. 328,

«AllCÉ. — MAL. MF.NT.

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