DE LA GIIORÉE OU DANSE DE SAINT-GUY
plicalion do la chorée, el le docteur Bernt consacre quelques lignes à ce qu'il appelle cliorea insamois {\) .
D'après Bouteille (2), un idiotisme léger, il est vrai, mais cependant assez remarquable pour eiïrayer les parents sur la nature el les suites de l'alTectiôn de leur jeune malade, est un des symptômes spécifiques de la chorée essentielle ; je l'ai observé chez les nombreux malades que j'ai traités.... On trouve ce caractère tracé dans une dissertation du docteur Jean Ewart : Plerique sunt quodam modo fatui, vel si judicii vis valeat, memoria déficit.
Dans la chorée , dit M. Blache (3), au trouble de la motilité, se joint un trouble aussi remarquable de la sensibilité morale. La plupart des malades sont très susceptibles, capricieux, irascibles; ils pleurent, poussent des cris, s'épouvantent aux moindres surprises. Georget dit même qu'il existe parfois un premier degré d'imbécillité.
J'ai moi-même essayé de compléter ces indications vagues et dépourvues de précision à l'aide d'un grand nombre d'observations de chorée, prises spécialement au point de vue de l'état mental des sujets. Bien que les résultats de ces recherches aient été consignés déjà dans un autre travail (/i i, je crois pouvoir les reproduire ici presque textuellement.
§ s. — De l'immunité que présentent certains choréiques quant aux troubles intellectuels.
Il est tout d'abord un point qui m'a frappé et qu'il est important de faire ressortir, c'est l'immunité complète qu'offrent un grand nombre de choréiques sous le rapport des désordres cérébraux : sur 57 choréiques, j'en ai trouvé 21 qui n'ont jamais offert la moindre perturbation dans leur
(1) Bernt, Monographia choreœ sancti Vili, Prague, 1810, p. 21.
(2) Bouteille, Trailé de la choréeou danse de Sainl-Guy, p. 82.
(3) Blache, art. Chorée, DicHonnaire de médecine en 30 volumes.
(4) Mémoires de l'Acad- de méd., t. XXIV. Paris, 1860.