‹ Traite pratique des maladies mentalesChapitre 165 sur 172 · RELATIVES A LA MANIE. (3/|J · texte numérisé non relu

RELATIVES A LA MANIE. (3/|J

transitoire, et les accidents qui en résultent amènent bien souvent des actions judiciaires dans lesquelles le médecin est appelé à intervenir.

Les moralistes et les législateurs grecs, et à leur tête Aristote, n'admettaient pas que l'ivresse fût un motif d'excuse ou d'atténuation du délit ; loin delà, ils la considéraient comme un état de dégradation volontaire, aggravant la culpabilité, ils punissaient à la fois et le délit et l'habitude. Cette législation, défendue par Barthole, passa dans les usages du moyen âge, et, en 1536, une ordonnance de François 1", qui punissait l'ivrognerie de peines publiques, portait, quant aux délits commis dans l'ivresse, une disposition ainsi conçue : « S'il advient que par ébriété ou chaleur de vin les ivrognes commettent aucun mauvais cas, ne leur sera pour cette occasion pardonné, mais seront punis de la peine due audit délit et davantage pour ladite ébriété, à l'arbitrage du juge. »

Les Statuts d'Angleterre ont maintenu cette sévérité traditionnelle; ils proclament l'entière responsabilité des crimes commis pendant l'ivresse.

D'un autre côté, la loi romaine, usant de moins de rigueur, apphquait à l'ivresse la distinction signalée dans le droit romain relativement aux actes commis avec intention ou, au contraire, dans un état d'exaltation momentanée; les individus en étal d'ivresse étaient assimilés aux idiots, aux enfants, aux aliénés, aux gens emportés par une passion violente, et leur responsabihté légale était regardée comme nulle.

A son tour, le code d'Autriche établit quelques distinctions importantes. Il sépare l'ivresse complète de l'ivresse incomplète, n'attribuant qu'à la première l'absence d'imputabilité pénale. Il distingue l'ivresse imprévue de l'ivresse procurée : un homme qui cherche dans des liqueurs enivrantes l'an-' dace nécessaire pour exécuter un mauvais dessein ne sau-

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