‹ Traite pratique des maladies mentalesChapitre 17 sur 172 · LIVRES IIIPPOCRATUJUES. MÉDECINS GRECS ET LATINS · texte numérisé non relu

LIVRES IIIPPOCRATUJUES. MÉDECINS GRECS ET LATINS

dont vainement, dans un autre travail, j'ai cherché l'explication (1).

Hippocrate connaissait les relations de la folie et de l'épilepsie, et son Traité de la maladie sacrée renferme des aperçus remarquables. «Les mélancoliques, dit-il, (2) deviennent d'ordinaire épileptiques, et les épileptiques mélancoliques; de ces deux états, ce qui détermine l'un de préférence, c'est la direction que prend la maladie : si elle se porte sur le corps, c'est l'épilepsie qui survient, si elle atteint l'inteUigence, c'est la mélancolie. » Plus loin (3) il rapporte lobservation d'une affection épileptiforme avec embarras dans la parole après chaque chute. Quant à la maladie sacrée (/i), «elle n'offre par elle- même, dit Hippocrate, rien de divin ni de sacré ; l'inexpérience et le merveilleux en ont seuls fait quelque chose de divin.» A côté d'un edescription parfaitement exacte de l'épilepsie, l'auteur note les paralysies partielles qui peuvent être la suite de l'état convulsif; il insiste sur les influences qui déterminent le retour de l'accès, et émet plus loin cette idée théorique : la bile et la pituite produisent tous ces effets sur le cerveau ; les fous, par l'effet de la pituite, sont paisibles et ne crient ni ne s'agitent; les fous, par l'effet delà bile, sont criards, malfaisants, toujours en mouvement, toujours occupés à faire quelque mal.

Le livre d'Arétée (5) [81 après J.-C] renferme sur la fohe des données très concises, mais infiniment plus complètes et plus générales que les pensées éparses que nous venons de rapprocher. Arétée appelle la mélancolie : animi angor in una coyitatione defixus, absque febre, définition

(1) Trailé de la folie des femmes enceintes, des nouvelles accouchées et des nourrices, p. iàS.

(2) Tome V, p. 355, VI^ livre Des épidémies, 8" section, § 31

(3) Tome V, p. 415, Vll^' livre Des épidémies, § liQ.

(4) Tome VI, p. 353.

(5) Aréle^e, De causis et signis diulurnorum morborum, liber primus, cap. 5 el6,edit.Kuh„, Leipzig, 1828, p. 74.

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remarquable et dans laquelle nous ictrouvons les deux points sur lesquels s'est appuyé Esquirol pour spécifier la lypémanie, d'une part, la tristesse, de l'autre, l'existence d'une seule idée délirante. 11 dépeint l'état mélancolique avec une perfection rare, et à côté de la mélancolie, donne un tableau exact do l'excitation maniaque qu'il sépare avec soin du délire fébrile, des délires causés par la jusquiame et la belladone, et de la démence sénile.

Ilippocrate n'avait parlé que vaguement des hallucinations, Arétée les indique avec netteté : il parle des malades qui ont des bourdonnements et des tintements d'oreilles, qui même semblent entendre le bruit des oiseaux et des flûtes, il cite les odeurs fétides qui précèdent l'accès d'épilepsie, il indique même les images rouges qui se présentent aux yeux de certains malades. Faisant allusion aux prêtres de Cybéle, il rapporte comme un nouveau genre de folie, l'histoire de ceux qui se mutilent pour se rendre agréables à leurs dieux, et qui se croient initiés alors qu'ils restent pâles, décolorés et exténués par leurs douleurs. Un chapitre à part est consacré à l'épilepsie. Là, se trouvent signalés non-seulement l'état convulsif, mais encore l'état mental des épileptiques, leur attitude, les moments de fureur et l'affaissement intellectuel qui accompagnent les accès.

Arétée appartenait à la secte des pneumatistes. Pour lui, le cœur est le foyer du pneuma, de la substance aérienne qui anime toute l'économie : le vertige tient à ce que le pneuma tourne continuellement en cercle, l'épilepsie elle^ même est causée par la rétention anormale du pneuma; mais, quoi qu'il en soit de ses idées théoriques, il a donné à ses descriptions une vigueur, une véracité qui peuvent encore servir de modèle, et qui font vivement regretter que la partie de ses œuvres qui développe le traitement de la folie ne nous soit pas parvenue.

G œlius Aurelianus [230 après J.-C], de lasecte des mé-

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