‹ Traite pratique des maladies mentalesChapitre 32 sur 172 · LÉSION INTELLECTUELLE TERMINALE · texte numérisé non relu

LÉSION INTELLECTUELLE TERMINALE

Il n'existe dans la folie qu'une seule lésion intellectuelle terminale, c'est la démence, qui consiste essentiellement dans l'usure et l'affaiblissement graduel de toutes les facultés. C'est à elle que viennent aboutir presque inévitablement, mais au bout d'un temps très variable, les diverses formes de folie.

Tels sont les éléments pathologiques que l'analyse permet de découvrir dans la folie : chacun d'eux paraît bien délimité, et au premier abord rien ne semble plus facile que de distinguer l'homme raisonnable de l'homme ahéné. Et cependant si aux limites extrêmes le doute n'est pas possible, ne trouve-t-on pas à chaque instant des analogies frappantes entre la folie et la raison (i) ? Un violent accès de colère offre tous les caractères d'un court accès de manie, ira furor brevis, et rien ne ressemble plus à l'exaltation maniaque que les moments d'inspiration de quelques poètes de génie. Un vif chagrin amène une dépression morale, une concentration de pensées qui rappellent en tous points la dépression mélancolique, et c'est tout au plus si la courte durée des troubles fonctionnels occasionnés par une passion violente les sépare de l'ahénation mentale proprement dite. La conception déHrante elle-même n'est pas facile à distinguer de certames pensées ayant cours parmi les philosophes et les mé-

(1) Lélut, Recherche des analogies de la folie et de la raison, à la suite de son ouvrage : Le démon de Sacrale, 1855, p. 317.

MARCi;. — MAL, MENT. ^

60 Gi,AasiKitJA'nan

t,a|4liyi5it;iiiiiij : quelle difléveiipe élublir, Leuret (1) eiilKctilip lenime traitée pftv Kbquirol, qui se l'aidait appeler la mère Mainte-Église et disait tenir duns son venlre un concile çl'évêques, et IJescartes qui regarde la glande pinéale comme WW miroir dans lequel vient, se réHéchir l'image des corps ex(.épieurs? Chaque jour on entend des idées hi^arr-es, originales, ou même des idées empreintes de génie, qui se rapprochent par des nuances insensibles des conceptions délirantes de certains ahénés; bien plus, la société renienne dans son sein tqute une catégorie d'individus, victimes le plus souvent de fâcheuses influences héréditaires, dont tous les jugements sontfaui^ et erronés, et qui, à côté de qualités intellectvielles brillantes, présentent dans leurs actes, dans leur manière d'être, t^ml de désordre et de contradictions, qu'on doit les considérer comme aliénés sans qu'il soit toujours facile (]e préciser le point oùlamaladie commence. En somnie, ici cpmme patloiiL ailleurs, entre les points les plus extrêmes se, prouvent tous les degrés intermédiaires, et il est impossible de donner une formule qui sépare nettement la raison de la folie.

Page 1