‹ Traite pratique des maladies mentalesChapitre 33 sur 172 · Clî^ssificatipii · texte numérisé non relu

Clî^ssificatipii

La connaissance succincte des éléments pathologiques de l'ordre intellectuel dont la combinaison produit les diverses formes de folie, nous permet maintenant d'arriver aux vues d'ensemble et d'exposer une classification des maladies mentales destinée à nous servir de guide dans la partie de ce liyre qui traitera de la pathologie spéciale.

Une classification nosologique, pour être parfaite, devrait être fondée sur la nature même des maladies. Or la nature d'une maladie, autant qu'il nous est permis de l'atteindre, nous est donnée par les symptômes, par les lésions orga-

(1) Leviret, Fragments physiologiques sur la folie, p-

DE LA FOLllî. ' %i

niques elle siège, par la marclie et par les causes (Parcbappe) ; mais il suffît de jeter un coup d'œil sur l'état actuel de la pathologie menlale pourvoir combien sur une ifoule de points concernant la folie, nos connaissances sont encore incertaines et incomplètes, et quelle difïerence immense existe entre des hypothèses qui s'écroulent au premier choc et des données sohdement étabhes. , ^

Placés en. présence d'impossibihtés que les progrès ultérieurs delà science pourront seuls faire disparaître, les médecins aliénistes qui se sont occupés de classification ont été forcés de n'envisager qu'un côlé de la question et se sont laissé guider par des considérations trop exclusives : les uns n'ont vu que la forme extérieure de la maladie, les sym^ ptôraas; les autres se sont surtout préoccupés des lésions intellectuelles ou morales; les derniers enfin, et parmi eux M. Morel, ont attaché une importance capitale à l'étude des causes, et en ont fait dériver tout leur travail.

Esquirol, suivant en cela l'impulsion de Pinel, prit les symptômes comme base de sa classification et admit cinq genres de folie (1).

1" Lypémanie (mélancoUe des anciens), délire sur un objet ou un petit nombre d'objets avec prédominance d'une passion triste et dépressive ;

- 2" Mpnomanie proprement dite, dans laquehe le déhre est borné à un seul objet ou à un petit nombre d'objets avec excitation et prédominance d'une passion gaie et expansive : ces deux derniers genres étaient regardés comme les subdivisions d'une classe plus étendue, la monomanie (2). ^ S" La manie, dans laquelle le délire s'étend sur toutes sortes d'objets et s'accompagne d'excitation ; à" La démence, dans laquelle les insensés déraisonnent,

(1) Esquirol, maladies mentales, l. I'^', p. 22.

(2) i.oc. p. 404.

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