‹ Traite pratique des maladies mentalesChapitre 40 sur 172 · MARCÉ. — MAL, HF.NT · texte numérisé non relu

MARCÉ. — MAL, HF.NT

"° SYMPTOMATOLOGIE.

lion par le hachisch, la belladone et les solanées vireuses. J'ai vu chez de jeunes maniaques une hypereslhésie si vive que le simple contact de l'eau projetée à petite distance provoquait des douleurs intolérables : les sens eux-mêmes sont surexcités au point que le bruit, lalumiére, les odeurs amènent des impressions qui vont jusqu'à la douleur et réagissent sur tout le système nerveux.

Les troubles de la motilité ont une importance considérable dans l'étude sémiologique de la folie, puisqu'à eux seuls ils servent à caractériser la foHe paralytique. En dehors de cette forme spéciale qui sera l'objet d'une élude détaillée, on trouve la folie associée à des troubles du mouvement dans l'épilepsie, dans l'hystérie, danslachorée, dans l'intoxication alcoohque, et en général on peut dire que celte association aggrave le pronostic. Dans la mélancolie, la motilité perd de son activité et de son énergie ; elle s'exalte au contraire dans la manie, ainsi que dans toutes les formes délirantes qui s'accompagnent d'excitation, et dans ces deux états opposés communique aux gestes, à l'allure, aux traits, au regard, une expression d'abattement ou d'animation qui forme un contraste saisissant; enfin les mouvements spasmodiques se rencontrent fréquemment chez les aUénés, soit que ces troubles de la motilité se soient développés en même temps que la folie, soit qu'ils aient pris naissance antérieurement el aient été la première manifestation d'un étatdiathésique qui s'est révélé plus tard d'une manière plus complète. Les tics nerveux, les convulsions partielles, le strabisme, le bégayement ne sont pas rares au milieu de la population de nos asiles.

Le sommeil, au début de la folie, est nul ou bien légeret agité par des rêves, par des cauchemars, qui bien souvent présentent le même désordre et la même incohérence que les idées pendant l'état de veille. 11 est arrivé que ces rêves ont précédé l'explosion de la folie. M. Baillarger a cité l'histoire d'un négociant qui, après avoir été longtemps pour-

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suivi par des rêves dans lesquels il voyait de l'or, des diaîÊiants et maniait des millions, tomba frappé de paralysie générale avec le délire ambitieux le mieux caractérisé.

L'insomnie, tenace et continue dans la période d'incubation de la folie, persiste, mais un peu moins pénible, tant que les accidents ont une marche aiguë. Plus tard, le retour du sommeil, coïncidant avec l'amélioration de tous les symptômes, est d'un excellent augure et doit être considéré comme le thermomètre de la situation.

Quand l'état mental ne s'améliore pas, un sommeil lourd, prolongé, fait craindre le passage à la démence.

§ — Fondions digestivec.

V appétit est très développé chez les maniaques qui, après avoir traversé les premiers jours de la maladie signalés sou- Ventpar de l'embarras gastrique, digèrent ensuite avec facilité des quantités considérables d'ahments: les forces assimilattices sont stimulées chez eux par une dépense excessive de forces musculaires et par la suractivité de toutes les fonctions. Le mélancolique, au contraire, digère lentement, il mange peu et avec peine, soit à cause de la nature de ses fausses conceptions, soit en raison de l'inertie de tout l'organisme, dans la démence simple, dans la paralysie générale, où toute activité intellectuelle a cessé, les fonctions nutritives subsistent seules au milieu de l'anéantissement de toutes les pensées et de tous les sentiments, et l'homme, comme certains êtres d'une espèce inférieure, se trouve réduit pour ainsi dire à un tube digestif : l'appétit devient alors excessif, les aliments sont ingérés avec voracité et amènent un embonpoint de fâcheux augure.

La constipation est un symptôme habituel dans la mélancolie et la paralysie générale; elle tient à la diminution delà contractilité de l'intestin et des sécrétions intestinales; elle

SYMPTOMATOLOGIE.

peut dépendre aussi de la volonté de certains malades qui, dominés par une idée délirante, sont convaincus qu'ils ne doivent pas aller à la selle 6t l'ont des efforts inouïs pour se retenir. J'ai vu une femme mélancolique s'imaginant que son corps entier s'écoulait par le rectum et que chaque évacuation allait la vider ; elle ne laissait aller les matières fécales qu'après avoir résisté jusqu'à la dernière extrémité.

L'excrétion involontaire de l'urine et des matières fécales a diverses significations : on l'observe dans la période aiguë de la manie ; c'est alors un symptôme passager et sans gravité qui tient uniquement au profond désordre de l'innervation; on l'observe aussi dans la stupeur profonde sans qu'on puisse en tirer un fâcheux pronostic, car elle est due à l'affaiblissement de la motilité, à l'anesthésie des muqueuses et de la peau, et disparaît à mesure que la stupeur perd de son intensité. Beaucoup d'idiots sont gâteux, il en est de même des malades atteints de démence sénile chez lesquels la sensibilité, la motilité et l'inteUigence sont également affaiblies.

Dans la paralysie générale, l'excrétion involontaire de l'urine et des matières fécales est un fâcheux symptôme qui indique que la maladie fait des progrès et passe de la seconde à la troisième période.

§ 3. — Circulation et respiration.

Le pouls et la respiration subissent des modifications daniï la folie, mais le docteur Jacobi (1) lui-même qui a fait sur ce sujet de nombreuses recherches, n'a pu rattacher par des liens nécessaires les états pathologiques de l'intelligence et des sentiments aux anomalies de la respiration, de la circulation et de la température de la peau. Aussi faut-il se borner à constater quelques faits isolés démontrés par l'ex-

(1) Éludes historiques cl physiologiques sur Valicnalion, pur M. Morel {Ann, Tndd.-psi/cft., janvier m^),

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