MARCHE DU LA FOLIE
mentale lorsqu'il est bien ncLlcment accusé, et, à moins que la périodicité ne soit liée à un état fonctionnel comme la menstruation, indique presque toujours l'incurabilité.
A côté de l'intermittence signalons une alternance très remarquable que l'on rencontre entre la manie et la mélan^ colie, lesquelles s'associent entre elles pour constituer un accès à double forme se reproduisant périodiquement ou à intervalles inégaux ; tantôt ces accès se succèdent sans interruption, tantôt ils sont séparés par un intervalle lucide : nous étudierons plus tard cette variélé de folie, comme une affection distincte sous le nom de folie à forme.
Lorsque, arrivée à sa période de déclin, la folie à marche continue ou rémittente doit se terminer par la guérison, l'amélioration s'opère en général avec lenteur : le délire perd peu à peu de son intensité; le malade est moins agité ou moins absorbé. Son attention peut se fixer sur les objets extérieurs, il se rapproche de ceux qui l'entourent, les interroge, cherche à se rendre compte de l'endroit où il se trouve, des faits qui se sont passés pendant sa maladie : il raisonne ces faits, les apprécie, coordonne ses souvenirs, et loin de chercher à justifier ses anciennes idées délirantes comme on le voit dans les fausses convalescences, a la conscience du trouble qui a égaré son esprit. La sensibilité morale revient, il demande ses parents, ses amis, et s'informe des événements qui les concernent ; il le fait avec calme, avec un sentiment d'affection profonde, mais mesurée, bien différent de cet empressement immodéré et toujours dangereux que présentent certains malades pour être rendus immédiatement à la hberté, pour revoir leurs parents et reprendre leurs occupations. En même temps la physionomie prend un aspect plus normal; les traits sont reposés, souvent un peu amaigris, comme il arrive après des fièvres graves, alors que la période de turgescence est passée; le sommeil devient chaque jour plus pro*