‹ Traite pratique des maladies mentalesChapitre 62 sur 172 · MORTALITÉ CHEZ LES ALIÉNÉS · texte numérisé non relu

MORTALITÉ CHEZ LES ALIÉNÉS

ARTICLE III

S i". — llortalhi^ olio* IcN aliéné».

Les aliénés soni, soumis h toutes les influences pathogéniques qui agissent sur l'homme en santé. Quelques auteurss ont avancé qu'ils jouissaient clans les épidémies d'une véritable immunité, et Ellis les regarde même comme moins« exposés aux maladies accidentelles, mais l'expérience a démontré combien ces assertions sont peu fondées. Lesaliénés> dans leurs asiles n'échappent nullem.ent aux, épidémies de choléra, de typhus, de dysenterie, qui visitent cerlaines^ localités, et tous les jours nous les voyons atteints de maladies incidentes qui se développent sous l'influence duj froid, de l'humidité, d'une mauvaise hygiène et de toutes^ les causes habituelles des états morbides.

Bien plus, la mortalité dans la folie est plus considérable que chez l'homme en santé. A l'état normal, la mortalité est de 1 sur 56. Or, à Bicêtre, d'après MM. Thore eti Aubanel, elle serait de 1 sur 8,61, et je trouve dans les statistiques publiées par l'administration de l'assistance publique, que de 1853 à 1859, pour les malades de Bicêtre,. de la Salpêtrière et pour ceux qui ont été transférés dans les asiles départementaux, la mortalité a été en moyenne de' 1 sur 7. Ce résultat n'était pas difficile à prévoir : il esti toute une catégorie d'aliénés, les paralytiques, qui, parsuite même des progrès de l'affection cérébrale, sont voués ^ fatalement à la mort; d'autres succombent dans la période aiguë de la maladie, quelques-uns mettent fin à leurs jours: par le suicide. Les maniaques s'exposent à toutes les intempéries de l'air, et au milieu de leurs actes désordonnés se • font de graves blessures; les monomaniaques, par leurs: jeûnes volontaires, leurs pratiques absurdes et opiniâtres, finissent par altérer leur santé; il en est de même des dé-

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