‹ Traite pratique des maladies mentalesChapitre 97 sur 172 · MARCHE ET DURÉE · texte numérisé non relu

MARCHE ET DURÉE

|]Jus OU moins longues, plus ou moins marquées, que le maniaque arrive à la convalescence.

» La manie rémittente, ajoute le même auteur, ne

diffère de la continue qu'en ce que le désordre des idées et des actions offre des rémissions plus ou moins marquées, plus ou moins régulières. Il est des maniaques qui dorment très bien et qui sont très agités dès qu'ils s'éveillent; il en est d'autres qui ne dorment pas, qui sont agités pendant la nuit et sont plus calmes après une nuit d'insomnie; enfin quelques-uns sont, le matin ou le soir, plus calmes et plus accessibles aux impressions étrangères. La rémittence est si régulière tous les deux jours qu'on est tenté de croire qu'il y a intermittence.

» La manie intermittente à accès tantôt réguliers, tantôt irréguliers, est très fréquente (1); elle peut être comptée pour un tiers dans une grande réunion de maniaques. Comme dans les lièvres intermittentes, la manie intermittente affecte le type quotidien, tierce ou quarte. Les accès reviennent tous les huit jours, tous les mois, tous les trois mois, deux fois l'année, tous les ans, tous les deux, trois et quatre ans. Les accès éclatent spontanément et sans autres causes connues que l'époque, la saison, l'année où les accès antérieurs ont eu lieu, ou bien ils sont provoqués tantôt par les mêmes causes qui ont produit les mêmes accès, tantôt par des causes différentes. Les accès sont ramenés par des affections morales, par des dérangements physiques, tels que l'embarras gastrique, la constipation, la céphalalgie, ou par des maladies accidentelles, etc. En général, les accès se terminent brusquement et quelquefois sans crise. Ordinairement, pendant l'intermittence, le retour aux idées, aux affections, aux habitudes de la santé, est complet. Cependant il reste des symptômes qui prouvent que l'accès n'a pas eu une solution complète. »

■ (1) Ksqiiiio!, t. n, p. 168-170.

MARCÉ. — MAL. MENT, -J fj

*^^0 DE LA MANIE

L'accès de nianio peut persister avec les symptômes de l'état aigu pendant un grand nombre de mois, il peut ne durer que quelques jours, quelques semaines; lorsqu'il est très court et se termine brusquement, on doit redouter ou une rechute ou une intern)ittence : quant à ces accès d'agitation avec actes de violence, dont la durée est tout à fait passagère et que l'on désigne sous le nom de manie transitoire, nous aurons à les étudier avec soin au point de vue médico-légal, car ils ont été l'objet de nombreuses controverses.

§ 9. — Terminaisons.

Outre la guérison, qui est très fréquente, la manie peut offrir divers autres modes de terminaison :

a. Elle peut passer à l'état chronique et plus tard à la démence ;

h. Elle peut se transformer en une autre forme de maladie mentale ;

c. Elle peut se terminer par la mort.

a. Quand la manie passe à l'état chronique, on n'observe plus, dans sa marche, ni phases ni périodes, c'est pour ainsi dire la période d'état prolongée indéfiniment. On voit alors disparaître la plupart des troubles que nous avons signalés au début de la manie aiguë. L'appétit, les fonctions digestives reprennent leur régularité; le sommeil seul reste imparfait; les malades passent leur vie au milieu d'alternatives incessantes de calme et d'excitation survenant spontanément ou à propos de la moindre cause occasionnelle, sans qu'il soit possible de trouver les lois qui règiont leur retour. Dans l'intervalle des accès, les malades restent plus ou moins calmes, mais irritables, ayant leurs afflictions, leurs antipathies, leurs habitudes, et conservant des idées délirantes, tantôt fixes, tantôt mobiles, qui donnent à chacun d'eux sa physionomie spéciale. Chez quelques-

Page 1