‹ Traité pratique des maladies nerveusesChapitre 20 sur 96 · DE L*ÉP1LE1*SIË · texte numérisé non relu

DE L*ÉP1LE1*SIË

livra avec excès, el ce genre de vie dura jusqu'à Page de vingt ans. Pendant les cinq années qu'il passa de celle sorte, il conlracla deux ou trois blennorrliagies , qui guérirent d'une manière plus ou moins complète par des traitements suivis avec une grande inexactitude; la dernière arriva à Tâge de vingt ans, vers l'époque où il mit fln à ses plaisirs et à ses excès. La blennorrhagie cx>mmençait à se guérir, lorsqu'à la suite d'une partie dVquitation où il s'était beaucoup fatigué, survint une adénite du côté gauche. Elle suppura comme la première, et fut également ouverte par y. Riœrd. Cette f6is encore, on n'employa aucun traitement mercuriel. Aucune éruption ne coïncida avec les deux bubons dont nous venons de parler, et à aucune époque le malade ne remarqua ni ulcérations dans la bouche, ni maux de gorge, ni croûtes dans les cheveux, ni alopécie, ni plaques muqueuses à l'anus; en un mot, aucune manifestation pouvant être rapportée à une origine syphilitique.

Il y a un au, il ressentit à la hanche droite des douleurs très vives, surtout peudant le jour, et qui perdaient de leur acuité pendant la nuit, au point de ne pas troubler beaucoup son sommeil ; ces douleurs occupèrent ensuite la cuisse et le genou droit, puis le genou gauche, sans jamais passer dass les jambes. H n'a pas remarqué que la sensibilité générale ait été altérée dans les membres correspondants à ses douleurs. Mais il n'en a pas été de mrme pour la force des membres inférieurs; il éprouvait une grande fatigue le soirà la fin de son travail : quand il était assis, il ne pouvait se lever sans dépenser de grands efforts, et celte faiblesse avait pour siège principal alors la jambe droite, tandis qu'aujourd'hui celle-ci a repris des forces et que lautre en a perdu. Aucune différence d'ailleurs entre le volume de l'un et de l'autre membre.

Les bras n'ont rien perdu, ni sous le rapport de la sensibilité, ni sous celui de la coutractilité. Le caractère, nu contraire, a été très notablement oxidiOé. La gaieté qui lui était habituelle avait fait place à une humeur triste et morose, surtout dans ces derniers temps. A son activité, qui était assez ardente pour le travail, avait succédé une apathie, une paresse et une insouciance inusitées chez lui. Il éprouvait des lassitudes pour la moiodre chose, des palpitations, et cependant il prétend que son cœur n'était pas sujet à palpiter. De temps en temps, le matin , quelques étourdissements, quelques tournoiements de tête, quelques défaillances, tout «la très léger et rare, méritant à peine d'être noté.

Il se maria à vingt-quatre ans. Assez robuste encore à cette époque. Il dit que ce mariage ne fut pas pour lui une cause d'excès et d'abus. Il se ménagea un peu sous tous ces rapports, et néanmoins, il y a deux mois, il s'aperçut quil était atteint d'une impuissance à peu près complète. Il lui est arrivé de tout temps d'avoir des pollutions nocturnes, mais à des intervalles très éloignés, et toujours à la fin d'un rêve voluptueux, jamais au point de devenir une infirmité.

Une saillie se développa, il y a trois mois, sur le côté droit de la tète, vers la suture du frontal et du pariétal, et appartenant vraisemblablement aa priéul ; une douleur assez vive se manifestait quand on comprimait

26Â MALADIES DUES A LNE AlGMENTATfÛN DE l/EXClTATIO?i NERVEVSE.

cette tumeur; il n'y a jamais eu de douleurs spontanées autres que des céphalalgies assez fréquentes.

La tumeur ne présenta jamais une bien grande élévation; elle était svr* tout remar(|uable par la largeur de sa base.

Il y a un mois, sans qu*on ait pu attribuer cet accident à quelque cause déterminante ou oaasionnello, il fut surpris tout à coup au milieu de sod travail par une attaque d^épiiepsie: on le transporta à son domicile, et il fut trois heures, dit-il, avant de reprendre connaissance. Huit jours après» il eut une autre attaque, qui fut moins longue et moins violente, car elle ne dura guère qu'une demi-heurc- Avant son entrée à Thùpital, aucun traitement n'avait été commencé.

État actuel. —^ons observons aujourd'hui chez ce malade la plupart des accidents signalés dans l'histoire de ses antécédents. C'est un garçon assez bien constitué, si l'on ne considère que son développement, mais en examinant sa peau, on remarque qu'elle est un peu pâle, un peu molle et flasque; sa flgure est boufOe, peu colorée. Son cœur bat sans accélération notable, du moins quand il est en repos, et il assure qu'il ne palpite pas habituellement; cependant on trouve à la base du cœur un souffle léger au premier temps, et dans les carotides un souffle double, mais moins pro» nonce au second temps.

L'affaiblissement a persisté dans les membres inférieurs, et surtout du côté gauche, envahi le dernier; il sufflt d'un exercice léger pour le fatiguer et l'abattre. Quant aux douleurs décrites plus haut, et que le malade a éprouvées dans les cuisses et dans les genoux, il a cessé de s'en plaindre; aucune nouvelle altération de sensibilité ne s'est manifestée; rien de nouveau non plus ne s^est montré dans les bras sous le rapport de la sensibilité et de la contractilité.

L'impuissance est toujours la même ; les érections sont aussi impossibles que depuis le début. Pas plus de pertes séminales, et pas autrement qu'auparavant Il y a cependant une certaine amélioration dans l'état moral; le caractère est plus égal, l'humeur plus gaie: il se sent plus vif et plus actif. Aucune nouvelle attaque d'épilepsie depuis son admission à l'hôpital. Il ne porte sur lui aucune trace d'accidents syphilitiques, ni boutons, ni plaques muqueuses, ni ganglions engorgés; il n'y a que cette tumeur de la tète qui, syphilitique ou non, n'en existe pas moins, et a son siège soit dans le périoste, soit dans l'os pariétal.

Il y a peu à ajouter k ce que nous avons dit relativement à Tappétit et aux fonctions digestives. L'appétit est médiocre, et il survient de temps en temps des vomissements bilieux. Quelques douleurs se font sentir par-ci par-là dans les membres et dans le tronc : les céphalalgies ont persisté également, mais elles n'ont pas conservé la même intensité. (^ pilules ferrugineuses chaque jour aux repas; poudre de sédum acre, 20 centigrammes, à prendre le matin; iodure de potassium, A grammes dans un julep. — 3 portions.)

26aoûL— Il semble au malade que sa tumeur ait diminue; qaoi qu'il en !»oit, elle a complètement cessé d'être douloureuse. Ses forces sont revenues

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