‹ Traité pratique des maladies nerveusesChapitre 21 sur 96 · DE L ÉPILEPSIE · texte numérisé non relu

DE L ÉPILEPSIE

sensiblement; il éprouve encore une vive douleur au genou gauche, (à pilules ferrugineuses; poudre de sédum acre, !20 centigrammes; iodure de potassium, 2 grammes. — 2 portions.)

& septembre. — L*amélioration se soutient : l'iodure de potassium a provoqué quelques douleurs, du coryza et un peu de bronchite; mais ces accidents légers ont beaucoup diminué.

9. Le malade sort de rhùpita! dans un état d'amélioration déjà satisfaisant; les forces reviennent dans les jambes et Pappétii est meilleur. Aucun accès nouveau n'a eu lieu. Li tumeur a considérablement diminué; il ne reste plus qu*une légère saillie sur le point où elle a existé. Les douleurs au genou gauche sont beaucoup moins vives. Quant h Timpuissance dont ce malade se plaint, aucune amélioration bien sensible ne s*est encore manifestée.

Il devaitcontinuerà suivreau dehors le traitement etlerégimeauxquels on l'avait soumis pendant son séjour à riiôpital, et venir nous rendre compte de son état ultérieur, s'il continuait k être malade. Nous ne l'avons jamais revu.

[J'nî lu, en compulsant les feuilles périodiques, quelques observations d'épilepsie syphililique; je choisis la suivante, qui a le mérite d'être courte.

M. le docteur Demarquay a communiqué à la Société du 2« arrondissement (S janvier 1857) un exemple d'épilepsie par cause syphililk|ue {Gazette des hôpitaux). Il s*agit d'une jeune dame de province prise, dans un hôtel a Paris, de mouvements convulsifs, avec perle de connaissance, écume sanguinolente à la bouche, contracture du pouce, piqueté rouge consécutif à la peau du front et de la face, petites plaies contuses à la langue, hébétude après Taccês, etc. Appelé à lui donner des soins, M. Demarquay constate, en oulre, une névralgie des principales branches du nerf trijumeau gauche, et un commencement de paralysie du même côté; jugeant avec raison qu'il avait affaire a une épilepsie symptomalique, et craignant de faire à la malade des questions qui lui auraient peut-être appris ce qu'elle avait ignoré, il s'adressa à la femme de chambre, qui lui racontâtes circonstances suivantes.

Quelques années après le mariage de cette dame, le mari avait subi un traitement anlisyphilitique. Peu de temps après, la jeune femme avait ressenti elle-même un mal de gorge opiniâtre, et vu son corps se couyriv de boutons, qui conservèrent longtemps une leinte cuivrée. M. Demarquay constata, en effet, çà et là des

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cicatrices d'ecthyrna et une cxoslose très marquée à la clavicule gauche et à l'un des tibias. Il nMic^site plus à prescrire un traitement mercuriel ; plus tard Tiodure de potassium à doses successi* vement croissantes, et plus tard encore une saison d'eaux sulfureuses. Sous rinfluenco de ces divers moyens, l'état général s'améliora, la névralgie disparut, en même temps que la paralysie et les attaques d'épilepsie cessèrent. Depuis quatorze mois aucun de ces symplômes ne s'est reproduit, et la malade jouit d'une santé parfaite.]

Il y a une épilepsie artificielle commune, celle que produisent trop souvent les empoisotmemeiits saturnins. Dans cette épilepsie, Tune des plus graves, puisque dans l'immense majorité des cas, les malades succombent au bout de quelques jours dans des accès incessamment répétés, l'une aussi des mieux connues dans son origine, puisqu'on sait positivement à quelle cause la rapporter, on rencontre, comme lésion malérielle, entre autres choses, Texubérance de la matière cérébrale; exubérance telle que les cironvolutions sont effacées et aplaties contre la voûle du crâne. Je dois ajouter que cette exubérance du cerveau ne se rencontre pas dans tous les cas ; j'ai eu plusieurs fois la preuve du contraire. Puis la chimie décèle unj)eu de plomb dans le cerveau. Eh bien, dans ces cas, dans ceux du moins que je connais et où la guérison a eu lieu, elle a été obtenue par l'usage de l'opium à haute dose et en même temps par l'emploi des moyens conseillés contre les affections saturnines. Or, l'opium n'a pu faire qu'une chose, c'est de diminuer la sensibilité cérébrale ; le traitement contre le plomb tend seulement à débarrasser l'économie de ce corps étranger par les évacuations et les bains, où à le dénaturer et à le rendre insoluble au dedans de nous jusqu'à ce qu'il ait pu être évacué. Les succès obtenus dans les cas rares où ces deux traitements oiit réussi ne démontrent-ils pas la nature nerveuse de cette épilepsie ?

[En résumé, on peut rapporler les causes de l'épilepsie à celles qui trouvent leur raison d'être dans une perversion passagère des fonctions organiques, ou dans des maladies produites par des lésions plus ou moins appréciables à nos sens. Les causes pathologiques étant très fréquentes et la guérison de l'épilepsie

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elant quelquefois étroitement liée à leur juste appréciation, j'ai dû en tenir comple.

J'ai dit en traitant de riiystéric, que des observations authentiques permettaient de fixer le point de départ des convulsions, chez des sujets diathésiquoment prédisposés, vers tous les organes de réconomie dont lo système nerveux a des rapports plus ou moins directs avec la moelle épinière. Cette proposition, vraie pour l'hystérie. Test à plusjusle litre pourTépilepsie. Je pourrais passer en revue toutes les parties des centres nerveux, les lobes, les ventricules, le cervelet, la protubérance, la moelle allongée, la moelle épinière, ainsi que leurs enveloppes membraneuses el osseuses, et citer des observations démontrant que leurs altérations organiques peuvent être le point do départ de Tépilepsie. Ce que je dis des altérations portant sur les centres est applicable a celles intéressant Télément nerveux primitif lui* même, cellules ou fibres, dont nous connaissons encore trop imparfaitement aujourd'hui la structure intime et la composition chimique, pour que nous puissions découvrir les traces de ces altérations organiques. D'autre part, ce qui est vrai pour les centres nerveux l'est également pour leurs divisions ou les branches qui en émanent, ainsi que pour le grand sympathique.

Combien d'épilepliques sentent Vaiira partir d'un point parfaitement limité dans un membre, ou dans un viscère? Aussi mettons-nous au nombre des causes les plus fréquentes de l'épilepsie les troubles fonctionnels ou les lésions du système nerveux en général, que ces troubles ou lésions résultent ou d'un tra\ail pathologique plus ou moins appréciable, ou d'une irritation venue du dehors, coups, blessures, opérations chirurgicales. Aussi accordons-nous une large part aux causes morales en général, et aux névroses convulsives en particulier, à Thystérie, à la chorée, aux convulsions infantiles qui prédisposent à Tépilepsie. Si maintenant on généralise par la pensée ces faits d'étiologie limités aux fonctions et à la structure du système nerveux, en les appliquant aux fonctions et a la structure des autres appareils el organes dont il fait partie intégrante, on comprendra à quelles sources infinies la convulsion épileptique peut puiser son point de départ.

Pn effet, les troubles fonctionnels ayant pour siège les appa-

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reils de l'ouïe, de la vue, de Tolfaclion; le bruit violent et inattendu d'une arme a feu, delà foudre; les cris déchirants de la douleur, le spectacle des exécutions, des incendies ; l'odeur des plantes, des produits animaux, ou chimiques, etc. ; en un mot, toute sensation qui peut réagir sur le bulbe, la protubérance ou le cerveau, peut causer chez un sujet prédisposé le vertige ou la convulsion elle-même. Il en est de même des impra«isions subites et douloureuses excilant la sensibilité cutanée, tactile, et thormométrique; des fièvres éruptives chez les enfants; du chatouillement, des brûlures, de l'insolation, de l'immersion subite dans une eau trop froide, ou du refroidissement prolongé. — Si des appareils des sens nous passons aux appareils et fondions de la respiration, de la circulation, de la génération, nous constaterons toujours le même rapport de causes et d'effets, entre l'irritation locale et l'impression synergique éprouvée parle système nerveux. A l'appareil digestif se rapporteront comme cause d'épilepsie, les indigestions, les vomissements, les coliques hépatiques, la présence des vers, la production des gaz, la constipation, enfin les altérations de tissu ; à l'appareil de la respiration, les accès d'asthme; à la circulation, les hémorrhagies, les saignées ; à la génération, l'épuisement de l'influx nerveux succédant aux excès du coït et de la masturbation ; le spasme génital, epilepsia brevis (Sennert), ayant été plusieurs fois la cause immédiate de l'attaque épilcptique (Romberg et Wichmann).

Nous ne retrouvons pas chez la femme, comme cause du mal sacré, l'influence prédominante des maladies des ovaires et de l'utérus, mais il faut cependant tenir compte de l'état névropathiqueque font naître les fonctions et les maladies de ces organes: et sansaller jusqu'à partager l'opinion de Sennert, Pernel, Maisonneuve et autres sur l'épilepsie hystérique, je trouve qu'on n'a pas tenu sufllsamment compte des accidents névrosiques dus aux troubles de l'appareil utérin, réagissant sur les centres nerveux.

J'ai rencontré des épilepsies, dites hystériques, en ce sens»qu*à chaque époque menstruelle apparaissait invariablement la convulsion épileptique. J'ai donné des soins à madame de L. . . qui s^est trouvée pendant plusieurs années dans ces conditions. Elle n'avait jamais eu de convulsions dans son enfance; elle souffrait de tous les accidents de la chlorose, dyspepsie, constipation, paipi-

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talions, bruit de souffle, leucorrhée, névralgies erratiques, vive impressionnabililé, insomnie, maigreur. Un traitement ferrugineux et analeptique modifia en quelques années sa constitution ; à la débilité générale succéda un état»de santé pléthorique, elle devint vigoureuse, trop fortement menslruéc; mais avec cette transformation apparurent des vertiges passagers , puis des absences, puis enfin à quarante^deux ans des attaques d*épilepsie parfaitement caractérisées, et cela tous les mois, la veille du jour de Fhémorrhagie utérine. Cette épilepsie aussi franchement périodique [epilepsia hysterica et pleihof'ica de Sauvages) résista longtemps à tout traitement ayant pour base les préparations de belladonne, d*oxyde de zinc et de quinquina, et force me fut de ramener la malade, en suivant une voie diamétralement opposée, à sa débilité première. Avec l'appauvrissement du sang j*eus la satisfaction de voir diminuer la tonicité des fibres musculaires, du système nerveux, et d'éloigner le retour des convulsions, mais celles-ci ne disparurent complètement que cinq ans après, à l'occasion de Tàge critique. La ménopause opéra ce que le traitement n'avait pu faire, et la personne en question jouit depuis lors d'une santé excellente sous tous les rapports.

Les modifications qui s'opèrent dans Tétat général de la santé, et dans l'appareil utérin, pendant la grossesse; l'inlluencede ces changements sur les centres nerveux, grand sympathique, rachidien et cérébral, prédisposent et font quelquefois éclater la convulsion comitiale; mais dans d'autres circonstances au contraire, la maladie nerveuse est coniplélement enrayée pendant le travail de la gestation, pour reparaître comme auparavant après la délivrance. Notons, enfin, que les maladies des voies urinaires, la présence des calculs, la colique néphrétique, ont clé quelquefois aussi le point de départ deTattaque.

Mais l'épilepsie peut être produite non -seulement par les troubles fonctionnels et les maladies portant sur les solides, il faut encore tenir compte des altérations des liquides, et principalement de celles du sang : car le système nerveux réagit contre tout ce qui peut être pour lui une cause de souifrance, et le sang, modifié dans sa composition et dans ses propriétés, peut être une cause de surexcitation tout aussi active que celle produite par une irri*

talion des solides. C'est à ce lilre qu'il faut mettre ati nombre des causes plus ou moins directes de Têpilepsie, les intoxications saturnine, mercurielle, palustre, alcoolique, par les gaz délétères, par le virus sy|ftîilitique; les dialhèses, les cachexies strumeuse, rhumatismale, goutteuse, etc. Sans oublier les proportions efî plus ou en moins, des éléments du sang, deThémalosine, de l'albumine, de la Gbrint», du sucre, du pigment (mélanémie, Charcot), du fer, etc.; ainsi que les changements apportés dans sa masse totale, dans les hémorrhagies (Fabrice de Hilden).

Toutes ces modifications produites dans les qualités et la quantité relative du sang sont incontestablement, dans des cas donnés, une cause plus ou moins directe d'épilepsie. Mais comfnent concevoir la relation de toutes ces causes avec les phénomènes delà maladie, savoir : le vertige, l'absence, la pâleur, la convulsion, la perle de connaissance, la menace d'asphyxie, la slerteur, et cela, à tous les degrés, depuis le plus léger, jusqu'au plus grave? Comment surtout nous rendre compte de la rémîttence et du retour si variable des accès?Comment une lésion locale ou générale permanente laissc-t-elle pendant des semaines ou des mois le sujet épileplique avec toutes les apparencesde la santé! Y a-t-il dans Tépilepsie une diathèse héréditaire ou acquise, qui soit une prédisposition incessante à la convulsion ?Cette diathèse réside-t-elle dans la constitution intime du système nerveux, dans les liquides, dansle sang? Qui pourrait aujourd'hui répondre affirmativement à toutes ces questions; dire quels sont les caractères incontestables de cotte diathèse? Personne, assurément. Contentons-nous donc d'admettre chez les épileptiques un état nerveux prédominant, une surexcitabilité nerveuse permanente qui devient d'autant plus manifeste que la convulsion s'est plus fréquemment produite. Mais si nous ignorons quelles sont les {conditions pathologiques de cette diathèse, comprenons-nous mieux à quelle cause est dû le retour si imprévu des convulsions? Je n'ose l'affirmer, et cependant je n'ignore pas les progrès importants de la physiologie moderne, et les applications déjà sérieuses qu'on peut en faire à la pathologie nerveuse. Les travaux de Magendie , Longet , Marshal-Hall , Flourens , Cl, Bernard, Brown-Séquard, etc., je l'ai dit en traitant des

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convulsions en général, perinellent déjà de se rendre compte, jusqu'à un certain point, des phénomènes qui. dans leur ensemble, constituent Tépilepsie (1); mais quant à indiquer avec précision la cause déterminante deTattaque; pourquoi Vatira se développe dans telle ou telle circonstance plutôt que dans telle ou telle autre, nous l'ignorons tout aussi complètement que les caractères pathognomoniques de la diathèse épileplique ellemême. Nous savons que cette aura peut suivre plusieurs voies pour aller réagir sur les centres nerveux; que tantôt, lorsque le patient n'en a pas conscience, elle suit les filets nerveux moteurs, gagne les centres et produit la convulsion locale ou générale, puis bientôt en immobilisant les parois thoraciques, la menace d'asphyxie; que tantôt elle a pour point de départ les Glets nerveux sensitifs, de là cette sensation d'un fluide montant jusqu'à la moelle allongée, amenant la perte de connaissance par la contraction spasmodique des artères céphaliques,et causant encore l'asphyxie par un mécanisme différent ; que tantôt, enfin, Foscillalion nerveuse est mise en jeu enlre les plexus, les ganglions, ou les branches isolées du grand sympathique, pour de là provoquer dans la moelle et le cerveau les perturbations qui jettent l'ensemble ùe l'économie dans l'affreux désordre épileplique.

Nous pouvons peut-être nous rendre compte des vertiges par l'interruplion apportée à la circulation cérébrale, en raison de la contraction spasmodique des artères qui soulèvent la masse encéphalique, et dont les parois contractiles sont sous la dépendance des branches du grand synipalliique. Nous concevons comment ce vertige peut aller jusqu'à la perle de connaissance complète^ sans que pour cela la convulsion générale doive nécessairement se produire, attendu que les phénomènes se passent dans le cerveau, et que la convulsion épile|)lique dans son ensemble a besoin de la coopération de la moelle épinière, y compris le bulbe, qui donne naissance aux nerfs céphaliques. D'autre part, des animaux auxquels l'encéphale avait été enlevé onl cependant éprouvé la convulsion épileplique complète, et cela

(I) Voyez rcicencDtc thèse de M, DcfoviUe. Considérations physiologiques sur rëtcès drépilepsie, Paris, 1857.

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par reffet d'une excitation locale ayant pour point de départ Tune des branches de la cinquième paire (Brown-Séquard).

Il est permis de supposer que le sang vicié dans sa composition intime par des agents toxiques ou virulents est, pour le syslème nerveux en général, une cause de surexcitation ; de là l'extrôme gravité des convulsions saturnines, par exemple.

Je pourrais m'étendre plus longuement sur les explications à donner de Tattaque épileptique, dire pourquoi la convulsion hystérique est moins générale, sans perte de connaissance, sans menace sérieuse d'asphyxie, mais ces détails m'entraîneraient trop loin. Disons seulement que la cause de la tonicité des coutractions musculaires épileptiques semble due (Romberg et Wcber) à la trop vive excitation produite par le système nerveux : rinflux excitateur arrive aux muscles avec une telle instantanéité, que la contraction complète n'a pas le temps de se produire ; une contraction nouvelle surprend celle qui est en voie de développement, et l'arrête ; les décharges nerveuses sont trop fréquentes; tandis que dans l'hystérie la contraction musculaire produit plus complètement Taction mécanique qui lui est dévolue. Mais quant à savoir pourquoi les spasmes musculaires sont toniques dans répilepsie, cloniques dans l'hystérie; pourquoi ce spasmje s'étend dans la première maladie a tous les muscles ; pourquoi le cerveau, le bulbe, la moelle, coopèrent aux désordres; et pourquoi dans la seconde le cerveau et le bulbe restent le plus souvent en dehors de la perturbation névrosique, c'est là le niystère à dévoiler : car je n'aurai rien prouvé en appelant à mon aide, pour en donner l'explication, des hypothèses plus ou moins ingénieuses. Nous n'en savons pas plus à ce sujet qu'à propos de la diathèse épileptique. ]

Symptômes. — Us sont faciles à reconnaître dans le plus grand nombre des cas.

Une personne, en apparence bien portante, se sent prise tout à coup d'une sorte de vertige; elle pousse un cri involontaire et inarticulé, perd immédiatement la connaissance et le sentiment; puis sa figure, ses membres, tout son corps, sont agités de convulsions rapides, brusques, saccadées, plus prononcées d'un côté que de l'autre ; une écume, souvent sanglante, sort de la bouche. Au bout de quelques minutes, les secousses convulsives devien*

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ncnt un peu plus rares, se montrent beaucoup plus inégales; rinsensibiiité persiste encore; il survient un coma dont rien ne peut tirer le malade. Le coma fait place a une sorte d*hébétemeot) de stupeur, et enfin de somnolence, dans lesquels il y a souvent un ronflement marqué ; au bout d*un temps plus ou moins long, la connaissance revient, et, avec elle, progressivement, la sensibilité. Le malade éprouve une fatigue prononcée dans tous les membres, et se montre souvent la bouche pleine de sang, soit que dans les convulsions il se soit mordu la langue, soit que Técume ordinaire aux épileptiques, dans leurs attaques, ait été elle-même rougie par du sang exhalé dans différentes parties de la bouche, de la gorge ou des bronches.

Telle est Tattaque ordinaire de Tépitepsie. Elle dure quelques minutes pour les convulsions ; une ou deux heures pour le coma ^ quelques heures pour la somnolence.

Au milieu de tout cela, même dans Tépilepsie la plus complète, il y a des particularités qu*il faut noter.

Ainsi, le début de Taccès n*est pas toujours le môme. En général, pour chaque personne, il a une forme déterminée et connue, qui ne change guère qu*à de longs intervalles ; mais il varie beaucoup pour les divers malades. Les uns sont pris tout i coup, comme s*ils étaient frappés de la foudre ; les autres éprouvent des prodromes, môme pendant plusieurs jours. Ces prodromes peuvent être ou une douleur locale que rien n'explique, ou quelque trouble nerveux qui semble se propager en remontant vers les centres, ou quelque sensation insolite de la vue, de Fouie et plus rarement des autres sens. Ces derniers malades reconnaissent à Tavance leur ennemi, et ont presque toujours le temps de se mettre a Técart, ou au moins de se dis-* poser pour se faire en tombant le moins de mal possible.

Le crt jeté par les malades n*esl pas loujr)urs le môme. Quelquefois il n*y en a pas du tout, dans tous 1rs accès ; d'autres lois il y en a dans quelques-uns et pas dans d*auires; d autres fois enfin, etc*est lordinairo, le cri, qui a manqué dans les premiers accès, se fait entendre dans tous les autres, quand la maladie est bien établie. En général, c\*st un cri sans intelligence, sans si^nilication autre qu*un trouble notable de la respiration. Il rfbsembie ou au cri d'une grande douleur, ou à une violente et I. 18

bruyante inspiration, ou à une respiration saccadée et bruyante correspondant aux convulsions d*un côté de la face. Les auteurs spéciaux ont disserté beaucoup sur la valeur comme signe, sur la nature, sur la cause de ces cris (voy. H. Billod, Mémoire nur les symptômes de tépilepsie). Ils ont chacun appuyé leurs opinions sur des faits. Je crois qu'ils ont tous eu tort et raison, suivant les cas, et qu'ils auraient été plus dans le vrai si chacun d'eux avait été moins exclusif.

là^ perte de connaissance est toujours complète, qu'il y ait ou non violente convulsion ; en même temps qu'il y a perte de connaissance, la sensibilité aussi est suspendue partout, et les malades, revenus à eux, ne se rendent pas compte du tout des coups qu'ils se sont donnés, des brûlures qu'ils ont subies, etc. On a beau chercher à réveiller leur sensibilité, on ne voit jamais, dans la vraie épilepsie, qu'ils éprouvent la moindre impression par suite des tentatives que l'on fait.

Pendant les convulsions, le visage passe alternativement par des colorations diverses. Ordinairement il arrive par saccades successives à une coloration rouge et à une turgescence des plus prononcées. Les conjonctives alors sont aussi pleines de sang. Puis, le paroxysme convulsif passé, la rougeur fait place à une pâleur plombée remarquable, qui dure pendant presque tout le temps du coma. Les conjonctives sont un peu plus lentes quefe reste à se dégorger du sang qui les a injectées. Quelques malades, en qui l'accès dure moins, ou bien en qui l'attaque se compose d'une suite de petits accès incomplets, ne prennent pas It face injectée et turgescente des épileptiques ordinaires. Plus les accès sont fréquents, moins l'injection et la rougeur de la face sont en général prononcées.

On a donné comme caractéristiques de l'épilepsie certaines formes des convulsions, la manière dont les doigts, et particulièrement les jyouces, sont convulsés. Je suis sûr, pour moi, d'avoir vu de ces malades non douteux, avec toutes sortes de formes de convulsions dans les mains ; seulement je suis sûr aussi que le caractère brusque et saccadé des convulsions n'a manqué a aucun de ceux que j'ai rencontrés.

Pendant les convulsions, et lorsqu'ils arrivent à la période du coma, certains malades rendent leurs urines ou leurs matières

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fiscales stfnss'en apercevoir; quelques-uns même ont une pollution complète. Ce sont en général les malades les plus gravement atteints qui éprouvent tout cela, et par les plus gravement atteints je veux dire ici, non pas ceux dont les accès sont les plus fréquents, mais ceux qui en sont pris le plus violemment.

Enfin le cama^ et Y hébétude qui l'accompagne et le suit, sont, suivant les sujets, plus profonds ou plus longs. Quelques-uns en ont i peine pendant quelques minutes ; quelques autres au contraire pendant dix ou douze heures. En général, ces symptômes ont la durée moyenne dont j'ai parlé au commencement.

MM. Michéa et Alvaro Reynoso ont fait savoir à l'Institut, séance du 81 janvier 185S, que l'urine des épileptiques, après leur attaque, contient du sucre. Ce fait, fût-il toujours vrai, n'a jusqu'à présent conduit à aucune conclusion pratique.

Dans les intervalles, les vrais épileptiques, une fois soulagés de la fatigue de l'accès, sont comme les autres individus de Tespeœ humaine, avec quelques particularités de plus. Soit naturellement, soit par suite des préjugés qui existent contre eux dans le monde, ils ont honte de leur état et s'en cachent avec une espèce de crainte. Beaucoup ont une sorte d'horreur Je leurs accès, quand ils les sentent venir. Soit à cause de ces dispositions morales qui ne les quittent guère, soit à cause de la répulsion qu'ils trouvant généralement quand leur état est connu, soit enfin parce que cette maladie donne quelque chose de particulier à leur manière de sentir et de juger, ils ont tous des bizarreries ^us ou moins marquées dans le caractère. Ils sont en général HMipçonneux, susceptibles et rancuniers. 11 faut ajouter aussi qu'ils ont une grande ténacité et une sensibilité vive dans leurs bonnes afiections. Pendant le cours de leur maladie, leur intelligence reste d'ailleurs longtemps aussi étendue et aussi saine que s'ils n'étaient pas malades ; et ce n'est que quand le désordre tu arrivé a un certain degré, que le trouble cérébral s'ajoute lux autres misères de cet élat. Dans mon opinion, c'est dire en 4'aotres termes que la maladie nerveuse épileptique ne trouble fÊS sérieusement l'intelligence, témoin Jules César, Mahomet, Pétrarque, Fabius Coiumna, Redi, qui étaient épileptiques ; et que celle-ci n'est altérée chez les épileptiques que quand le désordre matériel, qui a eu l'épilepsie pour une de ses conséquences,

est arrivé au point de troubler notablement les fonctions cérébrales toutes ensemble. Alors les désordres de rintelligence peuvent être tous ceux qui appartiennent aux dérangements matériels de Torgane en qui il faut la localiser.

Enfin une particularité commune chez les épileptiques, quoiqu'elle soit loin de se montrer dans tous, est une disposition singulière et inexplicable de leur peau. Quand ils se mettent au soleil, ils sont couverts, sur la figure particulièrement, de taches rosées nombreuses. Ces taches, plus grandes que celles de la rougeole, mais séparées comme elles par des parties de la peau qui ont gardé leur couleur naturelle, leur donnent un peu Taspect d'un rubéoleux, en qui on aurait agrandi à la fois les rougeurs et les espaces intermédiaires. Les taches sont d'ailleurs exclusivement caractérisées par la rougeur ; il n'y a d'élevure ni au centre ni sur les bords. Elles se montrent en peu de minutes et disparaissent avec la même facilité, et sans laisser aucune trace, aussitôt que le sujet se met à Tombre. Il s'en faut de beaucoup que cette particularité soit constante chez tous les épileptiques. Je me garderais bien d*affirmer que cela n'a lieu que chez eux; mais je suis sûr que cela se rencontre chez un grand nombre, et qu'il y en a peu en qui elle ne se soit montrée quelquefois.

Jusqu'ici j'ai parlé de l'épilepsie régulière et complète ; mais dans cette maladie il s'en faut heureusement que les atteintes soient toujours aussi graves. A côté des cas ordinaires, où se retrouvent tous ou presque tous les caractères de la maladie, s'en montrent une foule d'autres où manquent quelques-uns, et même quelquefois les principaux des symptômes qui lui sont propres. M. Beau a insisté particulièrement sur ces épilepsies incomplètes. Avant lui, Benivenius, Dodonœus, Éraste, Quercetan et Marccllus Donatus en ont présenté des exemples remar* quables ; la pratique médicale nous en montre assez souvent pour que nous n'hésitions pas à y reconnaître les symptômes épilepliques. Telles sont ces suspensions des mouvements volontaires, de l'intelligence et de la sensibilité, dans lesquelles on ne peut méconnaître une étroite parenté avec les désordres semblables dans Tépilepsie complète ; telles sont certaines attaques hystériques dont il est à peu près impossible de la disliiH

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