‹ Traité pratique des maladies nerveusesChapitre 22 sur 96 · DE L*ÉP1LEP$IE · texte numérisé non relu

DE L*ÉP1LEP$IE

guer; telles sont les épilepsies par empoisonnement, et les convulMOns épileptiformes auxquelles on a donné le nom d'éclampsie chez les femmes grosses et les petits enfants.

Nous réserverons ces dernières pour le chapitre suivant, à cause de leur différence de nature, sinon de symptômes, et nous allons faire ici en peu de mots Thistoire de toutes les autres.

M. Delasiauve, dans son beau livre, déjà cité, sur la matière, a classé les degrés qu*il a cru reconnaître dans la maladie. II leur a assigné des noms qui indiquent la progression de ces différentes formes vers Tépilepsie la plus complète. Il traite successivement des absences, des vertiges, des accès intermédiaires^ des chutes^ et donne la description de ce qu'il entend désigner par chacune de ces dénominations.

Tout en respectant, comme je le dois, Tautorité d*un homme qui a vu et bien vu un si grand nombre de ces malades, j'avoue que je ne suis pas complètement édifié sur Its barrières qui séparent ces épilepsies les unes des autres. J'ai rencontré, je connais, je sais des cas qui ne peuvent être légitimement renfermés dans aucune de ces catégories. J'en sais dont les accès varient d'un de ces états à l'autre, depuis la plus petite absence^ la plus légère convulsion épilepti forme, jusqu'aux chutes les plus graves, ou réciproquement. Je comprends Futilité qu'il peut y avoir a frapper certains esprits avec les signes les plus fugaces des épilepsies les plus légères pour rappeler l'unité de nature, l'idéalité d'essence entre toutes ces affections. Mais en pratique ces distinctions me semblent beaucoup moins importantes; et à cause du peu de fixité des caractères assignés a ces divers degrés du même mal, j'aime mieux me borner à dire qu'outre les épilepsies complètes dont je viens d'esquisser le tableau, il y a encore des épilepsies incomplètes qu'on a voulu distinguer des autres par des noms d'une signification moins redoutable.

Dans ces dernières formes les accès sont quelquefois si peu prononcés, qu^en effet il n'y a, pour ainsi dire, qu'une sorte de vertige, d'absence momentanée, soit de l'intelligence, soit de la conscience. Seulement ce vertige se représente comme les accès d*épilepsie, et offre quel(|uesuns de leurs signes caractéristiques. Ainsi, avec ou sans prodrome, il saisit la personne qui y est exposée, lui trouble complètement l'intelligence ; l'interrompt

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dans une phrase commencée, dans un acte qu'elle exécutait; dans ce moment, la prive de ses sens ; lui donne, surtout d'un côlc ou dans une partie, des convulsions à formes épileptiques ; puis, au bout d'un temps plus ou moins long, la quitte en lui laissant un instant de stupeur, après lequel certains de ces malades achèvent leur phrase ou leur action commencée, comme s^ii n'y avait pas eu d'interruption. Le plus commun alors est que la têle soit entraînée d'un côté, à gauche ou à droite, mais habituellement toujours du môme côté chez la môme personne. Le corps ne perd pas toujours Téquilibre ; dans les cas les plus graves il y a chute et un peu d'écume à la bouche ; dans les autres, le tronc, si Ton est debout, suit le mouvement de la tète, et le malade fait quelques tours sur lui-môme avant de reprendre ses sens; à peine un peu de salive spumeuse vient-elle couler du côté de la bouche que les convulsions de la face laissent perméable. Certains mouvements directs et involontaires en avant, comme les faits rapportés par Itard (1), ou comme la quatrième observation racontée par M. Chéneau dans ses Recherches sur le traitement de Vépilepsie^ 1849, me semblent aussi devoir ôtre classés parmi les vertiges épileptiques. Quelques malades ont plus prononcés la perte de connaissance, et Técume, et les cris, et les convulsions. Quelques autres manquent de certains phénomènes épileptiques, ou no les éprouvent que dans un degré pour ainsi dire imperceptible, et puis tout rentre dans l'ordre comme si rien n'était arrivé. Je dois ajouter, en terminant, que ces malades sont en général plus souvent que les épileptiques confirmés, sujets à dos phénomènes, des sensations prodromiques. Un doit aussi noter que leurs accès sont plus fréquents, et môme il nVst pas rare qu'ils se renouvellent plusieurs fois dans la môme journée. Au contraire, les épileptiques complets ont ordinairement des jours, des semaines, des mois d'intervalle entre les attaques, excepté lorsque enQn leur maladie arrive au plus haut degré, à la lin de sa durée, ou dans quelques cas exceptionnels heureusement assez rares.

Quant aux hystéries épilepti formes, ce sont des maladies plus communes qu'on ne le croit chez les femmes. Il arrive en effet

(1) Arclàm de niédecine, 1825, t. VUi, p. 385.

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assez souvent, que des hystéries graves, ayant tous les caractères de cette maladie, se transforment, lorsque quelque cause trouble Torganisme, en une sorte d'épilepsie. Alors aux malaises, aux étouflementSy aux convulsions grandes et larges de rhystérie, se substituent des vertiges et des convulsions brusques et un peu saccadées, comme celles de Tépilepsie; au lieu d'occuper tout le corps, a peu près indifféremment, elles se montrent principalement d'un côté ; il y a aussi de Técume à la bouche; puis vient la perte de connaissance et un peu de coma. Malgré tout cela, il faut noter pourtant que ce n*est pas encore répilepsie. Ainsi les convulsions ne sont pas franchement sac* cadées; les cris, quand il y en a, sont comme volontaires et in« telligents; la perte de connaissance, au lieu de se montrer au début de Taccès, vient progressivement et comme une défaillance ou comme le produit de la gène excessive de la respiration ou des douleurs violentes que le malade éprouve dans la tète. Le coma, la stupeur sont bien différents de ceux de Tépileptique; et enfin, je dois ajouter qu*il y a dans Tintervalle, avant, pendant, après Taccès convulsif, des accidents hystériques plus ou moins graves, qu'on retrouve toujours pour établir le diagnostic.

J*ai observé dans mon service, à Thôpital Beaujon, une malade en qui les choses se sont passées de cette manière. Cette femme, âgée de trente ans, était hystérique, et elle souffrait, quand je l'ai reçue, d'accès violents de névralgie de la cinquième paire. Pendant le traitement elle a été prise, contre toutes ses habitudes, d'attaques d'épilepsie fort bien caractérisées par la forme et le siège des convulsions, l'écume à la bouche, la perte de U connaissance et de la sensibilité ; elle a guéri au bout de quelques accès, parce que j'ai pu arrêter au début, plusieurs fois de suite, l'invasion du mal. L'attaque commençait toujours, pendant ma visite, par une douleur, une sensation particulière avec convulsion dans la jambe et le pied gauches. Dans l'intervalle des ac<!ès, ce membre était agité d'un mouvement saccadé : sorte de tic, toujours le même et insupportable à la malade. J'établis dès le début d'un de ces accès une ligature très serrée sur la cuisse, et cela suffit pour enrayer le mal. On prit la même précaution aux invasions suivantes, et Ton en recueillit

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le même bonôfioe. An bout de f|nelqu<'S jours le mal ne revînt plus.

Les épilepsies par intoxication, comme celles, par exemple, qui sont dues à un empoisonnement par le plomb, à Falius de l'alcool, offrent la plupart des symptômes graves de Tépilepsie naturelle. La perte de la connaissance et de la sensibilité s'y retrouve; les périodes de Taccès s'y remarquent aussi; mais les accidents ne marchent pas avec la même régularité: il n'y a pas de cris, si ce n'est en cas de délire ; les convulsions sont et moins violentes et moins régulières ; les reprises de convulsions, entremêlées de coma, sont communes et presque incessantes. En somme, la perte de la connaissance et de la sensibilité semble moins absolue que dans Tépilepsie régulière; mais les accès se prolongent, se multiplient de la manière la plus pénible, et le retour de l'un est, pour ainsi dire, incessamment lié a celui qui Ta précédé par quelque phénomène épileptiforme. Il y a, dans les intervalles, plutôt un affaissement, une diminution de Faction cérébrale, qu'un véritable coma.

Puis les circonstances anamnestiques contribuent a établir le diagnostic, sur lequel je vais revenir plus loin. Je peux même affirmer que, quand le sujet est épileptique naturellement, les signes que je viens d'indiquer peuvent encore conduire à reconnaître l'espèce du mal à laquelle on a affaire. J'en ai plusieurs fois acquis la preuve.

[ La convulsion épileptique présente encore des formes insolites, chez les sujets qui, frappés autrefois d'apoplexie, sont restés hémiplégiques et dont le cerveau est exposé a de fréquentes congestions, à des ramollissements partiels. Cette complication survient d'ordinaire quand ils tombent dans la démence. Le même fait s'observe, et pour des raisons analogues, chez des malades affectés de paralysie générale. ]

Anatomie pathologique. — Des altérations de diverses natures 9ccupent, on pourrait dire indifféremment, toutes les parties de l'encéphale. Ce sont: des corps étrangers développés sur les méninges, dans les ventricules, dans la pulpe cérébrale ; des liquides plus abondants dans les cavités séreuses de cet organe; une induration, ou un ramollissement, ou un gonflement général de la masse encéphalique ; une injection sanguine de toutes ou de

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quelques-unes de ses parties; des produclions de l'enveloppe ossi'U<e comprimsinl le cerveau en quelque point, ou de Tenveloppe Bbreuse produisant encore ie mente effet. Ce sont des kystes, des tubercules, des squirrhes, des exosloses ou des périostoses; un épaississement, un changement de nature de Tara* cbnolde ou de la pie-mère. Lorry et Leduc ont noté le volume plus considérable delà tète; Bonli et Portai, Tépaississement des os du crâne; Morgagni et le même Portai, leur amincissèment; Lieutaud et Portai, l'agrandissement de la cavité crânienne; Morgagni, Bonti, Portai, Mertrud, Bell, Wenzel, des vices de conformation ou des déformations de cette cavité; Lieutaud, Portai, Ribes, Larrey, des caries dans les os du crâne; Lieutaud, la présence de pus entre le crâne et la dure-mère; Fanton, des gaz entre les membranes; Morgagni, Greding, Bonet, MM. Calmeil, Parchappe, Bouchet et Cazauvieilh, une hydrocéphalie aigué ou chronique; Esquirol et M. Calmeil, ta présence d'hydatides; MM. Foville, Bouchel, et Cazauvieilh, une injection sanguine. La dure- mère a été vue osseuse par Lieutaud et Bell ; tuberculeuse, par Lieutaud; altérée par des productions diverses, par Esquirol et Ménard. Greding, et M. Parchappe, Lieutaud, Esquirol, Nivet, Portai, Ribes, ont trouvé des corps étrangers de diverses natures et des hydatides développées dans les ventricules; dans le tissu nerveux, des abcès ont été vus par Lieutaud; des foyers hémorrlmgiques, par M. Parchappe; des cancers et des tubercules, par Lieutaud, Portai et Ribes; des tumeurs fongueuses et des mélicéris, par Lieutaud ; des corps étrangers tels que balles ou pointes d*épée, par Bartholin, Didier et Ribes. Le cerveau a été trouvé mou, par Greding, Portai, MM. Bouchet et Cazauvieilh ; induré, par Paccbioni, Portai, Morgagni, lUeckel, Boerhaave; induré dans la substance blanche, surtout vers les cornes d'Ammon, par MM. Bouchet et Cazauvieilh et Lélut ; hypertrophié, par Spon, Lieutaud et M. Ferrus. Greding, Wenzel, Sœmmering, Baillie, ont vu la glande pinéale altérée. Enfin on a constaté dans ces derniers temps une inégalité de poids et de volume entre les hémisphères cérébrau\.

J. Frank fait remarquer que parmi les nombreuses autopsies qu*il a faites, il ne !»'e>t pas présenté un seul cas où il n*ait rien

trouvé de morbide. Pour expliquer les exceptions citées par les auteurs, « il faut, dil-il, que le cerveau, la moelle épinière, les nerfs, leurs plexus et les ganglions, n'aient pas été examinés avec un soin suffisant. » Portai fait la même réserve, et cite néanmoins dans sa seconde section des exemples non douteux d*épilepsies, dans lesquelles on trouve seulement des altérations diverses d'organes éloignés, et absence constatée de lésion du cerveau et de ses annexes.

Puis, on aurait encore le droit de rassembler ici toutes les altérations des appareils circulatoire, respiratoire (Portai), digestif (Conrad, Fabricius, Lieutaud), génito-urinaire (Doringius, Morgagni), coïncidant avec la maladie ; la présence de vers, etc.

Tous ces exemples, et il serait facile d*en rassembler un grand nombre d'autres aussi authentiques, montrent que beau* coup d'altérations de différentes parties, mais notamment du cerveau et de ses annexes, peuvent se rencontrer chez ces épileptiques. Et cependant il faut noter aussi qu'à côté de ces désordres anatomiquement constatés, il existe des cas nom-' breux où l'analomie pathologique n'a rien rencontré, où le cerveau des épilepliques s'est laissé voir avec toutes les apparences des cerveaux les plus sains. Baillou, Boerhaave, Van- Swieten, Morgagni, Tissot, Quarin, Portai, en ont vu ou rapi)orté des exemples incontestables ; MM.Foville, Gibert et Delasiauve eu ont aussi noté.

Van-Swielen dit : « Dum vtso epileptico territus honw eorri^ pitur eodem morbo^ qiiis definire audebit quid tune mutaium fuerit in corpore?j> El un peu plus loin : « Quis dabii raiionem qtwre nobilis fœmiiia toto graviditatis tempore epileptica esset dum marem utero gestaret, minime verà si seqtdoris sextîs fœtum ? »

J'ai donné longtemps des soins à un malade qu'une épilepôe très compliquée a conduit au tombeau, et Tautopsie, que j*ai faite avec le plus grand soin, ne m'a fait découvrir aucune lé^iou matérielle apparente dans le cerveau ni dans aucune autre par* tie du système nerveux.

Les détails de cette observation présentent assez d'intérêt pour que je croie devoir les consigner ici :

bK l'épilkpsië. 28S

M. !!•.••.« chirurgien militaire distingué, agrégé d*une de nos facultés» auteur de plusieurs livres et mémoires qui ont pris rang dans la science» doué d*une imagination vive et de facultés intellectuelles très remarqua* blés, avait appliqué sans relâche son esprit et son activité à se faire une position honorable dans la science et dans la carrière militaire qu'il avait embrassée. 11 avait eu, de ifi^h k i8/i5, plusieurs atteintes de rhumatisme articulaire aigu; tous les étés il présentait, après des transpirations très abondantes, une sorte dMrritation dartreusede la peau. Du reste, il n'avail eu d'autres affections que celles dont je viens de donner une idée som* maire, lorsqu'en juillet 1645 il commença à éprouver la maladie pour laquelle il me vint ultérieurement consulter.

Tout à coup, et sans que rien pût faire prévoir cette espèce de crise, il poussait d'une iqanière vive et répétée le cri : Bah ! bah ! désignant avec la maiD et rindex droits étendus un objet imaginaire sur lequel il semblaitflxer les yeux; puis il présentait des phénomènes cérébraux divers : tantôt il dé* lirait ou murmurait des paroles incohérentes et sans suite, tantôt il n'entendait rien de ce qu'on lui disait, et tantôt, entendant les paroles qu'on lai adressait, il ne pouvait y répondre; quelquefois il ne pouvait bouger de place; d'antres fois il se mettait à grimper sur une table, sur une chaise ou sur un Ut, en exécutant régulièrement tous les mouvements nécessaires! mais sans avoir oonsclenoede ces actes. L'accès durait quelques minutes; el le plus souvent il ne se souvenait de nen ; ou quelquefois il se rappelait les paroles qu'on lui avait adressées comme on se souvient d'un rêve. Ainsi une fois on lui demanda l'heure , il tira sa montre, examina la position des aiguilles» ne répondit rien, remit la montre dans son gousset, et, après l'accès, se rappela parfaitement l'heure et la minute. Plusieurs de ces petites crises, que j'ai observées moi-même, me présentèrent des singularités i peu près pareilles à celle que je viens de citer, et que je trouvai consignées dans un mémoire à consulter qui m'avait été remis pour lui.

Les premiers accès apparurent d'une manière irrégulière, et particu-

llèrenent après une impression vive. Dans l'intervalle, M. M conservait

une parfaite netteté d'esprit. Le rhumatisme et l'irritation de la peau ont fiiH complètement défaut depuis l'apparition des accidents névropathiques; nais c'est vers cette époque que se montrèrent des attaques d'asthme qui» d'abord faibles, devinrent très violentes dans les derniers temps de la vie» sartout dans l'année qui a précédé la mort.

En même temps, le malade tomba dans une tristesse extrême avec tendance à s'isoler et ^ parler le moins possible.

Les petits accès dont je viens de parler furent suivis, dans la première nuit de 18^6, d'une attaque d'épilepsie complète, sans qu'aucun prodrome

l'eai pu faire prévoir. Quelques crises légères suivirent, et M. M , qui

était en Afrique, alla prendre les eaux d'Hammam Gh'rara. Là il eut une seconde attaque aussi violente que la première; après il conserva une sorte de délire pendant quelques jours; et cet accès fut suivi de petites crises qui se répétèrent tous les jours jusqu'à cinq ou six fois. Celles-ci furent imdant six neis d'une perte de la puissance virile , Undis que

Jusque-là cette faculté s*éiait conservée, et même avait amené les seuls excès qu'on pût reprocher au malade.

A compter de ce moment, les grands accès revinrent à peu près tous les deux mois; les petites crises se répétèrent beaucoup plus souvent. Les accès d*asthme ne manquèrent pas non plus. Un entre autres, qui eut lieu au i*' janvier 18/i7, fut signalé par un étouffement violent survenu pendant la nuit, avec râle abondant et expectoration de crachats sanguinolents; perte de connaissance, et résolution des membres; phénomènes qui durèrent à peu près pendant une heure. Cet accès se répéta le matin, mais moins intense, et, à la suite, Tintelligence demeura affaiblie et obscurcie pendant tout un jour.

Les choses continuèrent ainsi; la tristesse, la morosité, la fatigue persistèrent, et les accès se maintenant, quoique avec un peu moins de fréquence, jusqu*en septembre l8/i8, époque à laquelle survint une fièvre intermittente tierce qui fut coupée au quatrième accès par le valérianate de quinine. Les crises nerveuses ne furent modifiées ni parce remède qu'on continua pendant deux mois, ni par la maladie, et M. M... rentra en France. Quinze jours de repos à Montpellier donnèrent un peu d*amélioratioD dans tous les phénomènes de la maladie, et pendant trois mois il n*y eut pas de grandes attaques. Les crises devinrent même fort rares. M. M... profita de cette amélioration pour demander à rendre de nouveaux services. 11 fut nommé à Tarmée d'Italie; position qui lui plut beaucoup, mais fut pour lui très fatigante, soit par Teffet de préoccupations, soit par celui du travail : les grands accès revinrent, les petits se multiplièrent; le délire devint plus fréquent; et en septembre i8û9, le malade fut obligé de revenir en France. Après un peu de repos à Montpellier, qui donna encore un soulagement momentané, M. M.... fut chargé du service de Thùpital de Valenciennes. C'est là que la maladie a pris le plus d'intensité. A compter de janvier 1850, les accès sont devenus plus fréquents et plus intenses. Ils prenaient tous davantage la forme épileptique, laissaient dans l'intelligence un trouble passager et empêchaient surtout la fixation de l'esprit sur une idée. Le caractère du malade était devenu excessivement irritable, emporté, exalté, tout au contraire de ses habitudes normales. L'exaltation alla même jusqu'à amener et entretenir des idées de suicide. M. M... fut obligé de renoncer à son service, et vint à Paris, où je n'ai pas cessé de le voir et de lui donner des conseils pendant à peu près dix-huit mois jusqu'à sa mort.

Pendant tout ce temps il y eut des alternatives de mieux et de pis, soit sous le rapport des crises grandes et petites, soit relativement aux accès d*asthme, à la rectitude du jugement et à la conservation des facultés intellectuelles. Certaines de ces périodes de bien et de mal durèrent même deux ou trois mois consécutifs; le plus souvent elles étaient limitées à trois ou quatre semaines. Plusieurs attaques complètes d'épilepsie se répétèrent de jour en Jour, puis elles furent remplacées par des crises beaucoup plus légères, et réciproquement. La dyspnée fut quelquefois extrême, au point de me faire craindre une suffocation immédiate. Elle était accompagnée, dans les accès

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