‹ Traité pratique des maladies nerveusesChapitre 23 sur 96 · DE L*ÉPILEPSIE · texte numérisé non relu

DE L*ÉPILEPSIE

d'asthme les plus prononcés, de râles rouqueux extrêmement abondants» dans toute retendue des poumons. Quand il y avait du mieux sous ce rapport, même quand le malade se disait tout à fait bien, la respiration demeurait toujours courte et précipitée, et l'anhélation arrivait pour le moindre effort Les accès d*asthme n'empêchaient pas les attaques épileptiques, pas plus que celles-ci ne supprimaient les premiers. Puis, avec le temps, la tête s'embrouilla de plus en plus; le caractère devint plus difficile. Tirritabilité extrême, les idées ambitieuses plus développées que jamais, et enfin, après tous les signes d'une méningite aiguë qui dura deux jours avec délire, fièvre, coma, dyspnée extrême, M. M... s'éteignit sous mes yeux.

Je n*ai pas besoin de dire que pendant toute cette maladie, je in*altachai à remplir de mon mieux toutes les indications mé-^ dicales qui se présentèrent pour soulager au moins un malade que je n'espérais pas giiérir : j*eus recours à tous les moyens rationnels et physiologiques pour parer aux accidents qui apparaissaient soit du côté du cerveau, soit du côté des poumons, soit du côté du cœur, qui était le plus souvent tumultueux dans ses mouvements : rien n*y fut épargné. Je crus plusieurs fois devoir attribuer à quelques-unes des médications employées les intervalles de soulagement que j*observai; puis les rechutes me prouvèrent chaque fois que le mal subsistait toujours dans toute son intensité.

L'autopsie cadavérique, dans laquelle je ne négligeai aucun organe important , me laissa reconnaître de très anciennes adhérences entre le péricarde et le cœur-, aucune lésion des valvules , point d'hypertrophie.

Aucun autre organe ne se montra altéré. Le cerveau en particulier, la moelle allongée, que j'examinai avec le plus grand soin, paraissaient parfaitement sains, et je ne reconnus aucune trace anatomique qui pût même expliquer les symptômes de méningite aiguë qui avaient existé dans les deux derniers jours de la vie.

Maintenant si nous cherchons à nous rendre compte logiquement de tous ces faits et de toutes les opinions qu'ils ont élayées, si nous voulons en saisir les rapports, nous sommes forcé de reconnaître, là où des alléralions matérielles ont été rencon<* trées, et leur diversité de nature, et leur diversité de siège dans Torgane souffrant. En même temps, nous sommes frappé de la parfaite similitude de l'épilepsie chez lous les malades, qu'il y

S86 MALADIES DUES A UNE AUGMENTATION DE L*EXCITATIONNfiR?£USE.

ait eu ou non rencontre sur le cadavre de désordres matériels quelconques. Ne sommes-nous pas logiquement forcé d'en conclure que môme là où le désordre matériel existe, ce n*est pas lui qui est la cause prochaine de Tépilepsie? puisque là où il n'existe pas, la maladie ne s'en rencontre pas moins el avec les mômes caractères, et que toute logique veut impérieusement que nous attribuions un mal semblable à un trouble semblable dans Torgane ?

Je ne prétends pas nier que dans beaucoup de cas, les désordres matériels quej*ai rappelés ne mettent le cerveau dansTétat qui produit Tépilepsie. J'établis seulement que cet état s*y trouve sans 'eux, et j*en conclus qu'il s*y trouve par une disposition toute particulière, dont les lésions matérielles peuvent souvent être Voccasion^ comme toutes sortes* d*autres causes que nous ne voyons pas. J'avoue que quand une lésion matérielle est la cause prédisposante de Tétat épileptique du cerveau, il y a une raison suflisante pour que nous ne guérissions pas le malade, si nous ne pouvons pas le débarrasser de cette cause prédisposante ; mais je constate aussi que, cette cause n'existant pas toujours, les épilepsies où elle ne se trouve pas peuvent très bien guérir par les efforts de Tart, dans certains cas particuliers, quand l'expérimentation tombe sur le remède approprié, sur le spécifique individuel ; et qu'il en sera de môme dans la thérapeutique générale, quand la science possédera contre Tétat épileptique un remède comme nous en avons contre rétat périodique.

Je conclus enfin que les médecins ont grandement raison, quand ils recherchent, en toute occasion, une lésion matérielle et les signes qui peuvent servir à en faire reconnaître la présence pendant la vie, parce que c'est le meilleur moyen de traiter sûrement la maladie, toutes les fois qu'on pourra traiter ces lésions matérielles, et parce que c'est surtout le moyen d'assurer son pronostic. Mais aussi je conclus que, dans les ténèbres où nous sommes encore sur le diagnostic de ces altérations et sur leur traitement, et dans la certitude où nous sommes aussi que l'état épileptique existe sans aucune de ces altérations, les médecins font sagement encore de ne pas se laisser décourager, au point de vue thérapeutique, par les assertions exclusives et

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décourageantes des anatomo - patholos^istes ; et qu'ils ont raison « malgré les résultats minimes jusqu'à présent obtenus dans toutes les tentatives qu'ils ont faites, de se livrer avec réserve et prudence à des recherches empiriques pour le traitement de cette maladie. Le mercure et le quinquina me paraissent toujours des raisons sans réplique en faveur des expérimentations thérapeutiques conduites avec prudence, dans des maladies dont nous ne savons pas encore le dernier mot.

Il est aisé de voir, dans tout ce que nous venons de dire, que nous sommes éloigné de toute opinion arrêtée sur la cause prochaine de répilepsie. Dans l'insuflisance de toutes celles qui ont été présentées par nos prédécesseurs, et n'ayant par nous-même sous ce rapport rien de plus raisonnable ou de mieux fondé à proposer, force nous est bien de nous en tenir à l'expression nerveuse des faits, ^\^ provisoirement du moins ^ de nous arrêter là. D'ailleurs nous trouvons dans cette maladie tous les caractères des aifections nerveuses. Accès irréguliers, intermittences complètes, troubles des fonctions éminemment nerveuses et de celles-là seulement, liaisons incontestables avec les autres affeciions du même genre, apparition avec et sans la présence d'altérations matérielles dans les centres nerveux d'où partent tous les phénomènes; c'en est plus qu'il n'en faut pour rapporter i des troubles de Tinnervation tout simplement la cause prochaine de répilepsie, lors même que ce trouble de l'innervation ne serait dans un grand nombre de cas que la conséquence d'un désordre matériel.

Marche. — Cette affection présente quelque intérêt à l'étudier sous le rapport de la marche qu'elle alfecte dans son ensemble. D n'est pas commun qu'elle se montre dans les premiers âges de la vie. Quand cela arrive, il peut se faire de deux choses Tune : ou que l'enfant ait été précédemment soumis à des convulsions, à des méningites, à des désordres dont il reste des traces non douteuses et dont il résulte une grave perturbation des fonc* tiens de l'encéphale et de ses dépendances ; ou que l'épilepsie apparaisse tout à coup, comme toute autre maladie convulsive, sans laisser ni avant ni après les accès, ni dans l'intervalle qui les sépare, aucune marque symplomatique d'une lésion cérébrale ou méningienne. Dans le premier cas, la marche de la ma-

288 MALADIES DUES A UNE AUGMENTAtlON DE l'eïCITATION NERVEUS^.

ladie est nécessairement progressive et funeste, c*est ce qui arrive le plus ordinairement. Dans le second cas au contraire, rafleclion épileptique, purement nerveuse, suit les lois de toutes celles de Tenfance, et peut se terminer de la même manière.

Ces épilepsies de la petite enfance sont moins communes que celles qui apparaissent plus lard. Celles-ci éclatent presque toujours à la suite d'une émotion morale vive, surtout d'une frayeur. J'ajoute immédiatement que cette sorte d'épilepsie est celle qui guérit le moins. A compter du moment où elle s'est montrée, les accès se répètent de temps en temps, et particulièrement lorsque quelque cause analogue à la première se fait sentir. Dans un âge plus avancé, le début de l'épilcpsie est plus rare. Ten connais cependant qui ont débuté chez des adultes, chez des hommes mûrs, même chezdes vieillards, sans qu'on en pût accuser aucune des causes que j'ai examinées ou rappelées plus haut.

Dans tous les cas, à compter du moment où Tépilepsie s'est déclarée, on trouve ou que l'accès se répète un nombre incalculable de fois comme dans Tépilepsie saturnine, l'épilepsie des ivrognes, jusqu'à ce qu'elle se termine par. la mort ; ou que, l'accès une fois passé, il y a Un certain intervalle de santé relative. C'est ce qui arrive dans quelques cas privilégiés de la dernière espèce que je viens de citer, et dans la plupart des autres faits d'épilepsie. Cette maladie, pendant son cours, peut ou s^aggraver ou s'améliorer de plusieurs manières ; ou bien les accès, sans devenir plus rares, se montrent avec beaucoup moins d'intensité; ou, au contraire, ils prennent une gravité plus marquée; ou bien, sans changer de nature et de forme, ils se montrent à une distance de plus en plus considérable. Toutes ces sortes de modifications sont possibles et communes dans l'épilepsie. Le fait le plus ordinaire, néanmoins, est que la maladie, une fois établie, persiste avec une intensité de fréquence et de violence à peu près invariabl . Les choses ne changent guère que quand, au bout d'un nombre d'années plus ou moins considérable, il va se faire une modifiiation en bien ou en mal, mais plus souvent en mal. Vers la Gn de la vie des épileptiques, ces accès se répè* lent avec une violence et une fréquence épouvantables, et ce redoublement annonce toujours une fm plus ou moins prochaine. Ces changements tiennent plus a la marche des lésions maté*

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rielles qui occasionnent souvent la maladie qu'a des révolutions dàge.

On a essayé dans ces derniers temps d'appliquer les formules de la statistique à Fétude des retours a peu près périodiques des accès, à celle de la combinaison commune des accès et des vertiges. Tous les travaux de Leuret, de MM. Beau et Herpin, n'ont démontré qu'une chose, l'impossibilité de faire une statistique sérieuse avec les éléments connus, et conséquemment TinsigniBance des résultats à obtenir sur ce sujet au point de vue de l'application.

Quant aux intermittences plus ou moins périodiques entre les accès, si l'on n'a pas de lois statistiques à établir, on a du moins, grâce à quelques faits, une certitude acquise que cette circon-* stance peut se présenter. II suffit de consulter la thèse de M. Henri (1) pour acquérir la conviction qu'il y a des épilepsies intermittentes périodiques, et qu'il est utile de tenir compte de la périodicité pour le traitement à prescrire.

Dans les cas ordinaires, les intermittences entre les accès ne sont pas toujours pareilles, même en un seul sujet supposé. Les unes sont pleines, entières, complètes ; les autres entremêlées de troubles du sommeil, de douleurs, de névropathies, de désordres singuliers de la vue, de l'ouïe, des perceptions. Et tout cela pourra avoir lieu dans les cas les plus simples en apparence, comme dans ceux où l'on a de bonnes raisons de supposer une lésion cérébrale matérielle. Il faut dire seulement que des trou-> bles graves dans les intermissions sont plus communs lorsque cette lésion existe, tandis que les simples modifications de la sensibilité appartiennent plutôt aux cas où rien d'analogue ne peut être supposé.

Diagnostic. — [Il peut être important de fixer le diagnostic de répilepsie dans deux circonstances principales : ou quand il s*agit de distinguer la convulsion épileptique d'un état convulsif plus ou moins analogue, de l'hystérie, de la convulsion dite éclamptique de l'enfance, par exemple; ou quand l'épilepsie étant admise, il s'agit de remonter à sa cause dans le but de formuler un traitement rationnel. L'essentialitéde la maladie nous

(I) Hcori, De VépUeptie, Ihèie, 1634.

dOO MALADIES DUES A UNE AUGMENTATION PR l'eXCITATION NERVEUSE.

étant en effet inconnue, l'efficacité du traitement dépend souvent de la connaissance du point de départ de la convulsion.

Je ne vois pas l'utilité d'établir un diagnostic en règle, entre l'apoplexie, la syncope, Textase, la catalepsie, etc. Un épileptique peut présenter à l'une des phases de l'attaque le symptôme apoplectique, syncopal, extatique, cataleptique; mais l'examen du fait dans son ensemble, et des circonstances antécédentes et générales dans lesquelles il se produit, ne peuvent laisser aucun doute dans Tesprit de l'observateur.

Si Ton faisait uniquement reposer le diagnostic sur la forme de Taccès, on pourrait dans certains cas hésiter à dire si telle ou telle convulsion est hystérique ou épileptique, attendu que Içs désordres nerveux convulsifs n'ont pas toujours cette unité d'expression- que nous avons admise pour mieux nous entendre et mieux classer les entités morbides qui font l'objet de notre étude ; mais la question de savoir si un sujet est épileptique ou hystérique doit reposer, comme l'a dit avec raison M. Beau, qon-seulement sur l'examen de la convulsion, mais aussi sur l'ensemble des signes tirés de l'âge, de la constitution, des prodromes. L'épileptique qui a des vertiges, des absences, et des convulsions au début de la maladie, n'a point les fonctions de la digestion, de la circulation, et de la génération troublées en même temps, comme cela se constate le plus souvent chez l'hystérique; en un mot, la diathèse épileptique est marquée par l'apparente régularité des fonctions organiques.

Le sujet hystérique au contraire est plus névrotiquement affecté : son impressionnabilité psychique est remarquable, les fonctions de la nutrition, de la circulation, de la génération, sont fréquemment troublées dans leur libre exercice : la dyspepsie, les palpitations, les bruits de souffle, la dysménorrhée, sont les symptômes concomitants les plus ordinaires. A ces caractères généraux s'ajoutent, comme signes locaux de quelque importance, des perversions dans la sensibilité cutanée et musculaire, de l'anesthcsie et de l'analgésie, ou bien encore de Thyperesthésie et de l'hyperalgésie. Ces derniers phénomènes, si communs dans l'hystérie, manquent généralement dans l'épilepsie. Je n'ai pas accepté la valeur absolue que M. Briquet donne à l'hyperalgésie rachidienne, intercostale, et sus-ova-

DR l'épilepsik. 591

rîeone; mais j*ai constaté que cette hyperalgésie manque en général ehei les épileptiques, puisque je ne Tai observée que chez trois épileptiques sur cinquante, dans le service de M. Lélut. Ce trouble nerveux pourra donc être d*une utilité réelle dans les cas douteux ; mais on ne perdra jamais de vue que la convulsion épileptique ne réunit pas toujours Tensemble des signes que nous lui avons assignés ; que la contraction spasmodique musculaire produite par des décharges de fluide nerveux moins fréquentes peut être à la fois clonique et tonique ; que le point de départ de l'excitation nerveuse et Taction récurrente n*ayant pas toujours pour siège le cerveau ou le bulbe, Tépilepsie, surtout chez la femme, peut quelquefois exister sans perte de connaissance, sans trismus, et au contraire présenter le spasme œsophagien et laryngien, la suffocation et le sentiment de la boule dite hystérique. La fusion des accidents nerveux épileptiques et hystériques est telle chez certains sujets, que des auteurs ont admis une convulsion mixte, sous le nom Hhystéro^ épUepsie. On pourra même rencontrer distinctement sur le même sujet les deux convulsions : ainsi l'attaque sera un jour hystérique, et le lendemain épileptique ; ou comme la nommée Leroux en offre en ce moment un exemple, dans le service de M. Lélut, Tattaque sera d* abord franchement hystérique, puis après quelques secondes de rémission et d'apparent retour au calme réel, la convulsion épileptique se développera avec tous ses effrayants désordres. Singulière association, si, comme nous Tacceptons complaisamment, l'hystérie et l'épilepsie sont des entités morbides réelles différentes, deux maladies distinctes ! Combien une logique sévère s'accommoderait peu des distinctions que nous avons crééesdans la pathogénie des affections nerveuses! La convulsion des enfants en bas-âge est comparable sous bien des rapports à la convulsion épileptique *, le spasme musculaire est quelquefois le même, il y a également écume à la iKNiche, perte de connaissance, prédominance de l'excitation tétanique dans une des moitiés du corps, etc.; mais elle en dificre aussi en ce que la convulsion de l'enfant est quelquefois nKMns complète, plus courte ; en ce qu'elle a le plus souvent pour cause occasionnelle le vomissement, et pour point de départ principal la congestion méningée et cérébrale. La convulsion

292 MALADIES DUES A L\NE AUGMENTATION DE L*EXCITATiOM NERVEUSE.

infanlile est une sorle d'épilepsie accidentelle, mais dont le pronostic est quelquefois grave, attendu que la mort peut en être la conséquence.

Mais si une convulsion étant donnée, il importe, dans un intérèt de classiûcation et de pronostic, de lui assigner un nom, il me semble tout aussi nécessaire et plus pratique de renfonter à la cause de la convulsion elle-même. Si de simples vertiges ont précédé l'attaque, si la céphalée est habituelle, si tout travail intellectuel opiniâtre est impossible, si la vue est troublée et inégale ; si Tenfant, déjà capable d'exprimer ses idées et d'indiquer le siège de ses souffrances, ne le peut faire, en raison de l'altération des fonctions psychiques déjà produite par la fréquence des attaques; s'il porte ses mains au cerveau dans un moment de calme qui fait contraste avec la mobilité incessante de ses mouvements ; s'il bégaye, chantonne en parlant; si vous le voyez dominé par un besoin impérieux d'aller et de venir, de se coucher, de grimper sur les meubles; en un mot, présenter l'agitation de ces Astèques offerts il y a peu de temps à notre curiosité, soupçonnez que le cerveau est le point de départ de la convulsion, et formulez le traitement en conséquence. Je viens défaire l'autopsie d'un jeune épileptique âgé de dix ans, soumis inutilement pendant plusieurs années à la belladone et à l'oxyde de zinc par M. le docteur H... Cet enfant était l'original du tableau que je viens de tracer, et le point de départ de sa maladie avait été une méningite développée a l'âge de la première dentition.

Portons notre attention sur les paralysies partielles et passagères qui succèdent aux attaques, et, suivant leur siège et leur nature, nous remonterons à la lésion matérielle, cause première ou secondaire de l'éréthisme nerveux épileptique. D'autres fois, le malade accusera un malaise vers les voies digeslives, de l'inappétence, du dégoût pour les aliments, des envies de vomir, une sensibilité épigaslrique, qui indiqueront le point de départ de Yaura. Ces troubles digestifs ont surtout une grande importance chez les enfants, et Tépilepsie a pu être guérie chez eux par un traitement approprié, anlhelminthique ou autre. EnGn, on ne perdra jamais de vue l'action sympathique de l'estomac sur le cerveau, et réciproquement du cerveau sur l'estomac.

Ce que je dis de l'appareil digestif est applicable comme îm*

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portante à celui de la respiralion (angine nei-veuse, asthme), de la circulation (palpitations, douleurs cardiaques), de la génération; et Ton n'oubliera pas de fixer, son examen sur toutes les causes possibles de convulsion énumérées plus haut, et qui peuvent avoir pour siège un des points de Tarbre nerveux, attendu, je ne saurais trop le répéter, qu'une fois le point de départ de la convulsion bien établi, le traitement sera moins empirique et plus rationnel.

Je ne m'arrêterai pas à démontrer combien il importe de tenir compte, comme cause du spasme musculaire épileptique, de Tallération des liquides; il est trop évident que le diagnostic de la cause syphilitique, saturnine, alcoolique, diathésique, etc., est un des points les plus importants de l'étude de l'épilepsie].

Pbonostic. — Il est toujours grave. Môme dans les meilleures hypothèses, le malade est dans une position déplorable, parce qu'il est toujours sous le coup d'un accès, et parce qu'il en a conscience. Il y a pour toute la vie civile et sociale une cause d'incapacité, dans cette menace incessante des plus pénibles convulsions, et en même temps de la perte complète de connaissance qui l'accompagne et qui jette le malade dans un abandon absolu, au milieu de tous les accidents qui frappent la vie humaine. Une autre cause de gravité dans le pronostic résulte delà pauvreté réelle de la thérapeutique contre cette redoutable aflection. Si simple que soitTépilepsie, elle résiste avec une opiniâtreté souvent désespérante à tout ce qu'on peut faire. Hufeland estime à 1 pour 20 les guérisons ; c^est aussi le chiffre de Maisonneuve et de M. Beau. L'épilepsie syphilitique est la plus heureuse de toutes, parce qu'elle peut guérir; l'épilepsie des ivrognes vient ensuite; celle des malheureux empoisonnés par le plomb est presque toujours mortelle en peu de jours. Les épilepsies compliquées de quelque affection curable générale ou locale, telles que la chlorose, les névralgies, les névromes et les corps étrangers en contact avec le système nerveux central ou périphérique, certaines lésions matérielles du cerveau et de la moelle épinière ou de leurs enveloppes, certains désordres reconnaissables de la circulation, offrent seules des chances méthodiques de traitement rationnel, et donnent par conséquent quelques espérances raison-

nables. Toutes les autres sont, pour ainsi dire, entre les mains du hasard.

Aussi les médecins, qui ne se sont pas suffisamment rendu compte de ce qui se passe dans cette maladie, onl-ils impitoyablement expérimenté contre elle presque toutes les substances naturelles, et même encore les puissances divines, infernales, astrales, qu'ils ont imaginées. Dans cette énorme confusion, il n'est guère d'agent thérapeutique conseillé qui n'ait compté quelques succès; mais il est certain aussi que tous échouent dans l'immense majorité des cas. Les guérisons ont toujours été des exceptions assez rares, et le plus souvent tout ce qu'on a pu obtenir s'est borné à un peu d'amélioration. Heureux encore le malade quand elle se soutient pendant longtemps. L'empirisme a donc fort peu diminué la gravité de cette maladie. Le dogmatisme moderne en a encore aggravé le pronostic.

L'épilepsie, a-t-on dit, est l'un des résultats de lésions cérébrales irrémédiables; la loi de ces lésions est, en général, de s^accroitre. Elles ne peuvent pas se soutenir au même point, et à plus forte raison s'augmenter, sans porter un préjudice funeste aux fonctions de l'encéphale ; par conséquent elles conduisent presque toujours à la mort. Quand la mort n'arrive pas i cause de ces lésions, elle a lieu souvent par la congestion qui se fait dans le cerveau au moment de l'accès. Cette congestion va quelquefois jusqu'à déterminer brusquement une rupture dans Torgane avec épanchement sanguin.

Je regarde, pour mon compte, ces oracles de l'anatomie pathologique comme vrais et comme bons pour les cas où des lésions matérielles insurmontables existent; pour ceux surtout où elles donnent sur le vivant des signes suffisants de leur existence.

Dans les cas douteux, dans ceux surtout où l'étude physiologique du sujet élève de solides présomptions contre la présence réelle de si formidables ennemis, je pense qu'il est plus sage de conserver une entière réserve pour le pronostic, d'étudier avec dévouement son malade, et d'expérimenter avec courage la thérapeutique rationnelle ou empirique qu'on croira mieux appropriée à la nature du mal.

Les guérisons qui ont été obtenues sans savoir comment» sont une raison suffisante pour en espérer davantage W se cou*

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duisant bien, et en utilisant le mieux possible les richesses de la matière médicale.

En attendant, d*après les faits jusqu'à présent observés, nous pouvons poser en règle que le pronostic le moins grave est celui de répîlepsie de la petite enfance, quand il n'y a pas signe de productions anormales dans le cerveau ; puis celui de Tépilepsie des adultes, toujours quand on ne constate pas au mal une ori^ gîne matérielle incurable. Celui des pubères est en général le plus fâcheux pour la curabilité; il devient toujours et pour tous d'autant plus grave, que la maladie au^a déjà duré davantage et résisté i un plus grand nombre de moyens bien dirigés.

M. Musset (1) a très bien décrit le dépérissement moral et physique qui menace à la longue les épileptiques, et démontré que le médecin doit le mentionner dans le pronostic, quand il est appelé a en établir un. < Le plus souvent, dit-il, les accès augmentent progressivement d'intensité. Pendant les moments de repos, les malades ne sont jamais dans un état normal : le physique et le moral sont toujours plus ou moins affectés. La contractilité musculaire s'affaiblit, il survient des tremblements» des paralysies, des tics convulsifs, l'atrophie et la contracture des floembres; leurs bras et leurs jambes grêles ne sont plus en rapport avec le reste du corps ; ils ont toujours quelque contusion, quelque blessure produite par les chutes fréquentes qui leur irrivent. Les yeux ont quelque chose d'incertain; la démarche est vacillante ; les lèvres deviennent épaisses, les traits grossissent: la physionomie perd de son expression, est tout à fait changée ; le visage le plus agréable devient difforme, hideux. A Bicéire on a observé un épileptique qui restait hémiplégique pendant plusieurs jours après l'accès; d'autres sont affectés de strabisme ou présentent des éruptions a la peau après chaque attaque. » t Le moral éprouve des troubles non moins graves : les sens soDt engourdis, la sensibilité émoussée, les facultés intellectuelles affaiblies, la mémoire perdue ; les malades sont incapables de se livrer à un travail soutenu, et finissent la plupart par tomber dans la démence. Sur trois cent trente-neuf épileptiques, Esquirol dit que deux cent soixante-neuf, c'est-à-dire les

(1) MoffCT, TroiU des maladies nerveuses ou névroses, 1844, p. 34t.

296 MALADIES DUES A UNE AUGMENTATION DE L EXCITATION NERVEtSE.

quatre cinquièmes, étaient plus ou moins aliénés; un cinquième seulement conserverait Tusage de la raison, et quelle raison? Si l'aliénation mentale succède fréquemment à Tépiiepsie, il est rare que cette maladie vienne compliquer la folie. Esquirol dit n'en avoir jamais vu d'exemple; cependant à la Salpètrière, sur deux cent quarante- trois épileptiques, on a observé sept individus primitivement aliénés, et cent cinquante-huit aliénés après Fépilepsie ; soixante et dix-huit n'étaient point aliénés. Lamotte cite l'observation d'un enfant à qui un seul accès d'épilepsie fit perdre la mémoire. Vag-Swieten parle de plusieurs infortunés qui devinrent fous dès leur enfance par suite d'attaques d'épilepsie. M. Ândral a cité l'exemple d'un épileptique qui après chaque attaque voyait au contraire son intelligence prendre une nouvelle énergie, mais ce cas est tout à fait exceptionnel. »

Traitement. — Il peut être envisagé par rapport à V accès quand il éclate, et par rapport à la maladie dans son ensemble.

En ce qui concerne l'accès^ il y a trois choses à considérer : 1* les prodromes, quand il y en a; 2* l'accès en lui-même; S"" les suites qu'il entraîne. Nous allons dire ce que nous croyons utile en thérapeutique, sur ces trois points de l'étude de l'accès.

Les prodromes ont fourni souvent des indications utiles pour prévenir l'accès. Ainsi, quand l'épilepsie a lieu chez des sujets sanguins, pléthoriques et à la suite d'une exagération de cet état, les prodromes qui indiquent une manifeste tendance à la pléthore et à la congestion sanguine cérébrale sont heureusement combattus par la saignée, sous toutes sortes déformes : la saignée par la lancette ; l'application de sangsues a l'anus, derrière les oreilles ou à l'épigastre, suivant les cas et les indications accessoires -, les ventouses mises à la nuque conviennent parfaitement bien, et réussissent souvent à prévenir le développement ultérieur de l'accès qu'on redoute. Il est bien entendu,, d'ailleurs, qu'on seconde l'action de cette médication par un régime rafraîchissant et même laxatif, par des révulsions répétées et prolongées sur les extrémités inférieures, au moyen des sinapismes, dçs pédiluves, ou même des ventouses Junod, et par la recommandation de tous les moyens hygiéniques qui préviennent la pléthore et empêchent qu'elle n'agisse spécialement sur la tête.

DIS L*ÉPILEPSlii. 297

Quand les accès auront montré une tendance manifeste a se répéter, en raison de quelque fonction particulière ou de quelque habitude de Torganisme, cette fonction ou cette habitude devront être surveillées comme époque prodromique de i*accès. C*est ainsi, par exemple, qu*il est souvent utile de prévenir chez les épileptiques les excès et même Thabitude de la masturbation. Esquirol a noté un cas dans lequel les accès épileptiques ont été éloignés et guéris chez une personne dont la maladie revenait le soir au commencement de son sommeil. Il suffit de retarder Theure où elle se livrait à cette fonction. S^il y avait périodicité bien constatée dans les accès, on devrait tenter avec persévérance d*enrayer ce mal à l'aide de la quinine, comme on le fait à Tégard de toutes les affections qui sont réellement intermittentes.

Ces indications suffisent pour éveiller Tattention du médecin et rinspirer suivant la variété des cas.

Si les prodromes indiquent une action particulière des excitants extérieurs sur quelqu*un des sens, on se trouve bien, d'une part, de tacher de prévenir cette impression, et, d'autre part, de travailler à la détourner par une impression plus vive sur quelque sens presque congénère ou subsidiaire. Il faut, par conséquent, garantir les épileptiques de l'impression de certains bruits capables de rappeler leurs accès, de certains spectacles, de certaines influences môme de la lumière, qui leur donnent un vertige, suivi souvent d'un accès.

J*ai connu des épileptiques à qui le bruit d'une foule, d*une diute d'eau, la vue d'une fournaise, de certaines lumières crépusculaires, de masses de neige, de sable, etc., donnaient des attaques. Chez d'autres, la conscience de se trouver en un lieu dont il était difficile de sortir suffisait pour amener un vertige suivi d'épilepsie.

Toutes les fois que le malade aura noté l'influence de quelque circonstance semblable dans le début de ses accès, il en faudra tenir compte et lui conseiller de s'y soustraire autant que possible. A plus forte raison, faut-il conseiller d'éviter tout ce qui peut lui causer de la frayeur, comme les surprises, la solitude, les ténèbres, et même quelquefois les émolions théâtrales et celles de la lecture ou des récits effravanls.

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Quoique j*aie plus haut recommandé avec instance de surveiller et d'empêcher la masturbation chez les épileptiques, je crois devoir revenir encore sur un sujet qui s*en rapproche, et leur conseiller la plus grande modération dans Tacte vénérien naturel. Cet acte, immodéré ou dans sa répétition, ou dans l'excitation nerveuse qui l'accompagne, cause souvent une aggrava* tion manifeste dans Tétat du malade. Je ne leur conseille pourtant pas en général une abstinence absolue, à cause de la pléthore fatigante qui s'ensuivrait, et de l'état d'érétbisme nerveux où pourraient les jeter des désirs violents non satisfaits.

Si l'accès a pour prodrome quelque sensation locale que le malade reconnaît très bien ; qui, après avoir subsisté pendant un temps plus ou moins long en quelque partie, soit du tronc, soit de la télé, soit des membres, donne lieu à une sensation de translation vers le centre nerveux*, s'il y a, en un mot, ce que les vieux auteurs ont nommé aura epileptica^ le médecin devra tâcher d'en tirer parti pour prévenir Taccès. Il pourra essayer d'éteindre le mal à son point de départ par les applications locales les mieux appropriées à la nature de la sensation éprouvée par le malade, ou tâcher d'empêcher sa progression vers les centres nerveux, au moyen de ligatures appliquées fortement sur le trajet, quand c'est possible, de ventouses ou de compressions méthodiques, suivant les occasions.

Le fait dont j'ai rapporté plus haut les circonstances sommaires est un exemple encourageant pour toutes les occasions où le médecin observerait avant le début de l'accès quelque chose d'analogue. J'ai assisté moi-même à Tavortement du premier accès interrompu par la ligature de la cuisse. Et, ce que je ne veux pas laisser perdre de vue, les accès subséquents ont été tous suspendus de la même manière. J^avais affaire, dans ce cas, à une épilepsie au début, à une épilepsie pour ainsi dire accidentelle, et très probablement sans matière. Il n'est pas étonnant qu'elle ait guéri; je pense que le mal n'a pas reparu, car je n'ai plus entendu parler de cette malade, qui n'aurait pas manqué de venir auprès de moi chercher le soulagement qu'elle avait reçu une première fois contre son attente. Un fait semblable est rapporté dans les Archives générales de méde^ cine, 1828, t. XVII, p. 443.

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On a conseillé, dans des cas où Yaura était bien caractérisée^ non-seulement des ligatures pour empêcher le mal de suivre vers les centres son trajet accoutumé, mais des moyens propres i le combattre, pour ainsi dire, à Tétàt naissant. Des applications de toutes sortes ont été employées, en raison des variétés do siège et de la nature de cette aura. On a quelquefois réussi ; et par conséquent il sera souvent sage de suivre dans l'occasion la mé* thode préventive dont j'ai donné un exemple, ou celle qu'inspirera plus particulièrement le début de l'accès. Je me hâte de dire cependant que je me laisserais difficilement entraîner par le 'désir de guérir l'épilepsie jusqu'à conseiller, comme cela a été fait, même avec succès, l'amputation des testicules, quand le point de départ dos aura s'y trouvait. J'épuiserais, en cas pareil, toutes les autres ressources préventives que les fonctions et la disposition des organes me permettraient d'employer, et toutes celles que me fourniraient la nature de la sensation au début et la marche qu'elle suivrait jusqu'à l'accès. Il me semble qu'on aurait bien fait d'user toutes les autres ressources pour éteindre ou arrêter le mal dans son principe, au lieu d'en venir tout de suite à cette terrible extrémité, la castration.

Dans tous les cas, on devra prendre tous les moyens possibles pour empêcher l'encéphale de se livrer, dans les prodromes ou dans l'imminence présumée d'un accès, à un travail ou un acte qui l'occuperait activement. Il faudra, par conséquent, éviter toutes les impressions morales fâcheuses, surtout celles qui ébranlent vivement, comme la peur, la colère, toutes les con-» tentions trop grandes de l'esprit, toutes les impressions physiques qui peuvent congestionner ou activer le cerveau.

Il sera utile, en outre, de conseiller au malade des précautions faciles, des moyens qu'on ait toujours sous la main, et qui puissent éloigner ou même empêcher l'accès : par exemple, quelque odeur forte et stimulante qui réveille vivement l'odorat. Il en résulte un double bien : d^une part, ce bien maté* riel d'une sensation extérieure capable de produire une diversion utile ; et, d'autre part, le bien moral que donne la confiance où se trouve le malade qu'il peut éloigner, éviter môme l'accès qui le menace, et le secours puissant que sa volonté trouvera dans cette coofiaiice. Or, il est incontestable que la volonté, quand

elle (!St ferme, a une grande puissance sur les maladies nerveuses ; et, quoique i'épilepsie soit une de celles où elle peut le moins, c'est une ressource pourtant qu'il ne faut pas négliger. J'ai vu plusieurs fois des épilepliques tenir leur accès en suspens, en réserve, pour ainsi dire, jusqu'à ce qu'ils fussent arrivés en un lieu où il fût moins dangereux de s'y livrer, ou bien où la honte qu'ils en ont leur fût moins pénible.

Uaccès une fois déclaré^ le soin du médecin doit se borner, pour ainsi dire, a empêcher qu'il ne soit funeste au malade. Ainsi, on le couche, autant que possible, sur un lit ou sur un matelas ou sur un gazon ; on le maintient avec force, mais avec douceur, pour qu'il ne se fasse pas de mal ; on ne cherche pas à lutter avec lui pour empêcher ses convulsions, mais on les suit et on les dirige de manière qu'il ne se blesse pas. Quand c'est nécessaire, on tâche de mettre entre ses mâchoires un corps dur et résistant enveloppé de linge, suffisant pour qu'il ne se coupe pas la langue avec les dents ; on prévient la chute et les coups. Si l'accès se prolonge beaucoup trop, si le cerveau se congestionne violemment, si le mal ne laisse que de légers répits pour recommencer immédiatement avec une nouvelle violence, si l'on ne peut pas supposer une cause comme le plomb, Tivrognerie ou une anémie incurable, ou la présence longtemps soutenue de corps étrangers qui auront amené une désorganisation notable du cerveau, on se trouve quelquefois obligé à tirer du sang par toutes les voies possibles; car il faut alors empêcher, avant tout, une terminaison funeste et immédiate, qui pourrait avoir lieu. Dans ces cas, d'une haute gravité, il ne faut pas hésiter même à ouvrir les veines, en profitant adroitement d^un moment de répit dans les convulsiens. L'attaque passée, il faut laisser le malade couché dans une position commode pour la respiration, le débarrasser de la bave quelquefois sanglante qui lui remplit la bouche et lui découle des lèvres, le soustraire aux regards indiscrets dont la présence lui deviendrait pénible quand il reprendrait ses sens, lui donner de l'air frais, et attendre qu'il sorte du coma et de la stupeur par lesquels l'accès se termine.

Après Vaccès^ il reste de la fatigue dans les membres, de la douleur et de la {lesanteur de tête. Alors tous les moyens sont

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bons, qui remédient à ces malaises : pour choisir entre eux, il faut se décider d'après Félat présent du malade, les antécédents, quand on les connaît; les possibilités que^com portent sa position sociale, ses habitudes et même sa volonté.

Voilà pour Vaccès; mais c*est peu de chose pour le malade. Ce que le médecin doit ambitionner surtout, ce que le malade désire et lui demande, c'est qu'il soit débarrassé du retour du mal^ de la crainte dans laquelle il est continuellement tenu. C*est sur cela que presque toute la thérapeutique de l'épilepsie s'est exercée, je regrette de le dire encore, avec trop peu de succès.

M. Fourcade-Prunet a beau dire (4) : « Les médecins doivent maintenant concevoir un espoir fondé de guérison depuis que l'épilepsie» rejetée de la classe des névroses, figure au nombre des irritations et des phlegmasies du cerveau, et que le traite* ment esl dirigé contre l'irritation morbide, et non pas contre une simple maladie nerveuse. » Les succès ont manqué i la doctrine. L^expérience n^a d*aiileurs ni confirmé ni infirmé l'opinion de Georget, qui a dit: c Si les boissons tièdes, les saignées locales et l'application soutenue et réitérée de l'eau glacée et de la glace posée sur la tète ne réussissent pas, il n'y a rien à espérer de tous les autres moyens. »

J'en dirai autant d'une foule de méthodes et de spécifiques vantés exclusivement par leurs auteurs.

Ce que nous avons encore de mieux à faire, pour constituer convenablement le traitement de cette maladie, c'est de faire deux parts d'après les idées que nous nous faisons de l'épilepsie et de les exposer successivement: celle du rationalisme, et celle de Tempirisme. L'un et l'autre citent des succès; malheureuse* ment aussi l'un et l'autre comptent de nombreux revers. Nous allons tâcher, en attendant mieux, d'attribuer à chacun sa juste part, tout en regrettant que celle du rationalisme ne soit pas plus grande, et celle de l'empirisme meilleure.

En ce qui regarde la méthode dans le traitement, nous pouvons invoquer une foule de faits et de préceptes utilisés par les meilleurs auteurs, c Des observations nombreuses, dit Portai, rapportées par

(1) FouiCADB^PiimKr, Maiadies nervûuses des auteurs, 1826, p. 13i«

âOt MALADIES DUES A UN£ AUGllKNtAtlON DE L*EXC1TATI0N MBRVBUSE.

les auteurs excelles que nous avons recueillies font voir que des affections morbides bien reconnues en diverses parties du corps, hors du cerveau, ont précédé ou accompagné des accès épilep* tiques sympathiques \^% mieux confirmés; bien plus, qu'on a guéri un plus grand nombre de ces épilepsies qu*on n'en a guéri de celles dont la cause (t^to/To/At^u^) résidait dans le cerveau. »

Les vieux médecins avaient soin, à cet égard, de distinguer répilepsie en idiopathique et sympathique. Benivenius rapporte rhistoire d'une épilep tique qui avait les accès quand les règles ne coulaient pas bien, et jamais quand la menstruation était parfaite. Fernel a vu des femmes épileptiques pendant la grossesse, qui ne l'étaient jamais dans d*autres moments. Jacchinus, Scbenkius, Forestus, ont observé et rapporté des cas semblables.

Antonius Valetius (in SchoL ad cap. xvi lib. I HoUerii de morb. intem.) raconte qu'un moine de Paris, âgé de trente ans, était devenu épileptique, e maie curato liene in febte continua.

Michel Larcher et Heurnius ont observé des épilepsies, dues à des maladies de la vessie; Rhazès, Avicenne et Forestus, à des vers dans les intestins ; Galien, à des douleurs dans un des tibias \ Jacchinus, Valetius, Forestus, Brassavola, Marcellus Donatus, Félix Plater, Vidus Vidius, à des douleurs névralgiques dans diflërenles parties du corps.

Portai raconte qu'un malade traité par Moloêt, Cosme et lui, ne guérit de son épilepsie que quand il fut naturellement débarrassé d'un grain de plomb qui s'était logé dans la partie inférieure et antérieure du cou, à la suite d'un coup de feu. Ce malade, jusque-là bien portant, était devenu épileptique six se* maines après cette blessure, et se porta toujours bien après l'élimination du corps étranger. Fizes de Montpellier, Ribesdes Invalides, ont vu et rapporté des exemples analogues. Lamolte, Van-Swieten, Sauvages, de Haén, Burserius, Tissot, Odier, ont connu des épileptiques guéris par Textraclion de quelques corps étrangers. Portai, dans son Traité de F épilepsie^ cite des exemples, tirés d'une foule d'auteurs, d'épilepsies résultant sympathiquement de désordres variés dans presque tous les organes, et met en relief toutes les indications spéciales et locales qui' naissent de toutes ces causes et localisations diverses.

DR li-tPILKPg|R. SOS

J. Frtok raconte une guérison d*épilepsie par la castralion, chez un malade qui avait contracté une épilepsie terrible par suite^d'un coup sur le testicule. L' épilepsie par syphilis nous présente encore des guérisons analogues \ Tépilepsie saturnine en donne aussi de rares exemples; d'autres épilepsies par pléthore, par trouble des voies digestives, par la présence de vers ou de ténias, en ont aussi présenté de notables ; enfin Tépilepsie chez les ivrognes a plusieurs fois cédé aux moyens appropriés. Dans tous ces cas on a fait du rationalisme heureux. On a combattu la syphilis par des agents d'une efficacité non douteuse, et Ton a guéri. On a calmé la surexcitation cérébrale et en même temps on s*est chimiquement débarrassé du plomb, et Ton a guéri, rarement, il est vrai, à cause de la difficulté qu'il y avait à empêcher le malade de succomber avant qu'on pût venir efficacement i son secours par des contre-poisons. On a méthodiquement combattu la pléthore, le trouble des voies digestives, chassé les Tersou le ténia, et l'épilepsie a guéri comme les affections dont elle était la conséquence. Enfin, pour les ivrognes épileptiques, un usage modéré et continu de l'ammoniaque dans une potion a produit à la longue le rétablissement des fonctions cérébrales, probablement en rétablissant convenablement la composition du sang, et l'épilepsie a guéri.

Dans d'autres cas bien observés, il a suffi, avant toute médi* cation, de soumettre les épileptiques à une vie paisible, exempte de tracasseries et de les appliquer au travail. M. Ferrus, qui a iosisté particulièrement sur l'utilité de ce précepte, et surtout sur les avantages assurés dans ces cas par la vie agricole, a rapporté plusieurs exemples de guérisons ainsi obtenues, et consignées par M. Delasiauve dans ses Mémoires sur l'épilepsie (1) : c Un officier de marine avait été contrarié d'abandonner sa profession par suite d'attaques épileptiques. MM. Ferrus et Moynier, qui le voyaient ensemble, lui donnèrent avis d'entrer comme élève agriculteur à la ferme de Grignon. Il y resta un an et guérit. M. Ferrus a vu également un jeune homme grêle et faible qui, atteint depuis deux ans d*une épilepsie qu'il dissi- Qiulait avec le plus grand soin, entra comme volontaire au ser-

(i) Annales médic(hpsychologiqfieSt 1S47-1S48.

30i MALADIES DUES A UNE AUGIlENtATION DE L*EXC1TAT10N NKRVEUSE.

vice, el dès lors ne revit plus ses accès. Il cite encore un nommé Roubaix qui fut délivré des siens, en s*adonnant a la culture. »

Il est évident que dans tous ces cas, l'indication bien remplie a décidé un succès complet. Il y a par conséquent, dans certaines occasions, possibilité de tracer une méthode rationnelle de traitement, et Ton est d'autant plus sûr d'arriver à la guérison, qu'on parvient à remonter plus nettement à la cause morbide.

C'est ce à quoi il faut s'attacher avant tout.

Mais beaucoup d'autres faits se présentent dans lesquels on ne peut saisir aucune indication spéciale, ou bien dans lesquels on est forcé de présumer un de ces désordres matériels que nos agents thérapeutiques ne peuvent pas atteindre, et il faut chercher a remédier à l'épilepsio indépendamment, en quelque sorte, de l'affection organique qui en est ou en peut être l'occasion éloignée. On est forcé de recourir à V empirisme. J'ai tout à l'heure rendu grâce à la médecine moderne des résultats obtenus dans les cas où elle a pu rationaliser la. pratique. Je regrette d'être obligé de convenir a présent que, dans l'immense majorité des cas, elle ne possède pas contre Tépilepsie de moyens plus sûrs, plus spéciaux que ceux dont les expérimentateurs des âges passés se sont servis. Les modernes ont seulement sur leurs prédécesseurs Tavantage d'avoir débarrassé la science des amulettes et des monstruosités ridicules qui ont été imaginées pour le traitement de l'épilepsie, comme : la râpure des os du crine des morts subitement, des suppliciés, des suicidés ; la râpure de pied d'élan, de dents de chèvre ; le cerveau du vautour, du cygoe ou du martin-pêcheur desséché et pulvérisé ; la poudre du cœur desséché du lièvre ; les testicules et la bile d'ours ; le méconium des enfants concentré ou en poudre*, les excréments d'hirondelle, de paon, de faisan, de chien; la poudre de foie humain; le cerveau, l'urine^ les excréments de l'homme; le sang humain bu tout chaud.

Tous ces moyens, comme on le voit, prouvent plus la misère de l'art et le désespoir des malades que la sagesse du médecin.

Mais en dehors de ces agents horribles ou mystérieux, puisés,

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