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et les fléchisseurs, que la volonté veut faire agir. Après une série de contractions sans résultat, les fléchisseurs finissent par remporter, pourvu, cependant, que le malade ne soit ni ému, ni intimidité. On facilite beaucoup cette contraction des fléchisseurs en mettant un doigt dans la main du malade, de manière à fournir une espèce de point d'appui aux fléchisseurs, ou peut-être seulement parce qu'on décide de cette manière, en la facilitant, la contraction des fléchisseurs. Mais la flexion opérée, les fléchisseurs entrent a leur tour en contraction tonique, et le malade se livre à des eflbrts inouïs pour ouvrir la main. Il y réussit de la même manière que pour la flexion, c'est-à-dire, par des alternatives de flexion et d'extension, qui Gnissent par donner la prédominance aux extenseurs, lesquels entraînent aussitôt la main en extension forcée. On aide ce mouvement en comprimant légèrement les fléchisseurs.
Dans ce cas de chorée tonique, ce qui constitue la singularité du fait, c'est la contraction des muscles tous ensemble, en même temps que l'action de quelques-uns prédomine.
Depuis le moment où le malade a été vu par M. Aran, l'amélioration a marché d'une manière remarquable ; le pied bot a été presque guéri par des applications d'électricité, qui ont fait con-* tracter tous les muscles de la partie antérieure de la jambe et forcé l'astragale de rentrer a sa place ; puis, par une sorte de relèvement forcé du pied, au moyen d'un poids ajusté à un étrier et tenant la pointe du pied relevée ; par un appareil dextrinéqui a permis au malade de marcher comme avec une jamlie de bois bien ajustée; et enfin par une botte dont la semelle était beaucoup plus épaisse à la pointe que vers le talon. En même temps que ces résultats ont été obtenus pour l'extrémité inférieure, on a tenu constamment sur le bras un vésicatoire pansé avec 3 cen- Ugrammes de chlorhydrate de morphine tous les jours, et on a promené sur tous les muscles de l'avant-bras, du bras, de la n^in et de l'épaule, des courants électriques moteurs. Les mouvements de l'épaule sont redevenus naturels et réguliers; le l^fts se porte partout où la volonté l'exige; l'avant-bras prend toutes les directions que désire le malade ; la main seule conserve encore quelque chose de sa chorée tonique. Néanmoins le malade peut faire et défaire à volonté un nœud; il se sert de sa
Hà MALADIES DUES A tNE AUGMENTATION DE L*EXCITATlON NERVEtSE.
main pour beaucoup d'usages qui lui élaient auparavant intepdits; il peut fermer le poing ou l'ouvrir sans qu*on interpose dans sa main un corps étranger. Ce dernier mouvement se fait néanmoins toujours avec lenteur et avec ofTorty surtout quand on regarde le malade. S'il est seul et non observé, la chose se passe beaucoup mieux.
[ Il est facile de généraliser par la pensée cette localisation des spasmes musculaires choréiques, tout en se gardant bien de considérer comme tels certains tremblements, certains tics qui s'en rapprochent par quelques apparences.
Je termine les symptômes sans rien dire de ces chorées qui empruntent à des états physiologiques ou pathologiques spéciaux (à la grossesse, à des empoisonnements, à des maladies aiguës), quelques caractères de trop minime importance pour qu'il convienne d'en faire mention.]
La durée de la chorée est très variable, et subordonnée à l'efficacité du traitement, mais elle ne dépasse pas en moyenne deux à trois mois ; a moins que la maladie n'appartienne à celte forme essentiellement chronique qui peut se prolonger pendant des années ; le plus souvent on verra peu à peu la volonté reprendre son empire sur tous les mouvements, et la maladie suivre en rétrogradant une marche inverse a celle qu'elle avait prise dans la période ascensionnelle. De temps en temps, on pourra rencontrer des exaltations dans la maladie, ou des moments de repos remarquables; et il faut pendant longtemps encore, après le mieux le plus décidé, s'attendre à revoir quelques-uns des mouvements involontaires, bizarres, comme ceux qui ont signale le début de la maladie ; et se tenir en garde contre les récidives, qui sont communes dans la chorée comme dans tant d'autres maladies nerveuses.
Anatomie pathologique. — Les lésions cadavériques rencontrées dans des cas de ce genre sont fort insignifiantes. Dugès» 011ivier,MM.Rufz,Ghérard(de Philadelphie) etRostan n'ont rien trouvé dans dix autopsies qu'ils ont faites. D'un autre côté, Pritchard {t/ie Lundon Médical Repositœy, n° 121) rapporte trois cas dans lesquels il a noté répanchement méningien durachis t MM. Ferrus et Serres accusent des altérations diverses des tuber^ cules quadrijumeaux ; M. Monod, l'hypertrophie de la substance
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corticale du cerveau et de la moelle épiniëre, etc. ; M. Sée a trouvé des lésions anatomiques en rapport avec la dialhèse rhu* matismale, qu'il considère comme la cause principale de la chorée, c'est-à-dire des inflammations plastiques des membranes du cœur, des méninges, de la plèvre, du péritoine, etc. ; on a enregistré encore une grande abondance du fluide céphalo-rachidien ; dans quelques cas, une sécheresse notable de ces organes, un peu d'injection piquetée de la substance blanche, une teinte rosée de la substance grise; tout cela ne prouve pas grand'chose, et je pense, avec M. Blache, qu*il est impossible d'assigner à toutes ces lésions leur véritable rapport de causalité. La plupart, d'ailleurs, ne sont-elles pas tout simplement Teffet de raflection qui, après des mouvements musculaires si violents et si continus, s*est terminée par une véritable asphyxie? L'ana« tomie pathologique me semble ici, comme dans les autres aiïectioQS nerveuses, variée, inégale, incertaine, peu probante, a moins qu'on ne tienne compte des altérations diathésiques.
[Diagnostic. — Je devrais peut-être, à propos dji diagnostic de la chorée, signaler tout d'abord les caractères propres à telle ou telle variété, afin de rendre plus facile et plus sûre Tapplication du traitement : dire, par exemple, en quoi la chorée rhumatismale diffère de la chorée syphilitique ; celle-ci de la chorée des femmes enceintes ; cette dernière de la chorée des sujets chlorotiques, anémiques, névropathiques ] mais je préfère, dans le but d'éviter des répétitions fastidieuses, indiquer les caractères généraux de la chorée qui distinguent cette maladie de certaines autres afl'ections qu'il importe de ne pas confondre avec elle, et renvoyer à Tarlicle étiologie de plus amples détails sur ces chorées de natures diverses.
Des auteurs ont considéré comme une seule et même maladie la chorée sporadique, dont nous voyons journellement des exemptes, et la grande danse de Suint-Guy épidémique; mais SchelTer, Thilenius, Gultermann et Wicke ont parfaitement ^Ubli que ces deux aflections ne sont pas identiques. I Ladansomanie s'est ordinairement produite par imitation et
l * la suite de calamités publiques, telles que maladies épidé- ■ uniques, disette, etc.; elle n'est pas continue, mais elle a des t Paroxysmes, des accès, et ces accès, réellement convulsifs, sont
hiô MALADIES DUES A UNE AUGMENTATION DE L*EXCITATI0N NEMVKCSg.
caractérisés perdes mouvements cloniques violents au début, et qui prennent une intensité croissante jusqu'à ce que le convul* sionnaire, épuisé de fatigue, se livre aux aberrations de l'esprit, en tombant en extase et en catalepsie. Le choréique, au contraire, présente des mouvements saccadés, mais limités dans leur étendue, et sur lesquels la volonté a une influence, sinon eflicace, du moins manifeste. Les troubles nerveux sont moins violents et plus généraux, et les circonstances dans lesquelles se produit la maladie sont complètement différentes.
On pourrait se demander si certains individus, qui sont dominés par une tendance involontaire et insurmontable à marcher à droite quand ils voudraient se diriger à gauche, k reculer quand ils voudraient avancer [chorea retroctir$iva\ ou dont la tête , le tronc ,. le bras s'agitent dans des mouve* ments rotatoires , rhythmés et cadencés , sont atteints de chorée. Ces perversions dans les fonctions de la motiiité se distinguent de celles appartenant à la chorée proprement dite, par leur marche ou franchement aiguë ou franchement chronique, par Tâge du malade, par Tatteinte portée a Vintelligence, à la sensibilité; attendu que ces chorées rhythmiques ont ordinairement pour cause des lésions organiques sérieuses, récentes ou anciennes, dans les centres nerveux : et si Ton observe quelquefois dans la choi^e vulgaire ces mouvements rhythmiques limités à un membre qui se porte en pronation et en supination, ils s'associent à d'autres mouvements saccadés occupant la face, la langue, et qui rendent le diagnostic facile.
Je ne crois pas bien nécessaire de démontrer en quoi ia chorée diflëre des tremblements qui succèdent aux intoxications mercurielle, saturnine, alcoolique, strychnique, et même des tics musculaires. Les tremblements produits par ces intoxications se relient étroitement à leurs causes spéciales; Tàge, la profession, l'état des voies digestives, le traitement ordonné, la forme de l'agitation musculaire, jetteront un jour suflisant sur la nature de la maladie. Quant aux tics musculaires, leur chronicité, leur siège, leur localisation, l'état relativement bon de la santé générale ne permettront pas de les confondre avec les mouve^ ments désordonnés de la chorée. L'erreur serait plus facile s'il s'agissait de certains tremblements dus également aux alténh
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lions des centres nerveux ; je veux parler de ces Iremblemenls qui sont les signes avanl-coureurs de la paralysie générale, et de ceux comparables, sous quelques rapporls, à la paralysis agitons. On rencontre, en effet, des jeunes gens, épuisés avant Vàgc par des c^cés de travail ou de plaisir, et dont les membres sont agités de contractions rapides, courtes, involontaires; et si Von est consulté, au début de ce désordre spasmodique, qui, sousTinlIuence du traitement et de la soustraction de ses causes, disparaît momentanément, on se demande quelle en est la nature, s'il est ou non choréique. J'ai en ce moment sous les yeux un sujet, âgé de trente ans, dont le pied droit est ainsi, par intermittence, agité d'un tremblement semi-convulsif, qui augmente à la moindre émotion imprévue, à la moindre contrariété; qui dure huit ou quinze jours, se calme et reparait à Toccasion de nouveaux excès de. coït ou autres. Mais, dans ces cas, l'ensemble des conditions au milieu desquelles Taccident nerveux se produit, Tanémie ou l'état congestif cérébral du sujet, un affaiblissement prématuré des fonctions de Tenlendenient, une diminution dans la force musculaire générale, un embarras a peine sensible de la parole, sont autant de traits de lumière qui révèlent à l'observateur la paralysie générale en voie de développement, et conduisent à un diagnostic précis et iun traitement rationnel.
Dans la paralysis agitans, un court examen permet toujours de remonter des effets manifestés à leurs causes probables : l'âge du sujet, des accidents congestifs cérébro-racbidiens antérieurs, le trouble porté aux fonctions mentales, le calme dont jouissent les membresquand ils sont appuyés et maintenus, l'agitatioD qui les saisit quand ils entrent en action ; l'attitude générale, l'inclinaison du tronc à droite ou a gauche et en avant, saroideur; la nécessité, quand le malade marche, de courir a petits pas sur la pointe des pieds et en traînant les jambes, voilà autant de caractères qui ne permettent pas de confondre cette pseudo-paralysie générale avec la chorée.
L'impossibilité où nous sommes encore de grouper toutes les maladies convulsives dans une môme famille, en leur assignant des caractères permanents et basés non sur la forme si variable des symptômes, mais sur des lésions organiques visibles et con-
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stanles, a sans doule déterminé les médecins italiens à doni^ le nom de chorce à une maladie convulsive, tétanique, éleclricj-| et intermittente; de là le nom de chorée électrique qu'ils o/?i choisi. Le docteur Dubini a, le premier, décrit cette maladK? devant le congrès scientifique de Naples en 18i5 ; après lu/, les docteurs Frua, Morganti à Milan, Scoltini et Pignaccai Pavie ; en Allemagne, le docteur Hœrtel, puis Ziegler en ont publié des observations, dont le nombre peut s'élever à une centaine depuis une période de douze ans.
Cette maladie convulsive, dite choréique, peut être, d'après ces auteurs, aiguë el chronique, mais, quelle que soit sa marche, elle se termine sept fois sur neuf par la mort. Elle se reconnaît: 1* à des convulsions cloniques et rhythmiquesdes membres qui durent des heures, des journées et même des semaines entières, et qui réduisent les membres convulsés à l'état de paralysie, puis d'atrophie, quand la maladie devient chronique; 2* à des convulsions toniques, violentes, qui se substituent aux cloniques; 3* à des accès épileptiformes, tantôt généraux, tantôt partiels; 4* à des symptômes cérébraux céphaliques, délire, coma. De là trois formes principales de la maladie : la chorée électrique proprement dite, la chorée épileptique, et la chorée céphalique. — Quant à sa nature, les uns pensent que c'est une méningite cérébro-spinale, ou une variété de typhus; les autres la considèrent comme une névrose qui se rapprocherait du tétanos et de réclampsie. Enfin le docteur Girola Tattribuerait plus volontiers à une intoxication analogue à celle des pellagreux, ou i celle qui produit la raphania ou Tergotisme.
Je ne vois pas, en mettant en parallèle cette prétendue cAorA électrique^ et la chorée vulgaire, en quoi elles se ressemblent; et l'idée malheureuse d'associer l'une des formes convulsives de cette maladie prétendue nouvelle, au nom de la danse de Saint- Guy, autre maladie déjà quelque peu obscure par elle-mèoie, n'entraîne pas nécessairement avec elle l'obligation d'établir un diagnostic diHerentiel, qui me paraît complètement inutile.]
Pronostic. — Il est grave dans la chorée aiguë, et sous plusieurs rapports. D'abord, la maladie peut se terminer par la mort, surtout dans la chorée compliquée d'une grossesse ; j'en ai ti des exemples ; puis elle peut, en se maintenant trop longtempy
amener, par le défaut (ralimenlaiion et par le manque do repos et de sommeil, des lésions plus ou* moins sérieuses dans des organes importants ; enfin elle se termine quelquefois, au dire de Georget, par l'aliénation mentale, Tépilepsie ou Thystérie.
Tous ces cas sont certainement les moins communs, mais enfin ils se rencontrent, et il y a nécessité d'en tenir compte pour le pronostic. Nous devons ajouter encore que, là où elle ne se montre pas avec toute cette violence, la chorée aiguë est remplacée souvent par une chorée chronique ou par des tics con- ^kifs. Ces tics et chorées, par le trouble qu'ils produisent dans des fonctions très importantes, et par leur durée opiniâtre, deviennent encore souvent une chose très fâcheuse.
La chorée chronique, dans des cas fort rares, ne se termine foor ainsi dire pas. M. Blache ne l'a jamais vu guérir, quand ^occupe seulement quelques muscles. Certains vieillards sont choréîques jusqu'à la fin de leur vie ; certains sujets presque idiots le demeurent toujours; mais ce sont là des exceptions. Le plus ordinairement la guérison arrive, grâce à une médication Uen entendue ; et il ne reste plus rien de la maladie, excepté Que prédisposition aux affections nerveuses, surtout quand la thorée était accompagnée d*une chlorose bien décidée, ou quand ^a été la suite d'habitudes de masturbation excessives et prorogées.
Ce que nous venons de dire des terminaisons do cette maladie implique un pronostic en général bon et favorable au point de vue de la conservation de la vie de Tindividu; sous d'autres rapports, par exemple, en ce qui concerne les facultés inlellec- [ todies et morales, les forces physiques, la promptitude de la Coérison, on comprend combien il peut varier; il est absolu- Benl différent suivant les sujets, les causes, les âges, les habi- "tades, et je dois dire aussi, suivant Ja médication à laquelle on ^Hfft recours.
Je ne puis m'empêcher, à cet égard, de rapporter un fait dans lequel mon pronostic a été heureusement trompé, et qui m'a, depats, servi plusieurs fois d'enseignement utile. Une malade âgée était entrée dans mon service à l'Hôtel-Dieu annexe avec use cborée des plus fortes ; elle était en proie à des convulsions fîolentes et désordonnées, surtout quand elle s'appuyait sur les
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deux pieds ; pour se tenir debout, elle était forcée, disait-elle» de se poser sur un pied, le gauche ou le droit, peu importait; ainsi placée, elle était immobile et solide ; si elle posait les deux pieè à terre, elle était immédiatement livrée, pour la marche et par tout le corps, à un accès violent de chorée. En môme temps, elle rapportait qu'elle avait, la nuit, des accès de catalepsie; elle avait été somnambule, et même elle avait servi à beaucoup d'expériences faites autrefois par des médecins très distingués, qui avaient fini par croire à ce qu*on nomme le magnétisme. Elle racontait là-dessus des faits très étonnants, dont elle avait été rhéroîne. Naturellement peu crédule, je la laissai dire et la fis observer attentivement. Il me fut démontré que les catalepsies nocturnes étaient un conte fait à plaisir ou une prétention au moins fort exagérée. Pour sa chorée, je ne pus jamais ni la prendre ni la faire prendre en défaut. Je me mis donc à traiter cette maladie par les bains tièdes prolongés, par les bains froids, partons les moyens réputés antispasmodiques, et, je n*avais rien obtenu au bout de trois ou quatre mois, lorsquV.Ue voulut sortir de mon service, soit parce que mon traitement n'améliorait pas sa position, soit parce qu'il lui déplaisait, soit enfin parce que je laissais voir du doute sur les expériences de somnambulisme artificiel dont elle avait été le sujet, et sur la réalité de sa maladie, puisqu'il m'était prouvé que sa prétendue catalepsie était au moins une illusion. J'avoue que, dans ce moment, j'avais fini par croire à la réalité de la chorée, et je la regardais dès lors comme incurable. Quelques semaines après, cette malade rentra a l'Hôtel-Dieù annexe et fut placée dans le service de M. ReqaiD* Ce collègue la traita immédiatement par les pilules dites de Vallet, et, en moins d'un mois, il me la fit voir guérie de sa chorée. Elle resta encore une quinzaine de jours à Thôpital et finit par en sortir marchant comme tout le monde et s'appuyant solidement sur les deux jambes. Je n'avais pas employé sur ellelei substances ferrugineuses, probablement parce que, préoccopi de mes doutes sur la véracité de la malade et de la vérificatiot de ses assertions, j'avais négligé de bien rechercher si quekjut état chlorotique ne produisait pas cette chorée. Mon pronostie et ma thérapeutique s'étaient ressentis de mes doutes, etunnié* decin plus confiant a obtenu une guérison qui m*avait éebappi
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Toule rétlexion faite, je pense que celle malade, qui avait l*habitude d*en faire accroire au^ médecins crédules, exagérait 800 mal et ses souffrances ; mais je pense aussi que sa chorée, dont elle tirait parti pour exciter la compassion ou l'admiration, tenait à un état réel de chlorose que les pilules ferrugineuses ont guéri.
Causes. — Les causes de la chorée sont quelquefois tout à fait inconnues ; et la maladie peut venir sans que le médecin sache s'expliquer comment elle s'esl produite. Ainsi, MM. Rufz, Dugès, Spangenberg et Blache ont remarqué que la chorée est plus commune dans les mois les plus chauds de l'année, quoiqu'elle soit rare aux Antilles; elle a été épidémique, au dire de nioe, dans l'armée de Germanicus, et dans la Hollande, en i37S, d'après Mézeray. Mais ce sont la les cas les moins com-* muBs. Les plus ordinaires sont ceux où des causes pour ainsi dire évidentes ont donné lieu au développement de la maladie. Il faut remarquer que la chorée arrive le plus souvent chez déjeunes sujets présentant tous les caractères des constitutions délicates et nerveuses.
[A l'époque de la seconde dentition, de six a dix ans, et plus fréquemment encore aux approches de la puberté, de dix a treize ans ; sans que cependant, dans ce dernier cas, la pléthore nerveuse, qui coïncide chez la femme avec la première apparition du flux cataménial, et chez les deux sexes, la transformation qui s'opère dans rensemble de l'organisme, soient la cause déterminante de la chorée, et autorisent à dire avec Bouteille, qu'elle n'est autre chose qu'une puberté qui s'établit difficilement. Bien que la danse de Saint-Guy soit une maladie plus particulièrement propre au jeune âge, il faut noter qu'elle s'observe à toutes les époques de la vie; ainsi M. Boyer a publié l'observation d'une choréique âgée de trente-huit ans.
L'influence de l'hérédité, des tempéraments, bien que n'ayant pas une importance égale à celle que nous avons constatée dans d'autres maladies nerveuses, n'en mérite pas moins de fixer Tattmtion. M. Sée a relevé dix-huit cas d'hérédité directe. Les tempéraments lymphatiques et lymphatico-nerveux y prédisposent; c'est ce qui explique peut-être pourquoi elle est plus commune chez les filles que chez les garçons. Sur 531 choréiques reçus à
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rhôpilal (les Enfants, M. Sec a compté 393 filles et 138 garçoi seulement (1).
La chorée ne se développant en général que chez des suj^^^ d'une faible constitution, qui y sont diathésiquement prédis{>^ ses, il faut tenir compte, dans son étiologie, de toutes les Of^ constances propres à amoindrir les forces, à appauvrir le san^^, à pervertir les fonctions nerveuses ; c'est-à-dire ies excès de toute nature, des privations et surtout de cet état de consomptioa qui est la conséquence la plus ordinaire de l'abus des plaisirs solitaires, du coït, de la spermatorrliée nocturne et diurne. Il faut prendre en considéraiton Tinfluence do la grossesse, que cette influence résulte d'une excitation hystérique, ou de la chloro-anémie, dont on constate surtout les eflets du quatrième au septième mois, car c'est le plus souvent à celte époque de la gestation et chez les primipares que la chorée se produit.
Ces causes, en (|uelque sorte physiologiques, ne sont pas les plus actives, parmi toutes celles qui provoquent l'apparition de la danse de Saint-Gui/ ; une plus large part doit être faite aux causes morbides, aux maladies générales, dont le tremblement et l'airaiblissementchoréique des muscles sont une conséquence. Nous rangerons parmi ces causes morbides, la chloro-anémie, le rhumatisme, les diathèses tuberculeuse, scrofuleuse, et voire même syphihtique.
L'action morbide des altérations quantitatives et qualitatives du sang sur le développement de la chorée, est surtout manifeste dans les grandes villes, au milieu des populations malheureuses, chez les enfants soumis à une alimentation insuflisantet abandonnés, par défaut de surveillance, à une promiscuité de laquelle résultent des désordres que leur jeune âge semblerait rendre impossibles, dont le sang est privé des principaux éléments que leur accroissement rapide réclame, et qui sont ainsi livrés sans défense à toutes les perturbations pathologiques qui numacent leur déplorable santé. Ces constitutions étiolées portent le germe des maladies diathésiques, et subissent les influences pathologiques et thermométriques sans pouvoir réagir contre elles. C'est ainsi que le froid humide fait prédominer chez elles la diathèse rhumatismale, soit que cette
(1) Sée, Dû la chorée (Mémoir$8de l'Académie de tnédecins, iS50, U Vf* p. 373),
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dialhèse se localise plus particiilièromont, en restant à Tétat subaigu, sur les séreuses, sur le tissu musculaire ou sur le système nerveux lui-même; soit qu'elle prenne une forme pyrétique et tous les caractères du rhumatisme aigu. J'accepte avec Bright, Babington et quelques autres, l'action déterminante de la diathèse rhumatismale sur le développement de la chorée, mais je ne vais pas, à l'exemple de M. Sée, jusqu^à renfermer presque toute la pathogénie de cette maladie dans le rhumatisme. M. Sée devait sans doute, dans sa remarquable monographie, faire converger vers un point central tous les faits, toutes les théories propres à démontrer la vérité qu'il voulait mettre en évidence, et il y a complètement réussi; mais l'examen critique de son œuTre me semble démontrer que le rhumatisme est une maladie bien plus concomittante que déterminante de la chorée.
Ce que je viens de dire à propos de la diathèse rhumatismale, est applicable, mais dans un très petit nombre de cas, aux diathèses tuberculeuse et scrofuleuse. Il en est de môme, mais encore dans des proportions plus restreintes, de l'action étiologique de la diathèse syphilitique, dont je vais citer une obser-^ vallon, due à M. Costilhes. (Gazette hebdom., mars 1855.)
La nommée Picard, âgée de vingt-deux ans, d'un tempérament lymphatique, d*0D certain embonpoint, blanchisseuse, entre à Saint-Lazare, le 20 avril 1852.
Cette jeune femme est habituellement bien réglée; elle a eu un enfant il ysdeox ans, mais elle n'a jamais eu ni affections convulsives, ni rhumatisme, ni scrofules. Ses parents, assure- t-elle, n'ont eu aucunes maladies dépendant d'une diathèse quelconque.
Picard se rappelle avoir été atteinte, en septembre 1851, d'un écoulement jaune verdâtre dont elle était parfaitement guérie, lorsque, dans les premiers jours de mars 1852, elle vit apparaître aux parties génitales des <!baocres nombreux et douloureux.
Six semaines après, elle entrait Pl Saint-Lazare, affectée de plaques muqueuses nombreuses et ulcérées situées aux parties sexuels. En même temps elle portait sur la face interne des amygdales des plaques de même nature, iQais non ulcérées. Une syphilide papuleuse commençante, avec engorgement des ganglions cervicaux, se dessinait sur la peau. Aucune trace d'adénite suppurée. A Texamen du spéculum, le col présente une ulcéralion non granulée, légèrement sanguinolente ; écoulement leuoorrhéique peu abondant. (Pilules de proto-iodure d'hydrargyre de 0,05, une pilule d*abord ; tisane et sirop sudoriflques ; cautérisation des plaques avec Tazotate d'argent fondu; pansements avec chlorure oxyde de sodium.)
Celte malade était sur le point de sortir guérie de ces accidents, quand vers la On de juin elle fut prise de malaise, de mouvement fébrile intense, de céphalalgie vive, surtout frontal et oculaire. Ces symptômes généraux sont bientôt suivis d^une éruption vésiculo-pustuleuse de forme herpétique, avec une coloration cuivrée caractéristique, ayant pour siège la région lombaire, les fesses et les parties externes des cuisses. Plus tard il lui survint dans le cuir chevelu une syphilide pustulo-crustacée de même nature, pendant que les ganglions cervicaux latéraux et postérieurs se tuméfiaient.
Dans cette occurenc^, je remplace les pilules de proto-iodure, qui n*onl pu empêcher celte nouvelle manifestation syphilitique, parla liqueur de Vao Swieten(une cuillerée k dessert d'abord le matin, puis bientôt soir et matioj et par une solution dModure de potassium (eau distillée, 150 grammes ;iodure de potassium, 6 grammes) à la dose d'une cuillerée à soupe chaque jour. Je fais, en outre, appliquer sur Téruption une pommade au calomel (1 gram. pour 30 gram. d'axonge). Cette pommade aide puissamment à la guérisoo des ulcérations syphilitiques, comme du reste la plupart des préparatioos mercurielles. Bain de vapeur quotidien par Tenveloppement au moyen du drap mouillé, pour remplacer les bains de va|>curs que Saint-Lazare ne possède pas encore.
Sous rinfluence de ce traitement, la syphilide pustuleuse ne tarde pas à se modifier, les pustules pâlissent, s'affaissent; cependant, de nouvelles pus* iules se montrent encore, mais elles avortent rapidement.
Dans la soirée du 25 août, Picard se plaint d'une céphalalgie intense, d'une douleur occipitale très vive^ éprouve des vomissements, de l'insomnie, desétourdissements; la face est vultueuse, les yeux injectés et saillants; parole brève, saccadée.
Je combats ces symptômes cérébraux par une application à l'anus de 25 sangsues qui procurent un soulagement presque immédiat. (La malade ne voit pas ses règles depuis quatre mois).
Le 29 août dans la matinée, Picard, qui n'a eu ni agitation nocturne, si ce n'est quelques rêvasseries, ni besoin de se mouvoir, ressent, dans le bras gauche d'abord, puis dans la jambe du même côté, des mouvements involontaires, des contractions spasmodiques saccadées. Elle éprouve en même temps un affaissement notable dans toutes ces parties, avec douleur assez intense depuis le coude jusqu'au bout des doigts. Même douleur dans les muscles antérieurs de la jambe, avec sentiment de faiblesse dans 1^ genou, au point que, dans la progression, la Jambe fléchit sous le poids du corps, pendant que le pied exécute un mouvement de rotation en d^ dans. 11 lui est impossible de manger avec la main gauche; la cuiller, loisqu'elle l'approche de sa bouche, est aussitôt jetée loin du corps. Je remarque que la langue est déviée à droite, et que Tœil droit est plus saillant que le gauche : que les muscles de la face sont pris aussi de mouvements convulsifs. La sensibilité cutanée est normale; il n'existe aucun ganglion cervical.
Le côté droit ne présente rien d'anormal.