‹ Traité pratique des maladies nerveusesChapitre 36 sur 96 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

DBS CRAMPES.

Définition. — La crampe est une contraction spasmodique et douloureuse, d*un système musculaire, d'un muscle ou de quelques fibres seulement de l'un de ces organes, saisissant brusquement le malade, puis se relâchant au bout d'un temps plus ou moins long, en général de quelques minutes, d'un quart d'heure, d'une demi-heure au plus. La crampe se distingue de certaines contractures spasmodiques douloureuses, telles que le torticolis et le lumbago, parce que celles-ci sont douloureuses presque uniquement quand on veut remuer la partie au moyen des muscles affectés, tandis que les crampes, même quand on garde le repos le plus complet possible, restent douloureuses et souTent s'exaspèrent. Il n'est pas d'autre aiïection avec laquelle on puisse les confondre. Les ruptures de fibres musculaires, d'aponévroses , ou de tendons peuvent ressembler un peu aux crampes, dans les cas où ces ruptures sont produites par des crampes excessives. La réunion et la solidarité des deux affections peuvent jeter alors parfois quelque confusion dans le diagnostic. Mais toute ressemblance se perd entre les crampes et ces ruptures, toutes les fois que ces dernières proviennent de toute autre cause, une chute, un effort, etc. Le début et 11 marche en sont si différents, qu'on ne peut jamais prendre alors ces maladies les unes pour les autres.

[ Les crampes affectent tout autant les muscles de la vie organique que ceux de la vie de relation. Certaines douleurs de l'œsophage, de Teslomac, du diaphragme et des intestins n'ont pas d'autre cause. ]

Causes. — Celles des crampes sont ordinairement très manifestes.

Un exercice musculaire violent les occasionne de plusieurs manières. Tantôt un exercice aura élé trop longtemps prolongé et répété par les mêmes muscles. Beaucoup de personnes, par exemple, ne peuvent pas marcher longtemps et d'une manière soutenue sans que des crampes s'ensuivent, quelque-

bEà CRAMPES. AA7

immédiatement, plus souvent dans le sommeil après Texerî exagéré. Ceux qui n'ont pas Thubitude de danser et qui par ard se livrent a cette série de sauts, dans lesquels on est obligé relever souvent sur les pointes des pieds, sont presque tours tourmentés, après, de crampes douloureuses dans les mus- I soléaires et jumeaux, qui ont été forcément contractés pour Dtenir la position que la danse exige, et pour enlever, selon t, le corps sur la pointe des orteils. Beaucoup de gens sont ipables de nager, sans que des crampes les saisissent dans cuisses, dans les mollets, ou môme dans les muscles qui meut les orteils. Chez quelques personnes, il suflit qu'un mouveit identique se renouvelle trop longtemps, sans même nécesr de grands efforts, pour que les muscles qui y sont employés snt pris de crampes. C'est ainsi que cela arrive chez ceux qui loent longtemps dans la même position de très petits objets, \ plume, une aiguille, un crayon : telles sont les crampes \ples des écrivains^ des dessinateurs^ des tailleurs. Tantôt contraire ce sera un effort musculaire puissant et volontaire,

se transformera, sans qu'on sache comment, en contraction smodique douloureuse, involontaire, de quelques-uns des mus - ( employés, ou de quelque portion de ces muscles. On observe » souvent des crampes ainsi produites chez des personnes

font effort pour retirer leurs pieds de leurs chaussures, qui endent avec force le matin en sortant du sommeil ; dans Iques cas rares, à ia lin d'un bâillement ou d'une pandicuon excessifs.

tens l'état d'une santé parfaite, tout cela n'arrive guère ; is les crampes viennent plus facilement, toutes les fois que lyslème nerveux a éprouvé quelque irritation insolite. Ainsi, taines personnes, si elles ont pris, même aux repas, un peu s de vin qu'a l'ordinaire, surtout si c'est du vin blanc, et pardièrement de ces vins blancs aigrelets et doux qui cachent, s des apparences innocentes et agréables, une action marie sur le système nerveux, peuvent s'attendre a être tourmens, pendant la nuit suivante, de crampes multipliées. Sur utres personnes, le thé, le café, si Tinfusion en est trop forte nluiront le même effet.

^^ sujets pléthoriques^ en qui le cerveau reçoit le premier

AAÔ maladies dues a une AUâMËNtATION DE L*E\C1TaT10N MERVEUSC.

l'impression de ce malaise, ont des crampes aussitôt qu^il y a nécessité de les débarrasser d'un peu de sang en excès. Au con* traire, les grandes pertes de sang, les anémies brusques et l'état nerveux qui s'ensuit, amènent aussi 'des crampes fréquentes. C'est une des douleurs les plus insupportables de ceux qui, par une cause quelconque, sont brusquement devenus exsangues.

Enfin, tout en mettant de côté les maladies matérielles qui ont des crampes pour symplôihe notoire, comme le choléra, certaines dysenteries 1res aiguës, etc., nous devons dire ici quelques mois des crampes appartenant à l'action des poisons sur le système nerveux.

Nous pouvons mettre en léle V intoxication saturnine. Les crampes sont, comme on sait, un dos plus douloureux symptômes de cet empoisonnement; elles persistent même encore quelqu^ fois longtemps après que tous les autres signes en ont dispara. La plupart des autres empoisonnements mélalliques aigus, les empoisonnements par les champignons ont aussi des crampes pour accompagnement obligé.

Personne n'ignore que les derniers mois de presque toutes les grossesses sont escortés par des crampes excessivement douloureuses, et qu'on en observe beaucoup pendant le travail de l'ac* couchement. On les explique très bien, dans ces derniers cas, par la pression exercée sur les plexus sciatique et sacré, et par conséquent on ne s'étonne pas dans la grossesse, quand elles arrivent beaucoup plus tôt, pendant que l'utérus est encore dans le petit bassin.

En dehors de ces circonstances, pour ainsi dire palpables, quelques crampes se rencontrent aussi, mais beaucoup plus rarement, sans qu'aucune explication physiologique en rende raison ; c*est un de ces faits individuels pour lesquels le rooC idiosyncrasie a été inventé. Conlentons-nous de dire que le plus pelit nombre des crampes survient sans cause à présent connue.

[M. le docteur J. Verdier, de Barres- des-Cé venues (liozère), a observé chez plusieurs nourrices des crampes résultant de l'épuisement causé par un allailement disproportionné à leur force, surtout chez celles qui ne prennent aucun soin de leur alimentation.

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