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DES CRAMPES. A

à peu près constants chez la même personne. Si un membre est plus faible originairement ou par suite de quelque maladie cérébrale ou autre, c'est surtout dans ce membre que la crampe a lieu ; c'est là d'ailleurs que se fait sentir toute impression vive sur le système nerveux.

Pronostic. — Le pronostic considéré en lui-même n*est pas grave ; il ne faut pas le confondre avec celui que l'apparition des crampes doit faire porter dans certaines maladies. Il indique dans ces dernières, que le système nerveux est gravement affeclé, tandis que dans la crampe nerveuse essentielle, si je puis ainsi dire, il se borne à la douleur présente ; et dans quelques cas, indiqués parmi les causes, à la répétition possible de la même douleur, soit spasmodique, soit contusivé. Le pronostic des crampes, si on les considérait comme signes d'af* fections d'une autre nature, serait beaucoup plus étendu et plus varié. Il se borne là, en ce qui regarde la maladie nerveuse dont nous nous occupons.

La crampe est une des petites douleurs qui se répètent le plus fréquemment, et cela se conçoit : chez quelques sujets, parce que l'emploi de leurs muscles est continuellement nécessaire; chez d'autres, qui exercent moins leurs muscles, parce que l'inaction habituelle les rend d'autant plus accessibles à des contractions spasmodiques, toutes les fois qu'un effort est exigé; enfin chez presque tous, parce que les causes que nous avons indiquées se reproduisent souvent.

Les crampes dans la grossesse sont une des mille souffrances auxquelles la femme est exposée ; elles ne la mettent d'ailleurs en aucun danger.

Les crampes, chez certains sujets hystériques ou épileptiques, annoncent l'invasion prochaine de Tattaque convulsive ; et quelquefois aussi, elles sont les signes précurseurs des contractures musculaires.

Anatomib PATHOLoeiQUB. — Elle seraitici parfaitement muette, s'il n'arrivait pas quelquefois ou des déchirures de fibres musculaires, ou des ecchymoses à la suite de ces contractions spasmodîques. L'un et Tautre de ces accidents consécutifs amènent le même résultat; un peu de gontlement et d'endolorissement local, et un peu de sang extra vase, qui suivra les conditions

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communes des épanchcmcnls sanguins, légers, ordinaires lu milieu des parties. On comprend que je n'ai pas à m'occiiperîci de Tanalomie pathologique de toutes les afiections qui ont des crampes pour symptômes ; ce serait sortir de mon sujet.

Traitement. — Le traitement des crampes peut être envisagé sous deux aspects : soulager dans le mal présent ; aller au-devant du retour de la maladie.

Pouf le premier objet, on se trouve assez souvent bien des frictions exercées, même un peu rudement, sur la partie malade; d'autres fois, au contraire, il faut se garder d'y toucher; cela se juge par les sensations que le malade éprouve au moment du contact. Dans le plus grand nombre des cas, on est soulagé, soit par la compression de Tartère qui se rend dans le membre endolori, soit par une compression circulaire exercée sur la partie supérieure des muscles contractures; quelquefok une application immédiate (Peau froide sur le point souffrant, une immersion du membre pendant quelques minutes dans de l'eau tiède, un cataplasme quelconque bien laudanisé sont encore des moyens employés avec avantage. Quand la crampe n*est pas trop vive, un véritable effort musculaire volontairement extenseur suffit souvent pour vaincre la constriction spasmodiqae:il serait sans résultat utile et môme excessivement douloureux, quand la crampe est violente et douloureuse au simple toucher.

Cependant il est parfois bon d'essayer ce procédé, quand les crampes se prolongent trop et qu'on a sous la main un moven de maintenir l'extension forcée, soit avec un appareil simple et temporairement appliqué, soit avec la main d'un aide intelligent et vigoureux. Les épidémies de choléra, que nous avons récemment traversées, nous ont donné de fréquentes occasions d'utiliser ce moyen de soulagement, et je dois dire que, pour mon compte, j'en ai souvent obtenu des résultats satisfaisants. La crampe, vaincue par cette extension forcée, fait presque toujours place à une sorte de sensation de bien-ètrcf, et laisse, à ce qu'il m'a paru, moins de disposition à la récidive dans les mêmes muscles.

La seconde partie du traitement j celle qui est plutôt prophylactique que curative, dérive, comme on le pense bien, beaucoup moins de Taffection réelle et présente que de l'étude de sa cause.

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Pour les crampes amenées pur des excès dans l'alimentation^ la médecine préventive la plus simple el la meilleure consiste à s'en abstenir. Dans les cas d*anémie, il faut travailler activement à refaire l'économie le plus tôt et le mieux qu'on pourra, et, en attendant, soutenir son malade par des toniques aussi peu stimulants que possible, de bons bouillons, des potages, un peu de vin de Bordeaux choisi ou de vieux malaga; lui faire prendre quelque potion légèrement opiacée pour les nuits, étendre des ODCtions de môme nature pendant le jour sur les membres, sièges des crampes. Si, au lieu d'uneanémie simpleet lentement progressive, on a affaire à une perte énorme et brusque de sang^ comme dans toutes les grandes liémorrhagies, il faudra quelquefois prévenir d'abord la mort du sujet. Les moyens a employer sont divers, suivant les causes de Thémorrhagie, et il y faut satisfaire selon les cas.; mais en même temps l'apparition des crampes exige toutes les précautiofis possibles pour assurer la présence de la quantité de sang convenable au cerveau. Position horizontale et même déclive de la tôle ; compression de l'aorte et des B[rosses artères des membres ; air frais et renouvelé ; rien ne doit être négligé pour remplir d'abord cette indication capitale. Le reste du traitement sera ensuite déterminé par la nature lu lùal.

Dans les crampes saturnines^ prescrire le traitement que nous indiquerons à propos des i)aralysics de même nature, et en même temps insister d'une manière particulière sur l'emploi de Topium. Dans la plupart des cas, et aussitôt que possible, faire un usage répété des bains soit simples, soit gélatineux, soit lavonneux, soit même sulfureux, suivant l'occasion, et aussi laivant le degré de débilitation, ou, au contraire, de tonificalion que le malade aura besoin d'obtenir par ce moyen.

Enfin, quand il s'agit de pléthore sanguine ^ combattre, Hiîvant les conditions du mal et les habitudes du malade, cette [liéthore par quelque évacuation sanguine générale ou locale, par une alimentation insuffisante, ou par des dérivations bien îolendues.

Dans tous les cas, le malade se trouvera bien de se surveiller uî-méme, de déplacer le membre affecté chaque fois que la coninuatioD de la même position y ramène les engourdissements

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et les sensations douloureuses, précurseurs de la crampe; d'éviter toute contraction musculaire volontaire capable d^ donner prise à la contraction spasmodique ; de se garder de^ mouvements, des positions dans lesquels Texpérience a déjfl montré que le mal débute. Ces simples attentions suflBroiw bien souvent, pour éviter le retour de douleurs dont on d* plus maître une fois qu'elles sont arrivées à un certain déveloj pement.

Toutes ces précautions doivent être conseillées, surtout sujets nerveux, quand ils sont dans un de leurs paroxysir^Ci ordinaires, et surtout quand leur état général est accompag-ne d'engourdissement douloureux des extrémités.

On se trouve bien encore, dans ces conditions, et quand le cês est assez sérieux pour exiger de pareilles précautions, de maintenir, au moyen d'un bandage bien fait et modérément serré, les membres dans lesquels naissent* les crampes. Une bande roulée de haut en bas, ou une enveloppe lacée bien appliquée sur tous les points du membre sujet aux crampes, prévient presque toujours le retour de la contraction musculaire doulou* reuse. J'ai observé souvent ce résultat chez des personnes aflec* tées de varices aux jambes. Des crampes qui les tourmentaient beaucoup auparavant, ont cessé de revenir, à compter du moment où je leur ai fait porter pour leurs varices des bas de peau lacés. Cette expérience, plusieurs fois répétée, m*a conduit i conseiller, dans quelques occasions, un moyen analogue, et je n'ai eu qu'a m'en applaudir. Pour que ce moyen réussisse, il importe seulement que l'application du bandage contentif soit bien régulière et bien générale. Autrement, on risquerait de faire plus de mal que de bien. D'autre part une constriction étroite et trop serrée provoque les crampes beaucoup plus sûrement qu'elle ne les prévient.

Quant à Tespèce particulière de crampe qui a paru mériter un nom spécial, celle que les Allemands surtout ont désignée sous le nom de crampe des écrivains y on en a déjà reconnu deux variétés : l'une, siégeant au pouce et consistant en des mouvements convulsifs dont les muscles fléchisseurs paraissent être les agents; l'autre, siégeant à Tindex et constituée par une sorte de mouvement rétrograde déterminé par le contact de

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la plume. MM. Stromoyer, DieiTenbach ot Langenbecken ont vu des exemples rebelles à toutes les médications, et, dans deux ou Irais cas, curables seulement par la ténotomie.

J'en ai reconnu et suivi de semblables sur des tailleurs, des couturiëresl et d^autres personnes maniant habituellement de petits objets, qu*il faut longtemps tenir avec une certaine force dans la même position. Dans les cas tes plus simples, j'en ai triomphé au moyen de la morphine administrée par la méthode endermique et par un repos raisonnable des doigls sujets aux crampes; je n'ai jamais eu recours à ta ténotomie, dont je ne peux pas ici expliquer physiologiquement l'utilité probable dans ces conditions.

Les autres faits, plus graves et plus rebelles, que j'ai vus, appartiennent à ces affections progressives dont nous aurons à nous occuper, et qui doivent tenir une si grande place dans la pathologie nerveuse.

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