DES CONTRACTIONS ET CONTRACTURES LOCALES. A
se rencontrent avec tous les caractères du genre chez des sujets souvent et longtemps en proie à des accidents hystériques graves ; on les voit accompagnées d*une grande roideur ou plutôt d*une sorte d'inflexibilité des membres, de dureté des muscles qui semblent devenus de la pierre ou du bois, et en même temps on observe presque toujours dans les parties ainsi envahies un développement extrême de la sensibilité. Toutes les perversions des sens peuvent accompagner ces symptômes graves d*hystérie, et il est rare qu'on n'en constate pas au moins quelques-unes.
Ces contractions et contractures se trouvent chez des individus essentiellement hystériques et pleins, d'ailleurs, de force et d'énergie; on les rencontre aussi chez ceux qu^une chloroloémie très avancée à rendus sujets a des accidents secondaires de forme hystérique. Dans ce dernier cas, il est difficile de déterminer s'il faut attribuer les contractions et contractures i la chloro-anémie ou à l'hystérie; mais, il importe peu de poser cette question, puisque alors l'hystérie n'a été ellemême qu'un fait secondaire et que la chlorose domine par conséquent, et dès le principe, toute la question. Je pourrais rapporter de nombreux exemples de contractures hystériques; je me contenterai de citer le suivant, remarquable par la durée et les récidives des accidents :
Fragot (Marie), lingère, âgée de quarante-deux ans, entre le premier ■ars 1856, salle Sainte-Monique, n** 25.
L'hérédité joue un rôle incontestable dans la maladie de cette femme. ainsi sa mère était d'un caractère très violent et avait des crises hystériques fréquentes ; sa sœur a eu également quelques-unes de ces crises; son frère I fréquemment des attaques convdisives avec agitation extrême; enfin une lèses filles âgée de douze ans est depuis trois mois atteinte d*une paralylie complète et très probablement nerYcuse du mouvement et du sentiment.
Quant à cette malade elle-même, elle ne parait pas avoir éprouvé d*acideots avant Tâge de douze ans. Elle eut alors une première fois ses règles [■I ne reparurent plus ensuite qu'à Tàge de vingt et un ans. Pendant cet otervalie il y avait régulièrement chaque mois une aUaquc d*hystérie. A Ingt et un ans, la menstruation se rétablit et les attaques cessèrent, ce- «Ddant la sensation de la boule hystérique persista malgré le rétablisseaent complet de la santé.
A rage de trente-trois ans, survinrent de nouveaux aix^idenls. A Tocca-
A70 MALADIES BUES A UNE AUGMENTATION DE L*EXC1TAT101f ITRRYEUSE.
sion (l'une vive frayeur, il y eut une attaque d*hystérie très violente qui laissa après elle un état de contracture des membres, analogue à celai que la malade présente actuellement, quoique moins prononcé, et qui don quinze mois. Pendant cette période, que la malade passa eu grande partie à rhôpital Beaujon, dans mes salles, la santé générale ne fut aucunemeflC altérée, de sorte que la contracture ayant brusquement aessé, la malade se trouva dans un état aussi favorable qu'avant Taccident. Pendant viofttrois mois, la santé se maintint dans un état à peu près parfait. Mais au bout de ce temps, et encore à Toccasion d*une vive émotion morale, il y eut uœ nouvelle attaque d*bystérie, suivie comme la précédente d*un état de contracture qui persista sept mois, pendant lesquels la malade fut de bobveau traitée dans mon service.
Puis la santé se rétablit pendant onze mois, après lesquels il y eut uûf troisième rechute qui cessa il y a environ deux ans. Malgré ces accidents, la menstruation avait toujours été régulière; des troubles s*y maDifeitèrent il y a dix-huit mois. Entre deux époques menstruelles, récoulemeot sanguin réapparaissait deux et trois fois. Il y a dix mois c'étaient de véritables métrorrhagies, pour lesquelles la malade fut traitée pendant trois mois k rhôpital Lariboisière spécialement à Taide du seigle ergoté. Néanmoins les pertes continuèrent, et il y a six semaines elles reprenaient ud« nouvelle intensité, lorsque survint une quatrième récidive d'accidents de contracture. La malade vient de rentrer k rhôpital Beaujon, et Ton constate les symptômes suivants :
Les membres supérieurs sont ceux où la contracture est le plus prononcée. Les épaules sont à peu près libres, mais Tavant-bras est fortement flécki sur le bras; le poignet est dans une extension telle que la face dorsale debi main forme un angle aigu avec la face dorsale de Favant-bras; les doi0 sont dans la flexion, le pouce recouvrant les autres doigts. lorsqu'on essay? de redresser le membre, la malade pousse des cris de douleur, et à pein« Ta-t-on abandonné qu'il revient à sa position première, d'où il est lonl aussi difficile de le faire sortir de nouveau.
Aux membres inférieurs, il n'y a que de la rigidité ; et à rexceptioa des genoux, qui sont légèrement fléi^his, les articulations sont ^ l'état nonMl* De même qu'aux membres supérieurs, il y a des douleurs spontanéeSi ssr* tout articulaires; de plus, il y a de Fœdèitie.
Au dire de la malade, les symptômes étaient moins prononcés lors de ta première maladie ; ils ont augmenté d'intensité k chaque récidive, et ont toujours été plus marqués du côté gauche. Jamais il n'y a eu de contractorf des muscles du tronc.
L'état général était toujours resté bon jusqu'à l'époque où sunioreil les métrorrhagies. Depuis lors l'appétit a diminué; les forces ontCiibtti les douleurs de tète existant depuis longtemps déjà ont augmenté ot pri( du côté droit le caractère d'une névralgie de la cinquième paire.
Contractions et contractures par chloro-anémiem Ikn eelie