‹ Traité pratique des maladies nerveusesChapitre 44 sur 96 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Dû TREMBLEMENT.

L*affection nerveuse que ce titre indique est certainement une de celles que l'on rencontre le plus souvent. Sans parler do tous les cas où le tremblement est symptomatique de la fièvre, du frisson, d'une maladie organique bien dessinée, ce désordre s'ob-

hSh MALADIES DUES A USE AUGMENTATION DE lVKCITaTIOII NERTEUSE.

serve dans une foule de circonstances, où on ne peut accuser que le système nerveux. Il est la conséquence, ici d'une température extérieure froide à laquelle on a été trop longtemps exposé, là d'une impression morale vive, de joie, de frayeur, de peur, de surprise trop brusquement reçue, de colère, d'enthousiasme même porté trop loin. Ailleurs on sera forcé de Fattribuer au progrès de Tàge, à des habitudes vicieuses, a une hygiène mal entendue, à certains empoisonnements minéraux ou végétaux. Dans tous ces cas, le tremblement général ou partiel sera une maladie, une souffrance, une infirmité, indépendante de toute altération organique appréciable du système nerveux, et constituant ainsi par soi-même une affection nerveuse ; c'est a ce point de vue que je dois le considérer. Je crois que, pour ce qui regarde la pratique, on peut reconnaître dans le tremblement trois variétés d'affections nerveuses tout à fait différentes les unes des autres : 1* Le trejnblement momentané; 2** le tremblement permanent; 3° le ti^emblement limité. Nous allons dire un mot de chacune de ces espèces.

1** Le trefnblement nerveux temporaire se montre chez tous les sujets, dans les n)ômes conditions, mais seulement avec plus ou moins d'intensité et de facilité, en raison de leur susceptibilé nerveuse spéciale. Il survient toutes les fois que le système n«^ veux est trop activement mis en jeu. Ainsi on l'observe dans toute émotion vive, dans l'attente mêlée de crainte et de désir, dins toutes les satisfactions mêlées de fraveur; toutes les fois enfin que le moral est vivement intéressé. Pour le physique, des résultats analogues peuvent encore se constater. Le commenceroenl du froid, Timmobilité longtemps conservée, ou bien une conlnction musculaire longtemps soutenue dans la même partie, donnent lieu à des tremblements excessivement communs. Pour les uns comme pour les autres, il est aisé de concevoir qu'ils sont produits, selon les constitutions et les caractères, par des causes d'une intensité bien différente. Tels sujets sont des hommes fermes et décidés, dont les émotions morales ne triomphent pas facilement ; d'autres au contraire donnent prise sur eux à tout ce qui peut ébranler l'àme et la machine humaine.

De même au physique, certains individus résistent puissamment aux inlluences extérieures quelles qu'elles soient et se

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