‹ Traité pratique des maladies nerveusesChapitre 45 sur 96 · DU TREMBLEMENT. A · texte numérisé non relu

DU TREMBLEMENT. A

maintiennent malgré leur action, dans un état |)Our ainsi dire invariable; les autres au contraire dépendent presque incessam* ment du milieu dans lequel ils vivent, des conditions de repos ou d'activité dans lesquelles ils sont forcés do se trouver. Entre ces deux extrêmes se rencontrent, à divers degrés, tous les sujets d'une impressionabili té ou d'une force de résistance variables.

Tous les tremblements qui surviennent ainsi sont de Tordre de ceux que j'appelle mamentanés, et cette circonstance a une grande portée pour tout ce qui les regarde médicalement.

Ainsi : les causes, qui en sont connues, en indiquent parfaitement la prophylactique : la durée, qui en est limitée, en circonscrit le pronostic; la nature intime, qu'on apprécie toujours facilement, en formule toute la thérapeutique. Ce sont des choses tellement palpables que je ne ferai pas au lecteur Tinjure d'insister sur les détails. Je passe donc à l'étude des tremblements d'un autre ordre.

2* Les tremblements permanents présentent des considérations beaucoup plus sérieuses. D'abord ce désordre comporte par le fait seul de sa permanence une gravité beaucoup plus grande que ceux dont nous venons d'esquisser l'histoire. Puis tous ces tremblements permanents se lient à des altérations graves des fonctions nerveuses ou autres. Enfin ils empruntent, à leur nature particulière, à leur cause prochaine, ou un degré d'incurabilité dont il faut tenir compte pour le pronostic, ou des indications thérapeutiques spéciales qu'il importe de ne jamais négliger. C'est ce qui va ressortir, par exemple, de l'étude que nous allons faire des tremblements permanents les plus ordinaires.

Le plus commun de tous est sans contredit le tremblement des vieillards. Ce n'est pas à dire que tous les vieillards en soient affectés : Souberbielle, à l'âge de plus de quatre-vingts ans, avait encore la main et le bras assez fermes pour entreprendre et accomplir sans hésitation les opérations de taille les plus délicates. Néanmoins il est vrai de dire que le tremblement atteint les vieillards en grande majorité, et l'on peut regarder comme d'heureuses exceptions ceux qui en sont exempts. Il est impossible, d après les faits observés, d'assigner la limite d'âge à laquelle ce désordre nerveux commence. Cela dépend beaucoup plus de la Tieillessc physiologique que de la viejlle^se constatée par les

à86 MALADIES DUES A UNE AUGMENTATION DE l'eXCITATION NERVEUSE.

actes de rélat civil. En général, le tremblement sénile est uo signe 4;rave de décrépitude ; presque toujours il est accompagné de la perte ou d*un notable affaiblissement des fonctions animales ou intellectuelles. Aussi est-il ordinairement plus commun et plus prononcé chez ceux qui ont, sous ce double rapport, demaodé à leur organisation plus qu'elle ne peut donner raisonnablement. Les excès de toute nalure pendant Tàge de la force,et surtout au moment où le déclin commence à se faire sentir, provoquent bientôt ces tremblements. Ce serait encore un motif de plus de s'observer et de se conduire avec modération, si mille raisons plus sérieuses n'en devaient pas faire une loi.

Le tremblement sénile est le plus souvent général, mais cest dans les membres qu'il est surtout prononcé; il augmente, quand le vieillard veut faire quelque exercice qui demande ufl effort ou une adresse particulière. Il est d'ailleurs aussi très variable chez le môme individu^

Le même vieillard, qui tremble à peine aujourd'hui, poum demain, sans cause qu'on puisse déterminer, se trouver toot agité par un tremblement presque convulsif ; réciproquement, une grande agitation tremblotante n'est pas une raison pour qu'à quelques jours de là les membres ne se trouvent pas beaucoup plus fermes et plus obéissants à la volonté. On doit noter seulement que ce tremblement sénile une fois établi, s'il n'est pas toujours aussi intense, est au moins toujours imminent, et qu'il ne manquera pas de se remontrer à la moindre occasion.D semble que la puissance nerveuse, capable de contracter hanno* niquement les libres musculaires pour bien régler les moui^ ments sous rinlluence de la volonté, ne peut plus, comme dans le bel âge, agir d'une manière continue ; elle ne se retrouve plus au contraire que par saccades irrégulières et indociles, soit que la fibre musculaire se refuse à une impulsion insuffisante, soit que l'impulsion elle-même soit radicalement affaiblie.

A ces tremblements, on ne peut pas promettre de gué' rison. Un peu de soulagement est tout ce que le médecin peu^ se flatter de procurer.

Pour arriver là, il conseillera à la fois à son malade, u0 repos et un exercice bien entendus, il prescrira le régime alî' men taire le plus capable de nourrir sans fatiguer les organes;

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