DES VOMISSEMENTS
langage que de le considérer absolument comme nerveux, quand il y a tant de probabilité qu'on trouve dans la véritable source du mal des altérations si bien dessinées? Prendre de pareils vo- Hiissements pour une maladie nerveuse, n'est-ce pas s'obliger à accepter comme nerveux tous les phénomènes de la vie .dans lesquels la sensibilité serait intéressée primitivement et secondairement? Les plaies à la tôle font vomir; les péritonites, les gastrites, les orchites, les néphrites font vomir: doit-on voir dans tout cela des maladies nerveuses?
Je crois qu'il y a une utilité capitale à mieux circonscrire ces dernières maladies. Les médecins et les malades ne peuvent qu'y gagner, parce que ce sera en tout et partout une raison sérieuse de chercher incessamment à se rendre compte de la nature intime du mal, de sa cause essentielle. C'est là que se trouve à nos yeux la solide médecine.
Mais les vomissements, à bon droit considérés comme nerveux, n'arrivent pas seulement par le fait direct et immédiat du cerveau; ils ont lieu aussi par une sorte de sympathie de plusieurs autres organes.
En tête de ceux-ci, nous devons placer Vutérus. Après le cerveau, en effet, nul organe n'exerce plus de sympathie sur l'estomac. Les divers états dans lesquels l'utérus se trouve sont une des causes les plus fréquentes du vomissement. L'expérience la plus vulgaire tient compte des vomissements de la grossesse. On sait toute la fréquence de ce phénomène, qui se montre quelquefois dès que la conception a eu lieu ; qui persiste en certains cas pendant toute la gestation ; qui offre d'ailleurs toute la bixarrerie des affections nerveuses ; se répétant sans Interruption diez la même personne, se suspendant pendant des mois, reprenant ensuite, ou bien au contraire disparaissant pour ne plus revenir après quelques légères atteintes.
Toutes ces irrégularités, toutes ces variations dans ces phénomènes si communs, avaient fait regarder les vomissements de la grossesse comme un phénomène de la sympathie nerveuse jusqu'à l'école de M. Bretonneau, qui y a vu un fait analogue aox vomissements par étranglement intestinal dans les hernies ou dans les volvulus. J'avoue que, jusqu'à nouvelle démonstration, je reste encore du parti des anciens. Je ne comprends pas
688 MALADIES DUES A UNE AUGMENTATION DE l'eXCITATION NERVEUSE.
trop comment on pourrait voir dans ces vomissemeots autre chose qu'un phénomène nerveux, n*ayant rien de mécanique, ni dans ses apparitions, ni dans ses suspensions, ni dans ses différences de grossesse à grossesse chez la même personne. Il suffit, pour renverser l'échafaudage de l'école de Tours, de faire remarquer que les vomissements delà grossesse débutent quelquefois dès les premiers jours de la gestation, quand le changement de volume de l'utérus est encore inappréciable, et que ces vomissements disparaissent très souvent après le quatrième ou le cinquième mois de la grossesse, justement quand le volume de l'utérus est devenu tel qu'il refoule et comprime tous les intestins. On sait d'ailleurs que ces vomissements ont lieu l'estomac vide aussi bien que quand il est plein, la nuit comme le jour, mais le plus souvent vers le matin ; qu'ils chassent de l'estomac les aliments, quand il y en a; des mucosités liquides et acidulées, quand la femme grosse est à jeun ; on sait que dans quelques grossesses, le repos, dans d'autres, au contraire, l'exercice, provoquent le vomissement. On ne peut ni le prévoir à l'avance pour certaines personnes, ni en pronostiquer la disparition, même avec l'aide de la médecine la mieux entendue.
Au moment de la parturition^ des vomissements annoncent couvent l'invasion sérieuse des douleurs. C'est par là que débutent un très grand nombre d'accouchements ; d'autres fois, le vomissement n'arrive que quand les douleurs se sont assez répétées pour dilater presque complètement le col de Tutérus.
\à éruption des règles^ surtout vers les premières menstruations de la jeune fille, est souvent précédée et accompagnée de vomissements tout à fait comparables aux vomissements de U .grossesse; ce fait, entre autres, me semble un argument important contraire à la théorie de l'école de Tours,
Enfin, dans d'autres occasions encore, l'utérus exerce sur l'estomac l'action sympathique dont je parle. Cela arrive, on le conçoit, dans les fausses grossesses, dans celles de môles ou d'acéphalocystes, et alors les choses se passent comme si la grossesse devait porter son fruit régulier; dans les cas de polypes utérins, de corps fibreux peu développés dans le même organe, ou même par le développement d'affections carcinomateuses du col de l'utérus ou du corps de cet organe, et sans que la
DBS V(Hll88BaiBMTS. 5S0
thèse cancéreuse en se développant ait matériellement envahi restomac , .
Ces faits, que la pratique de la médecine expose chaque jour sous nos yeux, montrent avec quelle facilité toute modification intéressant Tutérus réagit sur l'estomac» et provoque le vomis^ sèment*
Dans quelques cas particuliers, on remarque une action ana^ logue de certains autres organes. On sait, par eiemple, que le vomissement est très fréquent dans les opérations sur les yeux^ quand on blesse Tiris ; on voit des vomissements opiniâtres aecoropagner parfois le développement d*une cataracte ou d'une amaurose. i'ai connu une personne dont on ne pouvait pas net-* toyer les oreilles intérieurement, sans provoquer chei elle dea vomissements. Quelques rares sujets ne peuvent pas être chatouillés en certains endroits sans vomir.
Hais ces exemples curieux ne sont rien en comparaison des vomissements qui arrivent parce qu'on touche le pharynx^ la luette^ ou la base de la langue. Toutes ces parties, destinées & être incessamment en rapport avec des corps étrangers, des aliments plus ou moins mâchés, ne sont pas plutôt mises en contact avec un corps ou sec ou humide, ou mou ou dur, mais non destiné â être avalé, et les touchant brusquement sans préliminaires d'iosalivation et de mastication, que l'estomac se révolte et les efforts de vomissement ont lieu. Il s'y manifeste sans contredit une synergie providentielle, destinée à garantir l'estomac des invasions étrangères â ses fonctions, et offrant une ressource thérapeutique dont les médecins sauront tirer parti, quand ils voudront débarrasser les voies digesiives de quelques suhstancea rebelles à la digestion ou nuisibles à l'économie. Nous ne devons ici nous occuper de ce phénomène que pour le ranger parmi les vomissements de cause nerveuse.
Enfin, des vomissements nerveux arrivent toutes les fois que, par une cause quelconque, longue et intense ehlorose^ pertes sanguines ou trop considérables ou trop prolongées ^ maladies^ privations de toute espècCy flux quelconque excessivement aàondani^ l'économie est jetée dans une faiblesse extrême. Alors^ pendant que toutes les fonctions tombent dans un état de laiH gueur» le système nerveux acquiert une susceptibilité extrême j
6A0 MALADIES DUES A UNE AUGMENTATION DE l'eXCITATION NBMYEOSE.
et cette double condition de désordre se traduit pour restomac en vomissements qu'un rien provoque et renouvelle.
Dans ces conditions de détérioration progressive de réconomie, le vomissement n'est pas en général le premier signe qui se montre du désordre introduit dans les fonctions de l'estomac. Presque toujours les douleurs pendant la faim et pendant la digestion gastrique précèdent de plusieurs semaines l'apparition des vomissements. L'appétit, au lieu de se faire sentir comme instinct de manger, comme désir organique des aliments, devient une douleur précédant Theure du repas, une souffrance de plus en plus aiguë ressentie entre le creux de l'estomac et le dos» en même temps que les malades ont conscience ou d'une indifférence pour les aliments ou de leur séjour prolongé dans l'estomac ou même d'une révolte de cet organe contre l'alimentation, et le plus souvent contre l'alimentation qui leur conviendrait le mieux. Puis, après que leur raison a remporté la victoire sur ce malaise, et aussitôt que les matières alimentaires sont introduites dans l'estomac, vient une autre sensation pénible. Tantôt une sorte de tension, d'oppression, de gêne matérielle épigastrique comme si l'on avait placé en ce point un caillou, une pierre, une masse indigeste; tantôt une douleur vive comme une crampe, un tortillement violent et contre nature de l'estomac ; d'autres fois une sorte de déchirement de cet organe comme si on le tiraillait avec des griffes. Les choses vont quelquefois jusqu'à de violentes gastralgies; puis au bout de quelques heures, quand la digestion stomacale est finie,. les choses rentrent peu à peu dans l'ordre jusqu'au renouvellement de la fonction.
Les choses se maintiennent ainsi pendant quelques heures; mais si on n'y apporte pas un remède convenable, elles empirent et les vomissements ajoutent à la souffrance des malades une souffrance de plus, et un élément plus actif au dépérissement dont ils sont frappés.
Alors se présentent toutes les variétés de vomissements et de vomituritions dont l'espèce humaine est susceptible : les aliments plus ou moins digérés ; les sucs gastriques plus ou moins acides ; les mucosités plus ou moins fades et filantes ; la bile plus ou moins jaune, verte, noire ; tous ces corps, devenus étrangers.
DES YOMISSSIIBNTS. hki
sont rejetés suivant le moment de la journée, les habitudes du sujet, IMntensité et l'ancienneté du mal, l'intervention plus ou moins intelligente de l'art.
Rien n'est plus commun dans la pathologie nerveuse que d'observer des exemples de vomissements ainsi produits ; les jeunes filles chlorotiques, les femmes mal ou trop menstruées» disposées à la chloro-anémie ; les hommes qui leurs ressemblent à ce point de vue, en offrent à chaque instant des exemples.
Je me contenterai d'en rapporter ici un seul, parmi tous ceux que j'aurais pu choisir.
L'observation suivante a été recueillie par M. le docteur Dal Piaz, alors interne très distingué attaché à mon service en 185A :
Alexandrioe R..., fleuriste, âgée de dix-sept ans, est entrée à THÔtel- Dleu, salle Sainte-Marie, n* 11, le 31 décembre 1853.
Cest une jeune fille d'apparence grêle et chétive, mal réglée depuis plusieurs mois, et présentant à un haut degré Tapparence de tous les symptômes d*une profonde cachexie chlorotique. Ses premières menstrues, qui datent de trois ou quatre ans, avaient été d*abord fort abondantes, et d*assez bonne nature, au rapport de la malade; puis, successivement, elle a observé un changement notable à *cet égard , et la diminution du sang écoulé chaque fois, la perte progressive des forces avaient précédé les phénomènes pathologiques, qui Font en définitive forcée d*entrer à Thôpital.
Vers le mois de mars 1853, elle fut prise fréquemment de crampes d'estomac assez fortes pour lui arracher des cris. Ces douleurs durèrent à peu près deux mois; et le ù mal survinrent les vomissements qui la tourmentaient encore au moment de son admission.
D'abord ces vomissements suivaient chaque repas et se composaient des aliments qui venaient d'être pris ; plus tard ils se montrèrent ou Immédiatement après le repas, ou après un intervalle plus ou moins long, et alors on y voyait ou les aliments non digérés, ou de la bile, ou des liquides tantôt acides, tantôt visqueux et filants. 11 y avait des rémissions marquées, même de plusieurs semaines; puis les vomissements reparaissaient toujours avec les mêmes caractères et la même variation de nature.
Quand la malade vint à THôtel-Dieu, elle présentait tous les signes de l'aflection indiquée plus haut; elle était en outre d'une maigreur véritablement squelettique, et les vomissements très fréquents la faisaient rapidement dépérir.
Tous les organes, notamment les poumons, étaient sains.
Le médecin alors chargé du service tâcha de combattre ce symptôme ; ses efforts furent sans résultat, et je trouvai cette jeune fille, quand je me chargeai d'elle, dans l'état le plus grave.
Absence complète de menstruation depuis plusieurs mois; face verdâtre,
648 MAIJIDIES DUES A UNB AUGMENTATION DE L^EXCITATION NERtEOSB.
lèvres et gencives décolorées; faiblesse extrême ; maigreur époamiBtablt; vomissements incessants quand l'estomac était appelé ^ fonctionner; douleur épi^astrique très vive, surtout à la pression, et aussitôt que les aliments étaient arrivés dans la cavité gastrique; soufQe chlorotique très prononcé au cœur et aux carotides.
Je prescrivis immédiatement pour unique alimentation un peu de vlaade rètie de mouton et de bœuf, sucée plusieurs fois par jour, Tungequotidiea de quatre pilules de Vallet, avalées deux par deux aux repas, ud peu de vin dans la boisson et Tapplicatiou réitérée de vésicatoîres volants I répigastre.
Peu à peu ce régime et ces remèdes opérèrent sur la malade; elle était encore prise très souvent de ses vomissements; mais elle se toutenalt, peut- 6tre même avec un peu d'amélioration, quand^ le 1*' avril I85â, U lui survint tout à coup un autre accident Un énorme épanchement së fit 4èB$ la plèvre du côté droit, sans douleur, sans toux, sans autre symptôme qu'un peu de dyspnée. La percussion et Tauscultalion seules nous révélèrent le changement qui venait de se faire dans l*état de cette Jeune fille. D'ailleurs il n'y eut ni fièvre, ni modification dans les mouvemeat^^
Du très large vésicatoire fut appliqué sur le côté malade, et produisit rapidement un excellent effet, du moins relativement à Tépancbement; en trois ou quatre jours la plèvre fut débarrassée, et les choses reprirent, comme devant, leur train accoutumé. On revint au traitement commencé, et peu à peu on vit la malade reprendre de la couleur et des forces; les Aouleurs épigastriques diminuèrent, même pendant la digestion; les vomissements devinrent de plus en plus rares; on put augmenter impunément la quantité des aliments. Le pouls perdait progressivement de sa taollesse à mesure que la bonne digestion rétablissait les forces et les couleurs, et la malade sortit de rUôtel-Dieu le 7 mai complètement guérie de ses vomissements.
Il aurait fallu sans doute Ty retenir encore quelque temps pour se bien assurer que la chlorose aussi achevait de se guérir; et je l'aurais fait si j'avais cru que la continuation de mes aoiiis put équivaloir pour elle à l'exercice ou au grand air, «t i la vie active qui rappelait au dehors. Je lui conseillai à sa ' sortie la continuation des pilules ferreuses, et lui recommandai l'exercice.
Toutes les autres observations de vomissementa par chlorosa ressembleraient à celle-ci, avec les seules différences que produiraient Tàge, les conditions sociales, les habitudes des malades, et surtout la durée et Tintensité des douleurs, des crampes, des sensations pénibles gastriques qui précèdent, accompagnent ou suivent la digestion*
B» VOMItSBiaEIfTS. Sif
Je rwriendrti plus tard, en parlant du traitement bot les indieatioDft spéciales que fournissent ces éiéments divers de la maladie ; je n'en ai parlé ici que sous le rapport des vomissements^
Ce serait sortir de mon sujet que de parler des vomissements qui surviennent toutes les fois que la muqueuse stomacale est mise en contact immédiat avec des aliments en trop grande quantité ou d'une nature réfractaire, avec des poisons directs, avec de la bile remontant du duodénum, avec un mucus trop abondant, ou môme avec des gaz accumulés pendant la diges-* tion, ou à jeun, par une sécrétion de l'estomac, ou avalés par nne véritable déglutition, comme celle du docteur Montègre. Tous ces faits ou ressemblent i une distension mécanique, ou appellent une véritable irritation de Torgane ; et, dans l'un et l'autre cas, provoquent le vomissement par une cause différente de celles auxquelles je crois devoir appliquer la qualification de nerveuses.
Pour achever ce qui regarde les vomissements nerveux, et les eonditions dans lesquelles ils ont lieu, il nous reste à faire remar-» quer seulement ceci, que, suivant les individus, ils se montrent avec une facilité beaucoup plus ou beaucoup moins grande. Chez eertaines personnes, les causes les plus légères suffisent pour les produire^ chez d'autres, au contraire, il faut que leur action soit portée aussi loin qu'on peut l'imaginer. Une première impres* wm les provoque beaucoup plus facilement que les suivantes, attendu que parmi les causes ordinaires du vomissement il en est beaucoup qui se modifient par l'habitude : par exemple, toutes celles qui naissent des rapports que notre économie établit conti* puellement avec le mondeextérieur. Toutes celles qui proviennent 4u dedans se modifient beaucoup moins par le fait du temps.
Diagnostic. — Dans toutes les conditions organiques sur lesquelles nous venons de jeter successivement les yeux, on com-* prend qu'il n'y a pas de, règle générale à établir ni pour le dia-» foostic, ni pour le pronostic, ni pour la marche de la maladie. Deux choses seulement sont à faire : 1* reconnaître positivement le fait; 2* remonter à la cause qui le détermine.
La reconnaissance du fait est bien simple^ le vomissement a lieu, et quand le médecin ne l'a pas vu par lui-môme il peut très souvent se faire représenter les matières vomies ; il est ainsi
5iA 1IALÀDIB8 DUES À UNE AUGMENTATION DE l'eXCITATION linTBIJIfi.
presque toujours édifié sur les particularilés qui ont caractérisé le fait. Il n^y a guère de doute possible que quand il faut déterminer si certaines matières, du sang, etc., ont été vomies ou crachées. Mais les circonstances qui ont accompagné le vomissement et la nature des matières rejetées fournissent toujours des lumières suffisantes sur la nature de Taccident, toutes les fois que Ton est tout à fait hors du cercle des affections nerveuses, et le diagnostic |s*ciablit alors sur des faits et des règles fixes dont nous n'avons pas a nous occuper ici.
Pour déterminer, en second lieu, la nature nerveuse du vomissement qui s'est produit, on sera obligé d'en constater li cause, c'est un point qu'il faut toujours tâcher de bien éclairdr.
Pour arriver là, il est indispensable que le médecin soit mis par le malade, sincèrement et sans restriction, au courant de tous les antécédents, plus ou moins immédiats. Cette confessioo éclaircira d*abord tout ce qui regarde le dégoût, l'irritation, les émotions, les défaillances, les douleurs, la plupart des syiD|Mthies du cerveau, de l'utérus, des organes des sens, etparticih lièrement les excitations de la partie postérieure de la bouche, de la luette ou du pharynx.
Pour le reste, le médecin devra interroger avec soin tous les organes; rassembler, par exemple, tous les signes qui senieot capables de caractériser une méningite chronique, tuberculeuse ou non, compliquée ou non d'altérations propres au cerveau; se représenter au besoin tous les symptômes indiquant certiioi empoisonnements par les narcotiques ; réunir toutes les données capables de faire croire a une grossesse probable ou cerlaioe; s'assurer de la présence d'une altération organique de l'utérus oo de tout autre organe, quand les signes diagnostiques conduisent les probabilités de ce côté; examiner avec soin l'arrière-bouche, la luette, le pharynx, la base de la langue, et par-dessus tout s'assurer que le vomissement n'est causé ni par des aliments ea excès ou de qualité réfractaire, ni par des poisons directs, ni pir de la bile en excès, ni par des mucosités surabondantes ou des gaz accumulés dans l'estomac, ni par un rétrécissement naturel de l'œsophage.
Par ce diagnostic éliminatoire, on arrivera à une certaine somme de probabilités négatives qui ne peut manquer de mellie
DES VOMISSEMF.NTS. 5A6
e médecin sur la voie; il ne lui restera plus qu*à acquérir es données positives qui devront assurer sa marche. Pour obtenir ce résultat, il rapprochera les vomissements dont on ui parle, de ceux que certaines maladies pourraient occa- Tionner, ainsi que de la nature et des symptômes connus de ces naladies. Et s'il ne peut pas, avec toutes ces précautions, prendre un parti au moment môme, il ne tardera pas, par une observation bien entendue, à fixer une plus grande certitude dans son diagnostic et à formuler le meilleur traitement à suivre.
Il y aura d'immenses probabilités que les vomissements sont nerveux, s'il est d'abord bien démontré qu'ils ne dépendent d'aucune maladie de l'estomac, du cerveau ou des autres organes, dont les désordres matériels troublent et se font sentir surtout dans les fonctions du ventricule gastrique.
Les probabilités augmenteront encore en nombre et en valeur, si les vomissements se produisent sous l'empire des émotions les plus sûrement nerveuses; s'ils persistent chez des sujets que l*état de leur constitution rend nécessairement névropathiques; s'ils montrent les bizarreries, les variations, les inégalités de nature, de durée, de relations avec les autres fonctions que comportent presque tous les troubles nerveux; si, malgré leur durée, ils laissent l'économie dans une sorte de bien-ôtre et d'embonpoint satisfaisant ; si enfin on observe qu'ils sont de temps en temps remplacés, suppléés en quelque sorte par d'aube affections nerveuses.
Ces signes positifs, quand surtout ils se trouvent ensemble, ne doivent plus laisser de doute sur la nature essentielle et nerveuse du mal auquel on a affaire.
Pronostic. — Le pronostic sera fondé sur la nature, passagère ou tenace, de la cause des vomissements; sur son essence simplement nerveuse ou profondément organique. La marche de U maladie se réglera sur les lois bien établies dont le diagnostic ^ra donné la clef; les conséquences probables du mal que le inédecin devra prévoir, môme en dehors du pronostic du mofteot, dériveront tout naturellement des connaissances ainsi acquises. Le médecin s'attachera d'autant plus à se bien lixer sar tous ces points, qu^alors du moins, si la thérapeutique n'est
tâ6 MALADIES DUES A UNE AUGMENTATION DE l' EXCITATION NERVGCSC.
ni sûre ni puissante, le pronostic peut sauver l'honneur de Tart et de Tartisle.
Le pronostic des vomissements purement nerveux n'est prcsqac jamais d'une gravité mortelle. A moins que des désordres organiques ne le viennent compliquer, il est en général favorable. Les (roubles généraux de la constitution qui le causent le plus souvent, les douleurs et la gêne de digestion qui le précèdent et raccompagnent, les causes morales qui y donnent lieu, toutes ces conditions reconnaissent de bons moyens caratifs, soit dans une médecine bien entendue et bien conduite, soit dans l'action seule du temps et des distractions qu'il amène.
Il faut ajouter d'ailleurs que ce pronostic, en général pea menaçant au point de vue du danger concernant la vie» est beaucoup plus sérieux en ce qui regarde la durée du mal, les ennuis de toute espèce qui l'accompagnent, et les complications nerveuses qu'il peut amener, en raison de Taffaiblissement extrême qu'il doit naturellement produire dans l'économie. Sous ce rapport, et môme souvent sous celui des lésions matérielles qui en peuvent dériver, un médecin sage fera bien d'établir toujours ses réserves et, autant que possible, de se hâter dans l'emploi du traitement qui lui semblera le meilleur.
Traitement. — Les différentes conditions dans lesquelles les vomissements nerveux se présentent et que nous avons indi* quées exprès avec ([uelques détails, nous offrent chacune quelques indications utiles, quelquefois même des moyens de soulagement ou de guérison d'une grande efficacité, et dont on ne peut pas trop se hâter de faire usage.
Pour résumer utilement les indications, je crois qu'il importe de les classer, non pas dans un ordre méthodique, pathologi* quement parlant, mais dans une sorte d'ordre artificiel, fondé à la fois sur l'étude de la cause et sur les résultats d'une expérience bien faite.
Il me semble, par exemple, que nous passerons en renie toutes celles qui peuvent s'offrir a nous, en suivant l'ordre qo^ voici :
1* Vomissements qui arrivent brusquement, sans avoir M
DES VOMISSEMENTS. 6i7
prévus, et qui sont pour ainsi dire une surprise du système nerveux.
Tels sont ceux que causent le dégoût, l'exemple, les émotions, le mouvement circulaire, le loucher du pharynx, de la luette, de l'arrière-bouche. Tous ceux-là peuvent guérir déGnitivement par l'habitude. Il importe donc, quand on veut s'en débarrasser sans retour, de se vaincre dans les premiers temps ; et peu à peu ces vomissements n'arrivent plus. Tout l'art du médecin consiste à graduer les épreuves, de manière à gagner par degré l'insensibililé nécessaire. C'est la seule règle à suivre dans toutes ces espèces, et on arrive presque toujours assez facilement au résultat qu'on désire. Ainsi font, par exemple, tous les jours les chirurgiens, quand ils ont à pratiquer quelque opération sur les parties indiquées plus haut; ils réussissent assez bien, dans la plupart des cas, à prévenir le vomissement. Il y a plus, celte susceptibilité de certains organes s'use 1res rapidement. Pour peu qu'on revienne au contact qui provoquait le Toroissemenl, et qu'on y persévère, les parties s'y accoutument, et au bout de très peu de temps, ne montrent plus aucune espèce de répugnance. C'est ce qui a lieu à chaque instant dans les mêmes opérations, quand on est obligé de les fiîre ex abrupto. •
Ce que ces exemples prouvent pour le physique, est vrai et démontré aussi pour le moral ; les mêmes expériences ne peuvent pis être faites, mais les mêmes particularités s'y observent. L*habitude constitue souvent la tranquillité d'âme et d'estomac de ceux qui ont été souvent et violemment éprouvés par les émotions.
Quant à ce vomissement en lui-même, toutes les fois qu'il est produit par une des causes que nous venons d'indiquer, il ne deinande pas d'autre remède que l'éloignement de la cause, si b*est possible, et l'usage d'un peu de boisson capable de calmer le système nerveux; les antispasmodiques légers et un peu fortifiants, les bains, le repos conviennent mieux que tout le reste.
2* Une indication domine dans les vomissements de la seconde espèce, ceux où le système nerveux a en même temps reçu une grave atteinte, par exemple, dans les émotions excessives, dans
648 MALADIFS DUES A l NK Al GMFNTATION DE l'kXCITATIOÎî NKRYF.rSE.
les (léfaillnncos, dans cerlaines douleurs, dans quelques synergies du cerveau, comme celles de la migraine, du mal de mer; dans les sympathies de Tulérus, comme celles des règles, de l'accouchement; dans les états de langueur, tels que la chlorose, l'anémie, les affaiblissements de toutes les sortes. En tous ces cas, un air frais, abondamment renouvelé; de très petites doses, souvent répétées, d'une infusion de fleurs de camomille ou de feuilles d'oranger, acidulée avec du jus de citron, ou additionnée d'un peu d'éther sulfurique, ou tous autres agents analogues, suffiront pour produire une prompte guérison ou un soulagement immédiat.
Puis on institue le traitement radical de la maladie, suivant les remarques que l'on a pu faire sur l'état général, sur les causes appréciables qui sont susceptibles de ramener le vomissement; et on le gouverne d'après les règles que nous avons développées à propos de presque toutes les affections nerveuses générales.
Je demande la permission de citer une observation de vomissements nerveux, recueillie dans mon service de Beaujon par M. Caillault, mon interne :
Eugénie Monet, corsctière, âgée de dix-neuf ans, entrée le 25 mars \i^* d'un tempérament lymphatique et d'une sauté habituellement l'béli^^* ayant la peau, les yeux et les cheveux bruns. Malgré son âge et sa stature* qui est élevée, cette malade n*offre aucun dévelop|>ement mammaire et pis la moindre trace de menstruation. Elle nous apprend que deux sœur^ ses ainées, n*ont été réglées qu'après leur vingtième année, et que ieflf' menstruations furent très pénibles. Quant à elle, depuis Tenfance, eile^ très souvent indisposée; dans le courant du mois d'août 18^9, elle fiiip^ subitement d'un dégoiH invincible pour tous l(*s aliments, et de douleofs excessivement violentes dans la poitrine, l'abdomen et la n'*gion lombaire- Ces douleurs s'accompagnaient pres(|uc constamment de vomissements opiniâtres. Cet état dura environ un mois, disparut complétemeat povr reparaître plusieurs fols dans le cours de la même année. Le 12 mars 1850, notre malade fut subitement saisie de douleurs d'estomac très vives et de vomissements tellement intenses que, dans l'espace de quelques joors. aucune alimentation ne pouvant être supportée, ils causèrent à la malade une faiblesse et une prostration qui exigèrent son entrée à rhùpital.
L'examen de cette malade fit constater l'état suivant : pâleur excessive; amaigrissement considérable; flèvre légère; langue normale; constipatioii habituelle. La poitrine ne présentait aucun caractère pathologique apprt* l'iable. L'abdomen n*offrail pas de sensibilité îi la pression dans sa réfWi
iuférieure ; mais répigabtrc» la région des fausses eûtes gauches et le côté gauche des apophyses épineuses, k la hauteur des six dernières vertèbres dorsales, présentaient une sensibilité exagérée à tel point qu*un contact, même léger, provoquait de vives douleurs. Léger souffle carotidien. Les aliments solideset liquides étaient également rejelésdans les vomissements. (Potion de Rivière, quatre pilules de Vallet; magnésie, 2 grammes.)
Après quelques jours de ce traitement, les vomissements devinrent moins fréquents, la malade put s*alimenter légèrement ; mais les douleurs névralgiques de Tabdomen et du dos n*offrant aucune amélioration, je prescrivis un vésicatoire d*une grande dimension sur toute la région épigastrique et 3 centigrammes de chlorhydrate de morphine pour pansement. On vit avec atisfaction chez notre malade les douleurs névralgiques cesser instantanément et complètement après rapplic^tion de la morphine. En outre, les vomissements qui, sous influence de la médication générale, avaient notablement diminué, furent, à partir de ce premier pansement, radicalement guéris.
Par pure précaution, on continua les applications de morphine pendant deux jours. La malade séjourna dans nos salles une semaine entière après sa guérison, et sortit le 2li avril, sans avoir eu de nouveau un seul vomissement.
3« Dans les affections organiques produisant le vomissement par sympathie, dans les méningites chroniques ayant des résultais analogues, dans les grossesses, la médecine du vomissement ne prend plus qu*un rang secondaire; la première -place appartient manifestement à la fonction dont le trouble occasionne immédiatement le symptôme. Il faut dire cependant que celle affection secondaire réclame souvent une grande part du traitement, parce que: l'Ic vomissement est une cause notable de souffrance, de privation el de malaise pour les malades; 2** il ^èoe, à la longue, un dépérissement très fâcheux, et quelquefois même mortel, à cause de la cessation complète de la digestion, comme j*ai manqué moi-même d'en fournir un exemple; '* enfin, parce que, dans les cas les plus graves et les plus incurables, c'est encore la médecine palliative la plus heureuse pour ie malade, et la plus satisfaisante pour le médecin.
[ Les vomissements incoercibles sympathiques et nerveux de h grossesse deviennent quelquefois pour le médecin et pour les familles, un motif de sérieuses inquiétudes; la science n'est pas en possession de moyens infaillibles d'en avoir toujours raison, et sans vouloir traiter à fond cette importante question thérapeutique, je crois cependant utile d'en dire quelques mots.
Orj ne sait encore aujourd'hui par quelle cause physiologique ce vomissement se produit, s*il rêsulle de Taclion directe de l'utérus sur l'estomac par l'entremise des nerfs splanchniques, ou d'une action indirecte et réflexe sur le pneumogastrique lui-même, par circulation récurrente ou de retour. Quoi qu'il en soit, le premier soin du praticien doit être de vérifier dans les premiers mois de la grossesse, alors que la matrice n'a pas encore dépassé le détroit supérieur, si une fausse position du corps ou des altérations du col n'en seraient pas la cause immédiate; car on s'efforcerait en vain de calmer les vomissementS|Si l'on ne remédiait tout d'abord à la cause matérielle qui les produit. L'observation publiée par M. Briau en 1856, prouve l'utilité de cet examen préalable. Il s'efforçait en vain, ainsi que M. Moreau, à calmer des vomissements incoercibles attribués à une grossesse, lorsque l'examen des parties leur ayant démontré qu'ils étaient dus à l'enclavement du corps de l'utérus dans la concavité du sacrum, ils le dégagèrent, et se rendirent immédiatement maîtres des vomissements.
Les vomissements incoercibles pendant la grossesse, ont une cause principe, l'état de gestation; puis des causes secondaires dépeiîdant de l'estomac, des fonctions digestives. Nous pouvons nous opposer aux suites funestes de ces vomissements, lorsque tous nos moyens sont impuissants, en remontant a la cause première, en arrêtant le libre développement du fœtus. Je ne discuterai pas la question de savoir si la délivrance artificielle est ou non licite; à notre conscience seule appartient, suivant lei cas» la responsabilité d'user de celte ressource extrême.
La grossesse chez certaines femmes provoque la convulsion de l'estomac, en troublant les fonctions digestives, et bienlôlla perversion des digestions engendre elle-même un état gas* tralgique spécial dont le vomissement est la conséquence; il faut bien qu'il en soit ainsi, puisque l'état de gestation rei^ tant le même, le vomissement guérit par un traitement ap* proprié.
Les recueils abondent en observations de vomissements ÎDCoercibles pendant la grossesse, coïncidant avec une sorte d*embirras gastrique et d'état saburral ; bouche fade, pâteuse, langue jaunâtre à la base, salive épaisse, anorexie, plénitude et pesanteur
DK8 VOMISSEMENTS. 561
riques, nausées, vomissement!^ séro-muqueu\ incessants, lipatiou, apathie, tristesse, tels sont les signes annonçant la malade obéit en quelque sorte à un doul)ie besoin de ir, Tun essentiellement nerveux, Tautre plus essentielîot digestif. Dans ces cas, le vomissement provoqué est un mode de traitement; il est sollicité, désiré; vomitus vomitu Uur: aussi faut-il ordonner d*abord de l'émétique en lavage,
associé au sulfate de magnésie. Celte médication détermine vomissements fréquents, des évacuations abondantes, bientôt jomac supporte et digère des aliments qu'il rejetait d'une lière absolue quelques jours auparavant. M. le docteur Fougeu îiampes) a ainsi arrêté chez plusieurs femmes enceintes dess ii$semenls incoercibles {Gazette des hôpitaux^ 1857). li l'observation et le raisonnement n'avaient pas conduit i ibattre le vomissement par le vomissement lui-même, le hasard ■saurait conseillé de le faire. M. le docteur Bertrand (jBti//9/m thérapeutique y 1850) rapporte qu'une de ses clientes, sujette luis longtemps à des vomissements nerveux que rien ne pout arrêter, en a été complètement guérie dans une traversée,
un violent mal de mer qui aggrava momentanément aa ladie.
k a conseillé, dans ces dernières années, les préparations ées contre les vomissements incoercibles de la grossesse, le docteur Eulenberg préconisa d'abord l'usage d'un gramme teinture d*iode dans 5 grammes d'alcool rectifié, dont il tiit prendre trois gouttes chaque jour dans un peu d'eau. Becquerel eut plus tard recours à une potion composée de I grammes d'eau, 10 gouttes de teinture d'iode, et 50 centiunmes d'iodure de potassium, prise en deux fois, matin et r; enfin H. Masson (d'Ardres) et M. Buisson ont également ^jfé des vomissements semblables à l'aide des mêmes prépa^ ions.
ajoutons encore que l'hydrothérapie employée sous une forme s simple (application d'une serviette trempée dans l'eau froide le creux épigastrique), peut être une utile ressource; H. le iteur Dezon a publié trois faits de guérison par ce moyen dans Progrès de M. Fleury, 1858. De la glace pilée et contenue is une vessie serait peut-être encore plus efficace.
562 MALADIES DUES A UNE AUGMENTATION DE L*E!lGITATIO?f NERVEUSE.
Je cite ces faits sans leur donner plus d*imporlance qu'ils n'en méritent. Nous sommes parfois, en pareilles circonstances, tellement dénués de ressources, que nous ne devons pas oublier les moyens mêmes empiriques. M. Gazeaux, dans un cas de vomissements qui mettaient la vie en danger, permit à la malade, qui en manifestait le désir, de boire du cbampagne, et le vin mousseux eut plus d'eflicacilé |que tous les remèdes conseillés; la malade guérit, et mena sa grossesse à bon terme. ]
/i<> En deliors des trois conditions importantes que je viens de rappeler, et uniquement au point de vue essentiel des vomissements, on a conseillé />oî/r tous les cas des remèdes de toutes sortes. Je n'en connais pas qui réussissent toujours, même dans une de ces conditions morbides bien déterminées; je les ai vus tous produire, au moins pendant quelque temps, une suspension dans les accidents.
Voici ceux que j*ai employés: un peu d'eau à la glace; de petits morceaux de glaces sucés-, quelquescuillerées à café de sorbet à la vanille; un peu d'eau gazeuse, tantôt avec, tantôt sans la présence du bicarbonate de soude ou du carbonate de chaux et de magnésie ; la potion diteanti-émétique de Rivière prise par pe tites doses et avec soin ; deux, trois, quatre milligrammes de sel de morphine répétés tous les quarts d'heure; des applications froides sur l'épigastre; des emplâtres narcotiques sur la même région ; des frictions avec une pommade contenant à peu près un vingtième de son poids de belladone, et étendue sur tout le ventre; des bains simples, ou gélatineux, ou chargés de trois cents à cinq cents grammes de bicarbonate de soude; quinze à vingt-cinq centigrammes de poudre de Colombo; une potion très légèrement stibiée et narcotisée.
Ce dernier moyen réussit souvent dans le vomissement nerveuxqui accompagne certaines toux violentes ; les bainsde toutes sortes sont utiles quand le système nerveux est fort excité, ainsi que les frictions de belladoneet ensuite des autres narcotiques; les applications froides conviennent quand on n'a pas à craindre les résultats de cette température ; les prises de morphine, dans les vomissements par migraine, par mal de mer, par vive sympathie cérébrale ; la potion anti-émétique de Rivière, les eiui ga/euses, quand le vomissement devient une habitude, quand il
bËS PALPITATIONS. 5611
faut réveiller un peu les foDctions digestives, quand le malade a besoin d*ètre excité; c*esl dans ces derniers cas surtout que les boissons à la glace seront convenables et utiles. L^intelligence du médecin devra surtout l'inspirer, au milieu de toutes ces indications.
D'ailleurs son choix sera quelquefois imposé par des désordres matériels locaux joints aux troubles nerveux. Bien souvent la présence de corps étrangers, de mucus, de bile, de gaz dans l'estomac, l'obligera à certaine action thérapeutique plutôt qu'à certaine autre. Il ira au plus pressé et s'en trouvera presque toujours bien.
Je ne dirai rien ici des vomissements excessifs produits par des empoisonnements narcotiques, ou résultant des intoxications par les veines. Ces questions seraient tout à fait en dehors de mon sujet ; on doit s'occuper alors de tant d'indications sérieuses, avant de penser a guérir le vomissement, que ce n'est pas ici la place d'en traiter.
En résumé, Tétude des causes donne presque tous les renseignements utiles pour le traitement des vomissements sympathiques, soit qu'il faille s'adresser directement au trouble nerveux de l'estomac, soit qu'il faille chercher sa thérapeutique ailleurs que dans le système nerveux. J'ai déjà fait cette remarque bien des fois à propos d'autres symptômes de semblable nature. Je n'ai pas besoin d'y insister davantage.