NÉVRALGIE DORSO-INTERCOSTALE
OU les divisions répandues dans les muscles, ainsi que cela a lieu dans ce qu'on a improprement désigné sous le nom de pieurodynie et de rhumatisme musculaire. Dans ces cas, le malade a conscience de cette hyperesthésie par le seul fait du mouvement respiratoire des parois thoraciques. Quand, au contraire» la névralgie est de nature hystérique, la douleur ne se manifeste spontanément qu*à de certains moments, pendant l'exagération de l'état nerveux, aux approches et pendant les époques menstruelles : en dehors de ces conditions, en temps ordinaire, Talgésie pour être perçue doit être provoquée par la pression ou par de brusques mouvements du tronc; ainsi, il suffit d'appliquer le doigt sur la masse musculaire des gouttières vertébrales dorsales, pour éveiller immédiatement chez les hystériques une douleuVvive, aiguë, qui fait tressaillir la malade. Cette douleur a son siège principal entre les cinquième et neuvième espaces intercostaux, tant en arrière que sur les parois thoraciques latérales, en avant, au-dessous de la pointe du cœur, vers la région épigastrique et dans les insertions des muscles droit et obliques. La névralgie dorso-intercostale se manifeste plus fréquemment à gauche qu'à droite, suivant en cela la règle commune aux accidents nerveux qui compliquent l'étal hystérique.
Celte hyperesthésie peut d'ailleurs occuper une très large surface, et quelquefois la moindre pression exercée sur un des points de la paroi thoracique postérieure la développe et l'exalte jusqu'à l'hyperesthésie. Elle existe en môme temps, dans ces cas, dans la région sus-ovarienne, et nul doute ne peut rester dans Tesprit sur sa nature hystérique, quand on l'observe en môme temps sur ces diverses régions.
Certaines malades, en proie aux spasmes hystériques avant ou après les accès convulsifs, souffrent à un tel point de cette névralgie, qu'elles compriment ou frappent avec énergie les surfaces douloureuses, surtout les régions épigastrique et mammaire, dans le but de se procurer quelque soulagement.
L'hyperesthésie intercostale est un des symptômes concomitants de la phthisie et des maladies du cœur: elle occupe dans ces CQS un point Gxe, elle est en quelque sorte permanente, et une observation superficielle pourrait ne faire voir là qu'une simple
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atfection nerveuse, mais les alléralions organiques des poumODS et du cœur éclairent le diagnostic. Je reconnais, du reste, que certains états nerveux avec chloro-anémie, gène de la respin* tion et amaigrissement progressif, ont pu donner le change, faire croire à une affection tuberculeuse et jeter le médecin dans une fausse voie de traitement. Je crois cependant inutile, malgré ces difGcultés passagères dans le diagnostic, de mettre en relief les caractères propres à tous les accidents nerveux qui se rapprochent de la névralgie intercostale; la description que j*ai faite des symptômes, la distinction que j*ai établie entre Thyperesthésie hystérique, et cette autre hyperesthésie moins permanente qu*on a décrite sous les noms de pleurodynie et de rhumatisme musculaire, me semblent diminuer les ineertitudei qui pourraient exister dans les esprits et offrir une base ratioDnelle au traitement.
Divers auteurs, ainsi (|ue nous Tavons déjà donné à entendre, ont attribué la névralgie dorso-intercostale à des lésions organiques dont Fanatomie pathologique pouvait, selon eux, donner Texplicalion. Los uns l'ont rapportée à une altération de la moelle, d'autres à une irritation spinale. Nicod y a vu une ioilammation du névrilème ; Siebold, une altération des branches nerveuses. Nous n'entreprendrons point ici d'examiner etderéfuter leurs opinions, la nature de cet ouvrage ne nous permet pas de i]ous engager clans des discussions de ce genre ; nous nous bornerons à dire que les raisons mises en avant par ces divers auteurs a Tappui de leurs afOrmations^ ne sont riei moins que concluantes, et quant aux témoignages de FaDitomie pathologique, nous en contestons purement et simplemeat la réalité.]