‹ Traité pratique des maladies nerveusesChapitre 75 sur 96 · NÉVRALGIE DU PLEXUS BRACHIAL · texte numérisé non relu

NÉVRALGIE DU PLEXUS BRACHIAL

bilité, avant de fixer notre attention sur l'atrophie musculaire, que la pression exercée sur le nerf cubital à son passage entre Tépitrocblée et rdécràne, calme quelquefois les douleurs développées vers la faceiuterue du petit doigt, et, phénomène digne de remarque, que la peau des points hjperalgésiés sur les quatre membres sent à peine les piqûres d'épingle. Le malade perçoit alors une sensation de contact, mais non de donkur, ce qui n'a pas lieu sur les autres parties du corps où la piqûre est douloureuse et très nettement sentie. Quant aux troubles de la sensibilité qui préside aux fonctions de la caloricité, et à ceux de la conscience double ou simple que donne l'application des branches d'un compas, pbénomèue dontA\eber a donné la mesure physiologique, ce que nous aurions à en dire n'aurait qu'un intérêt secondaire.

J'ai noté plus haut que le système musculaire avait été frappé d'une sorte d'airophie générale, mais l'atrophie locale liée intimement à la névralgie brachiale doit surtout fixer mon attention. Les avant-^bras ont subi un amaigrissement incomparablement plus développé que celui des autres régions du corps, ils sont aplatis et ne mesurent au compas d'é« paisseur, que 45 millimètres pour le bras droit, et 51 millimètres pour le bras gauche. L'atrophie est encore plus prononcée aux muscles des mains. Ceux des éminences thénar et hypothénar ont en quelque sorte disparu, particulièrement le premier interosseux dorsal. Il va sans dire que la force développée dans les mouvement d'extension et de flexion des doigts, a subi un affaiblissement en rapport avec le dépérissement des mosdes ; le malade peut d'autant moins se servir de ses mains que l'obligation de maintenir les objets saisis devient une cause de vives douleurs. Le sens d'activité musculaire est d'ailleurs conservé, et les membres supérieurs jouissent de toute leur liberté dans l'ensemble de leur motilité» L'atrophie des muscles des membres inférieurs est relativement plus marquée que celle des muscles du tronc, mais elle est loin d'être compa* rable à celle des avant-brasel des mains. Aussi le malade peut-il se lever et marcher, bien qu'il ne soit pas en état de supporter une notable CaUgue.

Traitement, — Je crois inutile d'exposer longuement les diverses médications qui ont été ordonnées à ce malade par les médecinsqui l'ont traité, Unt à son domicile qu'à l'hôpilal de la Piiié, où il a fait un séjour de quelques semaines. 11 me sufTira de dire qu'il a subi le traitement aniinévralgique sous toutes ses formes sans en avoir éprouvé aucun soulagement. De nouveaux essais ont été tentés en ce sens, i)endaut les premiers mois du séjour du malade ù la Charité, de décembre 1857 au mois d'avril 1858^ et toujours sans résultats. Â cette dernière époque ,

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M. Rayer, espérant qae cette névralgie serait avaotageasemeni modifiée par le courant électrique, et désirant d'ailleurs apprécier quel serait rdet du courant continu et du courant interrompu, ordonna rappUcatîoodei chaînes électriques sur Favant -bras droit, et celle du coorant interronpi provenant d'une machine galvano-électriquc sur le bras gauche, le pi» sérieusement affecté, tant sous le rapport des douleare qne soos ceW de Fatrophic. Les chaînes, au nombre de deux, étaient conslamoieat enroulées autour de Tavant-bras droit, et trempées deux fois par jov dans une solution acétique, dans le but d'entretenir une plus grande énergie dans la force du courant. Bientôt les chaînes déterminèrent de petites brûlures au pôle zinc, pendant les premières demi-heures dekor application. On obvia à cet inconvénient en interposant entre le pôle de la chaîne et la peau du malade quelques rondelles de toile; maii dans l'un comme dans l'autre cas l'action médicatrice fut impuissante; b douleurs et l'atrophie restèrent les mêmes.

Le courant interrompu était appliqué tous les matins pendant l'espxf de dix à quinze minutes, et ne procura pas au malade un soulagemeiit plus marqué; il n'eut d'autres résultats qne d'arrêter momentanénieiM l'atrophie musculaire. Au bout d'un mois, le courant continu fut compléleinent abandonné h la demande du malade : le courant interrompu qai semblait réveiller la nutrition musculaire fut encore appliqué pendant m second mois, mais l'amélioration restant à la fln complètement statioanairc, il fut a son tour également abandonné après quinze jours de $Utu quo. On remplaça le courant électrique interrompu, par un courant généralisé, d'après la méthode de M. le docteur Dropsy. Ce nouveau mode d'électrisation dont des malades affectés de paraplégie éprouvaient des effets avantageux parut d'abord apporter un notable soulagement an douleurs, mais cette impression produite tout autant par rimaginalioi que par l'électricité ne fut pas de longue durée, et le courant électrique interrompu et généralisé fut de nouveau abandonné après un mois et tentatives infructueuses. — Au mois de juin M. Rayer ordonna l'application de quelques boutons de feu sur le rachis, au niveau des goottières des quatre dernières vertèbres cervicales, et de la première dorsale, dans le but d'agir sur le plexus brachial ; mais aucune améiioralÎBi n'en fut la conséquence.

Le malade a pris depuis un mois des pilules de Sédillot, et de h tiiaae de Feitz. L'iodure de potassium vient de lui être ordonné comme cooi* pléinent d'un traitement antisyphilitique, eu égard aux accidents spédliqiics que j'ai mentionnés au début , et il paraît s'en bien tnwrcr.

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M. BonneQn, qui a soumis le malade au courant interrompu, m*a communiqué ses notes, et j*ai pu, grâce à son obligeance, rendre beaucoup plus complète celte observation qu'il insérera dans sa thèse.

J'emprunte encore a la thèse manuscrite de M. BonneGn les deux observations suivantes de névralgie brachiale, tout incom* plètes qu'elles sont.

Le nommé Pierre Camu, né à Reims, âgé de viugt-cinq aus, ouvrier terrassier, entre à Thôpitai de la Clinique, le 6 décembre 1856.

Il habite Paris depuis trois ans, a eu Tan dernier une fièvre typhoïde qui Ta retenu trois mois à Thôpital de la Pitié. Il n'avait eu antécédemment aucune autre maladie.

Il habitait au mois de septembre dernier, une chambre dans un hôtel garni récemment construit, et tellement humide qu'il éprouvait du frisson en y entrant. Son lit était placé à côté d*un mur humide et qui, pour cette raison, n'avait pu encore être recouvert de papier.

Quelques jours après son installation, il ressentit en s'éveillant dans répaule droite, celle qui était placée du côté du mur, une pesanteur avec gêne dans les mouvements, depuis lors cette gêne a augmenté in- .sensiblement, et c'est pour ce motif qu'il est entré à l'hôpital.

Ce malade est d'une constitution robuste, d'un tem|)éramcnt bilieux. Il se plaint de douleurs dans le cou et dans le bras ; ces douleurs sont continues et augmentées par les mouvements; il éprouve, en outre, de temps à autre des élancements. Ces douleurs et ces élancements auraient débuté dans le cou, puis seraient descendus sous l'aisselle où ils ont déterminé une sensation analogue h celle qu'on éprouve quand on se frappe le coude.

On exaspère la douleur par une pression exercée : l'^ au cou, à la hauteur de la troisième vertèbre cervicale; 2*" au-dessus de l'articulation scapulo-humérale; 3*" vers le tiers inférieur et externe du bras. Les muscles ont conservé leur volume normal, mais le malade ne peut soulever son bras. Il n'y a point d'hypereslhésie dans les autres parties, point d'anesthésie ni d'analgésie: les douleurs lancinantes sont plus fréquentes la nuit que le jour.

Traitement. — Application sur les points douloureux de vésicatoires pansés avec l'hydrochlorate de morphine.

Le 8 décembre, les douleurs sont à peu de chose près les mêmes. Douches froides sur la nuque et l'épaule droite.

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Le 10, même état, même prescrîplîoD.

Le 15, les douleurs prennent une acuité plus grande. Vé«catoire embrassant toute la nuque, qui procure quelque soulagement, mais la èw leur se fait sentir dans les deux premiers doigts. Des applications de mtvphine la calment, bien que les mouvements du bras soient gênés et soa élévation à peu près impossible.

Le malade reste ensuite en observation, prenant de deax jours Tob des bains sulfureux.

Le 10 janvier, ne voyant pas d'amélioration, il réclame sa sortie, soos prétexte de retourner dans son pays. À ce moment, les douleara localisées dans le cou et dans le bras sont à peine perçues, mais le deltoïde ert sensiblement atrophié, surtout si on le compare à celai do côté oppoié. Les muscles du bras droit affecté, moins volumineux que ceux do bras gauche, et notablement amaigris, n*ont pourtant pas subi une atrophie comparable à celle qui a frappé le delto!de.

L'autre observation rapportée par M. Brown-Séqaart, concerne va malade qui, ayant fait naufrage pendant une traversée, sabit, dans lehn de se maintenir h flot, un morceau de bois auquel il se tint crampoaaé des deux mains pendant très longtemps. La contraction énergiqoe et fiie des muscles fléchisseurs fut suivie d'une affection néyralgique des deux bras, pulsd*uneatrophiecomplètedesmu8clesqui résista quelques asoéei plus tard à tous les traitements essayés, y compris la galvanisation.

Dans robservalion suivante la paralysie a précédé Tatrophie musculaire, mais, comme la névralgie a marché de pair avec les troubles fonctionnels des nerfs moteurs, le fait dans son ensemble mérite d'être mentionné.

M. y... , professeur, ressentit en 1834, i Tâge de vingt-sept ans, dus Fépaule gauche, une douleur modérée dont il souflTrit durant qneiqocs mois, et qui disparut d'elle-même sans qu'aucun remède eût été empîofé ni aucune précaution prise pour en diminuer l'intensité on en ameacrb guérison. Cette douleur sembla h M. Y..., avoir un caractère rbomiti»mal, et il en vit la cause dans cette circonstance que, peu de temps mptravant, le toit de la maison qu'il habitait ayant été partiellement décotvert pour l'exécution de certaines réparations, le mur près duqodsoift était placé avait été mouillé par la pluie, de sorte qu'il avait I soi couché quelques nuits le long d'un mur humide.

Il s'écoula ensuite plus de dix ans sans que cette douleur se fît de veau sentir; mais vers la fln du printemps de 1845, elle réparât avec jte

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