AFFECTIONS INTERMITTENTES PÉRIODIQUES
paraître d'une manière certaine cet étal général, avait toujours une influence favorable sur ces symptômes, quelquefois assez firaves pour compromettre la vie. Dans ces faits, que je rencontrai au nombre de huit, la médication arsenicale m'a donné les plus heureux résultats.
L'acide arsénieux fait diminuer le volume de la rate d'une manière constante, il relève surtout la force des malades; il ne tarde pas a leur donner un très grand appétit, et, par suite, un embonpoint particulier, avec fraîcheur rosée des tissus, fait 9i bien connu depuis longtemps en Allemagne. L'acide arsénieux a en outre la propriété opposée à celle des pré[)arations iodées : loin d'atrophier les glandes, il en augmente considérablement le volume. Parmi les accidents conséculifs qu'il m'a été permis de faire disparaître avec une promptitude et une sûreté qui m'ont étonné au dernier point, il en est un contre lequel les préparations de quinquina échouent fréquemment et pour lequel Tacide arsénieux a agi d'une manière toujours efficace : je veux parler des iniiltrations séreuses dans l'abdomen, de l'ascite, si difficile ordinairement à guérir. Dans un cas notamment, l'acide arsénieux a présenté une efficacité véritablement des plus surprenantes. Un militaire, homme de confiance du colonel, affecté depuis deux ans et à plusieurs reprises de fièvres intermittentes, Il avait pu se débarrasser de cette fièvre par le sulfate de quinine ; des accidents de cachexie paludéenne étaient arrivés à un deirré considérable; les jambes étaient enflées, une grande quantité de sérosité était épanchée dans le ventre, la rate était énorme, le foie notablement augmenté de volume, la face pâle, terreuse, la perte de l'appétit absolue ; cet homme avait presque renoncé à sa guérison. La médication arsenicale triompha en moins de six semaines de toutes ces complications ; sa santé revint des plus brillantes, et il sortit de l'hôpital après un séjour de deux mois, plein de force et de vigueur, n'ayant plus aucun des accidents consécutifs à Tintoxication paludéenne. Plusieurs autres faits sont venus se joindre à celui-ci, et m'ont prouvé que beaucoup de fièvres qui avaient complètement résisté a l'influence du quinquina, et qui, par conséquent, étaient arrivées à produire des symptômes de cachexie paludéenne, pouvaient être fériés par l'emploi raisonné de l'acide arsénieux. Ces observa-
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lions ont pour la thcrapeulique de celle afleclion une très grande valeur et méritent d'être prises en considération par les méde* cins de la manière la plus sérieuse.
Il est une recommandation bien importante que Thono* rable médecin du Roule fait pour assurer Taclion de Tacide ar«sénieux: c'est d'insister sur la nécessité d'ajouter au traitement un régime fortement nutritif. Les malades subissant l'influence du traitement arsenical doivent manger la portion entière, et, dans certaines circonstances, peuvent subir une espèce d'entratnemenl alimentaire. J'ai suivi avec soin cette recommandation, sans y attacher cependant une importance énorme pour la réussite du traitement. Celte copieuse alimentation était, dans la plupart des cas, d^aulant plus facile à prescrire, que le traitement par l'acide arsénieux excite au plus haujt degré l'appétit. L'alimentation peut avoir pour résultat de maintenir Tabsorplion des préparations arsenicales dans des limites modérées, ou du moins de prévenir les accidents que pourrait déterminer l'ingestion de quantités un peu élevées. L'acide arsénieux, pris à la dose que j'ai employée, peut être supporté pendant plusieurs mois avec une grande facilité. Dans le cours de ces expérimentations, trois malades, chez lesquels je fus obligé de continuer pendant longtemps l'emploi de l'acide arsénieux, virent se dé* veiopper à un degré remarquable l'état d'embonpoint que nous avons déjà signalé. Ces malades, qui étaient maigres et jaunes, ne tardèrent pas a engraisser sensiblement, et leur peau prit en même temps une teinte rosée et transparente que je n'avais jamais observée. Je dois ajouter que dans cet état je ne constatai dans les vaisseaux aucun bruit de souffle, qui pût faire croire à un état particulier de chloro-anémie accidentel. Les malades disaient eux-mêmes se sentir forts, vigoureux et bien portants. Nous devons encore noter un fait bien digne d'attention : c'est que tant que la fièvre dure, la tolérance du médicament est complète ; dès que le malade n'est plus sous l'influence de la fièvre, il y a tout de suite intolérance. Les doses doivent être rapidement diminuées : il y a même indication de cesser aussitôt l'emploi du médicament administré aux doses qui ont de l'influence sur les accès.
La seule précaution que j'aie prise pour prescrire la liqueur