‹ Traité pratique des maladies nerveusesChapitre 9 sur 96 · AFFECTIONS INTERMITTENTES PÉRIODIQUES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS INTERMITTENTES PÉRIODIQUES

(ebrifuge, c*est de la faire administrer en dehors des accès de fièvre. Je n*ai pas remarqué, comme pour le sulfale de quinine, qu'il y eût grand avantage de donner le remède longtemps avant Taccès qui devait arriver, c'est-à-diro immédiatement après Taccès qui venait de se passer. Le moment d'élection, pour M. Boudin, serait celui qui précède de cinq à six heures le paroxysme fébrile.

La dose du médicament sera diminuée progressivement, a mesure que la guérison s*opérera, et le malade devra, pendant au moins une quinzaine de jours ou trois semaines environ, continuer a prendre une très petite quantité de liqueur fébrifuge, soit de 2 à i milligrammes par jour.

Je crois qu'il est important de donner tout de suite une dose convenable, fût-elle même un peu forte, pour diminuer immédiatement cette quantité, après avoir obtenu, ce qui est à peu près constant, la disparition complète de l'accès qui devait se manifester. ) ]

Il y a encore un moyen sur lec^uel je me crois autorisé à appeler l'attention des praticiens, je veux parler de la ligature des membres.

Je me garderais bien de recommander cette pratique, comme on l'a fail, indistinctement pour toutes les fièvres, |>our toutes sortes d'accidents périodiques. Je dois affirmer, au contraire, que contre les fièvres intermittentes ordinaires, l'expérience a prouvé pour moi l'inutilité de ces ligatures, vantées d'abord par les Américains. Mais je suis autorisé à affirmer aussi, d'après l'expérience, que la ligature d'un membre peut prévenir très bien le retour de certains accès. Ce résultat heureux arrive surtout quand l'accès débute par une douleur, un tremblement, une sensation particulière quelconque dans un membre déter* miné. Dans ces cas, une ligature serrée at-dcssus du point de départ peut très bien supprimer le reste de Taccès. J'en ai eu dernièrement sous les yeux une preuve remarquable. Une malade était entrée dans mon service, à l'hôpital Ueaujon, pour une affection névralgique des plus rebelles. Cette malade était en même temps éminemment chlorotique. Pentlantle traitement auquel je l'avais soumise, au double point de vue de la chlorose et de la névralgie, elle fut prise sous mes yeux d'une

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sorte d^épilepsie périodique. Tous les matins, elle éprouvait dans la jambe et la cuisse du côté gauche une douleur particulière, suivie de tremblement ; puis elle était successivement envahie dans tout le corps par des convulsions épileptifornies, suivies de perle de connaissance et d'écume a la bouche. Cette femme n'avait jamais eu d'attaque d'épilepsie. J'étais présent quand le troisième accès débuta ; je lui appliquai immédiatement sur le haut de la cuisse gauche une ligature extrêmement serrée, et l'accès fut brusquement arrêté. Le même moyen, employé de la même manière plusieurs jours desuile, obtint toujours le même résultat, et cette malade, sans autre remède antipériodique, fut ainsi débarrassée de ces accès intermittents et réguliers de convulsions. La névralgie et la chlorose cédèrent peu à peu, et, au bout d'un mois à peu près de traitement, elle put sortir de l'hôpital parfaitement bien portante. Il y avait plus de dix-huit mois que l'affection névralgique avait commencé, et la tenait incessamment à la torture.

[ La thérapie antinévrosique s'est enrichie, dans ces dernières années, de puissantes ressources empruntées à l'action à la fois hyposlhénisanle et stimulante de Tcau froide ; mais c'est surtout contre les fièvres intermittentes, et grâce aux efforts persévérants de M. le docteur Fleury, que l'efficacité oe ce traitement a été mise dans tout son jour. On compte en ce moment par centaines les lièvres d'accès radicalement guéries par l'hydrothérapie. Le journal le Progrès en mentionne de nombreuses observations, et toutes des plus probantes, en raison de l'ancienneté des accès, des récidives, des complications, et après l'usage longtemps continué du sulfate de <]uinine. MM. les docteurs Becquerel, Chautard, Dauvergne, Collin, Basset, Marmîsse (de Bordeaux), ont également contribué, par les faits qu'ils ont publiés, à faire accepter cette nouvelle méthode de traitement.

M. Fleury donne comme règle, de soumettre les fébricitants à l'action d'une douche générale en pluie, puis d'une douche locale en jets énergiques dirigés sur les régions hépatique et surtout splénique, une demi-heure avant l'accès. Tous les praticiens n'ont point à leur disposition une eau dont la température soit constante, mais celle qui oscille entre 10 et 15 degrés produit les résultats désirés. La durée de la douche, suivant la plus

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OU moins facile réaction du sujet, varie depuis quelques secondes jusqu'à quelques miuutes. Rien ne s*oppose à ce que les douches soient administrées au début même du premier stade de frisson ; enfin, il faut qu'elles soient biquotidiennes les jours d'apyrexie et continuées pendant un temps variable après la complète guértson, dans le but de s'opposer à toute récidive. ]

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