‹ Traité pratique des maladies nerveusesChapitre 86 sur 96 · NÉVRALGIE DR L*INTR8TIN. 20S · texte numérisé non relu

NÉVRALGIE DR L*INTR8TIN. 20S

malgré Topinion émise par mon vénéré matlre, prendre plus au sérieux les souffrances de la malade, et lui ordonner comme traitement l'application de suppositoires aux extraits d'opium et de belladone, des bains de siège calmants, des pilules antispasmodiques matin et soir. Cette médication suivie avec persévérance procura à la malade quelques mois d'une santé relativement bonne, mais la névralgie comme cela arrive trop souvent se fit de nouveau sentir et résista cette fois à tous les moyens employés ; à bout de ressources, je conseillai d'appeler le docteur Forget qui déjà avait opéré la dilatation forcée du sphincter. Nous constatâmes au-dessus de ce muscle un point induré, douloureux ; il Texcisa, appliqua le caustique Filhos sur la plaie, et les pansements qui suivirent furent faits à Taide de mèches enduites d'une pommade belladonée. Les douleurs névralgiques qui avaient leur cause et leur point de départ dans cette sorte de fissure interne, furent de nouveau calmées et la guérison fut cette fois consolidée à Bellevue par le traitement hydrothérapique, suivi pendant les mois de décembre et de janvier derniers.]

La névralgie intestinale doit être traitée à peu près comme la gastralgie. Il y a seulement une différence notable, c*estque, les liquides versés dans lesintestins n'étant pasou du moins n'étant presque jamais acides, on a beaucoup moins à se préoccuper de leur nature. Il suffit, en général, de prendre garde à ne mettre dans l'estomac, au point de vue de la quantité et de la qualité des alimentSi que ce qui lui convient pour une bonne et complète digestion; de choisir ceux des aliments qui laissent le moins de résidus à élaborer dans les petits intestins, telles sont les viandes *, et de lui donner très peu de fécules et de corps gras ; de procéder sans retard à l'administration de la seconde partie du traitement des gastralgies, c'est-à-dire, a l'usage de la morphine ou de la belladone, suivant les personnes.

On se sert de ces deux narcotiques comme nous l'avons indiqué plus haut; on les donne aux doses et d'après les modes que nous avons recommandés, et aussitôt que la douleur se développe. On se rappellera seulement ici que l'entéralgie en général ne se fait pad sentir dès que les aliments ont été avalés, comme cela a lieu dans la gastralgie ; ce n'est guère que quelques heures après

le repas et quand la digestion stomacale est finie, que la névralgie se réveille. Oh n'a pas la crainte, par conséquent, quand on vient a administrer les narcotiques, de troubler ce premier acte de la digestion. Je n'oserais cependant pas répondre que dansTentéralgie, la tolérance de Testomac fût aussi complète que je le disais plus haut à propos de la gastralgie.

Une autre remarque, dont on pourra faire son profit, c^est que les narcotiques administrés en lavement jouissent ici d'une efficacité non douteuse. Quelques gouttes de laudanum, quelques centigrammes de belladone ou de morphine, étendus dans un lavement émollient peu abondant et au besoin répété, aaièwil presque toujours un soulagement immédiat. On pourra l'accélérer encore, et en prolonger la durée, par des cataplasmes ou des embrooations émoHientes et largement laudanisées appliqués sur la région abdominale endolorie.

Mais un moyen qui uxa très souvent réussi, et qu'il faudra toujours essayer avant ceux dont je viens de parler, surtout dans li's entéralgies étendues qui simulent le mieux la douleur locale de la péritonite, c^est l'application sur le ventre de plusieurs ventouses sèches. Je ne connais rien de plus merveilleusement edicace dans ces entéralgies qu'on appelle coliques nerveuses. Un malade est en proie sous vos yeux à des douleurs abdominales intolérables, le ventre est tendu, la figure décomposa par la douleur, le pouls inégal, nerveux, serré; vous crain* driez une péritonite suraiguC ou quelque aflection générale grave, si les antécédents ne vous mettaient sur vos gardes, si le déhnl et la marche de Taflection n'étaient pas de forme tout i faitlle^ veusc, si le mal présent n'était pas exempt de tout autre synplume que la douleur. Vous appliquez deux ou trois ventouses sur le ventre; les plaintes, les pleura, les douleurs cessent, et le ntal est enlevé comme avec la main.

La névralgie du rectum et celle de Canns sont souvent entretenues ou réveillées par les fonctions des organes qu'elles occupent. Pour le rectum, la chose a lieu parce que des ma* tières toujours un peu irritantes le traversent; pour l'anus, parce que rexcrétion des matières fécales met en jeu Tanneou musculaire dont il est garni. De là une première et capitale

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incMealion, celle de faciliter autant que possible le passage et la sortie de ces matières. On y parvient par un régime rafraîchissant, des bains généraux, des lavements émollients ou légèrement laxatifs, et au besoin môme par l'usage régulier de douches ascendantes. C'est d*abord le point sur lequel doit se porter l'attention du médecin. Le plus important ensuite est Texamen de l'anus. Il y a, ou il n'y a pas, à la marge de cet orifice quelque érosion, quelque fissure patente ou cachée dans les replis delà muqueuse froncée. Dans le premier cas, le traitement le plus sûr et le plus prompt devient tout a fait chirurgical. Il faut guérir celte fissure, cette érosion, pour guérir la névralgie. Pour cela on a conseillé, comme il a été fait pour la malade citée plus haut, Texcision, puis la cautérisation de la petite plaie, des pansements réguliers avec un corps gras sufiisamment consistant et fortement chargé d'opium et de belladone, et enfin un moyen plus chirurgical encore et plus sûr, Tincision du sphincter tout entier. La névralgie anale occasionnée par une fissure ne résiste jamais à ce dernier moyen. J'en ai également guéri plusieurs même avec érosion ou fissure à la marge de l'anus, par des cautérisations plusieurs fois répétées au moyen du caustique Filhos. Quand aucune fissure ou excoriation n'existe, on peut encore rceooriren dernière analyse avec le même avantage a la section da'sphinctcr. Les chirurgiens en ont tous observé des exemples. IjPTrtfrrilpr disparait, parce que l'opération fait cesser la consëh^^iA^ douloureuse dont Tanus est le siège. Mais ce moyen yioient n*est pas toujours nécessaire. J'ai vu plusieurs cas de guérisoos de ces névralgies sans le secours de la chirurgie ; d'ailleurs il est inutile quand la névralgie se fait sentir dans le rectum et non point à l'anus.

Pour guérir sans opération, voici comment j'ai procédé : J'ai fait prendre autant qu^on l'a pu, et en usant de grandes précautions pour l'introduction d'une canule en gomme élastique, des lavements d'eau d^amidon additionnés de 6 à 10 centigrammes d'extrait d'opium, surtout administrés aussitôt que le malade venait d'aller à la garderobe. J'ai pris soin que cette fonction n'exigeât pas trop dVfTorts, en la provoquant par des douches ascendantes bien ménagées ; puis pour calmer les dou-

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kursy J*ii recommandé d'introduire deux fois par jour dans Tanus un BUppOfHoire assez fin de beurre de cacao contenant 6 centigr. de chlorhydrate de morphine ou 10 centigrammes' d'extrait de belladone. L'application immédiate de ces agents éminemment narcotiques a presque toujours, et en peu de temps, amené un soulagement marqué ; il ne restait plus à prendre que les précautions nécessaires pour tenir le ventre libre, et calmer par des bains, des lotions locales fréquentes et au besoin un peu narcotiques, les irritations dont la partie pouvait être le siège en raison de ses fonctions.

Je ne parle pas de Yextrait de ratanhia préconisé dans ces derniers temps, parce que je n'ai jamais eu occasion d'en faire usage, et que dans un traité pratique comme celui-ci, je ne veut conseiller qu'une thérapeutique consacrée par l'expérience et vérifiée par moi-même.

Quant au régime convenable dans les névralgies du rectum et de l'anus» il sera institué de manière à fournir le moins possible de matières excrémentitielles; dans ce but, on le composera presque exclusivement de fécules, d'un peu de viande, et de vieux Bourgogne en petite quantité et très largement trempé d'eau. Ces aliments seront pris à l'état liquide ou abondamment saturés d'humidité; ils auront été parfaitement cuits et la mastication en sera aussi complète que possible.

[Aux entéralgies dues à des causes générales, diathé8iqae8,aB opposera un traitement qui puisse modifier Pétat de rorganiame: si l'élément rhumatismal prédomine, on conseillera les eaux minérales sulfureuses, si c'est l'élément goutteux, les eaux de Néris, et si la névralgie est accompagnée de constipation, celles de Plombières.

L'hydrothérapie maniée avec prudence, a été sous mesyeai, dans cette névralgie comme dans d'autres névroses hyperestbésiques, une précieuse ressource.

L'hygiène, le régime à prescrire aux malades, fixeront surtout l'attention du médecin, et il obtiendra souvent plus de ses conseils donnés a ce point de vue et de sa persévérance & les faire suivre que de l'action des agents pharmaceutiques.]

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